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dimanche, 11 mai 2014

FN et protectionnisme : le prix à payer

C'est triste mais c'est un fait établi, il ne suffit pas de clamer la vérité pour obtenir l'attention et l'assentiment des Français.

Le sentiment européen est dans un sale état en France, en dépit de la défense courageuse à laquelle se livrent les seuls partis européens dignes de ce nom en France, l'UDI et le MoDem.

Que dire ? Comment veut-on que l'Europe puisse avoir bonne presse quand on a vu ramper ou rouler du tambour de guerre les gouvernements successifs de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ? Quand Moscovici et Hollande à l'automne dernier assurent qu'ils vont aller "négocier", comme ils disent, le report de leurs obligations à Bruxelles, ils se moquent du monde dans les grandes largeurs. 

Les traités, on les a signés. Les pouvoirs, c'est nous qui les donnons à la Commission. Et si elle finit par jouer le gendarme, c'est bien parce que nous, Français (mais aussi d'autres pays européens) la chargeons du mauvais rôle faute d'avoir l'honnêteté et le courage d'endosser les conséquences de nos mauvaises décisions.

La Commission n'est pas toute blanche non plus : les Commissaires arrogants qui la composent ont pris la grosse tête et se croient (à tort, au demeurant) tout puissants, se permettant de porter un oeil sévère sur les États. En réalité, ce ne sont que des fonctionnaires et ils n'ont vocation qu'à éclairer les États d'éventuels conseils et avis mais c'est tout.

En face, il y a l'extraordinaire mauvaise foi des populistes à commencer par Marine Le pen. Si nous devions retourner à l'euro et frapper nos importations de taxes suffisantes pour les rendre non-concurrentielles face à la production française, il va de soi que leur prix augmenterait significativement. Mais si nous dévaluions notre monnaie en même temps, le coup de bambou serait violent.

C'est tendance de cracher sur la concurrence, mais quelques petits calculs devraient remettre les pendules à l'heure. Nous croyons avoir perdu en pouvoir d'achat, vivre moins bien que nos parents mais examinons de quoi sont constituées nos possessions à l'intérieur de nos foyers. Un exemple simple : début 1990 un ordinateur coûtait 10 000 francs (je pense à un Mac LC, par exemple) soit 1500 euros d'aujourd'hui en valeur courante (bien plus en valeur constante). Un Smic, à l'époque, c'était environ 6000 francs nets par mois. Aujourd'hui, on trouve aisément des ordinateurs tout neufs et performants à 300 euros. Notre SMIC est à environ 1300 euros nets. En somme, le prix des ordinateurs a été divisés par 4. Je n'ai plus en tête le tarif des écrans plats ou des lecteurs de DVD, mais c'est encore plus frappant. L'écran plat au début des années 90 était un luxe de riche, il est devenu accessible à tous aujourd'hui. C'est parce qu'il existe des coûts de production bas dans les pays émergents et bien sûr, d'importants progrès technologiques, que de tels achats sont devenus possibles.

Ce que je dis pour l'équipement électronique s'applique à un certain nombre d'aliments. Il y a 25 ans, les patates douces, l'igname, la mangue, la grenade et bien d'autres fruits coûtaient cher. Aujourd'hui, la patate douce est à peine plus cher qu'une pomme de terre. C'est un légume que je me souviens avoir payé près de 50 francs le kilo au milieu des années 90. Il n'est qu'à 2 à 3 euros le kilos soit l'équivalent de 18 francs en monnaie courante (mais plutôt 5 à 6 francs en monnaie constante).

Un système de barrières douanières comme le prône Marine Le pen aurait vite fait de nous revenir en pleine face comme un boomerang. 

La réalité c'est que nos accords commerciaux particulièrement avec nos alliés européens nous ont permis un enrichissement considérable. Les problèmes que nous vivons (le chômage, le coût de l'immobilier et le santé, les déficits de nos caisses de mutualité) ne sont pas le fait de l'Europe mais de fautes stratégiques graves et de mensonges de toutes sortes.

C'est un sport national de faire porter le chapeau à l'Europe depuis des années, mais qu'on se le dise, à ce jeu-là, Marine Le pen sera plus forte que le PS et l'UMP. Ce que ne comprennent pas ces deux partis, c'est qu'il est incohérent au possible d'appeler un grand vote en faveur de l'Europe après avoir passé son temps à la dénigrer quand ils étaient au pouvoir tour à tour.

Il y a des choses à améliorer en Europe, mais je crois l'UDI et le MoDem beaucoup plus fiables que tous les autres partis dans ce domaine. Qu'on consulte leur excellent programme pour s'en convaincre.

