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lundi, 12 janvier 2009

DIME, l'arme fantôme d'Israël

L'espèce humaine déploie un génie, quand il s'agit de s'entretuer, qui me fera toujours froid dans le dos. Il semble qu'Israël emploie une nouvelle espèce d'armement, très peu connue, dans le conflit qui l'oppose au Hamas.

L'arme a pour nom DIME ( Dense inert metal explosive) et c'est une véritable horreur. A l'origine, le but est de mettre au point un type d'armements qui réduise considérablement les dommages collatéraux. L'avantage escompté est de pouvoir ainsi utiliser l'arme dans des zones fortements peuplées. L'objectif stratégique prioritaire de ce type d'armements est une guérilla plutôt qu'une armée conventionnelle.

De dimension réduite, DIME est formé d’une charge interne en alliage de tungstène (métal utilisé pour constituer le fil des ampoules électriques). Elle libère dans l’air une poudre incandescente  et génère une multitude de blessures et coupures sur un rayon de 4mètres, approximativement. Outre la charge explosive, une enveloppe en fibre de carbone se pulvérise en micro-particules, au lieu de produire des éclats de métal traditionnels. La fibre de carbonne ne résiste pas particulièrement bien à l'explosion interne si bien qu'elle se disperse d'autant plus largement et densément. Par ailleurs, le DIME est en principe capable de suivre un objectif à la trace via un GPS intégré.

Cette arme provoque des blessures mystérieuses, extrêmement violentes avec des dommages additionnels massifs, rapides et létaux à court et moyen-terme. Tandis que le tungstène lacère la peau en d'innombrables blessures sans traces, la poudre nécrose  la peau à une vitesse hallucinante.

Et pour celui qui aurait réchappé aux blessures cauchemardesques infligées par ces armements, l'exposition à ces fragments de tungstène favoriserait l'apparition d'un cancer mortel dans les 5 mois...

Il existe des photos des dommages générés par de telles armes, mais elles sont tellement horribles que je n'ose pas même en publier ici ne serait-ce que le lien.

La guerre, c'est vraiment quelque chose de dégueulasse. Vivement un monde (rêve de bisounours, cela m'arrive aussi de temps à autre) où elle serait définitivement mise hors la loi.

A Gaza, Israël utilise ces armes pour limiter les dommages collatéraux, mais son armée ne peut complètement éviter que des victimes civiles soient touchées.

Et pendant ce temps, le Hamas, indifférent aux souffrances non seulement de son peuple, mais de ses propres militants, poursuit la guerre simplement pour le seul plaisir de pouvoir tirer des roquettes sur des villes israéliennes. Il suffirait simplement d'accepter d'en finir avec ces roquettes pour que toute cette horreur prenne fin...

Je viens de lire la dernière note d'Alain Juppé qui s'exclame Assez ! . Il s'étonne de ce qu'Israël ne se range pas à la raison en interrompant son opération militaire.

L'engrenage est infernal, mais Israël ne saurait porter la seule responsabilité de ce carnage. Il s'agit d'une guerre, et le problème, c'est que le Hamas persiste à tirer des roquettes sur les villes israéliennes. Voilà le vrai problème. Et d'ailleurs, qui a rompu le cessez-le-feu en refusant de le renouveler ?
Le problème, actuellement, c'est qu'Israël ne peut pas en rester là sans perdre la face. Il n'y a aucune solution possible à ce conflit sans :
- soit une destruction totale du Hamas (peu probable)
- un renoncement du Hamas à ses tirs de roquettes (seule option viable à court terme).
La mobilisation par Israël de ses réservistes prouve que les Israéliens considèrent qu'il s'agit d'une vraie guerre et qu'ils sont prêts à aller jusqu'au bout.

 

23:50 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : israël, dime, hamas, gaza |  Facebook | | |

Commentaires

Il est préférable que je ne commente pas longuement ce message tellement il me fait bondir, je me contenterai donc de dire que je suis très étonnée de ne voir nulle part le mot "blocus" (et à propos de la fin de la trêve, je ne vois rien sur ce qui s'est passé le 4 novembre).
J'espère que ceux qui sont de votre avis liront des articles et des interviews d'Israéliens qui critiquent Israël (qu'ils habitent Sderot ou ailleurs) ou ceux des soldats israëliens qui refusent de combattre contre les Palestiniens.

Écrit par : Géraldine | mardi, 13 janvier 2009

"... le Hamas..poursuit la guerre..."

C'est vrai je viens de voir au JT les F16 et char du Hamas tirer sur ds civils.

Au fait des officiers israéliens admettent qu'il n'y avait pas de combattant Palestiniens dans l'école de l'ONU. Et le porte parole de cette même armée, dans un autre sujet, admet qu'ils utilisent des bombes au phosphores (voir vidéo de france 24).

"...mais Israël ne saurait porter la seule responsabilité de ce carnage...."

Mais si mon cher, un collectif d'association entame les démarches en vue de poursuivre au TPI les criminels de guerre israéliens.

"...un renoncement du Hamas à ses tirs de roquettes (seule option viable à court terme)...."

Un renoncement par israel, force occupante depuis 60 ans, de cesser l'occupation de la Palestine.

"...La mobilisation par Israël de ses réservistes prouve que les Israéliens considèrent qu'il s'agit d'une vraie guerre et qu'ils sont prêts à aller jusqu'au bout....."

Prouve juste qu'ils patinent avec déja 10 000 hommes sur place, quand une force d'occupation envoi les réservistes en renfort, c'est que ça sent le sapin pour ses projets.

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Dernière info

"....L'Agence Associated Press nous apprend aujourd'hui que les responsables israéliens en charge de l'organisation des élections ont interdit lundi aux partis politiques arabes israélien de se présenter lors du scrutin anticipé du 10 février prochain.

La porte-parole du Parlement, Giora Pordes, a annoncé que le Comité électoral central avait voté à une majorité écrasante l'interdiction de deux blocs de partis arabes israélien.

Le Comité électoral est constitué de représentants des partis politiques d'israel. Le parlementaire arabe Ahmed Tibi a qualifié cette décision de raciste, ajoutant qu'il allait faire appel auprès de la Cour suprême. Environ un cinquième des sept millions de citoyens israéliens sont arabes....."

Écrit par : Farid L | mardi, 13 janvier 2009

C'est marrant ça : quand on vous lit tous les deux, on comprend pourquoi la guerre se poursuit.
Vous préférez en fait que le Hamas puisse continuer à tirer ses roquettes, et la population palestinienne, en gros, rien à f... sauf pour faire de l'idéologie et en faire l'instrument de vos discours anti-sionistes.

