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lundi, 25 mars 2013

Rythmes scolaires : Delanoë passe en force...

Delanoë n'a pas fait dans le détail et passé outre toutes les objections en imposant la semaine de 5 jours aux écoliers parisiens.

Je me console en songeant que le pire a été évité puisque le premier projet prévoyait de maintenir les enfants jusqu'à 16h30 sur 4 jours avec une pause invraisemblable de 2h45 le midi.

Dans le nouveau projet, on peut les chercher deux fois par semaine à 15h00. Mais comme les parents ne peuvent se libérer n'importe quand, tous ceux qui s'étaient organisés en prenant leur mercredi seront contraints de composer avec cette nouvelle donne. 

Soit ils auront les moyens d'envoyer une baby-sitter récupérer leurs enfants, soit ces derniers devront demeurer au minimum jusqu'à 16h30 à l'école. Et le choix ne sera pas souple puisque les inscriptions aux animations auront lieu en début d'année scolaire et ne pourront plus être modifiées.

En tout cas, je prends un pari : nos résultats aux tests PISA ne seront pas meilleurs d'ici quelques années et nos enfants ne seront pas moins fatigués. Et ils ne sauront pas davantage mieux lire, écrire ou compter.

Delanoë fait l'impasse sur le vote des instituteurs et institutrices aux prochaines municipales car je subodore qu'il se reportera sur le Front de Gauche, plus prudent sur cette réforme.

Je regrette profondément que l'élu MoDem ait soutenu cette réforme depuis son commencement. Il y a au moins deux arguments que je récuse profondément : l'un, de nature idéologique, qui consiste à faire valoir que cette réforme est bonne parce qu'elle met fin à un avantage pour les familles favorisées. Personnellement, mon objectif politique est de faire profiter tout le monde d'un avantage, pas de le retirer à ceux qui l'ont. L'autre, d'être favorable à un élargissement de la pause méridienne : tous les enseignants sont d'accord pour dire que cette idée, appliquée, aurait amené des enfants surexcités et épuisés aux cours de l'après-midi.

De manière générale, le discours de Jean-François est organisé autour de la réduction de inégalités pour justfier ce projet. Ce n'est vraiment pas ma conception du rôle de l'école et je le trouve trop idéologique à mon goût. Je souhaiterais plutôt que l'on s'attaque aux vraies difficultés, c'est à dire les enfants qui ne parviennent pas à apprendre à lire et à écrire dans notre école. Et, là encore, je suis tout à fait prêt à tenir le pari que cette réforme ne changera strictement rien à leur sort.

Par ailleurs, cette réforme aura un coût, c'est évident ; Delanoë trompe les Parisiens en affirmant le contraire. Delanopolis l'explique très bien. Le budget qui sera voté AVANT les municipales fera l'objet d'une rectification APRÈS ces élections. 

A titre personne, je ne peux même pas me consoler en me disant que je vais économiser le mercredi matin en garde : je vais devoir payer une heure 30 de plus au moins le mardi et le vendredi...

Pour conclure :

- quelques remarques de bon sens (pas toutes) sur la fatigue des enfants à l'école sur ce site.

- un rapport que l'actuel gouvernement se garde bien de faire connaître : il montre qu'il n'y a pas d'impact significatif de la semaine de 4 jours sur les résultats (au contraire, ils tendraient à légèrement s'améliorer en fait !!!) et il établit la recherche chronobiologique sur le sujet ne s'appuie pas sur des recherches assurées !

16:08 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : delanoë, rythmes scolaires | |  Facebook | | | |

Commentaires

Rhooo, c'est pas beau la jalousie.
Après, vous ne savez comment faire, mais vous étiez prévenu...
Salut!

Écrit par : Martine | mardi, 26 mars 2013

Cet extrait du rapport que tu cites démontre que l’étude sur les effets de la semaine de quatre jours a été faite par de véritables consultants, pratiquant une pensée nuancée, donc honnêtes :
« Ces études n’avaient pas permis de parvenir à des conclusions significatives en terme d’apprentissages scolaires : la semaine de quatre jours ne se révélait ni facilitante ni nocive sur le plan des performances des élèves.
Elles donnaient parfois des résultats contradictoires que l’on peut facilement expliquer : d’une part l’effet d’expérience et d’engagement propre à la nouveauté d’un dispositif pouvait jouer et influer sur les résultats des élèves, d’autre part ces résultats n’auraient vraiment pris sens que dans un suivi sur plusieurs années. L’absence de ce suivi et surtout l’absence de toute évaluation comparée des résultats des élèves interdit donc de tirer des conséquences au niveau national en terme de choix d’organisation. »
(Il faudrait cependant comparer cette étude avec une autre faite dix ans plus tard dans les mêmes conditions, puisque le rapport que tu as mis en lien, sauf erreur de ma part, date de… 2002 !)

Il est évident que la solution de remonter dans le classement PISA n’est pas dans le rythme lui-même (la forme) mais dans "l’envie d’apprendre" transmis à l’enfant (le fond). Un enfant ayant découvert très tôt le pouvoir personnel que lui donne la lecture sera heureux d’aller en classe tout simplement.

Peu importe 4 ou 5 jours finalement, la priorité est d’appliquer la meilleure méthode d’apprentissage de la lecture. Il a été démontré que seule la bienveillance (ou l’affection) appliquée durant l’apprentissage obtenait les meilleurs résultats : avec elle un enfant est même capable de lire dès la fin de maternelle. Mettons tous les moyens pour y parvenir.

Écrit par : Françoise Boulanger | mercredi, 27 mars 2013

Dans la dernière partie du commentaire, je répondais aussi à ton billet du 13 mars dernier :
http://heresie.hautetfort.com/archive/2013/03/13/l-indigente-loi-de-refondation-de-l-ecole-socialiste.html

Oui la forme n'est pas prioritaire. Le fond du problème c'est la lecture et rien que la lecture.

Ayant eu trois enfants, tous trois ayant appris dans des écoles différentes, j'en suis arrivée à la conviction que la meilleure méthode est celle dite du sablier.

- D'abord l'enfant découvre qu'il y a des lettres séparées qui n'ont aucun sens isolées. Un enfant de 2 ans est capable de les reconnaître.
- Puis il comprend que ces lettres assemblées entre elles forment des mots, des "habits" différents. Il sait reconnaître des mots courts et même son prénom dès 3 ans (méthode globale transitoire).
- Il comprend ensuite que deux lettres ensemble peuvent former un nouveau son (méthode syllabique).
- Et finalement il peut comprendre le mécanisme de l'assemblage dès 4 ans.
- Il ne faut pas oublier que c'est la reconnaissance globale qui permet la lecture rapide.
- Par contre ce ne peut être que le goût de la lecture, donc l'entraînement, la répétition de lecture des nouveaux mots qui donnera la capacité à les détailler séparément pour y détecter une anomalie.

Si tout cela est fait sous forme de jeux n'exigeant surtout aucune sanction, le départ sur la bonne voie de la pensée responsable, de l'indépendance, est réussi.

Écrit par : Françoise Boulanger | mercredi, 27 mars 2013

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