16:10 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : udi, modem |  Facebook | | |

Commentaires

A la 2eme ligne du 6eme paragraphe, un lapsus intéressant : il fallait écrire"Si nous devions retourner au Franc"...

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 11 mai 2014

Sinon, le choix de vos exemples est tout sauf convaincant... Evidemment que le prix des ordinateurs a baissé, ainsi que celui de la plupart des produits d'électronique grand public. Mais vous croyez que c'est grâce à l'euro ??? Enfin, un peu desérieux ! C'est une tendance générale de toutes les industries grand public à forte valeur ajoutée. Prenez l'automobile, par exemple : en un siècle, son prix relatif (comparé au salaire moyen, par exemple) s'est effondré. Idem pour les équipements électro-ménagers : frigo, lave-linge, lave-vaisselle, chaîne hi-fi... sans parler de la TV. L'euro n'a rien à voir là-dedans.

Quant aux ignames et aux patates douces, je ne sais pas de quoi sont faits vos repas quotidiens, mais bon... Pour des infos sur l'augmentation de produits un peu plus usités (du genre tomates ou salades, voyez...), une petite animation amusante ici :

http://www.ladepeche.fr/article/2013/09/06/1703247-pouvoir-achat-diminue-depuis-2000-testez.html

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 11 mai 2014

Eh bien Christian, je ne comprends pas tes objections. Pour ma part j'approuve en grande partie le billet de l'Hérétique.
Le seul point où je ne suis pas tout à fait d'accord, c'est de dénigrer globalement l'UMP... Certes il existe des divergences à l'intérieur de la droite mais un chef de liste comme Alain Lamassoure, venu du sud-ouest pour booster l'IDF, est tout à fait capable de relever le niveau et de réunir un consensus "raisonnable" autour de lui.
Par contre le PS est complètement à côté des réalités.
Oui moi aussi j'aime bien toutes les propositions de l'UDI-MoDem.

Écrit par : Françoise Boulanger | dimanche, 11 mai 2014

Et celle qui parle le mieux des âneries émises par Marine Le Pen, qui dénonce toutes ses contradictions, à mon avis c'est Sylvie Goulard !
http://www.leseuropeens.eu/la-presse-en-parle-sud-est.html

Écrit par : Françoise Boulanger | dimanche, 11 mai 2014

Par contre celle qui ne sait plus mettre correctement son adresse de blog c'est moi...
(Pardon, l'Hérétique, trois commentaires à la suite, je vais passer pour quelqu'un d'autre ici !...)

Écrit par : Françoise Boulanger | dimanche, 11 mai 2014

Globalement assez d'accord avec cet article....

Cependant sur le paragraphe
"En face, il y a l'extraordinaire mauvaise foi des populistes à commencer par Marine Le pen. Si nous devions retourner à l'euro et frapper nos importations de taxes suffisantes pour les rendre non-concurrentielles face à la production française, il va de soi que leur prix augmenterait significativement. Mais si nous dévaluions notre monnaie en même temps, le coup de bambou serait violent."

j'insisterais sur le fait que face a ce protectionnisme rampant les autres pays réagiraient de facto sur les produits français en représailles.... n'oublions jamais que face a la crise de de 1929 tous les pays ont voulu faire du protectionnisme et cela n'a fait qu'aggraver la situation....le repli sur soi a abouti à ce que l'on sait....

Écrit par : Europium | lundi, 12 mai 2014

Assez d'accord avec ce billet l'hérétique.
Avec Europium, itou je serais de mauvaise foi en le niant vus les propos que j'avais déjà tenu sur ce blog.
J'ajouterais que le fameux pacte de responsabilité dont on nous rebat tant les oreilles ces dernières années faisait parti du package à la création de l'euro condition sine qua non. Alors je comprends que les fonctionnaires de Bruxelles s'agacent un peu beaucoup, quinze années ^^^N'est-ce-pas? Et pas lors de la crise de l'euro comme certains agités aimeraient à nous le faire croire.
Bonne journée

Écrit par : Martine | lundi, 12 mai 2014

Bonjour Monsieur ou Madame l'hérétique,

Je ne pense pas qu'on puisse dire en bloc vivre mieux ou moins bien que nos parents. En revanche je suis d'accord que c'est une bonne grille de lecture pour faire le bilan d'une évolution de 20 ans qu'on nous présente toujours comme "complexe".

Je voudrais surtout rebondir sur vos exemples. Je suis d'accord avec ce que vous dites: nous nous sommes enrichis en appareils électroniques, voitures, aliments exotiques. Parce que les importations sont facilitées venant de pays à bas coûts (ces deux derniers mots sont lourds d'implication pour les dits pays, au passage) agricoles (amérique latine) et industriels (asie).