Écrit par : L'hérétique | mardi, 13 janvier 2009

Israël face à la conscience des peuples, par Uri Avnery (journaliste israélien)

Israël s’est auto intoxiqué, victime de sa propre propagande reprise sans distance par les médias du pays, juge Avnery, et ne parvient pas à comprendre à quel point les images du calvaire de la population de Gaza prise au piège de l’ultra violence déchaînée contre elle et le Hamas, sont dévastatrices et révoltantes pour la conscience des peuples du monde. Pour lui, quelle que soit l’issue des combats, c’est le Hamas, grandi par la résistance qu’il oppose à l’invasion, qui sortira vainqueur, auprès des Palestiniens, tout d’abord, mais au-delà dans l’ensemble du monde Arabe. « Ce qui va se graver dans la conscience mondiale, ce sera l’image d’Israël vu comme un monstre taché de sang, prêt à tout moment à commettre des crimes de guerre et non pas à faire preuve de retenue en respectant la morale. Cela aura de graves conséquences pour notre avenir à long terme, notre position dans le monde, nos chances de parvenir à la paix et à la tranquillité, » met-il en garde avant de conclure que « cette guerre est également un crime contre nous-mêmes, un crime contre l’État d’Israël ».

Par Uri Avnery, Gush Shalom, 10 janvier 2009
Voilà près de soixante-dix ans, lors de la seconde guerre mondiale, un crime affreux fut commis dans la ville de Leningrad. Pendant plus de mille jours, un gang d’extrémistes appelé « l’Armée Rouge » a pris en otage des millions d’habitants, provoquant depuis les zones habitées les représailles de la Wehrmarcht. Les Allemands n’eurent d’autre choix que de bombarder et pilonner la population et d’imposer un blocus qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes.
Quelque temps auparavant, un crime semblable avait été commis en Angleterre. Le gang Churchill, se dissimulant au sein de la population de Londres, utilisait sans vergogne des millions de citoyens en tant que bouclier humain. Les Allemands ont été obligés d’envoyer la Luftwaffe et furent malgré leurs réticences contraints de réduire la ville en ruines. Ils ont appelé cela le Blitz.
Tels sont les récits que l’ont lirait aujourd’hui dans les livres d’histoire - si les Allemands avaient gagné la guerre.
Absurde ? Pas plus que les compte rendus publiés quotidiennement dans nos médias qui répètent ad nauseam : les terroristes du Hamas qui prennent les habitants de Gaza comme « otages » et utilisent les femmes et les enfants comme « boucliers humains, » ne nous laissent pas d’autre choix que de recourir à des bombardements massifs pendant lesquels, à notre grande tristesse, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes sans armes ont été tués et des blessés.
Dans cette guerre, comme dans toute guerre, la propagande joue un rôle majeur. La disparité des forces entre l’armée israélienne - avec ses avions, hélicoptères, drones, navires de guerre, son l’artillerie et ses chars - et les quelques milliers de combattants du Hamas pourvus d’armes légères, est de l’ordre de un pour mille, peut-être de un pour un million. Dans le domaine du politique, cet écart est encore plus grand. Mais dans la guerre de propagande, il est presque infini.
Presque tous les médias occidentaux ont d’abord répété la version de la propagande israélienne officielle. Ils ont presque entièrement ignoré celle de la partie palestinienne, tout comme les manifestations quotidiennes organisées par les pacifistes israéliens. La justification avancée par le gouvernement israélien (« L’Etat doit défendre ses citoyens contre les roquettes Qassam ») a été acceptée comme l’entière vérité. Le point de vue de l’autre camp, affirmant que les Qassams sont des représailles contre un siège qui affame le million et demi d’habitants de la bande de Gaza, n’a absolument pas été mentionné.
Ce n’est que lorsque les horribles scènes en provenance de la bande de Gaza ont commencé à apparaître sur les écrans des télévision occidentales, que l’opinion publique mondiale a commencé à évoluer peu à peu.
Certes, l’occident et les chaînes de télévision israélienne n’ont montré qu’une infime partie seulement des terribles événements qui sont rapportés chaque jour, 24 heures sur 24, sur la chaîne arabe Al Jazeera, mais l’image d’un bébé mort dans les bras de son père terrifié est plus marquante que mille phrases élégamment tournées d’un porte-parole de l’armée israélienne. Et c’est ce qui est décisif, en dernier ressort.
La guerre - toute guerre - est le royaume du mensonge. Qu’on appelle cela propagande ou guerre psychologique, tout le monde admet qu’il faille mentir pour le bien son pays. Celui qui dit la vérité prend le risque d’être qualifié de traître.
Le problème posé par cette attitude provient du fait que cette propagande est plus convaincante pour le propagandiste lui-même que pour autrui. Et lorsqu’on se convainc soi-même que le mensonge est la vérité, que la falsification est la réalité, on n’est plus à même de prendre des décisions rationnelles.
Un exemple de ce processus est donné par la plus choquante atrocité de cette guerre jusqu’à présent : le bombardement de l’école de l’ONU Fakhura, située dans le camp de réfugiés de Jabaliya.
Immédiatement après que cet évènement ait été connu dans le monde entier, l’armée a « révélé » que les combattants du Hamas avaient tiré au mortier près de l’entrée de l’école. Comme preuve, ils ont publié une photo aérienne montrant en effet l’école et le mortier. Mais rapidement, le « menteur officiel » de l’armée a dû admettre que cette photo datait de plus d’un an. En bref : une falsification.
Plus tard, ce menteur officiel a affirmé que « nos soldats ont essuyé des tirs depuis l’intérieur de l’école ». Il s’est passé moins d’un jour avant que l’armée ne doive admettre devant le personnel de l’ONU qui c’était également un mensonge. Personne n’a tiré de l’intérieur de l’école, aucun combattant du Hamas ne se trouvait à l’intérieur de l’école, qui était remplie de réfugiés terrorisés.
Mais cet aveu importe peu désormais. Entre temps, l’opinion publique israélienne a été convaincue qu’« ils ont tiré depuis l’intérieur de l’école », et les speakers de la TV le mentionnaient simplement comme un fait.
Il en est allé de même concernant les autres atrocités. Chaque bébé se métamorphose, lors de sa mort, en terroriste du Hamas. Chaque mosquée bombardée devient instantanément une base du Hamas, chaque immeuble d’habitation une cache d’armes, chaque école un poste de commandement du terrorisme, tout bâtiment du gouvernement civil un « symbole du pouvoir du Hamas ». Et ainsi l’armée israélienne peut garder sa pureté, sa réputation « d’armée la plus morale au monde ».
La vérité, c’est que ces atrocités sont le résultat direct du plan de bataille. Cela reflète la personnalité d’Ehud Barak - un homme dont le mode de pensée et d’action sont l’indice manifeste de ce qu’on appelle « la démence morale » [1], une maladie qui relève de la sociopathie.
Le véritable objectif de cette opération (outre le fait de gagner des sièges lors des prochaines élections) est de mettre un terme au pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. Dans l’esprit de ses planificateurs, le Hamas est perçu comme un envahisseur qui aurait pris le contrôle d’un pays étranger. La réalité est, bien entendu, tout à fait différente.
Le mouvement Hamas a remporté la majorité des votes dans les élections éminemment démocratiques qui ont été tenues en Cisjordanie, Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza. Il a gagné parce que les Palestiniens en étaient venus à la conclusion que l’approche pacifique du Fatah n’avait rien permis d’obtenir de la part d’Israël - ni un gel des colonies, ni la libération des prisonniers, ni les mesures importantes qui auraient rapproché de la fin de l’occupation et de la création de l’Etat palestinien. Le Hamas est profondément ancré dans la population - non seulement en tant que mouvement de résistance, de lutte contre l’occupant étranger, comme l’Irgun et le Groupe Stern le furent par le passé - mais aussi en tant qu’organisation politique et religieuse qui fournit des services sociaux, éducatifs et médicaux.
