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mardi, 26 avril 2011

Incurables

J'écoutais la semaine dernière une émission de la BBC sur Jon Venables, Jon Venables: What Went Wrong?, cet Anglais, assassin à 10 ans dans des circonstances atroces de James Bugler, un enfant de deux ans (tortures, sévices sexuels).

Quand des enfants commettent des crimes il est pertinent de se demander s'ils sont réinsérables. Cela n'a rien d'une évidence, en dépit de ce que ne manqueront pas de faire valoir les bonnes consciences, donneurs de leçons de tout poil et belles âmes (probablement nauséeuses après la lecture de mon billet).

Je crois qu'il faut distinguer deux cas de figure : les impulsifs d'un côté, les pervers et les paranoïaques de l'autre.

Les pervers ne sont à mon avis pas réformables. Une fois la perversité installée dans le psychisme, elle s'y répand comme un cancer foudroyant sans qu'on puisse séparer la tumeur du reste de la psyché.

Les paranoïaques, à cause même de la nature même de leur déviance, sont incapables de vouloir guérir puisqu'ils voient dans toute psychothérapie une forme de complot contre eux.

Les autorités britanniques ont fait un pari aussi risqué que courageux en dépit d'une opinion publique hostile : elles ont essayé de réinsérer Jon Venables, en le libérant à 18 ans. Devenu jeune homme sa progression semblait prometteuse jusqu'à ce que l'on découvre qu'il consultait et stockait des images pédopornographiques sur son ordinateur, notamment des viols de très jeunes enfants. Pris sur le fait, il a tenté de détruire le disque dur de son ordinateur à coups de canif.

Robert Thompson, quant à lui, n'a jamais éprouvé le moindre regret malgré le caractère particulièrement atroce et bestial de son crime. Il ne s'est toutefois pas manifesté après sa libération.

On peut toujours clamer qu'ils étaient des enfants au moment de leur crime. Ceux qui s'y risqueront les voudraient-ils comme voisins ?

Il faut se résoudre, je pense, face à la perversité, à la juguler définitivement. Cela suppose un enfermement dans un hôpital psychiatrique adapté pour la vie. 

Évidemment, quand des enfants en arrivent à de telles déviances, on ne peut manquer de s'interroger sur leurs parents. Toute la difficulté, c'est que chaque individu est unique. Si très probablement, seuls des parents pathologiques peuvent générer un monstre, ils peuvent tout aussi bien engendrer un héros, selon le caractère de l'enfant qu'ils mettent au monde.

Je suis étonné de ce que les médias britanniques aient complètement occulté les familles de deux meurtriers, alors que l'environnement familial de l'un et de l'autre incluait des incestes, de la violence et de l'alcoolisme.

Venables sera à nouveau libérable en juillet 2011. Compte-tenu de son état de confusion morale, le libérer serait criminel. On pourra toujours objecter que l'absence de perspectives est un mauvais signal pour les enfants qui sont en prison, évidemment, mais il s'agit d'éviter des confusions fâcheuses : c'est le caractère pervers de la personnalité de Venables et de ses crimes qui rendent l'individu dangereux. 

L'avocat de Venables a d'ailleurs déclaré que ce dernier avait été soulagé en retrouvant la prison, tant il s'était senti "démuni" en quittant l'univers carcéral.

Commentaires

Dix ans, selon les enfants certains entrent dans "la primo adolescence" dès cet age ans parait-il ou onze, douze... enfin la fourchette peut etre si variable...
Je crois qu'il serait bon, tout de meme de les éloigner d'un centre carcéral classique.
@+

Écrit par : Martine | mardi, 26 avril 2011

Oh là! Il me semble que tu vas un peu trop vite en besogne... On ne peut pas enfermer tout le monde dans des unités psychiatriques... C'est aux experts-psychiatres de juger de la pathologie. En ce sens, les mots "pervers" ou "paranoïaques" ne veulent rien dire.
Ne mélangeons pas symptômes et maladies mentales proprement dite!

La plus fréquente, qui se déclenche souvent à l'adolescence, est la schizophrénie. Elle est quasi-incurable... et vaut généralement internement psychiatrique ad vitam aeternam. Quand elle est accompagnée de traits de paranoïa, elle peut-être mortifère pour la personne elle-même ou pour autrui. Et les parents ne sont pas forcément responsables de ce type de pathologie!

Après, il y a les psychopathes, beaucoup plus rares, ce qui semble être le cas de ton gamin anglais. Heureusement, beaucoup plus rares... Non ré-insérables car incapables du moindre affect.

