Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Bayrou/Le pen, la bataille du Made in France

    Il fallait s'y attendre, à partir du moment où François Bayrou a amené dans la campagne le Made in France, tous ses concurrents allaient y aller de leur petite touche sur la question.

    Le cas de Marine Le pen mérite toutefois une attention particulière. J'ai lu le programme  présidentiel de Marine Le Pen. Surprise ! On pourrait croire à un certain nombre de convergences entre Bayrou et Marine Le pen : elle aussi parle de réindustrialisation, de simplification administrative, de planification, de made in France et a même récupéré le Small Business Act de Bayrou de 2007. Mais la comparaison s'arrête là. Nombre de mesures économiques génèrent des conséquences très différentes selon le contexte dans lequel on les applique. En outre, Marine Le pen assure que le FN a toujours défendu ces propositions. C'EST FAUX. Page 41, voici le programme économique de Jean-Marie Le pen en 2007 : aucune des mesures que je cite ci-dessus n'y figure. En revanche, voici celles de François Bayrou en 2007 : il n'y a pas le commissariat au plan ni le label Made in France, mais le reste y est. Le label Made in France est une idée qui est venue à Bayrou en 2008 quand il a commencé à s'intéresser à la réindustrialisation avec Jean Peyrelevade que le sujet passionnait depuis longtemps. Le rapport de Yves Jégo lui a fourni la matière finale pour formuler ses premières propositions dans le domaine. 

    Finalement, ces mesures sont comme du souffre : en tant que tel, le produit n'est pas explosif, mais mélangez-le avec du salpêtre et ça fait boum. Ainsi, le fond de la relance économique de Marine Le pen, c'est d'abord et avant tout la barrière douanière. Bayrou l'a montré très clairement dans son État d'urgence : un tel choix est suicidaire parce que la France est une nation exportatrice, et ce, même si notre balance commerciale connaît un fort déficit. Sur la question du protectionnisme, on trouve un discours similaire chez Mélenchon et plus généralement à la gauche de la gauche, comme par exemple chez le blogueur SuperNo.

    Il faudra donc que FN, décroissants et Frontistes de Gauche m'expliquent ce qu'ils comptent faire des entreprises françaises qui exportent. Il y a la solution de l'autarcie, évidemment, mais les deux exemples immédiats qui me viennent en tête, la Roumanie de Ceaucescu et la Corée du Nord, ne plaident pas vraiment pour elle.

    Ce que l'on peut exiger, en revanche, c'est le respect de normes communes pour tout bien vendu dans l'espace européen : le MoDem plaide de longue date en ce sens, et Marielle de Sarnez fait même souvent valoir qu'il faut porter le combat jusque dans les cercles de l'OMC.

    La gauche pourtant modérée semble faire une fixation sur le Made in France dans lequel elle voit une dérive nationaliste. Dérive qu'elle oppose à l'Europe. Je l'ai déjà dit mais il me faut le répéter : le label Made in France paraît plus gênant à cette gauche-là que par exemple la certification AB pour l'écologie ou encore la mention fair trade Max Havelaar pour le commerce équitable ? Est-ce que des magazines comme Que Choisir ou 60 millions de consommateurs sont nationalistes quand ils demandent à savoir d'où vient tel ou tel produit ?

    Qu'a constaté Bayrou ? Qu'il y avait un gisement d'emplois, de croissance et de productivité dans le sentiment patriotique des Français, et qu'on pouvait même espérer rééquilibrer notre balance commerciale grâce à ce gisement-là. Est-ce mal ? Lui-même, très attentif à acheter du Made in France, a constaté que c'était un vrai labyrhinte pour parvenir à trouver une information exhaustive et transparente sur le sujet. Que souhaite François Bayrou ? Éclairer le citoyen-consommateur. Est-ce mal ? La gauche modérée peut-elle m'expliquer quelle dérive nationaliste elle voit dans cette volonté ? Elle rêve de quoi, cette gauche modérée ? d'une Cinquième Internationale sans pays ni nations ? C'est le mot France qui la gêne ? Par ailleurs, Bayrou a une idée plus large, puisqu'il envisage un tel étiquetage à l'échelle européenne, tout simplement, et cet étiquetage-là profiterait à tous les citoyens européens, et pas seulement aux citoyens français. Une version expurgée et raisonnable du localisme cher aux écologistes, en somme.

