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  • Le Nutella, parlons-en...

    Je crois que je vais avoir un léger différend avec le faucon et Rubin...Primo, ça veut dire quoi ce "aussi" chez le Faucon ? L'Europe ne veut pas interdire le Nutella mais juste contraindre son fabricant à prévenir les usagers que cette saleté contient une palanquée d'huiles saturées et dégueulasses, à commencer par la fameuse huile de palme.

    Je trouve fort déplaisant de ne jamais être informé de ce que je mange quand je fais mes achats dans les magasins, ou, toujours écrit en tout petit avec des noms barbares pour que je n'y comprenne goutte. Tiens, par exemple, le tocophérol...J'ai mis du temps à comprendre que c'était de la vitamine E, mais qu'on l'utilisait en fait surtout pour éviter aux aliments de rancir... Certaines huiles en contiennent énormément à commencer par l'huile de palme (si elle est bio et non raffinée) et l'huile de tournesol.

    Eh bien Nutella se contente d'informer que des huiles végétales rentrent dans la composition de sa pâte, mais se garde bien de préciser qu'il s'agit d'huile de palme. Et pas de la bio... Et cette saleté contient profusion d'acides gras, néfastes pour la santé.

    Une des petites mains de wikipedia assure avoir envoyé un courrier à Nutella pour savoir si les huiles que la société (Ferrero) utilisaient étaient hydrogénées ou non (encore plus désastreux pour la santé). Le service clientèle a répondu par la négative. La réponse figure également chez Doctissimo .

    Trop d'huile de palme, et...trop de sucre, pour l'Europe. Aux alentours de 55% pour le sucre, et 18% environ pour l'huile de palme.

    Comparativement, j'ai trouvé une pâte à tartiner équivalente (plus fluide, toutefois) chez Monoprix et biologique (certifiée AB). 48% de sucre de canne et de l'huile de tournesol.

    Par ailleurs, l'usage massif d'huile de palme contribue fortement à la déforestation.

    D'ailleurs, il y en a qui ont tout compris : plutôt que de la bouffer, ils préfèrent encore le balancer sur les flics, le nutella...

    De manière générale, j'aime bien savoir ce que j'achète exactement. J'accueille donc favorablement toutes les mesures qui contraindront les fabricants à m'informer.

    Bon je citais la pâte de Monoprix, mais je ne les dédouane pas non plus ceux-là. Par exemple, quand ils proposent pour un paquet de chips l'intitulé "chips à l'ancienne", et que je constate que l'huile utilisée est de l'huile de palme, clairement, ils se foutent de ma g... bien sûr, ma grand-mère utilisait de l'huile de palme pour préparer des chips. Et puis quoi encore...

    Bref, il faut taper fort. Très fort, même, sur ces chimistes fous qui nous truffent tout ce que l'on achète de substances qui feraient passer un poly amphétaminé pour un gentil jardinier bio.

    Alors aller râler contre l'Europe, pour l'un, un tantinet par anti-européanisme gaulliste, et pour l'autre, au nom de la sacro-sainte liberté, je crois qu'il y a maldonne et fausse route, là.

     

     

  • L'inconvénient du capital-risque, c'est le risque...

    Très intéressant, le débat actuel au Parlement européen sur les hedges funds. Les négociations sont à l'arrêt, d'ailleurs. Ce débat met à mon avis le doigt sur nos contradictions. Les hedges funds ont mauvaise presse, en France et plus généralement en Europe. On sait que ce sont des capitaux très mouvants, susceptibles de de se désengager très rapidement, sont gourmands en rendements et effarouchés aisément. L'Europe qui s'en défie, veut donc légiférer pour tenter de limiter leur participation lors des OPA (offre publique d'achat).

    Ce qui est paradoxal, c'est que dans le même temps, nous faisons, en France, tout un battage pour tenter d'attirer le capital-risque...

    Or, le capital-risque constitue justement lui-même un risque. Difficile de préparer une omelette sans casser des oeufs.

    En Amérique, où l'on prise les investissements de cette nature, on crie au crime et au protectionnisme, évidemment, devant les velléités d'encadrement de ces fonds des Européens. Michel Barnier, commissaire européen est aux premières loges. Il faut dire que ça va chauffer (pas trop fort, mais un peu quand même...) car  la directive européenne prévoit que les sociétés de capital-risque obtiennent désormais un agrément pour pouvoir opérer sur les marchés européens...

    Afin de pouvoir opérer dans l’Union européenne, tous les gestionnaires seront tenus d’obtenir l’agrément de l’autorité compétente de leur État membre d’origine. Tous les gestionnaires opérant sur le sol européen seront tenus de démontrer qu’ils possèdent les qualifications appropriées pour offrir des services de gestion de fonds alternatifs et devront fournir des informations détaillées sur l’activité envisagée, l’identité et les caractéristiques des fonds alternatifs gérés, leur gouvernance (y compris les modalités de délégation de services de gestion), les dispositions pour l’évaluation et la garde des actifs et les systèmes de soumission d’informations obligatoires, le cas échéant. Les gestionnaires devront aussi détenir et conserver un certain niveau de fonds propres.

    Pour garantir que les risques associés à l’activité de gestionnaire sont gérés efficacement sur une base permanente, les gestionnaires seront tenus de prouver à l’autorité compétente qu’ils possèdent des mécanismes internes solides en ce qui concerne la de gestion des risques, en particulier les risques de liquidité et les risques opérationnels et de contrepartie supplémentaires liés à la vente à découvert; la gestion et la divulgation des conflits d’intérêts; la juste évaluation des actifs; et la sécurité des arrangements en matière de dépôt et de garde.

    La directive proposée prévoit un niveau minimal de service et de fourniture d’informations initiales et régulières aux investisseurs (professionnels), pour les aider à faire preuve de la diligence nécessaire et assurer un niveau approprié de protection de l’investisseur. La directive proposée prévoit que les gestionnaires fournissent à leurs investisseurs une description claire de la politique d’investissement, incluant la description des types d’actifs et le recours au levier; la politique de remboursement dans des circonstances normales et exceptionnelles; les procédures d’évaluation, de dépôt, d’administration et de gestion des risques; enfin, les frais, charges et commissions associés à l’investissement.

    Une authentique déclaration de guerre, quoi...Et encore, ce ne sont que des morceaux choisis. Déclaration de guerre aux Britanniques : ce sont eux qui ruent dans les brancards. Ils ont proposé de laisser une seconde chance aux opérateurs qui n'auraient pas obtenu le sésame européen de pouvoir exercer leurs activités sur les marchés nationaux. Les Britanniques ne sont pas seuls sur cette position, mais je n'ai pas réussi à repérer quels autres pays s'étaient associés à leur démarche. Pas l'Allemagne et la France, ça, c'est sûr. Évidemment, côté américain, ça hurle encore plus...

    Barnier voulait donc trouver un compromis. C'est raté. Au moins pour l'instant, en tout cas...

    Étonnant que personne ne parle de cela en France. Et pourtant, l'impact et les conséquences de ces accords sont potentiellement énormes. Les hedges funds représentent un marché de 2000 milliards d'euros susceptibles d'être investis.

    Il faut espérer, si la directive passe, qu'ils plient. S'ils trouvent les moyens de se replier ailleurs, déjà qu'on peine à attirer des capitaux privés dans nos pôles de compétitivité...