Du point de vue de la population, les combattants du Hamas ne sont pas un corps étranger, mais les fils de chaque famille vivant dans la bande de Gaza et dans les autres territoires palestinien. Ils ne sont pas « cachés derrière la population », mais au contraire la population les considère comme ses seuls défenseurs.
Par conséquent, l’ensemble de cette opération est basée sur des hypothèses erronées. Faire de sa vie un enfer ne conduira pas la population à se soulever contre le Hamas, mais au contraire, à se rassembler derrière lui et renforcera sa détermination à ne pas se rendre. La population de Leningrad ne s’est pas dressée contre Staline, pas plus que les Londoniens se dressèrent contre Churchill.
Celui qui donne l’ordre de mener une telle guerre, avec de telles méthodes, dans une zone densément peuplée, sait qu’il provoquera d’horribles massacres de civils. Apparemment, cela ne l’a pas effleuré. Ou alors il a estimé qu’ « ils allaient changer leurs façons de faire » et que « cela se graverait dans leur conscience », de sorte que, dans l’avenir, ils n’oseront plus résister à Israël.
L’une des plus grandes priorité pour les planificateurs est la nécessité de minimiser les pertes parmi les soldats, sachant que le sentiment d’une grande partie de l’opinion publique favorable à la guerre serait différent si des pertes apparaissaient. C’est ce qui s’est passé durant la première et la seconde guerre du Liban.
Cette préoccupation a joué un rôle particulièrement important car cette guerre en sa totalité fait partie de la campagne électorale. Ehud Barak, qui a gagné en popularité dans les sondages dans les premiers jours de la guerre, savait que sa cote s’effondrerait si des images de soldats morts occupaient les écrans de télévision.
Par conséquent, une nouvelle doctrine a été appliquée : éviter les pertes parmi les soldats en pratiquant la destruction totale sur leur passage. Les planificateurs ne sont pas seulement prêts à tuer 80 Palestiniens pour épargner un soldat israélien, comme cela s’est déjà produit, mais 800. La prévention des pertes de notre côté est la première règle, et elle est à l’origine du nombre record de victimes civiles dans l’autre camp.
Cela s’est traduit par le choix conscient d’un type de guerre particulièrement cruel - qui est aussi son talon d’Achille.
Une homme sans imagination comme Barak (son slogan électoral est « Pas un chic type, mais un dirigeant ») ne peut pas se représenter comment les gens sensés dans le monde entier réagissent face à des actes comme le meurtre de toute une famille élargie, la destruction de maisons sur la tête de leurs habitants, et aux rangées de linceuls blancs de garçons et de filles avant leur l’enterrement, aux compte rendus sur des victimes qui se vident de leur sang durant des jours avant de mourir parce que les ambulances ne sont pas autorisées à les secourir, au meurtre de médecins et d’infirmiers qui tentaient de porter secours aux blessés, à l’assassinat de conducteurs des camions de vivres de l’ONU. Les photos des hôpitaux avec les morts, les mourants et les blessés allongés à même le sol par manque de place, ont choqué le monde entier. Aucun argument n’a de force à côté de l’image d’une petite fille blessée gisant sur le sol, se tordant de douleur et criant : « Maman ! Maman ! »
Les planificateurs ont pensé qu’ils pourraient empêcher le monde de voir ces images en interdisant à la presse de couvrir les évènements. Les journalistes israéliens - pour leur honte - ont accepté de se satisfaire des communiqués et des photos fournies par le porte-parole de l’armée de terre, comme s’il s’agissait d’informations authentiques, tout en restant eux mêmes à des kilomètres de ces événements. Les journalistes étrangers n’ont pas été autorisés à travailler non plus, jusqu’à ce qu’ils aient protesté et ont alors été emmené en visites rapides et supervisées, organisées pour des groupes sélectionnés. Mais dans une guerre moderne, de telles images fabriquées et aseptisées ne parviennent pas à exclure du champ toutes les autres. Les caméras sont à l’intérieur de la bande de Gaza, au coeur de l’enfer, et ne peuvent pas être contrôlées. Al Jazeera diffuse en permanence des images qui sont reçues dans chaque foyer.
LA BATAILLE pour les écrans de télévision est l’une des batailles décisives de cette guerre.
Des centaines de millions d’Arabes, de la Mauritanie à l’Irak, plus d’un milliard de musulmans, du Nigeria à l’Indonésie voient ces images d’horreur. Cela a un fort impact sur la guerre. Beaucoup de téléspectateurs voient les dirigeants de l’Égypte, de la Jordanie et de l’Autorité Palestinienne comme des collaborateurs d’Israël et de ces atrocités commises à l’encontre de leurs frères palestiniens.
Les services de sécurité des régimes arabes voient apparaître un dangereux ferment dans ces peuples. Hosni Moubarak, le dirigeant arabe le plus exposé en raison de sa fermeture du point de passage de Rafah face à des réfugiés au visage terrifié, a commencé à faire pression sur les décideurs de Washington qui jusqu’à présent avaient bloqué tous les appels à un cessez-le-feu. Ils commencent à comprendre que cela représente une menace vitale pour les intérêts américains dans le monde arabe et ont subitement changé d’attitude - ce qui a provoqué la consternation parmi les diplomates israéliens.
Les personnes atteintes de « démence morale » ne sont pas vraiment à même de comprendre les motivations des gens normaux et doivent donc tenter de deviner quelles seront leurs réactions. « De combien de divisions dispose le pape ? » se moquait Staline. « De combien de divisions dispose la conscience des peuples ? » doit sans doute se demander Ehud Barak.
En fait, elles existent. Elles ne sont pas très nombreuses. Pas très rapide à réagir. Pas très fortes et organisées. Mais à un certain moment, avec le déferlement des atrocités et les manifestations de masse, cela peut décider de l’issue d’une guerre.
L’ECHEC à comprendre la nature du Hamas, a induit une incapacité à comprendre quels seraient les résultats prévisibles de cette guerre. Non seulement Israël est incapable de la gagner, mais le Hamas ne peut pas la perdre.
Même si l’armée israélienne réussissait à tuer les membres du Hamas jusqu’au dernier combattant, le Hamas serait tout de même victorieux. Les combattants du Hamas seraient considérés comme des exemples pour la nation arabe, des héros du peuple palestinien, des modèles à imiter pour chaque jeune du monde arabe. La Cisjordanie tomberait entre les mains du Hamas comme un fruit mûr, le Fatah se noierait dans un océan de mépris, et les régimes arabes seraient menacés d’effondrement.
Si à la fin de la guerre le Hamas est encore debout, ensanglanté, mais invaincu, en face de la puissante machine militaire israélienne, cela apparaîtra comme une victoire fantastique, une victoire de l’esprit sur la matière.
Ce qui va se graver dans la conscience mondiale, ce sera l’image d’Israël vu comme un monstre taché de sang, prêt à tout moment à commettre des crimes de guerre et non pas à faire preuve de retenue en respectant la morale. Cela aura de graves conséquences pour notre avenir à long terme, notre position dans le monde, nos chances de parvenir à la paix et à la tranquillité.
En fin de compte, cette guerre est également un crime contre nous-mêmes, un crime contre l’État d’Israël.
________________________________________
Publication originale Gush Shalom, traduction Contre Info

