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mardi, 13 octobre 2009

Et si on laissait sa chance à Jean Sarkozy ?

J'ai lu çà et là que Jean Sarkozy, un homme bien jeune, était élu à la tête de l'EPAD. L'EPAD est un établissement public à caractère industriel et commercial, chargé d'aménager La Défense pour le compte des communes avoisinantes, du département, de la région et de l'État.

Jean Arthuis, sénateur de l'Union Centriste, a rendu en 2007 un rapport qui n'était pas tendre à propos de la comptabilité de l'EPAD. Il n'avait même pas hésité à parler de faux bilan le 03 octobre 2007, lors d'une audition à propos des travaux de la Cour des Comptes relatifs à l'EPAD.

Entre autres bizarreries, par exemple, l'EPAD a construit des infra-structures et les entretient sur le sol de plusieurs communes sans que ces dernières ne paient un kopeck (Courbevoie, Puteaux, notamment...).

Autres joyeusetés, l'EPAD, apparemment, encaisse des bénéfices. Or, certains de ces bénéfices sont comptés comme dettes et non comme recettes...

Dans la catégorie insolite et hilarant, figurez-vous que l'EPAD a planté 350 pieds de chardonnay et autant de pinot noir sur la dalle : ils devraient rapporter à l'été 2010 !

Sur le fond, que Jean Sarkozy dirige ou non l'EPAD, à mes yeux, c'est assez anecdotique, et je pense que la critique ne se concentre pas sur l'esseentiel. La seule chose qui est véritablement importante, c'est qu'il y ait un contrôle parlementaire sur les activités pour le moins nébuleuses de l'EPAD.

A vrai dire, à côté de l'EPAD, pour compliquer les choses, il y a un autre organisme, l'EPGD. Si j'ai bien compris les rapports entre l'un et l'autre, le premier construit, le second entretient. En fait, comme le second est financé par les municipalités avoisinantes et le département, je subodore que la création de l'EPGD est une manière de régler leur quote-part, compte-tenu des retombées positives sur les mairies de l'activité de l'EPAD. Le problème, c'est que l'État est l'acteur majoritaire des deux organismes pour en désigner le président.

Un rapport sénatorial observait, début 2008 que Dans ce contexte délicat, le cumul des fonctions de président de l'EPAD, de président de l'EPGD et de président du conseil général des Hauts-de-Seine, lui-même représenté au conseil d'administration des deux établissements publics, n'est sans doute pas de nature à favoriser la prise de décisions difficiles et contraignantes pour des collectivités territoriales qui peinent à admettre les conséquences de la nouvelle gouvernance.

Pendant longtemps Puteaux, Courbevoie, Nanterre et le Conseil Général des Hauts de Seine ont refusé de participer au financement des charges (tout en touchant des retombées fiscales conséquentes du quartier). J'imagine que ces collectivités ont râlé parce qu'elles estimaient qu'on leur imposait des choix. Le problème, c'est que l'EPAD ne tire ses ressources, en fait de revenus, que des droits sur les permis de construire et de la location de parkings. Or, avec la réduction de l'activité immobilière, la source s'est tarie, alors que les charges demeuraient. Les tours de la Défense sont bien jolies, mais leur entretien coûte une vraie fortune, et certaines sont en très mauvais état, à l'heure actuelle. Mais, à ce que j'ai compris, les communes devraient tout de même bien s'en tirer.

Patrick Devidjian reconnaissait le 15 juillet 2008 le mauvais état des tours :

Avant de répondre à cette question, j'aimerais revenir ici sur le risque que court l'EPAD, à moyen terme. Ce risque n'est autre que l'obsolescence de ses tours. Certaines d'entre elles sont âgées d'une trentaine d'années et, progressivement, elles courent le risque de se retrouver hors marché avec des coûts d'entretien de plus en plus élevés, car ces tours ont été conçues à une époque où les économies d'énergie ne constituaient pas un réel souci. Parallèlement, ces tours demeurent totalement inadaptées aux technologies de l'information et de la communication. Progressivement, un nombre important de tours risquera de rester vide et à la charge des opérateurs, sans plus générer aucun avantage fiscal pour les collectivités. C'est la raison pour laquelle, dans le plan de relance de la Défense, il a été prévu un dispositif assez original : le système des « démolitions/reconstructions ».

Or, pour inciter les promoteurs à acheter des tours obsolètes et donc à les détruire, il est question de leur octroyer en échange des mètres carrés supplémentaires. Je ne vois donc que deux solutions : soit étendre le périmètre de construction des tours (Nanterre ?) soit construire des tours encore plus hautes...