L'exportation et même la production ont reculé, dans le même temps. Ce qui signifie moins d'emplois sauf dans les services, et un affaiblissement qui nous met dans les bras de la finance.

Actuellement je suis sans emploi stable. Internet est indispensable pour chercher du boulot tant il est dispersé. Je possède donc un ordinateur portable et je bouffe des pâtes. Les paysans de mon entourage sont travailleurs pauvres.
Je dis sereinement préférer moins de gadgets et plus d'emplois. Préférer que les fraises soient moins chères et les ignames davantage.
Imaginons que le PC portable passe de 300 à 400 € et le litre de lait de 0.9 à 0.7 et le pain de 1.05 à 0.80. J'y vois une évolution globale souhaitable, à SMIC constant.

Une évolution qui renchérirait les importations appareils électroniques, les voitures et le pétrole mais permettrait de relancer les secteurs productifs ICI, je pense que c'est une réorientation souhaitable. En gros je devrais peut-être aller au taf en vélo. Mais j'aurais un taf... Et faire venir des fraises d'Andalousie serait trop cher, mais les producteurs du Gers vivraient décemment...

Je vote pour. Et l'essentiel des ménages à revenu limité et des ruraux sont susceptibles du même raisonnement. En revanche ceux qui connaissent un emploi stable et ont un revenu correct, y perdraient en capacité d'équipement. Je pense que ce clivage économique se retrouve dans la perception de l'union européenne, qui fait consensus dans les milieux aisés.

Dévaluer ou sortir de l'euro ou jouer sur les tarifs douaniers ne résout pas tout et amène d'autres difficultés. Mais si c'est intégré à une stratégie cohérente de relance de notre production, je veux bien.

Si l'Euro et l'Union européenne n'ont pas toutes les responsabilités, ils sont quand même au coeur de l'équation. Ils ont été fers de lance d'une évolution favorisant l'importation devant la production (politique commerciale extérieure), réduisant l'emploi agricole (la PAC -j'ai bien dit l'emploi, pas la production), empêchant la viabilité de nombreux métiers (l'excès de normes), mettant les banques au-dessus des peuples et des Etats (statuts de la BCE)...

On se porterait mieux sans le FN et le FG... Oui mais pas parce que ce sont de méchants "populistes"! Parce que leur absence voudrait dire que les partis dits de gouvernement offrent une diversité de points de vue suffisante pour questionner les certitudes du microcosme. Et qu'un de ces partis au moins saurait proposer à une réorientation réelle de notre modèle économique et pourquoi pas monétaire, sans avoir besoin de boucs émissaires et vouloir tout mettre par terre.

Bonne continuation avec ce blog que je consulte régulièrement.

Romain

Écrit par : Romain | lundi, 12 mai 2014

Donc en bref si l'UDI-Modem se contente comme la dernière fois de dire "l'Europe c'est bien, nous y croyons" avec un programme ne faisant pas d'autocritique sur les impacts négatifs des politiques européennes, ce sera sans moi. Et sans beaucoup d'autres.

Veut-on créer un groupe facebook "j'aime l'europe", une Eglise "je crois en l'Europe" ou convaincre des électeurs dotés de raison???

Dixit un compatriote béarnais de Bayrou et de Lassalle qui vous sont chers ;)

Écrit par : Romain | lundi, 12 mai 2014

Bonjours
Si les écrans ont effectivement baissé (les premiers 14 pouces coutaient 14 500F!!!) et pour des raisons de production de masse, depuis dix ans le reste s'est envolé, sans aucune raison: la nourriture a doublé voire triplé alors que les prix payés aux producteurs n'ont pas bougé en plus de vingt ans, voire baissé: en 1975 le prix producteur du porc était de 8F/kg, il est maintenant à peine d'un € (mais les prix de détail ont bien été multipliés par trois. Même chose pour les autres viandes. Les loyers: + 50à 60%, sans justification.
Et des exemples de même type, j'en ai des palanquées, montrant que la seule justification de ces hausses ahurissantes de prix depuis le passage à l'Euro n'ont rien à voir avec l'Euro, mais avec les profits hallucinants et toujours en hausse du commerce et de la distribution, entre autres.
Les périodes les plus prospères de notre économie ont correspondu, entre autres facteurs, à un strict encadrement des prix!
Bon, j'y vais, je vais essayer de faire une blanquette d'écran plat, j'espère que les gamins vont aimer, mais je crois qu'il va falloir un long temps de cuisson...

