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mardi, 09 avril 2013

L'école face aux suicides d'enfants

Il n'y a peu de choses plus insupportables que d'entendre aux actualités la nouvelle d'un nouveau suicide d'enfant.

Comment peut-on à 9, 10, 13 ans, se donner la mort ? Je n'aime pas tellement Cyrulnik généralement, mais, sur le sort que s'infligent des enfants si jeunes, il a des paroles très justes : 

«le cumul des événements qui déclenche l'acte suicidaire résulte d'une cascade de déchirures invisibles, d'une convergence d'événements de nature différente»

«L'enfant "insécurisé", "seul, sans partage de la souffrance, sans aide ni possibilité de déchiffrer ce qui lui arrive, le jour où il comprend ce qu'est la mort, il se laisse prendre [...] une pichenette peut suffire pour passer à l'acte. Une phrase blessante, une petite frustration, une mauvaise note à l'école ou le déménagement d'un copain peuvent provoquer une déflagration exceptionnelle. Il peut écrire une lettre d'adieu [...] mais le plus souvent, il se penche trop par la fenêtre ou descend d'un autobus en marche. Alors les adultes parlent d'accident»

J'observe à quel point l'école se trouve impliquée dans les suicides d'enfants : et on y trouve dans bien des cas, comme élément déclencheur final les notes.

Ce n'est pas qu'il faudrait les supprimer, mais c'est qu'il faudrait cesser d'en faire un échelon de valeur. Je ne supporte plus d'entendre dans des discussions, de la part d'enfants eux-mêmes le plus souvent, parler de "bons" et de "mauvais" élèves. J'en ai assez de cette école, et particulièrement des collèges qui écrasent comme des rouleaux compresseurs les individus et s'érigent en seules mesures de la valeur de jeunes êtres humains, de leurs savoir-faire et de leurs savoir-être.

Mais il faudrait dire aussi un mot des enseignants et de l'absence d'humanité ordinaire d'une large part d'entre eux. Prompts à défiler pour le "service public", comme on dit, aveugles et sourds aux mal-être d'enfants qu'ils côtoient tous les jours, quand ils ne sont pas carrément vachards.

Le collège unique, les projets de scolarisation obligatoire jusqu'à 18 ans, les socles communs et j'en passe, tout ce qui se présente comme le "Bien suprême" du monde éducatif, la pression derrière les résultats au lieu de chercher le plaisir dans l'étude, tout concourt à faire du cursus scolaire un enfer ordinaire.

 

23:37 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : école, suicide | |  Facebook | | | |

Commentaires

Puisque tu le cites, voici ce que dit Boris Cyrulnik concernant le développement de l'enfant : "L’attachement est nécessaire à la survie, un enfant sans attachement arrête tous ses développements y compris biologiques. Maintenant les notions de neuroplasticité, l’expliquent. On sait que l’affectivité participe au développement biologique. Pour des enseignants, il est important de savoir que l’affection participe même aux performances intellectuelles. Sans affection un enfant n’a pas le plaisir de raisonner et ne comprend pas l’aventure de l’intellect abstrait, celle des mathématiques ou de la philosophie. Jusqu’ici on pensait que l’école était juste le lieu où on transmettait un savoir, ce qui a bien sûr sa noblesse. On sait maintenant que ce savoir n’est transmissible qu’à l’intérieur d’un cadre affectif qui passe avant tout par la parole. Cette parole humaine, qui souvent, sort du cadre de l’instruction, a un pouvoir de stimulation de l’affection et joue un rôle dans les performances abstraites."

J'ai la même préoccupation que toi concernant la notation : comment parvenir à ce que les notes ne soient connues que de l'enfant lui-même ? Afin qu'il puisse suivre sa progression à son rythme sans se sentir jugé et comparé selon ses seules performances mais plutôt encouragé à la découverte. Les enseignants ne devraient rien faire d'autre que transmettre leur curiosité, leur enthousiasme ; car avec ce plaisir d'apprendre les enfants se dépêchent d'apprendre à lire et à compter, pour réciter des poésies, chanter ou faire des rédactions.

Écrit par : Françoise Boulanger | mercredi, 10 avril 2013

Bonjour Françoise
Hélas, ce n'est pas gagné : je pense que les enseignants transmettent aussi leurs jugements implicites ou non.
Après, la curiosité et l'enthousiasme des enseignants, bah...j'en suis revenu : tu sais, ils en font tout un foin, mais la réalité c'est qu'ils ne sont rien d'autres que des individus tout à fait ordinaires...

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 10 avril 2013

Je sens du fatalisme chez toi, César !
Comme dans tous les métiers d'importance, chefs d'entreprise, médecins et journalistes inclus, il y a des personnes inaptes ou blasées mais il en existe aussi et encore de compétentes et réellement tournées vers les autres. Il ne faut donc s'intéresser qu'aux "sincères", sans s'adresser aux minables qui veulent tirer la société vers le bas !

Écrit par : Françoise Boulanger | mercredi, 10 avril 2013

http://mistergreengenes.over-blog.com/article-des-tornades-de-bons-sentiments-des-rafales-de-mensonges-116967473-comments.html#anchorComment

Ce lien pourra vous paraitre hors-sujet, pourtant il ne l'est pas vraiment, il touche au savoir et aux sentiments d'enfermement et de culpabilité.

Écrit par : Martine | jeudi, 11 avril 2013

J'ai beaucoup aimé son illustration, il aurait du oser le verre d'eau rempli de glacons, avant et après la fonte^^^.
Un beau sujet d'atelier pour les activités péri-scolaires.

Écrit par : Martine | jeudi, 11 avril 2013

Quand les glacons fondent, le verre d'eau déborde-t-il ou pas?
La réponse est: non le niveau reste constant.
Amusant ou consternant au choix, n'est-ce pas?

Écrit par : Martine | jeudi, 11 avril 2013

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