et aussi:
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2454

Écrit par : Géraldine | mardi, 13 janvier 2009

Le plus symptomatique de ce genre de billet, c'est son absence totale de sources. Moi, j'ai entendu dire que les soldats israéliens étaient capables de péter du napalm et de cracher du shrapnel.

Bien...blague à part maintenant: il est très possible que cette info concernant un nouveau type d'arme soit réelle. Mais ce serait d'autant plus crédible avec références à la clé. Par références, j'entends par exemple le rapport d'un organisme international, ou de journalistes sérieux...et non le quelconque blabla d'un vague blogueur qui a "entendu dire que". (Où? Chez le coiffeur? Dans Paris-Match? Au café du Commerce?)

Écrit par : Internecivus raptus | mardi, 13 janvier 2009

Je suis tout à fait d'accord avec vous sur l'horreur de telles bombes. La cruauté de l'homme ne semble pas avoir de limites. Quant à l'espoir que le Hamas renonce à lancer ses roquettes sur la population civile israelienne, j'aimerais bien pouvoir partager votre optimisme...

Écrit par : Axel Vincent | mardi, 13 janvier 2009

@ Internecivus raptus

J'ai des références, mais je n'ai pas voulu les mettre en lien.

Il manifesto, journal italien, daté des 12 et 13 octobre 2006.
Mais sinon, il y a tout de même une dépêche de l'AFP...
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gz4XI2em7iIRbmhvbUK3FKzePhIA
Je n'ai pas signé Radio-ragots, cette fois, hé, ho ...

Sinon, pour info :
http://en.wikipedia.org/wiki/Dense_Inert_Metal_Explosive

et cela pour achever de te convaincre que je n'écris pas tout à fait n'importe quoi...

http://www.defense-update.com/products/d/dime.htm

Écrit par : L'hérétique | mardi, 13 janvier 2009

Propos recueillis par SwissInfo, le 5 janvier 2009 (Stéphane Hessel est un diplomate, ambassadeur, ancien résistant et déporté français, qui a notamment participé à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948.)

Stéphane Hessel: En réalité, le mot qui s’applique - qui devrait s’appliquer - est celui de crime de guerre et même de crime contre l’humanité. Mais il faut prononcer ce mot avec précaution, surtout lorsqu’on est à Genève, le lieu où siège un haut commissaire pour les Droits de l’Homme, qui peut avoir là-dessus une opinion importante.

Pour ma part, ayant été à Gaza, ayant vu les camps de réfugiés avec des milliers d’enfants, la façon dont ils sont bombardés m’apparaît comme un véritable crime contre l’humanité.

Ce terme, vous osez le prononcer ? C’est la disproportion qui vous choque, entre les roquettes palestiniennes et une offensive terrestre massive ?

C’est l’ensemble du comportement. C’est naturellement la disproportion, vous avez raison de le souligner...Une terre densément peuplée, la plus dense du monde probablement, sur laquelle on frappe avec des instruments militaires qui ne peuvent pas faire la différence entre les militaires et les civils. D’ailleurs il n’y a pas de militaires, il n’y a que des civils à Gaza - des militants peut-être, mais sûrement pas une armée.

Donc c’est une armée, l’une des plus puissantes du monde, qui s’attaque à une population qui n’a vraiment pas de défense. Ca, c’est typiquement un crime de guerre.

A quoi peut aboutir cette offensive ?

C’est le plus grave. On a bien l’impression que une fois de plus des militaires essayent de mettre un terme à l’activité de guérilla. Nous avons vu que dans tous les cas de figure récents dans le monde, que ce soit le Vietnam, la Tchétchénie ou quoique ce soit d’autre, il n’y a pas de solution militaire. La solution c’est la négociation.

Ce qui se passe en ce moment au Caire est extrêmement important. Il faudrait que les dirigeants israéliens se rendent compte qu’à ne pas accepter une négociation et un cessez-le-feu, et une négociation pour la paix, ils font un tort immense à leur pays, et aussi à leur armée. Tsahal avait la réputation d’être une armée honorable. Elle ne l’est plus lorsqu’elle frappe sur des gens sans défense.

C’est également le spectre de l’échec en 2006 au Liban qui revient, et pourtant de nombreuses résolutions depuis de nombreuses années, ont été prises notamment au Conseil de Sécurité de l’ONU, mais jamais appliquées pour quelles raisons selon vous ?

Parce que l’Etat d’Israël, depuis des décennies, a réussi à berner sa population. A faire croire à sa population que l’Etat était en danger, que sa sécurité était à chaque instant menacée, et que pour cela il ne fallait ne tenir aucun compte de ce que pense la communauté mondiale, et s’assurer en tout cas de l’appui de l’Etat évidemment le plus puissant à l’heure actuelle, les Etats-Unis. Nous ne pouvons qu’avoir un espoir, c’est qu’avec l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, les Etats-Unis cesseront d’apporter un soutien inconditionnel et dramatique à un Etat qui continue à violer les résolutions internationales.

Mais le choix de la violence, [provient du fait] que la blessure de la seconde guerre mondiale et de la Shoah n’est pas refermé...

