Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Pauvre Thalès, si tu avais goûté notre eau... | Page d'accueil | Je vais faire le comateux, moi... »

mardi, 18 mai 2010

Droit d'auteur ? Connaît pas, Hérodote...

J'ai retrouvé dans ma bibliothèque une vieille édition des Belles Lettres qui introduit les Histoires d'Hérodote. Tout l'ouvrage est consacré à l'historien grec, sa personnalité, en particulier. Il semble bien que l'ami Hérodote se soit en partie inspiré de quelques écrivains plus anciens, et tout particulièrement Hécatée de Milet. Or, l'auteur de l'introduction, Ph-E Legrand, observe que juger les Anciens avec le sentiment de notre époque sur la chose serait une erreur. Si j'ai bien compris, dans l'Antiquité, on cite quand on est en désaccord, sinon, on reprend sans vergogne les idées voire les textes de prédécesseurs. Aristote qui traite Hérodote de μυθολόγος (expert en bobards, en somme, si je rends la pensée sous-jacente d'Aristote...) lui repique sans sourciller une description du crocodile. Sauf que le croco en question, il figure déjà dans la Périégèse d'Hécatée, individu qu'Hérodote ne cite que lorsqu'il le critique ou le combat...

Je les imagine bien, les Aristote, les Hérodote et les Hécatée, vivant nos temps de procédures diverses et variées, face au copyright, à la licence globale ou au libre, sans parler d'Hadopi...

Enfin, contrairement à certains de nos journalistes, Hérodote, quand il reprend une information, s'en va tout de même la vérifier. Par exemple, il reprend une expression d'Hécatée à propos de la crue du Nil, mais s'empresse de préciser qu'il s'est rendu sur place. Je ne puis pas vraiment dire qu'Hérodote sait trier l'information, mais, au moins, il s'en va vérifier ses sources et cherche les témoignages.

En tout cas, l'introduction met l'eau à la bouche. Je connaissais les Histoires d'Hérodote de réputation, j'en ai même traduit des extraits du temps où j'étais au lycée, mais je n'avais jamais pris la peine de tout lire, or, l'ensemble paraît plutôt dépaysant autant que distrayant, si j'en crois l'auteur de l'introduction.

Ah, oui, comme en grec ancien, cela représente un certain nombre de volumes, avec le texte, la traduction et les notes, l'introduction en est un à elle seule également, du coup. Moi, évidemment, je vais me pencher sur une traduction française, cela va de soi...pas fou non plus !

 

00:05 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : hérodote |  Facebook | | |

Commentaires

Ce qu'on appelle aujourd'hui le plagiat était une marque d'honneur jusqu'à la fin du MA (en gros vers l'invention de l'imprimerie) en revanche, lorsqu'une idée ou un concept était iconoclaste, on prenait la peine de se recommander d'un auteur ancien, même pour des choses basiques ("passe moi le pain, comme disait Homère", mais en essayant d'utiliser le mot pain dans sa forme homérique).
Je travaille là dessus et justement sur le MA on se rend compte qu'en fait la transmission et la connaissance des textes n'a pas tant disparu que ce qu'on pensait. Merci surtout la numérisation des textes et le ctrl f ;-)
c'est d'ailleurs M. PAckard (de HP) qui en a eu l'intuition et a commencé ce genre d'études

Écrit par : FB | mardi, 18 mai 2010

Oui, oui bien sûr, mais Hérodote est d'abord le premier ethnologue, le premier anthropologue et le premier historien de l'Humanité en Occident; les hommes de lettres de cette époque (compte tenu de la diffusion rarissime des écrits qui s'effectue encore par voie orale et coutumière comme au temps d'Homère) étaient je crois davantage d'habiles compilateurs que des plagiaires; ils avaient au moins le mérite de savoir tenir une plume; il est vrai que la commercialisation des droits d'auteur n'était pas le premier souci des Anciens : mieux valait être un scribe de luxe hautement rémunéré au Trésor d'Athènes dans le temple de la belle phrygienne : le scribe avait alors le statut d'esclave d'Etat et touchait pas moins de 1 000 000 de drachmes par an. A ce niveau là de transactions scritpuraires contre rémunérations, il peut être tentant de passer corps et biens dans le domaine public ...

Écrit par : Jourdan | mardi, 18 mai 2010

@Jourdan,
Un encyclopédiste, en quelque sorte?

Écrit par : Martine | mardi, 18 mai 2010

Les commentaires sont fermés.