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  • Ils ne lisent que les titres...

    Je le savais ! J'en étais même certain, et j'ai enfin une confirmation de mon pressentiment. La plus grande proportion de nos lecteurs ne lisent que les titres. J'avais déjà noté grâce à google analytics que 70% des lecteurs de mon blogue passent entre 1 et 10 secondes sur une page. Bon, eh bien je viens de trouver une étude qui date de janvier dernier et qui montre que 44% des utilisateurs de google actualités ne lisent que les titres ou les résumés. Cela prouve deux choses, en matière d'information : quand vous voulez en faire passer une, le titre et les premiers mots sont primordiaux. Je le savais depuis longtemps. Dans un tel cas, vous avez le choix entre deux types de titres :

    a) un titre carré et sans fard, le cas échéant long, rarement élégant, mais informatif. J'utilise ces titres pour des billets 100% militants.

    b) un titre accrocheur, mais qui risquera alors de ne séduire qu'un public restreint. S'il comporte la moindre ambiguïté, la moindre allusion, il ne sera pas compris par ceux qui ne font que survoler les titres ou...les flux. Je l'avoue, d'ailleurs, c'est bien souvent ce que je fais moi-même...

  • Liliane Bettencourt diminuée ? Certainement pas !

    Je me demande quels sont les rapports entre Liliane, la mère, et Françoise, la fille, chez les Bettencourt.

    En tout cas, je doute très fort que Liliane Bettencourt soit diminuée d'une quelconque manière aujourd'hui. Je l'ai écoutée dans son entretien avec Claire Chazal, et je la trouve au contraire extraordinairement habile dans ses réponses.

    En déclarant avoir l'envie de revoir sa fille, même si elle doute du succès d'une telle entreprise, elle efface d'éventuels soupçons de haine de la mère envers la fille. Mieux, en laissant entendre que sa fille pourrait être jalouse de sa mère, et que c'est là, somme toute, un lieu commun, elle renverse la situation et fait avaliser que les réclamations de la fille sont avant tout l'effet d'un affect blessé. En manifestant sa compréhension elle se montre large, et en réduisant le phénomène à un lieu commun des relations mère-fille, elle le banalise. Très fort.

    En ce qui concerne Banier, mon sentiment sur l'affaire est qu'elle est subjuguée par cet homme, sans doute par une passion de nature amoureuse. Si tel est bien le cas, comme je le pense, c'est un sale coup de la part de la fille que de tenter de faire passer sa mère pour gâteuse parce qu'elle refile en douce le blé à son amant.

    De l'autre, le Banier, pour accepter sans sourciller un milliard d'euros de donation, il pose son personnage. J'aurais, je l'avoue, plaisir, pour le compte, à voir l'État prélever les taxes qui s'appliquent sur les donations de ce type. Ça ferait rentrer de l'argent dans les caisses de l'État et la morale y trouverait son compte. Amusant le Banier : un grand copain du communiste Aragon, si j'ai bien compris, en son temps. Plus arriviste que lui tu meurs. Pote de Beckett, d'Adjani, de Sarraute, bref, du tout-Paris bien pensant, riche et vertueux...

    Il n'en reste pas moins que Liliane Bettencourt sponsorise des associations, des chercheurs, des prix avec son immense fortune. Bon, c'est fâcheux quand l'une des associations en question porte le nom de son père, fondateur du mouvement d'extrême-droite la Cagoule...Elle cite même son frère en page d'accueil de l'onglet de présentation de la fondation...Bon, ne chipotons pas, cette fondation subventionne la recherche contre le SIDA, des rénovations au Collège de France, des programmes de l'INSERM, des associations de lutte contre l'échec scolaire, bref, que du bon, objectivement.

    Ce n'est pas à un État de décider de la manière dont un individu doit donner son argent, fût-il sous l'empire, une nouvelle fois, d'une grande passion. Donc, au-delà des aspects fiscaux de son histoire financière, je trouve que la volonté de placer Liliane Bettencourt de force sous curatelle s'apparente à une forme d'acharnement douteux.

    Banier mis à part, elle me semble plutôt dépenser intelligemment une part de son immense fortune : cela nous change des jet-setteurs et de leurs fêtes minables et bling-bling où l'on craque l'argent en coke, alcool, groupes de rap et/ou de techno, automobiles de sport et de luxe, et cetera...

    Liliane Bettencourt appartient à cette fraction de la très grande bourgeoisie qui estime que le mécénat est l'une des marques d'une haute éducation. Cela nous change des Zahia D. et autres footballeurs pourris de fric et égoïstes...

  • Les vertueux soutiendront-ils la victime de Muhittin Altun ?

    On n'a pas fini d'en reparler des électrocutés de Clichy sous bois...A l'époque des faits, la Vertu indignée s'était emparée des bonnes consciences faisant des fuyards les martyrs d'une France devenue policière. Si bien sûr, on pouvait déplorer les deux morts accidentelles de Zied et Bouna, il y avait un pas, à mes yeux, dans le fait d'en faire des victimes expiatoires.

    On avait alors longuement interrogé et porté aux nues Muhittin Altun, une jeune Kurde de 17 ans, qui avait survécu à ses brûlures.

    Le problème, c'est qu'on l'avait retrouvé impliqué dans des émeutes urbaines moins d'une année plus tard. Il avait alors été accusé d'avoir jeté un pavé sur un véhicule de police.

    Le problème, c'est qu'il vient à nouveau d'être alpagué : deux coups de couteau sur un pauvre gars qui passait pour lui arracher sa chaîne.

    Ah, il escompte, je crois, un procès des policiers devant lesquels il avait simplement fui en 2005. Après le sien pour tentative d'homicide ? Ah, c'est sûr, il y croit tellement à la justice qu'il a hâte de passer devant. Son avocat, Jean-Pierre Mignard, va avoir du boulot. Il traînait en compagnie d'un délinquant notoire, et puis cela commence à faire beaucoup, tous ces "incidents", pour un individu de nationalité étrangère, stationné en France, je le suppose parce que c'est un réfugié ; dans tous les cas de figure parce que la France est une terre accueillante.