Oui, c’est évidemment ce qui permet à un gouvernement qui lui n’a plus rien à voir avec cette Shoah, et qui n’est plus composé de victimes potentielles de cette Shoah... que ce gouvernement puisse s’appuyer sur ce souvenir dramatique, auquel nous sommes tous extraordinairement sensibles, moi tout le premier. C’est l’horreur, absolue commise par les nazis. Mas cela ne doit pas permettre à un Etat d’Israël, actuellement le plus puissant de la région, de violer impunément toutes les règles internationales.

Vous êtes très sévère avec l’Etat d’Israël, Stéphane Hessel... Jusqu’à maintenant le chemin vers la paix c’était deux Etats côte à côte, un Etat Palestinien et un Etat Israélien. Est-ce encore possible, ce partenariat avec les Palestiniens ?

C’est la seule solution. Elle est rendue de plus en plus difficile, au fur et à mesure que s’accumulent de part et d’autre, soit le mépris et l’humiliation, soit la haine. Il faut que cette accumulation cesse le plus vite possible, et alors, au nom de ce que l’histoire nous a appris sur la possibilité du pardon - nous l’avons éprouvé, nous européens, et dans d’autres pays, en Afrique du Sud aussi - il faut avoir hâte que cette possibilité de pardon et de solidarité dans un Proche-Orient pacifique puisse être rétablie.

Écrit par : Géraldine | mardi, 13 janvier 2009

Merci des liens, l'Hérétique. Non pas que je t'accuse de raconter n'importe quoi, c'est simplement un réflexe: lorsque je vois des accusations sans sources, quel que soit le sujet je me méfie toujours.

Pour le reste du sujet, je ne commenterai pas. Peut-être le ferai-je le jour où l'opinion occidentale daignera envisager le conflit israélo-palestinien de manière objective, et non vomir quasi systématiquement sur un des belligérants en présence tout en canonisant l'autre comme de quasi saints et martyrs.

Je ne parle pas de ce blog, juste d'un climat général..;-)

Écrit par : Internecivus raptus | mardi, 13 janvier 2009

"...Vous préférez en fait que le Hamas puisse continuer à tirer ses roquettes, et la population palestinienne..."

Je ne préfère rien, j'essaie juste d'équilibrer un peu le propos, il y a un occupant et un occupé.

tu essaies de nous faire croire que l'occupant est la victime.

Je ne suis pas dupe, c'est tout.

Ce sont les Palestiniens qui résistent à l'occupation barbare d'israel et qui ne veulent pas rejoindre, les 5 millions de palestiniens qui croupissent dans les camps de réfugiés en espérant obtenir justice pour leur maisons, terrains et autres biens confisqué par israel.

Je n'y peux rien, ils ont décidé de résister, et c'est tout à leur honeur, ils ont demandé de l'aide au monde, nous sommes nombreux à nous être engagés dans ce sens. et comme le rappelle très justement géraldine, il y a quelques israéliens qui ont rejoint ce front contre la barbarie et l'occupation.

Écrit par : Farid L | mardi, 13 janvier 2009

@ Internecivus raptus :

"Pour le reste du sujet, je ne commenterai pas. Peut-être le ferai-je le jour où l'opinion occidentale daignera envisager le conflit israélo-palestinien de manière objective, et non vomir quasi systématiquement sur un des belligérants en présence tout en canonisant l'autre comme de quasi saints et martyrs.

Je ne parle pas de ce blog, juste d'un climat général..;-)"

Je pense que le climat général que tu décris ne reflète pas forcément ce que les gens pensent vraiment : beaucoup ont une vision bien plus nuancée que celle qu'ils présentent; mais face aux discours qui manquent totalement d'objectivité et pleins de mauvaise foi, ils choisissent de raidir leur discours en attendant que l'équilibre se rétablisse.

Écrit par : Géraldine | mardi, 13 janvier 2009

Le point de vue de John Pilger :

La négation de l’holocauste et le silence de ceux qui savent.


Dans un article du New Statesman, John Pilger, fort de son expérience après les 40 années passées à faire des reportages au Moyen Orient, décrit le "pourquoi" de l’attaque sanglante perpétrée par Israël sur les populations assiégées de Gaza – une attaque qui a peu à voir avec le Hamas et le droit d’Israël à exister.

"Lorsque la vérité est remplacée par le silence" a déclaré le dissident soviétique Yevgeny Yevtushenko, "le silence devient un mensonge".

