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  • Fofana, la manipulation...

    Je reviens du blog de Rubin qui a souhaité s'exprimer sur l'affaire Fofana et l'antisémitisme. Je ne sais pas ce qu'a voulu dire exactement Rubin. Il semble souhaiter la publicité des débats d'une part et quelque peu sceptique devant l'arsenal juridique destiné à lutter contre l'antisémitisme et le racisme. Quand je dis sceptique, je pense qu'il est réservé sur son utilité, en tout cas, c'est ce que je comprends de son article.

    Les commentateurs de mon blog ne me suffisent plus, je vais chercher ceux des autres. Enfin, ce n'est pas tout à fait exact : l'auteur du commentaire que je vais citer s'est parfois exprimé ici. Je ne sais pas si je suis entièrement d'accord avec lui, mais, j'ai trouvé le point de vue de Chitah intéressant, et je le reproduis tel quel ici :

    Au risque de m'attirer le foudres du peuple, je ne crois pas une seule seconde à l'alibi antisémite. Pas plus que je crois à la plupart des argumentations racistes qui sous-tendent à nombre de crimes.

    Ce Fofana est un fou, probablement déséquilibré, avec beaucoup de problèmes personnels. Ce mongolito a cru que parce qu'une de ses cibles est juive, une solidarité naturelle allait émerger et finirait par lui permettre d'atteindre ses sombres desseins. Une sorte de cliché de merde, en somme.

    Il faut traiter Youssouf Fofana pour ce qu'il est : un petit, un wannabe gangster de merde, qui a complètement foiré son coup et qui va se prendre perpète. Il cherche, maintenant, à raccrocher son action à une sorte de grand dessein visant à lutter contre les juifs ou je ne sais quoi mais il ne faut pas y prêter attention. Ce type est tout simplement un criminel de droit commun, qui va ramasser une peine digne de ce qu'il a fait.

    Ne lui laissons pas la possibilité d'inscrire son crime dans une sorte d'antisémitisme : il n'était pas animé par l'idéologie, uniquement par l'appât du gain, uniquement par l'argent. Et en cela, il n'est qu'une petite frappe de banlieue qui n'aura que ce qu'il mérite
    .

    Fofana est un petite frappe tarée et rien d'autre. Il ne peut prétendre à aucun autre titre de "gloire". Il y a là un raisonnement qui se tient, et qui me paraît assez proche de la réalité. Toutefois, il y a bien de la part de Fofana un préjugé antisémite qui a favorisé non l'accomplissement du crime, qu'il aurait de toutes façons commis, mais le choix de la victime. In fine, l'antisémitisme n'est pas la cause principale. Dans un schéma actantiel, on le qualifierait simplement d'adjuvant. La motivation principale est bien l'argent, c'est à dire la cupidité. A cela s'ajoute une absence de limites dans l'esprit taré de Fofana. C'est en priorité ce qu'il faudrait retenir de ce procès, je pense.

    Fofana, Chitah l'a bien compris, essaie de manipuler l'opinion afin de passer pour le martyr d'une cause (peu importe qu'elle fût ignoble ou non, tout effort de rationnisation du crime de Fofana ne doit pas lui être permis). C'est cela que Chitah ne veut pas lui laisser gagner, parce que c'est un enjeu majeur au niveau de l'opinion. Il a peut-être bien raison...
  • Le cauchemardesque conte de fée de Susan Boyle

    cauchemar.jpgJe me demande si les médias ne feraient pas mieux de laisser Susan Boyle tranquille. J'ai lu qu'elle envisageait de tout quitter parce qu'elle ne supporte plus la pression qui entoure ses performances vocales extraordinaires. A vrai dire, je l'ai écoutée chanter, et en effet, très rarement j'ai entendu une voix comme la sienne. Susan Boyle a un talent immense. Mais ce que je déplore, c'est que dans nos sociétés, il n'est plus possible de révéler un talent sous quelque forme que ce soit sans descendre dans une arène. Les mises en scène médiatiques me font d'ailleurs penser aux arènes des gladiateurs. On hurle, on crie, on supporte tel ou tel candidat, ou encore, au contraire, on baisse le pouce pour exiger un probable mise à mort.

    Malheureusement, la principal talent, pour émerger dans la sphère médiatique, c'est avant tout de pouvoir y survivre. Or, rien ne destinait Susan Boyle, individu fragile, dans son existence, à accéder un jour aux plateaux télévisés dans de telles conditions.

    Le traitement réservé à Susan Boyle par les médias du monde entier est indigne. Sans cesse on évoque son existence, ce qu'elle est, dans des termes dégradants, afin de célébrer le conte de fée médiatique qu'elle vit. Conte de fée ? La voilà soumise aux regards de tous, à toutes les adulations mais aussi toutes les jalousies.

    Ce qui est effarant, c'est qu'avec un bel ensemble, presse, radios et télévisions présentent la parcours imprévu et extraordinaire de Susan Boyle comme le summum de la réussite, comme un conte de fée réalisé. Or, qu'est-ce qu'un conte de fée ? Un conte de fées est un univers merveilleux ou les êtres et les créatures s'expriment en dehors de l'espace et du temps, et dans lequel le héros affronte plusieurs obstacles avant de finalement trouver le bonheur (souvent sous la forme d'un mariage). Dans un conte de fée, le récit se déroule dans un passé indéterminé ; le merveilleux réside pour l'essentiel dans la présence de personnages surnaturels et d'objets enchantés. La frontière entre le conte de fée et le réel est complètement étanche : le fabuleux n'y est ni expliqué, ni rationalisé.

    Le cauchemar a quant à lui plusieurs définitions, mais, celle d'Hippocrate, le fameux médecin grec, celui qui écrivit le Serment du même nom, m'intéresse tout particulièrement. Il utilise le terme Éphialtès. Éphialtès, dans la mythologie grecque est un géant. Son nom signifie "celui qui se jette sur". C'est qu'en effet, Hippocrate se représentait le cauchemar comme une sorte de crise de stress qui oppressait la poitrine subitement. En somme, comme un poids écrasant s'installant sur le coeur. Il y a donc là une étymologie qui exprime une agression violente.

    Ainsi, si la frontière entre le conte de fée et le réel est étanche, elle ne l'est pas avec le cauchemar. Je pense même que c'est cette étanchéité avec le réel qui garantit la porosité entre le conte et le cauchemar. Que restera-t-il de Susan Boyle, quand le strass, les paillettes et les spots lumineux venus de nulle part se seront éclipsés ? Sans doute rien. Cette femme n'est pas faite pour le show-bizz. Si elle parvient à résister à l'insupportable pression médiatique jusqu'au bout, ne sera-t-elle pas victime de quelqu'escroc à la recherche d'une victime facile ? Combien de faux et nouveaux amis aura-t-elle alors ?

    J'avais écouté un jour Jack Lang (pourtant pas forcément une référence pour moi, mais, ce jour-là...) s'exprimer sur sa volonté de développer les parcours artistiques dans les écoles. Il avait jugé alors que découvrir l'art à l'école ne devait pas avoir pour but de former des champions ou des maîtres en leur art, mais de cultiver la part d'art que chacun d'entre nous a à l'intérieur de soi. C'était sagement parler. Est-ce que l'art devrait servir à autre chose qu'à se cultiver soi-même ?