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  • MoDem/UDI fer de lance de l'opposition au FN

    Je ne me suis pas encore vraiment exprimé sur le rapprochement MoDem/UDI mais bien évidemment, je suis à 100% pour. Je constate que partout où nous nous sommes rangés derrière la gauche nous ne pesons plus que quelque pour cent. En revanche, là où nous sommes restés indépendants et où nous avons su nous associer avec la droite modérée, particulièrement dans le sud-ouest, nous demeurons une force politique importante.

    Bref, je suis en phase avec ce que disent et font Bayrou et Borloo, mais en même temps, j'ai conscience du caractère fatal d'un tel pari. Soit on réussi et on fait un carton, soit on échoue et on est mort.

    En somme, il faut que l'alliance UDI-MoDem tourne autour des 15% de suffrages pour qu'elle survive. 

    Jean-Christophe Lagarde a parfaitement raison de dire qu'il y a le feu : nous avons le FN dont les intentions de vote explosent pendant que le Front de Gauche mange littéralement le PS sur sa gauche.

    Il y a bien sûr les municipales, mais ça, ce sont des enjeux locaux. Non, le grand enjeu, c'est l'Europe, bien sûr, et là, ça va sérieusement chauffer. Ça va chauffer parce que l'Europe a mauvaise presse. Et à vrai dire, je le comprends : la construction technocratique qui nous dirige nous est étrangère. Ce serait une erreur fatale, pour nous, partis centristes, de tenter de la défendre telle qu'elle est. Le déni est un poison mortel qui nourrit le souverainisme avec son cortège de promesses illusoires et de maux à venir.

    Et en même temps, on ne peut pas continuer comme ça. Alors il faut qu'on propose une alternative non seulement aux souverainistes, mais également aux européistes (PS,UMP), sans parler des partisans du Grand Soir qui rêvent d'une Europe collectiviste.

    J'ai dit que les municipales étaient des enjeux locaux. Peut-être. Mais nous pourrions avoir une plate-forme globale afin d'apporter une réponse viable au surcroît de la fiscalité et à la question de l'insécurité : cela fait un moment que je dis que c'est un thème de campagne majeur et je constate dans le dernier sondage fait sur les préoccupations des Français qu'il est passé devant le logement. Et la fiscalité locale est-elle en tête. J'ai la flemme de rechercher mes billets sur les municipales à Paris mais on retrouve exactement ce que je disais il y a un an...

    Il reste enfin les problématiques nationales. Et sur ce point, on ne peut plus éviter une action de fond sur la dépense publique afin de ramener la fiscalité à un niveau acceptable. Là encore, une politique fiscale ne peut se contenter de dire qu'on va couper les crédits partout. Il y a une indispensable réflexion à mener sur les missions de l'État, mais je constate que l'on n'en est pas même aux prémices dans ce domaine. A titre personnel, cela fait depuis 2006 que j'appelle régulièrement à explorer cette voie.

    Il faudrait que l'on cesse un peu de se regarder le nombril en parlant de nos principes et nos alliances au MoDem. Et l'UDI serait bien inspirée de mettre de côté ses "traumatismes" (faut pas exagérer non plus...). 

    Mettons-nous au travail ensemble pour bâtir un grand programme politique dans tous les domaines que nous pourrons proposer aux Français. Les Français valident le rapprochement entre le centre (le MoDem) et la droite modérée (l'UDI) : la sphère centriste en somme.

    Nous n'avons donc plus qu'à nous atteler à l'ouvrage.

  • Je ne supporte vraiment pas la misogynie.

    Je crois qu'il n'y a rien de plus répugnant à mes yeux que la figure du misogyne. J'y associe d'ailleurs volontiers celle du violeur, la proximité entre l'un et l'autre me semblant évidente. 

    L'inconvénient avec la misogynie patriarcale c'est qu'elle se glisse à peu près n'importe où, quasi-indépendamment de l'expression politique. 

    J'ai dès le début été frappé par le mode d'action des Femen: de très jolies filles dévoilant leurs seins, cela m'a toujours paru suspect comme mode opératoire. Je ne parvenais pas à concevoir que cela ne soit pas une idée de mec, ou alors, à la rigueur, un concept marketing dont l'objet final était tout autre que la défense des droits imprescriptibles de toutes les femmes.

