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lundi, 29 août 2016

Primaire de la droite : voter ou pas ?

Je suis toujours dans l'expectative à propos de la primaire de la droite de novembre. Déjà, éliminons la dénomination pipeau : c'est bien de la droite qu'il s'agit, et pas de la droite et du centre. Ensuite, ce n'est pas que je suis partisan de la politique du pire mais, en tant que centriste, je serais presque tenté de dire que cela ne me concerne pas. Je connais à peu près les propositions des quatre principaux candidats. Sarkozy brasse le plus de vent possible, comme d'habitude, en proposant une loi par saillie de l'actualité. Juppé est le plus prudent, Lemaire et Fillon veulent absolument que les Français versent du sang et des larmes en arguant que c'est nécessaire pour la santé de la France...

Leur objectif de réduction des effectifs de la fonction publique est ridicule : ils n'y arriveront pas et de toutes façons, la preuve qu'il est ridicule, c'est qu'ils sont incapables de dire comment ils procéderont.

Du côté de l'Éducation, Lemaire, Fillon et Sarkozy veulent refaire les mêmes bêtises que celles de leur gouvernement de 2007 à 2012 et Juppé poursuivre dans la continuité de stupidité de la gauche de 2012 à 2016. De toutes façons, ils s'abreuvent tous aux mêmes sources, qui empoisonnent notre école depuis 30 à 40 ans.

Je les trouve étonnamment silencieux sur la politique internationale : une grande partie de notre situation intérieure en matière de terrorisme vient de là. Et du côté de l'Europe et de l'Allemagne, c'est un peu silence radio, sempiternelles déclarations mises à part. 

Je ne les vois toujours pas décidés à embrasser à bras le corps la question de la sécurité avec des mesures sérieuses. Ou c'est du flan (Sarkozy, Fillon, Lemaire) ou c'est du flamby (Juppé). Je l'ai écrit et démontré ici à plusieurs reprises, le statut de la femme, sa liberté et sa protection sur tout le territoire nationale, cités en tête, est au coeur des questions de sécurité, djihadisme compris. Alors la loi anti-burkini de Fillon et Sarkozy, ça montre bien qu'ils n'ont décidément rien compris.

La réduction de l'immigration pose à peu près autant de difficultés que celle des fonctionnaires : avec des gros sabots (interdire le regroupement familial) on risque surtout de générer une cascade d'embarras et de dysfonctionnements.

Reste l'économie et les entreprises. S'il y en avait un qui reprenait exactement le même programme que celui de Bayrou en 2012, avec quelques améliorations, je pourrais peut-être voter pour celui-là ou celle-là mais pour l'instant, on ne peut pas dire qu'on a entendu grand chose.

Bref, en dépit de l'invitation de notre François national (Bayrou) vous comprenez que je ne suis pas vraiment motivé pour aller voter les 20 et 27 novembre...

Vous allez me dire que je suis cynique, mais si Sarkozy gagnait, ce qui est possible, Bayrou se présenterait et j'aurais du coup la possibilité de voter pour quelqu'un qui me représente vraiment. Je pense aussi à Lassalle, si Bayrou n'y va pas, mais il va falloir qu'il se montre bien plus convaincant parce que pour l'instant, il n'a pas l'once d'un programme politique digne de ce nom.

18:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : bayrou, primaire, droite |  Facebook | | |

Commentaires

Nous sommes nombreux à être dans la même situation que toi, l'Hérétique. Cette primaire est effectivement une primaire de la droite. Au fond, il y a deux raisons dans l'affichage d'un soutien à Juppé : contrer Sarkozy comme candidat de la droite, espérer que de futurs candidats Modem puissent gagner des sièges aux législatives tout en restant assez indépendants pour garantir une tempérance et une modération au sein de la prochaine Assemblée (ce qui n'est pas une mince affaire). Sur ce dernier point, si Juppé remporte la primaire, ce serait à peu de voix près de son rival de second tour, Sarkozy donc si l'on se fie aux sondages ; on peut être certain que la droite dure ferait tout pour rendre difficiles des accords ou des investitures auprès de Modem...

Si Sarkozy gagne cette primaire, la situation aura en effet l'avantage d'être claire. La possibilité de Bayrou d'aller au second tour n'est pas inimagineable, même si elle suppose des changements radicaux de stratégie de la part de beaucoup d'électeurs dès avant le premier tour ou, au moins, un Sarkozy démonétisé, affaibli peut-être par une autre candidature hors primaire à droite, et un Hollande (ou autre candidat) et un Mélenchon affaiblis... Pour le moment, le paysage est un vrai bazar et on risque de se retrouver dans une situation à la 2002 ou pire, avec un trop grand nombre de candidats et une dilution des voix au nom d'une conception bizarre du renouvellement.