Peut-être le silence est-il rompu sur Gaza. Les linges dans lesquels sont enveloppés les enfants assassinés, recouverts de vert, ainsi que les caisses contenant leurs parents disloqués et les cris de douleur et de rage de la population dans ce camp de la mort au bord de la mer, sont largement diffusés sur Al-Jazeera et YouTube, et peuvent même être entraperçus sur la BBC. Mais l’incorrigible poète russe ne parlait pas de ces événements éphémères que nous appelons "informations" ; il demandait pourquoi ceux qui connaissaient le pourquoi n’en ont jamais parlé et, de fait, l’ont nié. Parmi les intellectuels anglo-saxons, cette attitude est particulièrement frappante. Ce sont eux qui détiennent les clés de ces grands entrepôts de la connaissance : ces historiographies et ces archives qui nous amènent au pourquoi des choses.
Ils savent que l’horreur qui tombe sur Gaza n’a pas grand-chose à voir avec le Hamas, ou, plus absurde encore, le "droit d’Israël à exister". Ils savent que c’est l’inverse qui est vrai : que le droit à exister de la Palestine a été aboli il y a soixante ans, et que l’expulsion, et, si nécessaire, l’extinction des populations autochtones étaient planifiées et mises en oeuvre par les fondateurs d’Israël. Ils savent que l’ignoble "Plan D" a conduit au dépeuplement meurtrier de 369 villes et villages palestiniens par la Haganah (l’armée juive") et que d’un massacre à l’autre, les endroits comme Deir Yassin, al-Dawayima, Eilaboun, Jish, Ramle and Lydda sont aujourd’hui synonymes d’"épuration ethnique" dans les archives officielles. Quand David Ben Gourion, le premier Premier ministre d’Israël, est arrivé sur le lieu du carnage, un général, Yigal Allon, lui a demandé : "Que faisons-nous des Arabes ?", Ben Gourion, selon l’historien israélien, Benny Morris, a répondu d’un geste brusque et expéditif de la main : "Expulsez-les !".
L’ordre d’expulser toute une population "sans considération de l’âge", avait été signé par Isaac Rabin, futur premier ministre salué par le monde entier comme "artisan de la paix" grâce à la plus efficace des propagandes. La terrible ironie de tout cela n’a été soulignée qu’incidemment, comme quand le co-leader du parti Mapan a fait remarquer que les dirigeants d’Israël parlaient "naturellement" de "la tolérance dont ils bénéficiaient quand ils rassemblaient les femmes, les enfants et les personnes âgées pour les précipiter sur les routes parce que tel était l’impératif de leur stratégie … … qui se souvient de qui a utilisé ces mêmes moyens contre notre peuple au cours de la Seconde Guerre mondiale … je suis horrifié."
Toutes les "guerres" qu’Israël a menées par la suite avaient le même objectif : l’expulsion des populations autochtones et l’appropriation de toujours plus de terres. Le mensonge de David et Goliath, de la victime perpétuelle, a atteint son apogée en 1967 quand la propagande est devenue vertu outragée qui prétendait que c’étaient les états arabes qui avaient commencé. Depuis lors, la plupart de ceux qui disent la vérité comme Avi Schlaim, Noam Chomsky, feue Tanya Reinhart, Neve Gordon, Tom Segev, Yuri Avnery, Ilan Pappe et Norman Finklestein en ont abondamment parlé, ainsi que d’autres mythes, mettant en lumière un état vidé de toute les traditions humanistes du judaïsme, dont le militarisme implacable est la somme de l’idéologie expansionniste, raciste et sans loi, appelée sionisme. Le 2 janvier dernier, l’historien israélien Ilan Pappé, écrivait : "Même les crimes les plus abominables semble-t-il, comme le génocide à Gaza, sont traités comme des événements isolés, sans rapport avec d’autres qui se sont produits dans le passé, ni avec une quelconque idéologie. De même que le système d’apartheid témoignait de la politique oppressive du gouvernement d’Afrique du Sud, cette idéologie (sous sa forme plus consensuelle et simpliste) a permis à tous les gouvernements israéliens, passés et présents, de déshumaniser les Palestiniens, où qu’ils se trouvent, et de s’acharner à les détruire. Les moyens employés variaient selon les époques et selon les endroits, comme les discours pour couvrir les atrocités. … Mais il est clair qu’il s’agit d’un projet de génocide".
A Gaza, la privation forcée de nourriture, le déni d’une aide humanitaire, le piratage des ressources naturelles vitales comme le carburant et l’eau, le déni de médicaments et de traitement médical, la destruction systématique d’infrastructures et l’assassinat et la mutilation de populations civiles, parmi lesquelles 50% sont des enfants, correspondent aux normes internationales de la définition d’un génocide. Richard Falk, le rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme dans les Territoires Occupés et professeur de droit international à l’université de Princeton a déclaré "Est-ce une exagération irresponsable que de comparer le traitement infligé aux Palestiniens avec les chefs d’accusation qui avaient été réunis pour dénoncer les atrocités commises par les nazis ? Je ne le pense pas."
Quand il a parlé d’"holocauste en cours", Falk faisait allusion à la création des ghettos juifs à Varsovie, en Pologne. Un mois durant, les Juifs polonais, avec à leur tête Mordechaj Anielewiz, avaient tenté de repousser l’armée allemande et les SS, mais leur résistance avait fini par être violemment réprimée et les nazis avaient voulu une vengeance absolue. Falk est également juif. L’holocauste actuellement en cours qui a commencé avec le plan D de Ben Gourion arrive à la phase ultime. La différence aujourd’hui, c’est que c’est un projet commun Israël-Etats-Unis. Les F-16, les GBU-39 (*), fournis à la veille de l’attaque sur Gaza avec l’accord du Congrès américain à majorité démocrate, sans compter les 2,4 milliards d’"aides" à l’effort de guerre, donnent de facto les commandes des opérations à Washington. Ce qui dément absolument la version selon laquelle le président élu Obama n’avait pas été tenu au courant. Alors qu’Obama avait été prompt à réagir lors de la guerre menée par la Russie en Géorgie et des attentats terroristes à Mombai, son silence sur la Palestine indique son assentiment, ce à quoi il fallait s’attendre, étant donné, d’une part, son attitude obséquieuse vis-à-vis du régime de Tel Aviv et de ses lobbyistes au cours de la campagne présidentielle, et, d’autre part, la nomination de sionistes comme secrétaire d’état, chef de cabinet et conseillers principaux pour le Moyen- Orient. Quand Aretha Franklin chantera "Think", son magnifique hymne à la liberté des années soixante, pour l’investiture d’Obama le 21 janvier, j’imagine que quelqu’un de la trempe de Muntadar al-Zaidi, le journaliste lanceur de chaussures, se mettra à hurler : "Gaza !".
La dissymétrie entre la conquête et le terrorisme est nette. Le plan D s’appelle aujourd’hui "Opération Plomb Durci", qui correspond à l’"Opération de Vengeance Justifiée" qui était restée inachevée. Cette dernière avait été lancée par le premier ministre Ariel Sharon en 2001 quand, avec l’accord de Bush, il avait utilisé pour la première fois des F-16 contre des villes et des villages palestiniens.
La même année, le "Jane’s Foreign Report" (JFR), l’ouvrage de référence mondial en matière de défense, révélait que le gouvernement de Tony Blair avait donné son "feu vert" pour l’attaque contre la Cisjordanie alors qu’il était au courant des desseins secrets d’Israël de perpétrer un massacre. Ce qui est caractéristique de la complicité constante et servile du New Labour dans les souffrances de la Palestine. Cependant, le lancement du projet israélien de 2001, d’après le JFR, nécessitait un détonateur : un attentat suicide qui "ferait de nombreuses victimes parce que le facteur vengeance est essentiel. Cela motiverait les soldats israéliens pour aller pulvériser les Palestiniens". Ce qui avait inquiété Sharon et l’auteur du projet, le général Shaul Mofaz, le chef d’état-major israélien, c’est l’accord secret qui avait été passé entre le Hamas et Arafat de renoncer aux attentats suicides. Le 23 novembre 2001, les agents secrets d’Israël assassinaient le dirigeant du Hamas Mahmud Abu Hunud et avaient ainsi leur élément déclencheur ; les attentats suicides reprenaient en représailles à cet assassinat.