    Bingo, j'ai eu du flair. Un article de Madame le Figaro me révèle que le gros goret était dans le fruit. A l'origine des Femen, il y a un idéologue (une espèce que je déteste) et un gourou (quoi de plus vil que le gourou, l'émanation de ce que porte de plus bas l'instinct patriarcal). 

    A vrai dire, déjà, sur le principe, quand il y a un mec qui commande pyramidalement ou autocratiquement à toute une organisation, mon âme libérale renifle immédiatement l'entourloupe.

    Quand on voit que ce gros goret de Svyatski balance sur les Femen, les décrétant molles, faibles et j'en passe, on souhaite que sa tronche soit abîmée une deuxième fois.

    Ces types sont aisément reconnaissables : ils sont dans la toute-puissance. L'individu ne compte pas pour eux. On le voit bien : Svyatski ne parle pas de chaque femen pour ce que chacune est mais il s'exprime en disant "les filles". On croirait un proxénète évoquant une troupe de cabaret érotique. Pauvre type. Proxénète, cela lui aurait bien convenu, en fait, comme métier.

    Je n'arrive pas à exprimer par des mots la sensation qui me traverse quand j'entends, je lis ou je vois ces ratés à deux-balles qui se vengent sur les femmes de leurs complexes érectiles. Ça pue, c'est quelque chose de cette ordre. Une odeur de décrépitude assez répugnante : le mec doit régulièrement se pisser dessus, peut-être se chier dessus, même, et il se venge comme il peut. Sa manière à lui d'essayer de se sentir important parmi ses semblables, sans doute pour se donner une contenance. J'en ai vu des bouffons se rengorger la crête de coquelet pimpante à coup de "Ah, les femmes, toutes des...". Il joue un peu dans cette cour-là mais en version intello. 

    De toutes façons, tous les mecs qui prétendent éduquer les femmes sont des gros porcs, au fond. Svyatski affirmait vouloir "enseigner" un certain nombre de qualités aux jeunes femmes qu'il recrutait. Ça pose la sous-merde que cela doit être dans la vie ordinaire.

    Wikipedia a tout de même encore du bon sens : Inna Shevchenko a une page wikipedia, pas Svyatski.

    Je ne comprends pas trop ce qu'elle veut Inna. Les seins nus des jolies femmes excitent les hommes : je ne vois pas comment ils pourraient être le moteur d'une réflexion et d'une pensée sur les droits de la femme. Je me demande si elle s'en rend compte. S'il y a les furieux qui la détestent, les autres, ils pensent surtout à l'avoir dans leur lit... Pensée sympathique (d'un point de vue masculin, évidemment) mais qui ne fait pas avancer d'un iota la condition de la femme. De toutes façons, le ver est dans le fruit : le mode d'action choisi et poursuivi demeure celui qui a été mis au point par le gourou-goret. On comprend donc bien qu'il perpétue le modèle qu'Inna veut battre en brèche.

    A mon avis, les Femen doivent tout reprendre à zéro et reconstruire leur corpus philosophique, se doter d'une doctrine cohérente et déterminer clairement ce qu'elles cherchent à promouvoir et à défendre.

    Vaut-il mieux, par exemple, rejeter viscéralement les religions en les décrétant hostiles par essence aux femmes ou, au contraire, tirer et désigner ce qu'elles leur contiennent de favorable ? Je ne suis pas vraiment convaincu de l'efficacité de la première voie.

    Le féminisme emprunte des chemins souvent extraordinairement tortueux : c'est dans l'un des pays les pires du monde en ce qui concerne la condition de la femme que les habitants ont porté au pouvoir une femme, je pense à Benazir Bhutto au Pakistan. Et il y a pas mal d'exemples de ce type alors même que nos démocraties avancées se sont montrées finalement incapables d'en faire autant.

    Ce n'est pas facile et je crois vraiment que la promotion des femmes n'est pas compatible avec les idées simples pour ne pas dire simplistes.