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  • FN et protectionnisme : le prix à payer

    C'est triste mais c'est un fait établi, il ne suffit pas de clamer la vérité pour obtenir l'attention et l'assentiment des Français.

    Le sentiment européen est dans un sale état en France, en dépit de la défense courageuse à laquelle se livrent les seuls partis européens dignes de ce nom en France, l'UDI et le MoDem.

    Que dire ? Comment veut-on que l'Europe puisse avoir bonne presse quand on a vu ramper ou rouler du tambour de guerre les gouvernements successifs de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ? Quand Moscovici et Hollande à l'automne dernier assurent qu'ils vont aller "négocier", comme ils disent, le report de leurs obligations à Bruxelles, ils se moquent du monde dans les grandes largeurs. 

    Les traités, on les a signés. Les pouvoirs, c'est nous qui les donnons à la Commission. Et si elle finit par jouer le gendarme, c'est bien parce que nous, Français (mais aussi d'autres pays européens) la chargeons du mauvais rôle faute d'avoir l'honnêteté et le courage d'endosser les conséquences de nos mauvaises décisions.

    La Commission n'est pas toute blanche non plus : les Commissaires arrogants qui la composent ont pris la grosse tête et se croient (à tort, au demeurant) tout puissants, se permettant de porter un oeil sévère sur les États. En réalité, ce ne sont que des fonctionnaires et ils n'ont vocation qu'à éclairer les États d'éventuels conseils et avis mais c'est tout.

    En face, il y a l'extraordinaire mauvaise foi des populistes à commencer par Marine Le pen. Si nous devions retourner à l'euro et frapper nos importations de taxes suffisantes pour les rendre non-concurrentielles face à la production française, il va de soi que leur prix augmenterait significativement. Mais si nous dévaluions notre monnaie en même temps, le coup de bambou serait violent.

    C'est tendance de cracher sur la concurrence, mais quelques petits calculs devraient remettre les pendules à l'heure. Nous croyons avoir perdu en pouvoir d'achat, vivre moins bien que nos parents mais examinons de quoi sont constituées nos possessions à l'intérieur de nos foyers. Un exemple simple : début 1990 un ordinateur coûtait 10 000 francs (je pense à un Mac LC, par exemple) soit 1500 euros d'aujourd'hui en valeur courante (bien plus en valeur constante). Un Smic, à l'époque, c'était environ 6000 francs nets par mois. Aujourd'hui, on trouve aisément des ordinateurs tout neufs et performants à 300 euros. Notre SMIC est à environ 1300 euros nets. En somme, le prix des ordinateurs a été divisés par 4. Je n'ai plus en tête le tarif des écrans plats ou des lecteurs de DVD, mais c'est encore plus frappant. L'écran plat au début des années 90 était un luxe de riche, il est devenu accessible à tous aujourd'hui. C'est parce qu'il existe des coûts de production bas dans les pays émergents et bien sûr, d'importants progrès technologiques, que de tels achats sont devenus possibles.

    Ce que je dis pour l'équipement électronique s'applique à un certain nombre d'aliments. Il y a 25 ans, les patates douces, l'igname, la mangue, la grenade et bien d'autres fruits coûtaient cher. Aujourd'hui, la patate douce est à peine plus cher qu'une pomme de terre. C'est un légume que je me souviens avoir payé près de 50 francs le kilo au milieu des années 90. Il n'est qu'à 2 à 3 euros le kilos soit l'équivalent de 18 francs en monnaie courante (mais plutôt 5 à 6 francs en monnaie constante).

    Un système de barrières douanières comme le prône Marine Le pen aurait vite fait de nous revenir en pleine face comme un boomerang. 

    La réalité c'est que nos accords commerciaux particulièrement avec nos alliés européens nous ont permis un enrichissement considérable. Les problèmes que nous vivons (le chômage, le coût de l'immobilier et le santé, les déficits de nos caisses de mutualité) ne sont pas le fait de l'Europe mais de fautes stratégiques graves et de mensonges de toutes sortes.

    C'est un sport national de faire porter le chapeau à l'Europe depuis des années, mais qu'on se le dise, à ce jeu-là, Marine Le pen sera plus forte que le PS et l'UMP. Ce que ne comprennent pas ces deux partis, c'est qu'il est incohérent au possible d'appeler un grand vote en faveur de l'Europe après avoir passé son temps à la dénigrer quand ils étaient au pouvoir tour à tour.

    Il y a des choses à améliorer en Europe, mais je crois l'UDI et le MoDem beaucoup plus fiables que tous les autres partis dans ce domaine. Qu'on consulte leur excellent programme pour s'en convaincre.

  • Programme de l'Alternative pour l'Europe : profonde satisfaction !

    Quelques uns de mes lecteurs le savaient, tous ces mois derniers, j'ai travaillé secrètement sur le programme du MoDem pour les européennes. Hélas, je ne suis pas parvenu à rendre quelque chose de complet, et j'en étais mortifié. Heureusement, je n'ai pas été le seul à oeuvrer et je viens de découvrir avec ravissement les propositions de l'Alternative.

    C'est le programme parfait. Europhile sans eurobéatitude, il est parfaitement calibré. Ni trop, ni pas assez. Exactement ce qu'il faut. Convergences sociales, projet d'un droit du travail européen, fiscalité européenne convergente, refus des abus associés au statut de travailleur détaché (fini le dumping social), conventions collectives européennes, que du bon, en somme.

    Sur les normes, je suis très content aussi, c'est un peu mon dada, comme plusieurs des habitués du blog auront pu le remarquer. Souhait que les normes européennes s'appliquent à tous les produits importés y compris dans le domaine environnemental (création d'une taxe carbone de compensation pour les produits extérieurs à l'Union). Normes sanitaires européennes prioritaires dans toutes les négociations, très bien, et traçabilité des produits avec marquage d'origine y compris pour les fabrications industrielles. Je suis extatique, là :-)

    Mise en avant de l'économie circulaire avec promotion du recyclage, objectif d'auto-suffisance alimentaire dans le domaine agricole, très bien également.

    Dans le domaine de l'immigration, quotas par pays et par métiers. Pas mieux, mais j'en exclurais les étudiants (je veux dire par là que cela ne me paraît ni nécessaire ni souhaitable de leur imposer des quotas). Police européenne des frontières. Bien.

    Côté transparence des institutions, un président européen élu au suffrage universel direct, je suis à fond pour et plus de pouvoirs pour le Parlement européen notamment dans le domaine législatif. La transparence des décisions prises par les Chefs d'État dans les Conseils européens est à mon avis un voeu pieux, mais, il faut le conserver comme ligne d'horizon.

    Dans le domaine culturel, maintien du soutien à la création (l'exception culturelle, mais ça, je crois que les partis français sont tous d'accord sur ce point).

    Je suis très content de ce programme. Il est excellent, il représente vraiment l'idée que je me fais de l'Europe, et encore, je n'ai pas tout dit. Le MoDem et l'UDI ont bien bossé, ce programme sera facile à porter.