Il s’est produit un incident étrangement similaire le 5 novembre dernier, où les forces spéciales israéliennes ont attaqué Gaza, tuant six personnes. Une fois encore, ils avaient leur "déclencheur" de propagande. Le cessez-le-feu, à l’initiative du gouvernement du Hamas et respecté par lui (qui avait fait incarcérer ceux qui avaient violé la trêve) était rompu par l’attaque israélienne et les lancers de roquettes artisanales sur ce qui avait autrefois été la Palestine avant que ses occupants arabes ne soient "épurés ethniquement". Le 23 décembre, le Hamas proposait un nouveau cessez-le-feu, mais il s’est avéré que la mascarade à laquelle s’était livré Israël n’avait d’autre but que cet assaut final imaginé, d’après le quotidien israélien Haaretz, six mois auparavant.
Derrière ce jeu sordide se cache le "plan Dagan", du nom du général Meir Dagan, qui avait servi sous Sharon pendant l’invasion sanglante du Liban en 1982. Actuellement à la tête du Mossad, l’organisation des services secrets israéliens, Dagan est l’auteur d’une "solution" qui a conduit à l’enfermement des Palestiniens derrière les murs d’un ghetto qui serpentent à travers la Cisjordanie et dans Gaza, et qui en font un véritable camp de concentration. La création d’un gouvernement de collaboration à Ramallah sous l’autorité de Mohammed Abbas est l’œuvre de Dagan, en même temps que le résultat d’une campagne de propagande ("hasbara") relayée par les médias occidentaux pratiquement aplatis, si ce n’est intimidés, en particulier aux Etats-Unis, et qui disent que le Hamas est une organisation terroriste vouée à la destruction d’Israël et que c’est lui qui "porte la responsabilité" des massacres et du siège de son propre peuple. "Nous n’avons jamais eu la part aussi belle", déclarait en 2006 le porte-parole du ministre israélien des affaires étrangères. "la hasbara est une machine bien huilée".
En fait, la véritable menace que représente le Hamas c’est qu’il est le seul exemple de gouvernement démocratiquement élu dans le monde arabe, et qu’il a tiré sa popularité de la résistance à l’oppresseur et au tortionnaire israélien. On en a eu la démonstration quand le Hamas a déjoué un coup d’état fomenté par la CIA en 2007, événement présenté par les médias occidentaux comme : " la prise de pouvoir du Hamas". De la même façon, le Hamas n’est jamais décrit comme un gouvernement, a fortiori élu démocratiquement. Et de même que sa proposition d’une trêve de dix ans n’est pas considérée comme la reconnaissance historique de la "réalité" d’Israël et le soutien à la solution à deux états à une seule condition : qu’Israël respecte les lois internationales et mette un terme à l’occupation illégale des territoires au-delà des frontières définies en 1967. Comme le démontre chaque vote annuel de l’Assemblée Générale de l’ONU, 99% des peuples de la planète approuvent cette résolution. Le 4 janvier, Miguel d’Escoto, président de l’Assemblée Générale (des Nations Unies), qualifiait l’attaque israélienne de "monstruosité" (**).
Quand cette monstruosité se sera finalement produite et que la population de Gaza aura été encore plus broyée, le Plan Dagan prévoit ce que Sharon avait appelé la "solution sur le modèle de 1948" (la destruction de toute autorité et tout leadership des Palestiniens suivie d’expulsions en masse vers des "cantonnements" de plus en plus petits pour finir peut-être en Jordanie. Cet anéantissement de la vie institutionnelle et éducative à Gaza est destiné à créer, d’après ce qu’a écrit Karma Nabulsi, l’exil des Palestiniens vers la Grande Bretagne, "une vision "Hobbesienne" d’une société démantelée : amputée, violente, impuissante, démolie, domptée … Regardez l’Irak aujourd’hui : c’est ce que Sharon avait en réserve pour nous, et il y est presque parvenu".
Le professeur Dahlia Wasfi a écrit sur la Palestine. Sa mère est juive et son père irakien musulman. "La négation de l’holocauste est antisémite", a–t-elle écrit le 31 décembre. "Mais je ne parle pas de la Seconde Guerre Mondiale, ni de Mahmoud Ahmedinijad (le président iranien), ni des juifs ashkénazes. Ce dont je parle, c’est de l’holocauste qui se déroule actuellement sous nos yeux et dont nous sommes responsables à Gaza aujourd’hui et en Palestine depuis ces 60 dernières années … Dans la mesure où les Arabes sont des sémites, la politique USA-Israël ne peut pas être plus antisémite que cela." Elle cite Rachel Corrie , la jeune Américaine qui s’était rendue en Palestine pour défendre les Palestiniens et qui a été écrasée par un bulldozer israélien. "Je me trouve au beau milieu d’un génocide" avait-elle écrit, "que je cautionne moi-même indirectement et pour lequel mon gouvernement est largement responsable".
En lisant les propos de ces deux femmes, je suis frappé par l’utilisation du mot "responsabilité". Rompre le silence mensonger, ce n’est pas une abstraction ésotérique mais une responsabilité impérieuse qui incombe à ceux qui ont la chance d’avoir une tribune. La BBC étant intimidée, il en va de même pour la majorité de la profession, qui ne s’autorise de débat vif que dans un cadre immuable et invisible, obsédée par la crainte de se voir accusée d’antisémitisme. Ce qui n’a pas été dit, pendant ce temps, c’est que le nombre de morts à Gaza équivaudrait à celles de 18.000 personnes en Grande Bretagne. Imaginez ce que cela représente, si cela vous est possible.
Ensuite, il y a les universitaires, les doyens, les professeurs, les chercheurs. Pourquoi se taisent-ils quand ils voient une université bombardée et entendent l’appel au secours de l’Association des Professeurs de l’Université de Gaza ? Les universités britanniques ne sont-elles plus aujourd’hui, comme le pense Terry Eagleton, que des "supermarchés de la culture", qui, au lieu de fruits et légumes, produisent des "diplômés" ?
Et puis il y a les écrivains. Au cours de l’année sombre de 1939, le troisième Congrès des Ecrivains Américains s’est tenu au Carnegie Hall à New York et des gens tels que Thomas Mann et Albert Einstein ont envoyé des messages et sont intervenus pour dénoncer à haute voix le mensonge du silence. Selon certaines sources, plus de 2500 personnes s’étaient entassées dans l’auditorium. Aujourd’hui, une telle mobilisation de réalisme et de moralité serait jugée obsolète ; les pages de critique littéraire affichent une suffisance ironique faite de médiocrité ; il n’y a plus que le faux symbolisme qui vaille. Quant aux lecteurs, leur esprit moral et politique doit être atténué au lieu d’être encouragé. L’islamophobe Martin Amis l’a parfaitement exprimé dans "Visiting Mrs Nabokov" : "la prédominance de l’égo n’est pas un défaut, c’est une caractéristique de l’évolution ; c’est comme ça".
Si c’est une évolution normale, notre société civilisée est bien diminuée. Car ce qui se passe à Gaza est à un tournant de notre époque où, soit par notre silence nous accorderons l’impunité à des criminels de guerre en procédant à des contorsions de notre intelligence et de notre moralité personnelles, soit nous trouverons la force de protester. Pour le moment, je préfère garder en mémoire mes propres souvenirs de Gaza : le courage et la résistance de toute une population et de sa "lumineuse humanité", comme l’a décrite Karma Nabulsi. La dernière fois que j’y suis allé, j’ai été gratifié du spectacle de drapeaux palestiniens flottant dans les endroits les plus improbables. C’était le crépuscule et ce sont les enfants qui avaient réalisé cela de leur propre chef. Personne ne le leur avait suggéré. Ils avaient confectionné des mâts avec des bâtons attachés ensemble, et quelques-uns étaient juchés sur un mur avec le drapeau au milieu d’eux, certains restaient silencieux, d’autres criaient (***). Ils font ça à chaque fois qu’ils apprennent le départ d’un étranger, pensant qu’ainsi le monde ne les oubliera pas.
John PILGER
http://www.johnpilger.com/page.asp?partid=519