Écrit par : François | lundi, 12 mai 2014

Bon, n'y voyez aucune solidarité homonymique, mais, dans le fond comme dans la forme, je dis "Chapeau !" aux commentaires de Romain. Pas mieux !

Écrit par : Ch. Romain | lundi, 12 mai 2014

"Dévaluer ou sortir de l'euro ou jouer sur les tarifs douaniers ne résout pas tout et amène d'autres difficultés. Mais si c'est intégré à une stratégie cohérente de relance de notre production, je veux bien."

Rhoo, dévaluer ou sortir pas tout à fait du meme acabit.
Ensuite dévaluer c'est attaquer directement les économies du tout petit épargnant et certainement pas du gros.

Ensuite, ai lu dans les commentaires que M.Lamassoure, une personne que je respecte pourtant, mais quand il développe l'idée de facon sous-jacente de lever un impot européen, sachant que quand bien meme la zone euro a subi une crise dont elle n'était pas à l'origine et que bien de ses peuples en ont souffert, est-ce bien raisonnable, M. Consensus?
@Francoise, ne t'inquiète pas pour ta chouchoute, elle n'a pas besoin de pub à la vue des candidatures qui lui font face, elle devrait plutôt bien s'en sortir, elle doit etre consensus elle aussi je suppose.

Écrit par : Martine | lundi, 12 mai 2014

Sur un fil précédent mais aussi à longueur de blog et de journaux d'info on entend tout un chacun, politiques en tête se désoler du désintérêt des français pour les consultations électorales..
Ce matin, au journal, j'entends que ce nouveau gouvernement "resserré et sérieux", dirigé d'une main de fer par un ministre rigoureux voit deux de ses membres s'écharper en public répétant à l'envie ses erreurs précédentes, en parallèle, l'UMP fait le buz au sujet de lycéens qui ont décidé de venir en jupe en classe, en même temps on apprend que bygmalion, une officine de la même UMP, à détourné des sommes importantes alors que ce sont les contribuables qui assurent pour l'essentie les fins de mois de ces partis politiques au nom d'une loi qu'en son temps on à affublée du nom de "moralisation de la vie politique" ...
Et on voudrait que les français s'intéressent à le vie politique? Et on s'étonne que le FN fasse des scores à 2 chiffres!

Écrit par : michel | jeudi, 15 mai 2014

@L' héré,
Je suis hors sujet, mais il me semble me souvenir d'une série de billets à propos de vos lectures, alors pour info:
http://martinemartine.com/
Pour vos lecteurs et commentateurs: naaan pas moi!
Je trouve la démarche intéressante.
@+

Écrit par : Martine | jeudi, 15 mai 2014

Bonjour Romain,
Pardon d'avoir mis tant de temps à répondre à votre commentaire globalement de bon sens.
Je ne vous suis toutefois pas quand vous souhaitez que la valeur ajoutée se fasse sur des produits alimentaires ou de l'industrie datée.
Pour ce qui concerne les importations à bas coût, je vais devoir vous contredire.
L'évolution ne vient pas de l'Europe, mais bien des populations et de leur consumérisme effréné et de son alimentation par les classes politiques nationales.
Il y a eu bien peu de voix pour défendre des productions locales.
Bayrou est une exception notable et vous voyez que son point de vue a fait irruption jusqu'au coeur du Parlement européen puisque ce dernier a commencé à voter des résolutions à ce sujet depuis peu.
Masstricht n'a fait que programmer une convergence des monnaies et une obligation de maîtrise des dépenses publiques. Rien d'autre.
Les promesses et les embauches de fonctionnaires à tout va ne sont pas venues d'Europe mais bien de France.
L'Europe a bon dos pour tout, mais elle n'est pas au coeur de nos insuffisances, contrairement à ce que vous dites, et d'ailleurs, nous n'avons pas besoin d'elle pour signer de très mauvais traités commerciaux...

Écrit par : l'hérétique | mardi, 20 mai 2014

@Romain
Et pour répondre à votre second commentaire, non l'UDI-MoDem ne se content pas de dire Amen à l'Europe, bien loin de là.
Consultez les propositions qui figurent dans notre programme et vous verrez qu'elles sont substantielles.
Je peux vous dire à titre personnel que j'ai moi-même travaillé sur un projet de programme que je m'apprêtais à remettre à l'une de nos candidates mais que le projet actuel recoupe 95% de mes propres propositions, les rendant caduques.
http://www.leseuropeens.eu/voir-toutes-nos-propositions.html
Non, vraiment, nous ne sommes pas dans le bêlement...

Écrit par : l'hérétique | mardi, 20 mai 2014

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