Quoi qu'il arrive, il faudrait essayer d'être présents à l'Assemblée lors de la prochaine législature. L'absence de toute forme de proportionnelle complique fatalement l'affaire.

Concernant Lassalle, il semble avoir résolument coupé les liens. Penser qu'il est bon que Lassalle est tous les parrainages pour pouvoir soutirer des voix à d'autres candidats qui seraient notamment détournés du vote Le Pen, c'est oublier que, dans le cas d'une candidature Bayrou, il pourrait l'empêcher d'être au second tour si jamais les astres étaient favorables.

Écrit par : Ascagne | lundi, 29 août 2016

Bonjour Ascagne,

Si c'est Sarkozy qui passe et qu'il remporte par la suite la présidentielle, ce sera dur d'avoir des députés MoDem. Si c'est Juppé qui passe, ce sera bien plus facile mais il n'y aura pas d'espoir de voir Bayrou gagner la présidentielle.
Je ne vois rien dans le projet de Juppé qui reprenne quoi que ce soit de Bayrou, et, en particulier, pour l'école, je trouve ses projets aussi nuls que ceux des Socialistes, c'est dire...
Si je suis poussé à bout, je vais finir par ne pas voter.

Écrit par : l'hérétique | mardi, 30 août 2016

Concrètement, je pense que ce sera dur dans les deux cas. Les sarkozystes et les partisans d'une droite dure chez LR feront tout pour nuire à des candidats Modem qui recevraient la bienveillance d'un Juppé élu. Bien entendu, en absence de proportionnelle, il est logique de placer de l'espoir dans une plus grande facilité permise par un passage de Juppé, si tant est que ces candidats gardent leur indépendance (et soient élus).

Il faut s'efforcer, quelle que soit la situation, de revenir à l'Assemblée et tenter de former un groupe, mais cela n'a d'intérêt que si un député Modem est pleinement Modem : l'exemple de ce qu'ont fait les députés NC et apparentés à partir de 2007 devrait être instructif sur ce plan. On voit bien en quoi consiste cette autre difficulté...

Je comprends tout à fait le dilemme. Il est renforcé par la constatation que, d'une part, les garanties apportées par un passage de Juppé sont, en fait, minces, et que d'autre part l'organisation actuelle du centre de l'échiquier politique ne permet pas à ses différents courants de continuer à peser au-delà des considérations électorales : or il s'agirait au minimum de modérer, de tempérer, une prochaine majorité, ce qui semble extrêmement nécessaire. Sans oublier le fait que le passage de Juppé n'équivaut pas à une destruction des sarkozystes et des éléments parfois infréquentables de LR !*

Je serais rassuré si nous étions en train de reprendre du poil de la bête, mais non. Il me semble que pas mal de personnes qui soutenaient Bayrou en 2007 sont tombées dans la lassitude, l'abstention, ou ont dérivé dans telle ou telle direction, y compris celle qui consiste, naïvement, à penser qu'on pourrait réussir, en formant un mouvement conçu comme un anti ou un non-parti, à lutter contre un FN et un LR qui se sont renforcés, et ce dans le cadre d'élections nationales extrêmement difficiles (présidentielle bloquée par le FN ; législatives sans aucune part de proportionnelle).

* Quand je consulte Twitter, je vois que des sarkozystes de base tiennent des propos identiques ou similaires à des FN qui n'y vont pas de main morte ; je perçois parfois le même anti-intellectualisme, le même rejet de l'expertise. La haine de Bayrou est, dans ces cercles, ancienne et plus que vivace. Mais ces autres éléments de "radicalisation" me semblent remonter à la deuxième partie du mandat de Sarkozy, à 2012, et avoir grimpé sous Hollande.

Écrit par : Ascagne | mercredi, 31 août 2016

Ah, j'ai posté trop vite, en oubliant de vous saluer, l'Hérétique ! Bonjour et bonne rentrée.

Écrit par : Ascagne | mercredi, 31 août 2016

Si Macron se présentait à la primaire de la droite je voterais pour lui....

Plus sérieusement, si Sarko remontait dans les sondages dans la dernière ligne droite, je me déplacerais sans doute pour voter contre lui évidemment, sinon je ne ferais pas l'effort d'aller voter.....

