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  • L'Égypte comme l'Iran, mais lequel ?

    Je ne suis pas certain de me réjouir du climat de révolte en Égypte. Bien sûr, la population cherche à chasser son despote, mais de l'autre, même s'ils n'ont pas été à l'origine des troubles, les Frères Musulmans vont tenter de récupérer la situation.

    Ils ont été nombreux, en 1979, les intellectuels, à se réjouir de la révolution en Iran. Il suffit d'avoir lu le témoignage de Bani Sadr pour comprendre que les islamistes, comme les communistes à leur début au demeurant, sont prompts, même s'ils sont encore minoritaires, à prendre les rênes d'un mouvement populaire afin de l'instrumentaliser et prendre le pouvoir. Bref, je ne crois pas que ce soit la récente révolte des jeunes en Iran qui soit le modèle de la révolte égyptienne.

    La prise de pouvoir par des islamistes en Égypte ferait courir un risque géopolitique majeur à toute la région. 

    L'armée semble toutefois déterminée à contrôler la situation tout en évitant de heurter la population. Je suis sceptique sur Baradei : il est connu à l'étranger, les forces progressistes à l'Égypte le soutiennent, mais ce n'est absolument pas une garantie de popularité auprès des masses populaires.

    Dans des révolutions comme celles qui se produisent, il faut toujours se garder d'un enthousiasme naïf : gauchistes, libéraux, syndicalistes, étudiants, parce qu'ils sont là et parlent facilement aux médias, ils ont toujours l'impression de parler au nom du peuple, voire d'être le peuple.

    Mais le peuple, en Afrique du Nord, a des préoccupations plus prosaïques : il veut simplement travailler et manger à sa faim. Accessoirement, quand il se montre réceptif à une idéologie, c'est généralement celle de l'islamisme triomphant. Le temps de Nasser, fer de lance de la laïcité,  est passé de date depuis fort longtemps déjà.

  • L'homme, l'enfant, le frigidaire et la télévision

    Un commentaire récent de Christian Romain, visiteur occasionnel de mon blogue, sur les rapports de l'enfant et de la télévision me paraît si pertinent que j'ai décidé de le publier. Le voici :

    Votre article me rappelle un texte de Cavanna dans "Charlie Hebdo", fin des années 70. Il écrivait (je cite de mémoire) : "L'Homme est la plus noble conquête du Con. Regardez la télé. Il en faut, de l'intelligence, pour inventer la télé ! Eh bien, l'Homme invente la télé et le Con l'utilise pour les émissions de Guy Lux. Et au final, c'est toujours le Con qui gagne." Le même raisonnement vaut peu ou prou pour la voiture, l'ordinateur (ah, les jeux vidéo "Shoot 'em all" !) et Internet...

    Pour les rapports TV/enfants : personnellement, j'ai éduqué mes mômes sur ce principe "On ne regarde pas la télé, mais quelque chose à la télé". Et je leur expliquait qu'on emploie la télé un peu comme le réfrigérateur, qu'on ouvre pour y prendre quelque chose et dans lequel on ne se rue pas a priori pour voir si par hasard il n'y aurait pas quelque chose dedans qui nous ferait envie. Bon, je ne dis pas que ça a marché à 100%, mais ils ont tout de même développé un rapport un peu distancié vis à vis de la TV. Et quand je vois qu'un nombre croissant de parents installent un poste dans la chambre de leurs mômes dès l'âge de 10 ou 11 ans (plus de 12% en 2006 !), voire avant, je frémis.

  • Le Diable se planque dans la télévision ?

    Je suis assez impatient de lire le livre de Michel Desmurget, TV Lobotomie. Je l'écoutais vendredi midi sur France info, à l'en croire, la télévision est le cinquième cavalier de l'Apocalypse, ou presque...

    Un livre à peu près similaire était paru en juin dernier, le Téléviathan. A vrai dire, les intérêts économiques qui se trouvent derrière la télévision sont tellement puissants que j'imagine bien qu'ils n'ont aucun intérêt à voir les effets de la télévision remis en question.

    Un étude constatait récemment que les adolescents désertaient les écrans de télévision ... pour mieux se retrouver derrière ceux des ordinateurs, sur des jeux ou sur Internet.

    A titre personnel, je n'ai pas une très bonne opinion de la télévision, particulièrement des séries qui y sont programmées et des animateurs plus vulgaires, grossiers et orduriers les uns que les autres.

    Fondamentalement, le problème n'est pas tant la télévision que le contenu qu'on y met, et force est de constater qu'à l'heure actuelle, c'est la déchetterie à ciel ouvert.

    L'inconvénient, c'est que l'intérêt bien compris a horreur du vide : admettons que l'on légifère pour interdire les débordements télévisuels incessants, on peut être à peu près certain que la m... que l'on nous sert trouvera un débouché ailleurs : sur internet, par exemple.

    La seule issue, c'est la responsabilité des parents, mais elle est un peu illusoire. Et puis on se doute bien que les chaînes télévisées se garderont bien de faire de la publicité à ceux qui dénoncent leurs méfaits. 

    Pourtant, des chaînes de qualité, c'est possible : la Cinquième, Arte, entre autres, le prouvent largement, et à plus d'un égard.

    Mais la télévision, au final, ne fait jamais que refléter l'état de notre société : un univers en apparence doucereux, en réalité impitoyable. Jusque dans les émissions de variétés, la Télévision sanctifie l'apparence, la force, la loi de la jungle, les apitoiements compassionnels en lieu et place de la pensée, bref, toute la saloperie qui déferle sur notre conscience collective.