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mercredi, 09 février 2011

Jumelles disparues : je n'aurais pas eu de pité pour Médée

Plus le temps passe, hélas, et plus je suis inquiet pour les deux petites jumelles qui demeurent introuvables. Évidemment, je me plais à espérer qu'on les retrouve, mais le suicide du père me semble du plus mauvais augure.

J'ai déjà eu l'occasion de le dire, je n'ai aucune forme de compassion pour les géniteurs qui s'en prennent à leurs enfants. Rejoignant Maria Montessori, j'estime que l'adulte, fût-il le père ou la mère d'un enfant, est d'abord là pour créer une atmosphère bienveillante autour d'un enfant. De la même manière, tout comme elle, je considère que la nature a un plan secret qu'il ne nous appartient pas de contrarier mais au contraire qu'il convient de faciliter pour chaque enfant. Il résulte de telles vues qu'un enfant n'appartient, à mes yeux, en aucun cas à sa famille.

Sans pour autant avoir la foi comme Maria Montessori, et voir dans l'enfant un cadeau de Dieu, je ne l'en vois pas moins comme un don de la bonne fortune.

Je n'aurais donc eu aucune sorte de pitié pour la Médée d'Euripide. Oh, certes, tant qu'elle est prostrée sur les marches de son palais, alors même qu'elle a compris que Jason va la quitter pour une femme plus jeune, plus prospère, et finalement, par motivation politique et ambition, elle a ma sympathie, mais cette dernière ne survit pas à la pièce.

En tuant ses propres enfants, Médée s'est mise au ban de l'humanité. Dramaturge, j'eus rendu justice, peut-être chez Égée puisqu'on disait dans l'Antiquité Athènes patrie de la justice, et un aréopage l'eût déclaré coupable et condamné à mort sans états d'âme.

Je ne sais ce que Matthias Schepp a fait de ses deux filles. J'espère simplement que dans un sursaut inouï et fou d'égoïsme monstrueux, il ne les a pas condamnées au même sort que le sien.

Il faut être une sacrée ordure pour faire d'enfants innocents les instruments d'une vengeance, ou du moins, de tout saboter, tout détruire en même temps que l'on disparaît. Il y a plusieurs manières de disparaître : certaines méritent la compassion, d'autres ne sont dignes que de l'opprobe du genre humain.

C'est terrible, finalement, de se dire qu'on ne sait peut-être jamais qui est l'homme ou la femme avec lequelle/laquelle on a choisi d'avoir des enfants.

00:00 Publié dans Culture, Lectures, Société | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : médée |  Facebook | | |

Commentaires

ce n'est pas très correct de citer Médée qui est une femme pour illustrer cette histoire. la plupart des meurtriers en cas de dissension dans le couple sont des hommes.(tu trouveras une liste non exhaustive sur le blog "derrière les chiffres"
les femmes lorsqu'elles tuent leurs enfants le font plutôt à la naissance ou pour d'autres motifs

Écrit par : olympe | mercredi, 09 février 2011

Cet article est idiot. Au contraire, dans un drame, il faut s'efforcer de ne pas ajouter une sur-enchère d'émotionel, et de rester lucide.
Au risque d'une lapalissade, énoncons qu'une personne qui se suicide n'est pas en pleine possession de toutes ses facultés mentales. Elle ne fait pas rationnellement le choix de se suicider. Elle perd le controle de sa trajectoire mentale.
En général, on s'efforde de ne pas accabler le conducteur qui meure d'un accident de la route, même s'il emporte des passagers dans son drame.
Aussi dramatique qu'est cette histoire, ce Monsieur a juste "perdu le contrôle".
Il est injuste et déplacé de juger une personne sur une fin aussi tragique. n'oublions pas qu'elle est synonyme d'une immense souffrance, et mérite, à ce titre, un minimum de retenue - surtout quand on ne connait pas l'individu, ce qui semble manifestement votre cas.

Écrit par : Pierre | mercredi, 09 février 2011

@Olympe
Peu importe que cela soit une femme ou un homme, mais bien sûr, ta remarque est juste.
@Pierre
Désolé, je n'ai en aucun cas cette "pudeur-là". J'ai déjà écrit un billet ici pour noter avec quelle facilité la société se montrait emplie de compassion sous prétexte que le drame est passionnel.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 09 février 2011

La mythologie grecque semble toujours porter un regard un peu sceptique sur les rapports parents/enfants : Oedipe qui tue Papa et épouse Maman, Héraclès qui massacre ses mômes dans un accès de folie, Agamemnon qui sacrifie sa fille, Oreste qui tue Maman pour venger Papa, Thésée qui tue accidentellement Papa, Icare qui meurt pour ne pas avoir écouté Papa... sans oublier qu'Oreste qui tue aussi Tonton ou Antigone que Tonton fait mourir. C'est beau, la famille méditerranéenne !

Écrit par : Ch. Romain | mercredi, 09 février 2011

C'est vrai que se suicider signifie être dans une profonde souffrance et je n'accablerais pas non plus le père..Et pourquoi ne parle t'on pas de la mère ? Ils ont construit qch à deux, mais celle-ci a décidé unilatéralement de détruire cette construction. Il faut aussi pouvoir assumer ses propres actes surtout lorsque des enfants sont en jeu. Les journaux sont remplis d'actes irréparables par manque de prise en compte de la souffrance de l'autre..

Écrit par : Mona | mercredi, 09 février 2011

En fait, ce contre quoi je m'élève, c'est l'excuse passionnelle.
Deux enfants innocentes ont peut-être été tuées. Si je pouvais encore croire, je prierais pour que cela ne soit pas le cas.
Rien ne peut excuser ou atténuer un tel crime.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 09 février 2011

Les commentaires sont fermés.