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mardi, 24 janvier 2017

Bayrou, Macron, deux antipodes

Je ne vais pas être très long. Daniel Cohn-Bendit explique que si Bayrou ne rejoint pas Macron, c'est une question d'ego.

L'analyse est d'une stupidité sans nom et contredite par les faits. Bayrou était tout prêt à s'allier avec Alain Juppé. Cela prouve bien qu'il n'accorde pas plus d'importance que cela à sa candidature dès lors qu'il estime qu'elle ne fait pas sens.

On connaît Daniel Cohn-Bendit, il est de mauvaise foi depuis longtemps, ce n'est pas nouveau.

Faute de disposer d'un programme de la part de Macron, je me suis rendu sur le site de militants dévoués qui ont religieusement essayé de donner une cohérence à ce qu'ils avaient entendu de sa part.

Cela ne fait pas foi, on s'en doute, mais, en dépit du caractère disparate de la recension, on peut se faire parfois une vague idées sur quelques sujets.

Le site s'appelle Vision Macron.

J'ai regardé quelques points qui m'intéressent.

La stratégie industrielle, les 35 heures, la flexi-sécurité, l'économie circulaire, la compétitivité française, un capitalisme de long terme, et repenser l'école.

Sur l'industrie, il n'y a rien. Se contenter de penser et de faire de la formation. Ah si, aggraver les effets de la loi El Khomri pour que tous les accords soient négociés au plus près de l'entreprise. Bref, rendre le salarié plus vulnérable. Il veut aussi alléger les charges sur les entreprises. Je ne suis pas contre, mais il faut bien comprendre qu'il escompte le financer par un redéploiement et un élargissement de la CSG. Ceux qui applaudissent doivent comprendre qu'in fine, ils paieront plus d'impôts et que ce seront eux qui financeront l'effort de compétitivité...

Je trouve qu'on est donc très loin du niveau de réflexion de François Bayrou sur la stratégie industrielle, notamment sur ce qu'elle peut déployer en services associés et en pérennité pour justifier des coûts en apparence plus élevés. Macron incante, mais pour l'instant, il n'a pas l'ombre d'une idée. 

Côté énergétique, aucune proposition sinon la promesse de conserver le nucléaire parce qu'il permet une production d'énergie décarbonnée. Sur ce point, outre le renouvelable, j'aimerais tout de même qu'on observe un jour les progrès technologiques accomplis avec les autres énergies ou encore qu'on s'intéresse davantage à la fusion à froid, pour autant qu'elle soit possible.

Sur l'économie circulaire, Macron se limite à évoquer le recyclage. D'accord, quitus, mais après ? Rien. Pas de raisonnement sur le circuit court, et, en tout cas, pas de raisonnement valable sur l'emploi de proximité.

De manière générale, tout est de cet acabit. Bien sûr, le travail effectué par les militants qui ont fait ce site est remarquable car ils sont parvenus à faire un peu avec rien. Il n'en reste pas moins qu'à l'heure actuelle, Macron ne propose pas de vision structurée.

Si je m'en tiens donc à son action politique, c'est à dire ce qu'il a fait sous le quinquennat de François Hollande, on peut dire qu'au moins dans le domaine de l'économie et du travail, on est très loin du projet de François Bayrou.

Le ralliement de soutiens aussi éculés et peu crédibles que Minc, Kouchner et Attali est le signe d'un dégonflement imminent de la bulle. Macron devra tôt ou tard répondre aux questions que la trop bienveillante sphère médiatique se garde bien de lui poser.

11:00 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : macron, bayrou |  Facebook | | |

Commentaires

Il est temps de prendre Macron au sérieux. Il a dit qu'il donnera son programme au plus tard début mars, donc il le fera.

Il a donné sa démarche et depuis le début il a quasi tout respecté. La logique est donc qu'on doit le croire quand il dit qu'il présentera son programme (dont il dit qu'il aura un cadrage budgétaire précis).