Sur le "Si très probablement, seuls des parents pathologiques peuvent générer un monstre", je crois que tu te plantes complètement.

Écrit par : JF le démocrate | mardi, 26 avril 2011

@L'hérétique,
;)

Écrit par : Martine | mardi, 26 avril 2011

@ JF

"Elle est quasi-incurable... et vaut généralement internement psychiatrique ad vitam aeternam"

Non, heureusement : on estime que 0,5 à 1% de la population peut être atteinte de schizophrénie.

Elle n'est pas "quasi-incurable", au sens où il existe aujourd'hui des traitements à base d'antipsychotiques permettant de fortement diminuer les symptômes les plus "asociaux", même s'il est vrai que la maladie proprement dites ne disparaît pas. Et elle ne vaut pas "internement psychiatrique ad vitam aeternam". Au contraire, dans de nombreux cas, une réinsertion sociale et même professionnelle peut faire partie du traitement. Beaucoup de personnes atteintes de schizophrénie vers 15 ou 18 ans (c'est l'âge où les troubles apparaissent le plus souvent) peuvent, s'ils ont été bien traités, retrouver vers vingt ou vingt-cinq ans une vie "normale". Il y en a peut-être dans les entreprises que tu fréquentes, plus vraisemblablement aux services Comptabilité, Finances, Contrôle de gestion ou Informatique... Par exemple, le champion d'échecs Bobby Fisher, le musicien Syd Barett (Pink Floyd) ou l'économiste John Nash (prix Nobel en 1994) étaient atteints de schizophrénie.

En fait, il y a bien pire que la schizophrénie. Comme disait un psychopathe de ma connaissance : "La différence entre un schizophrène et moi, c'est que là où même un schizo freine, moi, j'accélère"...

Écrit par : Ch. Romain | mardi, 26 avril 2011

Il n'y a jamais que ceux qui paraissent en parler le mieux^^^^ qui ont cotoyé du plus près^^^Heing? :pppp
Bon courage l'héré.

Écrit par : Martine | mardi, 26 avril 2011

@ Martine
Il date de quand votre bon de sortie?! Parce que très franchement quand je vous lis, et si j'avais été psychiatre, jamais je ne l'aurais signé... -)))

Écrit par : JF le démocrate | mardi, 26 avril 2011

Pas étonnée, cela vous ressemble tant depuis trois années! Z'ètes pas sorti...:o))

Écrit par : Martine | mardi, 26 avril 2011

A vot' service... :o))
http://www.youtube.com/watch?v=Cq6XMjYRINA
Débrouillez-vous, aucune vocation à jouer " l'héroine". Mdrires

Écrit par : Martine | mardi, 26 avril 2011

Tsss, lien pas passé, ah la la:
http://www.youtube.com/watch?v=Cq6XMjYRINA
Bon courage!

Écrit par : Martine | mercredi, 27 avril 2011

En ce qui concerne la schizophrénie, il me semble en effet qu'il faut laisser les spécialistes aviser et ne pas oublier que chaque cas est particulier.
Mais il y a dans vos propos, l'Hérétique, quelque chose que je perçois comme une contradiction: vous évoquez l'influence de l'environnement familial en laissant entendre qu'il a dû être déterminant. Peut-être. Mais alors ces enfants n'auraient pas été pervers "par nature"; ce que de très mauvaises influences ont fait, pourquoi affirmer que d'autres influences ne permettraient pas de le défaire, en partie du moins?
Comme je ne voudrais pas être traitée de "bonne conscience", "donneuse de leçons", et "belle âme", je ne dirai pas qu'il faut remettre en liberté au bout d'un certain temps automatiquement les coupables de tels actes, mais qu'après examen soigneux des cas de ce genre, et donc compte tenu de l'évolution de ces auteurs d'actes monstrueux, une remise en liberté ne devrait pas être systématiquement jugée scandaleuse.

Écrit par : Monique | mercredi, 27 avril 2011

@Monique
Bien sûr que ces enfants ne sont pas pervers par nature. Mais vous savez, tous ceux qui se retrouvent avec un membre atrophié à la suite d'une catastrophe ou d'une guerre ne le sont pas non plus par nature.
Ce que je crains, c'est que dans certains cas, la perte du sentiment moral soit irrémédiable, comme une sorte d'amputation psychique, en somme.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 27 avril 2011

@ Martine
L'érotomanie est un grave trouble de la personnalité, mais ça se soigne. Tout comme d'autres troubles psychiatriques, ou certaines dépendances telles que celles liées à l'alcool.

Écrit par : JF le démocrate | mercredi, 27 avril 2011

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