Il faut comprendre, je le crois, la fusion prochaine de l'EPASA et de l'EPAD à l'aune de la dette du second et des friches de Nanterre. Il y a 70 hectares de friches urbaines à Nanterre, c'est à dire une perspective de droits monstrueux pour les permis de construire à venir. En revanche, l'EPGD ne devrait pas voir son champ d'action étendu à Nanterre. Qui financera alors l'entretien des futurs tours, parkings et plus généralement patrimoine immobilier ?

Ce que je comprends des différents rapports, c'est que La Défense est une sorte de mille-feuille inextricable et que l'on ne sait pas trop qu'est-ce qui est à qui entre les communes avoisinantes, l'EPAD et l'EPGD.

Au final, il y a un certain nombre de problématiques qui se dégagent des différents rapports établis par les commissions sénatoriales. Plutôt que de crier haro sur Jean Sarkozy à cause de son nom (parce que dans ce cas, ce n'est ni la première ni la dernière dynastie de ce type en France) il vaudrait mieux lui demander quelles sont ses intentions et ce qu'il compte faire à La Défense.

 

 

Commentaires

Ne serait-ce pas perdre son temps que de demander à un étudiant de 3ème année de droit de 23 ans , ce qu'il compte faire pour un établissement de cette importance ! soyons sérieux !!

Écrit par : Cf | mardi, 13 octobre 2009

l'Hérétique fait-il de l'Humour sur ce sujet?

Si Jean Sarkozy à 23 ans était bac +5 et qu'il avait prouvé certaines choses, pourquoi pas lui laisser sa chance....mais la franchement, étudiant en deuxième année de droit, conseiller général et diriger une telle entité c'est incompatible a moins qu'il ne soit qu'un prête-nom mais qu'il le dise....

Écrit par : europium | mardi, 13 octobre 2009

Très bien ce billet qui aborde les vraies questions que pose l'EPAD. Néanmoins, il me semble qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre le fait de critiquer la nomination de Jean Sarkozy et de poser les questions de fond.
N'est-ce pas parce l'EPAD a toujours été dirigé par des politiques ambitieux, qui n'y voyaient qu'un moyen d'accroitre leur pouvoir et leur influence que sa gestion est si critiquable ?...A cet égard, Jean Sarkozy en est un exemple quasi caricatural !

Est-ce que justement, il n'est pas temps d'y mettre à sa tête quelqu'un qui serait non pas choisis pour des raisons de petite politique au sein du département, mais pour sa compétence, son l'expérience, son savoir faire, ses idées pour gérer ce "mille-feuille inextricable" ?
Comme vous l'avez très bien rappelé, l'EPAD ne se gère pas comme une association locale de pêcheurs !...c’est une entreprise avec un chiffre d’affaire bien plus important que beaucoup d’entreprises !...y-a t-il une seule entreprise de cette taille, à la tête de laquelle on mettrait un jeune novice sans formation, en disant, attendons de voir ce qu’il va faire ?...bien sur que non !
Je crois que ce billet, et même si il pose beaucoup d’autres questions, est probablement un de ceux les plus convaincants que j’ai pu lire pour s’opposer à la nomination de jean Sarkozy à la tête de l’EPAD.
Si cette nomination pouvait faire prendre conscience qu’il faut revoir complètement le mode de désignation de la gouvernance de l’EPAD, elle aura au moins servi à quelque chose !

Écrit par : Nicolas007bis | mardi, 13 octobre 2009

Tu as raison d'apporter quelques précisions sur la nébulosité du bordel. A mes yeux, ça confirme qu'un gugusse de 23 n'a aucune compétence pour diriger ce truc.

Il faut donc bien y voir la mainmise de papa qui est assez grave, le jour même où l'Assemblée Nationale étudie les redécoupages électoraux, le mois où va être étudié les premiers textes sur le Grand Paris et où se lance la campagne électorale...

Écrit par : Nicolas J | mardi, 13 octobre 2009

Est-ce que l'on laisserait sa chance à un quidam ?

Écrit par : cath37 | mardi, 13 octobre 2009

tiens faudra demander à l'étudiant en médecine de Deuxième année de tenter sa chance des fois que tu aies quelques pb de santé et qu'on doive t'opérer..je suis sure que ça sera super! pareil pour le pilote du prochain avion que tu prendras, après tout, un pilote de maquette devrait pouvoir tenter sa chance!

Écrit par : juju41 | mardi, 13 octobre 2009

tu as raison de rappeler les enjeux qui se trament derrière la fusion de ces établissements publics.

En revanche, je t'assure que ce n'est pas du tout anecdotique que de permettre au fils de Nicolas Sarkozy d'être à la tête de l'EPAD, il a 23 ans, il n'a pas d'expertise, pas de qualification ...

