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  • Droits d'inscription à l'IEP de Paris

    J'abhorre  Richard Descoings et ses rêves de Business School, et comme tout un chacun a pu le constater, je ne manque jamais une occasion de l'enfoncer sur ce blogue.

    Toutefois, si je veux être crédible, je dois m'appuyer sur des faits avérés. Rien ne m'empêchera de penser que l'affirmative action de Descoings est de la poudre aux yeux et que l'IEP ne reproduit pas moins les inégalités socio-culturelles que toutes les autres grandes écoles françaises, mais, force est de reconnaître que je me suis trompé sur les droits d'inscription que je présumais à l'IEP de Paris pour appuyer une démonstration récente.

    Or, je déteste laisser une erreur flagrante sur mon blogue. Enfin, flagrante à ce point.

    Reprenons. J'avais dit qu'un foyer avec un revenu fiscal de 66 000 euros par an et deux enfants devait payer 12 000 euros par an en master si l'un des deux enfants souhaitait entrer à l'IEP

    Je me suis trompé.

    En fait, c'est 4760 euros. Évidemment, comme Descoings fait son humaniste avec ses students et alumni (en Amérique, mot d'origine latine qui désigne les anciens étudiants des campus), il s'est trouvé un groupie pour porter jusqu'ici la flamme du Descoings'power. Enfin, même si ce n'est pas mes 12 000 euros qui représentaient à eux seuls 20% du revenu de ma famille bourgeoise, cela fait encore 7.5% des revenus totaux pour les seuls droits d'inscription. Si l'on considère tous les frais attenants (logement, notamment), les 12 000 euros sont plus que largement enfoncés : j'ai calculé que l'on dépassait allègrement les 15 000 euros par an.

    L'arrogant Descoings fait l'humaniste, mais dans le même temps, il rêve de médiocrité pour les lycéens français, considérant les humanités comme un luxe, la diversité des formations au lycée comme une billevisée.

    Parce que les étudiants qui arrivent jusqu'à l'IEP, ce ne seront pas ceux qui seront passés par les établissements qui auront appliqué ses obsessions et théories pédagogolâtres, mais bien les fils et filles de bonne famille passés par les écoles privées select et l'élitiste and very expensive Ipesup...

    Descoings se donne bonne conscience en signant des appels à la suppression des notes dans le primaire et fait dans la fibre sociale en recrutant des indigènes du 93, mais je peux vous assurer que la moyenne, vous avez intérêt à l'avoir à l'IEP, pour passer d'une année à l'autre. Et mieux vaut ne pas tarder, parce que dans le cas contraire, pas de sentiments et viré, voilà votre sort.

    Bref, cette élite arrogante, dominatrice et sûre d'elle-même me débecte : elle hurle hypocritement  avec les hyènes pour offrir de la merde au petit peuple pendant qu'elle même se vautre dans la soie avec une mine dégoûtée.

    Cette mise au point ne change rien au fond de mon propos.

  • Les notes, c'est pas le problème.

    Une vingtaine de personnalités ont signé une pétition pour supprimer les notes à l'école primaire. J'en ai assez de ces appels à la con, parce qu'il faut vraiment appeler les choses par leur nom. C'est comme la conférence sur les rythmes scolaires. On s'en fout. Ce n'est pas le problème. L'enjeu de l'école primaire, ce n'est pas l'usage de notes ou non, mais d'apprendre l'écriture et la lecture. C'est ce que Bayrou répond aussi à la vingtième minute de son entretien avec Bourdin, ce matin sur RMC ; je partage globalement son avis, c'est à dire que cela mériterait d'être expérimenté sans pour autant en faire une religion.

    Bref, les pédagogos de service détournent une fois de plus l'attention des citoyens des vrais problèmes. Isabelle, que j'invite à écrire un billet sur le sujet, commente  l'entretien sur le site du MoDem en observant que le vrai problème, ce n'est pas la note mais la stigmatisation publique.

    Ce qu'il faudrait interdire, c'est d'annoncer publiquement la note d'un élève sans son consentement. Ça, c'est quelque chose qui me gêne. Parce que la note, c'est la relation de l'enseignant et de chaque élève individuellement, pas l'affaire des autres. Libre à chaque élève ensuite de la faire connaître à l'encan ou non.

    La deuxième chose que l'on devrait bannir du vocabulaire de l'école, et elle m'horripile, c'est les adjectifs "bon" et "mauvais" quand on parle d'un élève. Ce sont des mots qui renvoient au champ de la morale. Un élève n'est ni bon ni mauvais. Il est en difficultés ou non à l'école, pour des raisons qui sont diverses.

    Au final, ce qui compte, ce ne sont pas les mesures pédagogolâtres à deux sous, qu'on se le dise bien, mais la bienveillance, la benevolentia ou encore l'humanitas, comme diraient nos Anciens Romains.

    Ce qui compte, pour un enseignant, c'est d'abord de vouloir le bien de son élève. Ensuite, il faut qu'il ait les moyens de lui faire du bien, donc qu'on ne lui colle pas 30 enfants et plus en classe de CP, comme cela commence à se voir en France, tant Nicolas Sarkozy et consorts méprisent l'école.

    Mais les enfants n'ont pas besoin d'idéologues de tout poil et de leur idéologie lénifiante, dont on trouve une belle brochette de représentants parmi les signataires de l'appel pour la suppression des notes, et, plus généralement dans une large partie de la gauche (pas toute, heureusement).

    Qu'ils nous lâchent avec leurs propos vaseux et convenus sur la confiance en soi. La note n'a rien à voir avec cela. C'est le rapport humain qui prime, dans l'établissement de cette sécurité. On ne trouve dans leur appel qu'un nouvel avatar de leur vieille antienne, l'égalitarisme.

    Accessoirement, les notes permettent aux enfants de se donner des repères, repères dont on sait à quel point ils sont indispensables pour que chacun trouve le moyen de se positionner, ne serait-ce que par rapport à lui-même. L'appel parle de pression scolaire, mais on voit bien en le lisant que pas l'ombre d'une once de réflexion sur le rôle de l'école n'a effleuré les signataires. La pression ne vient pas de l'institution elle-même mais de ce qu'on lui demande, et ça, il faudra bien se le fourrer dans la tête une bonne fois pour toutes, un jour, et commencer à y réfléchir sérieusement. Ça n'en prend manifestement pas le chemin, chez les pédagogols.

    C'est tout de même comique de considérer tous ces abrutis qui nous parlent tous les jours d'objectifs chiffrés et qui veulent enlever ces mêmes chiffres de l'école...Allez, halte à la dissolution des variables...!