    Bref, entre une extrême-droite et une extrême-gauche qui ne rêvent que de barrières, une gauche bon teint qui rêve d'effacer les frontières et les pays, il me semble que la proposition de François Bayrou réalise une synthèse heureuse dans laquelle tout un chacun pourrait se reconnaître.

  • Un maire doit pouvoir maîtriser l'implantation de mobil-home sur sa commune

    Mon camarade Description méthodique du vide s'insurge, dans la foulée d'associations contre la dernière loi sur l'implantation de mobil-home sur une commune.

    J'ai étudié avec attention la loi votée et les débats qui se sont tenus : je me suis étonné, parce que dans les propos des divers participants je n'ai vu aucune intention de mal faire mais au contraire la volonté de protéger les usagers des dérives et d'empêcher des marchands mal intentionnés de prospérer sur des pratiques illégales.

    Il y a plusieurs choses qui ont été mal comprises : le fait de demande au locataire d'un mobil-home qui reste plus de trois mois sur un terrain un justificatif de domicile principal permet de s'assurer que le locataire en question ne fait pas de sous-location toute l'année à des conditions très opaques.

    Le texte de loi dit très précisément ceci :

    « Art. L. 335-1 (nouveau). – En cas de location dans un terrain de camping et caravanage ou un autre terrain aménagé à cet effet d’un emplacement, équipé ou non d’un hébergement, pour une durée supérieure à trois mois, le locataire fournit au loueur un justificatif de domicile de sa résidence principale datant de moins de trois mois.»

    Mais il ajoute cet élément :

    « Le premier alinéa n’est pas applicable en cas de relogement provisoire effectué à la demande ou avec l’accord du maire de la commune d’implantation du terrain. »

    Je comprends donc de cet ajout que le maire veut pouvoir contrôler qui vient s'implanter sur sa commune et à quelles conditions, ce qui me semble tomber sous le sens.

    Je pense que le commentaire d'André Chassaigne, élu communiste, est au final éclairant sur les tenants et les aboutissants d'une loi qu'il ne désavoue pas : 

    Nous n’avons pas de réticence à ce que les relations entre les propriétaires de mobile-homes et les loueurs d’emplacement soient mieux encadrées. Les propriétaires de mobile-homes, qui ne se recrutent pas parmi les franges les plus fortunées de la population, sont trop souvent victimes de pratiques commerciales abusives des loueurs d’emplacement. En outre, c’est un fait, et cela a déjà été dit, les habitats légers de loisir sont utilisés parfois non pas pour le loisir et les vacances mais comme mode de résidence annuel. On estime qu’entre 60 000 et 120 000 personnes vivent dans ces habitations, en raison de leur précarité et de leur impossibilité à se loger normalement.

    Cette situation résulte – il faut le dire – d’une politique du logement social largement insuffisante. Dans ces conditions, il est nécessaire de surveiller les pratiques des 10 000 terrains de camping de notre pays, d’autant que leur nombre de nuitées est de 104 millions et que leur chiffre d’affaires est désormais supérieur à 2 milliards d’euros, d’autant plus, également, que leur gestion est de plus en plus privée.

    Depuis quelques années, en effet, le pourcentage de terrains en gestion municipale ne cesse de décroître ; entre 1991 et 2004, il était déjà passé de 38 % à 33 %. Si le maire se voit octroyer de nouveaux pouvoirs – tel celui de se rendre dans les campings pour vérifier le nombre d’emplacements dévolus aux mobile-homes –, notons tout de même que la proposition de loi reste silencieuse sur ses moyens d’action en cas de déclaration erronée des gérants. Or la réalité ne cesse d’évoluer. Certains patrons de campings vendent ainsi des mobile-homes à des clients habituels, lesquels donnent en retour à l’exploitant un mandat de gestion pour louer librement leur habitation lorsqu’ils ne l’utilisent pas, moyennant une commission qui peut atteindre 25 % du loyer perçu.