Écrit par : MIP | mardi, 13 octobre 2009

Merci de nous éclairer un peu sur la nébuleuse des organismes publics gérant la Sicile, euh je veux dire les Hauts-de-Seine.

Par contre :

"Sur le fond, que Jean Sarkozy dirige ou non l'EPAD, à mes yeux, c'est assez anecdotique".

Rassurez-nous, vous êtes dans le second degré ? C'est louable de vouloir rester mesuré, mais doit-on verser pour autant dans l'indulgence ? Ce n'est tout de même pas parce que la pratique du Fils à Papa est très répandue sous nos latitude qu'il faut l'accepter d'un geste las accompagné d'un "boaf, de toute façon ce n'est ni le premier ni le dernier alors...".

Surtout sur un poste de cette importance, surtout dans les Hauts-de-Seine, département des Pasqua, Balkany, Santini et consorts, tous des types très recommandables qui auraient pu tenter leur chance dans un casting de Scorcèse. Le parachutage annoncé de J.S, une flèche (pensez, un DEUG inachevé à 23 ans...) n'est certainement pas un problème mineur; s'il venait à se réaliser ce serait un des plus gros scandales de l'ère Sarkozy; c'est même un scandale d'avoir juste penser à le nommer.

Écrit par : archenemy | mardi, 13 octobre 2009

Merci pour cet (une fois encore) excellent billet. Tout en gardant intacte mon indignation, parce qu'il y a tout de même vraiment de quoi, je me dis également qu'au fond le problème est plus symbolique que pratique.

Cela dit, cela révèle bien une chose, que l'on lit en creux dans les propos de Bernard Bled : l'Etat est majoritaire, et jusqu'à présent, ce qui faisait que la place des élus n'était pas trop ridicule, c'était la personnalité du président, Nicolas Sarkozy ou Devedjian. Mettre un bébé incompétent à cette place, qui plus est fils de l'exécutif, c'est s'assurer qu'il restera sage dans son coin à faire pousser ses raisins sans surtout contrecarrer le travail des grands.
Ce qui est scandaleux en soi, point n'était besoin de rajouter de la dynastie là-dedans.

Écrit par : Lisette | mardi, 13 octobre 2009

Il faut lire :

Nicolas Sarkozy ou le Destin de Brutus, de « Victor Noir » - éd. Denoël

"On plonge dans les tumultueuses magouilles des Hauts-de-Seine : « coopération » douteuse avec le Gabon, manoeuvres politico-financières autour des marchés publics, conditions avantageuses à l’installation de sièges d’entreprises à Neuilly-sur-Seine... C’est la partie la plus ardue du livre, car la plus opaque, d’où il ressort que Sarkozy a pris soin de nager dans cette mer aux requins avec beaucoup de prudence. Ainsi, l’ancien maire de Neuilly semble s’être étonnamment préservé des magouilles, jamais mouillé même si à chaque fois la vague ne passe pas très loin de lui..."

Écrit par : Géraldine | mardi, 13 octobre 2009

heu ... ça va dans ta tête ce matin ????
1/ un gosse pas fichu de décrocher sa licence
2/quand on est fils de en république on se fait discret
3/certes il y a des pb financiers, et sarkozy là-dessus a des comptes à rendre : lire :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20091012.OBS4366/jean_sarkozy_a_lepad__julien_sage_degoute.html

mais il n'en reste pas moins qu'il y a aussi des symboles !!!!

alors oui, demandons des comptes et qu'on arrête les fumisteries !

Écrit par : Mirabelle | mardi, 13 octobre 2009

Laisser sa chance a Jean Sarkozy ? Vous trouvez qu'il n'en a pas assez de chance.
Ce garcon est un cancre ! renvoye de la 1ere annee de classe prepa, le voici a 23 ans commencant sa deuxieme annee de droit.
Soit 4 ans de retard sur un cursus normal.
Belles references !
Il faut dire que son pere n'a meme pas pu etre diplome de sciences po ......

Écrit par : jcblao | mardi, 13 octobre 2009

Tu as raison de souligner que le dossier EPAD est un véritable champ de mine de complexité et d'affairisme, à mi chemin entre politique, finance et immobilier, mais c'est précisément pourquoi un jeune qui n'a aucune expérience en la matière est inadapté.

En outre, c'est précisément parce qu'il est fils de qu'il ne devrait pas avoir accès à ce genre de poste. De la même sorte qu'un administrateur dans une société ne peut pas faire acheter par son fils des actions (ou les faire vendre ou shorter) sans être immédiatement suspect de délit d'initié, un président en exercice *doit* absolument faire preuve de séparation entre sa famille, la politique et les affaires.