Il ne faut pas non plus oublier qu'il a beaucoup de monde pour bosser sur son programme. S'ils étaient frustrés de ne rien foutre, on en aurait eu écho.
Pisani-Ferry a rejoint Macron, il a dit que Macron a un programme (une dizaine de mesure forte) et qu'il est là pour le finaliser.

Écrit par : web123 | mardi, 24 janvier 2017

@L' héré,
Plutôt d'accord.
Quand je lis certains ralliements comme celui de l' initiateur ou grand ordonnateur de la loi travail...en charge de la finalisation du programme!
I'm so impressed! Lol

Écrit par : Martine | mardi, 24 janvier 2017

@L'héré,
Les textes européens rapport aux secteurs d'activités sont définis par branches si far.

Écrit par : Martine | mardi, 24 janvier 2017

L'intérêt de la France avant tout. Selon moi, Macron est, pour l'instant, un produit marketing dont le lancement est réussi.
Peut-être est il plus. Le jugement de Bayrou sera décisif, toujours selon moi.

Écrit par : Didier | mardi, 24 janvier 2017

@Didier : La nature initiale d'une entreprise politique et ce qu'est, en profondeur, un homme politique, cela compte énormément. On l'a bien vu avec Hollande et le malentendu autour des 75% ou avec sa fameuse phrase "mon adversaire, c'est le monde de la finance" : ceux qui le connaissaient bien savaient que cela ne tiendrait pas.
Macron a énormément profité du contexte très spécifique (notamment des deux séquences "primaires") et a pu monter dans les sondages, notamment grâce à un intérêt médiatique complaisant (de façon inégalée dans l'histoire récente, rien à voir avec les courtes séquences dont ont pu profiter en 2007 Bayrou et en 2012 Mélenchon, puisque Macron a carrément été forgé par cet intérêt médiatique), mais il va désormais devoir être plus clair et répondre aux questions des Français. D'où l'activisme de ses soutiens afin d'éviter les gênes à venir, et évidemment, cela tape sur Bayrou.

Macron compte dans l'idéal sur la non-candidature de Bayrou et sur le ralliement de ses soutiens, ou sinon sur une candidature de Bayrou, mais pas assez soutenue par des adhérents tentés par l'attrait des paillettes d'EM.
Dans le premier cas, aucun problème : si Macron est le vote par défaut d'une bonne partie de l'ex-électorat de Bayrou, Macron n'a même pas vraiment d'effort à faire pour faire passer l'arrivée de grosses figures du PS parmi ses soutiens.
Si Bayrou candidate, cependant, Macron rencontre aussitôt davantage de difficultés. Beaucoup de choses tiennent alors à la réaction des sympathisants et de l'électorat, et à la perception des sondages actuels. Forcément, les EM font tous pour présenter un Bayrou qui ne serait même pas à 5% mais en-deçà.

Écrit par : Ascagne | mardi, 24 janvier 2017

Macron n'a rien à voir avec Bayrou. La façon dont il est soutenu par le système qu'il semble vouloir mettre à mal est juste risible.

Bayrou s'est battu en 2007 contre les forces de l'argent qui soutenaient Sarkozy. Mêmes causes mêmes effets: http://www.economiematin.fr/news-macron-annonce-candidature-bfmtv-soutien-presidentielle-2017-verhaeghe?ref=yfp

Écrit par : Ben | mardi, 24 janvier 2017

@Ascagne,
Pas faux, mais EM compte aussi beaucoup sur le ralliement de Jean et de ses soutiens. ;)
Bien sur qu'il y a provocation, pour connaître le contenu des programmes, d' ailleurs ses propositions reportées à Mars...
Merci d'être passé, vous m'avez aidée à tenir bon, hésitai à expédier certains scuds, n' en ferai rien, vous avez raison, trop tôt!

Écrit par : Martine | mardi, 24 janvier 2017

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