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jeudi, 24 janvier 2013

L'Europe sans les Britanniques est-ce encore l'Europe ?

Cameron essaie de pousser le Royaume-Uni à sortir de l'Union européenne. Je ne puis que le déplorer et je me demande où sont les libdems eux qui étaient censés être les plus europhiles des Anglais.

J'ai trouvé la sortie de Jacques Delors maladroite pour ne pas dire stupide : cet homme-là réagit en eurocrate bruxellois en invitant nos amis anglais à s'écarter du destin européen commun.

Il y a en France une sorte de syndrome de Jeanne d'Arc que l'espèce de lumpen-intellectuariat qui nous sert de prêt-à-penser ne parvient pas à dépasser. A témoin le sondage imbécile que le Parisien vient s'empresser de mettre en ligne.

On trouve pêle-mêle parmi les abrutis qui ont répondu tête baissée sans réfléchir, j'imagine, une coalition hétéroclite de traumatisés divers : souverainistes nostalgiques de la grandeur de la France, gaucho-marxistes ennemis déclarés de la mère-patrie du libéralisme et imbéciles ordinaires de toute sorte. Dans leurs inconscients il y a pêle-même Jeanne d'Arc, Napoléon, Trafalgar et la flotte de Toulon en plein régime pétainiste.

Je ne dirais pas que les Français sont anglophobes, mais il y a chez nous une sorte de jeu crétin qui consiste à faire comme si...

Pourtant, les faits, eux sont là : depuis plus d'un siècle les Anglais ont été nos alliés fidèles : nous avons combattu ensemble en 1914, en 1939, à Suez, et plus récemment en Libye. Sans eux, la France n'aurait pas la voix qui est la sienne au Conseil de Sécurité et le Général de Gaulle n'aurait pas été reconnu par le monde entier.

Les Anglais sont nos amis. Bien sûr, leur manière de penser n'est pas la nôtre, leur civilisation est différente, mais dans la difficulté, ils sont là depuis plus de cent ans.

Il faut convaincre les Anglais de rester avec nous. On célèbre le couple franco-allemand mais dans les faits, si l'on considère les valeurs qui sont lmes nôtres, les Allemands dévient constamment de nos principes sur tous les sujets internationaux ou presque.

Au fond, nous pouvons bâtir une Europe économique avec les Allemands mais pas une Europe politique. 

Avec les Anglais, c'est exactement l'inverse : nous pouvons bâtir une Europe politique avec eux mais pas économique.

Nous ne devrions pas considérer avec néglicence la menace de Cameron.

Accessoirement, pour ce qui me concerne, je serais fort inquiet d'une telle évolution : si jamais les Britanniques sortent de l'Europe, l'ADLE volera en éclats au Parlement européen.

Attendons de voir ce qu'en disent les Anglais eux-mêmes : je ne doute pas que mon homologue britannique hérétique réagira à la proposition de Cameron.

00:50 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : angleterre, europe, cameron |  Facebook | | |

samedi, 07 mai 2011

La fin pour les Lib-Dems ?

Je crois, hélas, que les Lib-Dems ne paieront jamais assez le choix désastreux de s'allier avec les Tories il y a deux ans. Ce n'est pas seulement l'alliance avec les Conservateurs qui les aura plomber m'ais l'application d'un programme qui n'était pas le leur et allait fondamentalement à l'encontre de leurs promesses. Il fallait s'allier avec le Labour qui avait en outre promis de changer le mode de scrutin alors que l'on savait que Cameron et son parti étaient contre. Le résultat des courses, c'est un camouflet écrasant lors du referendum ad hoc : 69% de non. Le scrutin uninominal à un tour demeurera donc la règle en Grande Bretagne.

Pour Cameron, c'est idéal : les Lib-Dems sont devenus ses fusibles ! On ne lui tiendra pas rigueur en Angleterre d'avoir adopté un plan drastique de réduction des dépenses publiques avec tout ce que cela a pu engendrer. Tout passera sur le dos des Lib-Dems, là où l'on aurait attendu que cette formation s'oppose clairement (le triplement des droits d'inscription en université, par exemple, passés de 3000 livres à près de 10 000 livres !!!).

Reconstruire sera difficile et prendra sans doute plusieurs années. L'exercice du pouvoir est bien sûr tentant, et, après tout, c'est la vocation naturelle du parti politique et de l'homme politique, encore faut-il ne pas se précipiter. 

Il n'y a pourtant pas d'évidence. Bayrou en 2007 a fait un choix différent de Clegg en récusant toute alliance avec Sarkozy, il n'en a pas moins décliné avec son parti.

Il est toujours plus facile de conseiller après coup qu'avant, bien sûr, même si pour ma part, et en dépit de l'estime que j'ai pour David Cameron, j'ai pensé tout de suite que le rejoindre était un problème pour les Lib-Dems. 

Espérons que les Lib-Dems sauront trouver, à l'avenir, les moyens de rebondir et faire enfin valoir leurs idées.