La gestion des affaires de la Défense étant éminemment politique, on comprendra que le fils de Sarko ait, en pratique, moins de droit qu'un autre. C'est dur, mais c'est comme ça.

Écrit par : h16 | mardi, 13 octobre 2009

@jcblao : il redouble sa 2ème année !!!

Écrit par : Mirabelle | mardi, 13 octobre 2009

de l'art de se foutre du monde !!!!
extrait du discours de sarkozy sur la réforme des lycées

Nicolas Sarkozy a entamé son discours en saluant la naissance des lycées en 1802 "le geste fondateur de notre éducation nationale", qui signifiait "la fin des privilèges de la naissance". Le chef de l'Etat a aussi évoqué les conditions historiques de leur création par Napoléon Bonaparte : un "geste fondateur de notre éducation nationale". Créer le lycée relevait aussi, pour le président, d'un "principe d'efficacité, car quel meilleur critère que celui du savoir et de la compétence pour désigner ceux qui doivent exercer des responsabilités ?".
http://www.lesechos.fr/info/france/300382186-langues-etrangeres-et-cinema-au-menu-de-la-reforme-des-lycees.htm

Écrit par : juju41 | mardi, 13 octobre 2009

"Prince Jean" et "népotisme à la française" vu de l'étranger...

"je Veux une Démocratie Moderne" selon le candidat Sarkozy" en 2007...

Un humaniste est mort !

sinon : quoi d'autre ?

Écrit par : Amexour | mardi, 13 octobre 2009

ce jeune homme n'a aucun diplôme supérieur.

A 23 ans il n'est qu'en deuxième année de droit alors que moi à son âge j'ai un bac+5 en management et je suis au chômage !

Je crois que je suis donc plus qualifié que lui.

Le petit Louis se prépare-t-il à diriger France Télévisions l'année prochaine en regardant des dessins animés sur Gulli ?

Écrit par : pribislav | mardi, 13 octobre 2009

Jean Sarkosy ainsi nommé ? C'est évidemment important et cela a une incidence. Un jeune des quartiers difficiles du même àge voit bien que l'on se fout de lui quand on parle de mérite pour s'en sortir.

Écrit par : CK | mardi, 13 octobre 2009

Sarko se fout de ce qu'on pense et quelque part il a raison, du moins de son point de vue.
Avec la crise, puis les différents affaires qui ont secouées la droite, il aurait dû avoir une côte de popularité au niveau de 30% et l'UMP aurait dû se ramasser lors des élections partielles...or il reste au alentours de 45% en terme de popularité et l'UMP se maintient très convenablement lors des élections partielles, donc pas de pb!!

le premier ministre et les principaux dirigeants de la droite, tant que les résultats des élections seront corrects, ne vont pas bouger et feront même un excès de zèle pour aller dans le sens du Roi.....

Seuls des revers électoraux lui feront changer de positions....il n'a personne de sérieux en face de lui, il fait ce qu'il veut et peu importe les poussées épidermiques et violentes de ces principaux opposants... a la limite ça l'amuse car a chaque fois cela lui permet de jouer au donneur de leçons

Écrit par : europium | mardi, 13 octobre 2009

Farce de l'Egalité des chances !
Laisser sa chance au népotisme ?

Si ce n'était pas de l'ironie et de la dérision, il y aurait de quoi pleurer de voir une telle idée approfondie par des démocrates !
Pourtant à la lecture de ces commentaires, on a de moins en moins envie de rigoler :-((
Heureusement que le propos est au moins l'occasion de laisser percer quelques déplorables réalités concernant l'EPAD ...

Mais, tant que tout le monde fera semblant de croire que le fond du problème n'est qu'une question de choix du Calife ...
qui peut vraiment se croire crédible ?

Écrit par : jycroapa | mardi, 13 octobre 2009

Attention! Encore une provoc' bien calculée de type berlusconienne: Le Monde entier se gausse de cette affaire Jean Sarkozy, donc le Président fait parler de lui plutôt que des problèmes de la France.
C'est méthodique. Berlusconi s'est fait réélire deux fois en utilisant ce procédé.... en pire!

Écrit par : pastel | mercredi, 14 octobre 2009

@pribislav salut à toi,
en fonction de l'endroit où tu vis, tu peux toujours organiser quelque chose, du type "pétition" ou campagne de pub, perso ou sponsorisée, ou encore écrire directement à l'Élysée (c'est un droit citoyen remontant à la Révolution) ou présenter ta candidature à cette présidence de l'EPAD pour laquelle, sans nul doute, tu réponds aux conditions requises !
Bonne chance à toi, dans tous les cas de figure, tu le mérites, j'en suis sûr
Amicalement
Amexour

Écrit par : Amexour | mercredi, 14 octobre 2009

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