Ces primaires sont ridicules dans leur organisation , leur conception et dans leur théorisation:
-seul un élu a une chance de voir sa candidature validée au vu des différents parrainages à avoir ; quid d'un candidat issu de la société civile du centre et de la droite comme candidat éventuel? Est-ce interdit? A c'est vrai il faut la carte, avoir un réseau d'élus et posséder tous les codes pour être reconnu....
-la politique de la droite dite de gouvernement semble n'appartenir qu'aux professionnels du système toujours aussi bonapartistes, alors qu'une partie de la société voudrait de nouvelles pratiques....
-a quoi cela sert-il d'aller au contact des français tout l'été alors que l'on fait fit de leur désir....
-une bonne candidate n'aura sans doute pas les parrainages requis!
-les favoris viennent tous du RPR, quid des centristes de l'UMP? Sont-ils toujours vivants.....
-Un programme validé en théorie par les LR mais chacun semble jouer sa propre partition

On voit donc derrière cette mascarade organisée pour faire le buzz médiatique en cette fin d'été et début d'automne que rien ne change sur le fond, qu'en fonction du résultat de ce vaudeville politique qu'il y aura de nombreuses surprises.....

Il est clair en particulier que si Sarko est le candidat désigné de la "droite tape dure" il y aura de facto un candidat plus modéré venant du centre : Bayrou, Lagarde voir Macron....

Écrit par : Europium | mercredi, 31 août 2016

Quand je vois les primaires, je vois :
1/ la captation plus grande encore des grands partis sur la présidentielle, tout en faisant mine du contraire (le phénomène médiatique des primaires fait en sorte que les candidatures directes, à moins d'être particulières - cf. Macron le médiatique - passent au second plan).
2/ l'illusion de redonner une vraie démocratie aux citoyens, alors que le système est bloqué par l'absence de proportionnelle (à laquelle seront confrontés les partisans des candidatures minoritaires).
3/ la contribution au dévoiement de la présidentielle, à égalité avec la tentation des candidatures de témoignage ou d'existence (c'est-à-dire visant à assurer une publicité permettant d'espérer recevoir de petits scores aux législatives suivantes une petite part de financement public).

Lagarde n'a jamais été jugé jusqu'à présent comme un candidat crédible, ce qui l'agace sans doute, mais c'est ainsi, et je ne pense pas qu'il risquerait de se lancer pour cette présidentielle : il n'a que trop tancé Morin d'être un Monsieur 1%. Ces derniers jours, il tend la main à Macron, parce qu'il sait que cela peut affaiblir Bayrou, dont il ne cesse de vouloir la ruine, et qu'il peut en tirer des avantages pour l'UDI et pour sa future place.

Mais Macron est aujourd'hui, grosso modo, un réceptacle vide, à part en ce qui concerne sa vision de l'économie, dont la popularité est énormément due à un engrenage médiatique habile, fondé en partie sur sa popularité initiale dans un certain microcosme. Il suffit de voir la complaisance de deux émissions récentes de C dans l'air à son encontre : on nous a rabâché pendant dix ans, concernant Bayrou, les obstacles de la Ve République, le problème de la majorité, la solitude (quand Bayrou avait tout l'UDF, puis 70 000 adhérents Modem, derrière lui, bref). Du côté de Macron, chacun de ses obstacles peut être retourné en avantage : c'est miraculeux ! Si Bayrou et Mélenchon avaient bénéficié, au moment de leur plus grande popularité durant les campagnes de 2007 et 2012, de tels coups de pouce (et eux étaient candidats officiels, et eux avaient des programmes !), ils seraient peut-être passés...

Écrit par : Ascagne | jeudi, 01 septembre 2016

@Ascagne

Rien à rajouter, très bien dit.

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 01 septembre 2016

@ l'hérétique
vous semblez donc être la dernière personne à ne pas avoir oublié que lassalle est candidat (pas sur que ma syntaxe soit correcte mais je pense que le message est compris) !!

Écrit par : centriste | vendredi, 14 octobre 2016

Bon et plus sérieusement, moi je vais voter et ce sera pour Juppé.

Écrit par : centriste | vendredi, 14 octobre 2016

La suppression massive du nombre de fonctionnaires préconisée par les candidats (jusqu'à 600 000 pour certains) de la droite n'est pas sérieuse à moins de provoquer une véritable purge de la fonction publique, une explosion du chômage (plus aucun recrutement ou presque pendant 5 ans !!)ainsi qu'un effondrement desdits services publics (pas de remplacement des fonctionnaires partant à la retraite, recours massif à des contractuels entrainant une baisse sensible de la qualité des services, désorganisation durable de l'Etat....etc).Sous cet angle le programme de certains candidats de la primaire de droite (Fillon, Lemaire en premier lieu) est tout simplement catastrophique.

Écrit par : pasdémago | mercredi, 16 novembre 2016

@pasdémago
Malheureusement...

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 17 novembre 2016

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