Écrit par : Géraldine | jeudi, 15 janvier 2009

merci pour les commentaires documentés et le calme des réactions. Le négationnisme des sionistes me met en rage et je ne suis pas toujours capable de garder mon sang froid.

Pour avoir déjà discuté avec des sionistes, je sais qu'il ne faut pas les titiller bien longtemps pour que le masque tombe et qu'ils professent des horreurs qui ne sont pas sans évoquer celle de la 2nd guerre mondiale. Les faits sont malheureusement leur illustration.

Heureusement qu'il y a quelques juifs qui dénoncent les atrocités israéliennes, on pourrait être tenté de croire que les nazis, à défaut d'exterminer les juifs, aient réussi à anéantir l'âme juive. Il n'y a pas de gagnant dans cette "guerre" contre la population palestinienne.

Écrit par : andre | vendredi, 16 janvier 2009

@ André
Il n'y a jamais de gagnants dans une guerre. Mais le choix de vos mots vous positionne déjà idéologiquement.

Écrit par : L'hérétique | vendredi, 16 janvier 2009

Aucun commentaire sur l'objet de l'article , par contre, Je ne souhaite dire qu'une chose: Une horrible mascarade de la part de nous tous, spectateurs et journalistes (prétendu)...mais c'est une AMNESIE COLLECTIVE ET CONSENTANTE?? parce que franchement : "Et pendant ce temps, le Hamas, indifférent aux souffrances non seulement de son peuple, mais de ses propres militants, poursuit la guerre simplement pour le seul plaisir de pouvoir tirer des roquettes sur des villes israéliennes. Il suffirait simplement d'accepter d'en finir avec ces roquettes pour que toute cette horreur prenne fin..." m'irrite autant les narines que mon ame!!! Le plaisir?? quel plaisir ya t-il dans une guerre??? C'est ISRAEL QUI A REMPU LA TREVE 4 MOIS APRES LE COMMENCEMENT DE CELLE-CI EN TUANT 6 PALESTINIENS!!! ET LE BLOCUS ET LA SITUATION HUMANITAIRE face au SILEEEEEENNNNCE DE L'ONU ET AU MONDE ENTIER (civilisé?)??? Non de d... mais vous lisez ou pretendez lire les journaux au moins, sinon, aillez au moins la décence et l'honnêteté de vérifier les faits!!
c'est immoral et trompeur que de peindre un tableau aussi fictif que subjectif ?Quelle est la pertinence selon vous lorsque vous reportez gentiment ce qui se dit partout sans aucun esprit d'analyse? hier L'OLP terorriste , aujourd'hui Le HAMAS , et demain toute tête de bougnoule ou d'ispice di counasse qui ferment pas leurs grandes gueules??
Monsieur, ça s'appelle de la RESISTANCE, une resistance avec les moins de bords...

Que fallait il faire selon vous ?? certe, Hamas avait et a ses tords, Mais bordel que fallait il faire face a ce carnage qui dure depuis plus de 12 mois, si ce n'est que titiller le monstre avec des roquettes????
Mourir à petit feu et en silence dans la misère total ou mourir martyr et digne, que choisir selon vous??

Écrit par : wardia | dimanche, 18 janvier 2009

@ Wardia

Sous occupation, il y a ceux qui collaborent et ceux qui résistent, je soutiendrais toujours ceux qui résiste.

Bien cordialement,

Écrit par : Farid L | dimanche, 18 janvier 2009

@ Wardia
Je n'aurai aucune critique envers le Hamas si ses roquettes visaient des objectifs militaires et non des objectifs civils et s'il n'avait pas commandité des attentats-suicides particulièrement sanglants avec pour but de faire le plus de victimes civiles possible.

En ce qui concerne les torts d'Israël, il y en a en effet, et je ferai un billet très prochainement à ce sujet.

Écrit par : L'hérétique | dimanche, 18 janvier 2009

C'est que le bilan du massacre en cours à Gaza ne fait état d'aucun civil, qu'israel est la première force occupante a avoir le statut de victime.

Écrit par : Farid L | dimanche, 18 janvier 2009

Vous avez bien raison, Israel ne s'y prend pas de la bonne façon pour régler son problème de façon retenue et civilisée. Elle devrait se contenter de nier l'existence même de Gaza, balancer des roquettes Qassam a l'aveuglette sur les résidences palestiniennes et envoyer quelque "sionistes fanatiques" brainwashés se faire exploser sur les marchés de Gaza...

Écrit par : Cynique | dimanche, 18 janvier 2009

@ Cynique
alors que là Israël en digne représentant de la civilisation face aux barbares arabo musulmans se contente d'un tapis de bombe tellement chirugicales qu'elles attérissent dans les hopitaux (dans le service chirurgie je présume vu les "prouesse" de l'armée) La civilisation consiste a se torcher avec les décisions de l'ONU, à ricaner des conventions internationales, à transformer méticuleusement les lieux de vie des palestiniens qui s'obstinent à rester, en champ de ruine, en volant l'eau, en détruisant les cultures, en arrachant les arbres, en détruisant les écoles, les tribunaux les hôpitaux, les routes, les jardins public, sans oublier de massacrer chaque foi un peu plus la population au préalable affamée par le blocus. Et certains palestiniens pètent les plombs? Seraient-ils désespérés? Ces sauvages sont des sauvages, on vous l'avait bien dit.

Je ne conteste ni le droit ni les capacités des israéliens à se défendre, mais je doute que vous en trouviez qui acceptent de se faire exploser pour la cause, ce serait déjà le cas. Peut-être s'ils se trouvaient dans la position des palestiniens, ils finiraient pas se faire exploser (de joie sans doute).

Le discours sur les attentats suicide est toujours le même, comme si c'était la preuve de l'inhumanité des palestiniens et que ça justifiait toutes les exactions. Hors, à moins de souscrire à des théories racistes, du type "c'est dans leur gènes", ou la version relookée "c'est dans leur culture", c'est la démonstration que ce qu'ils vivent est inhumain. Personne ne se fait exploser pour le plaisir. Sauf les palestiniens? Expliquez moi pourquoi ça va intéresser beaucoup de monde...

Écrit par : andre | lundi, 19 janvier 2009

@ andré

Mais qui a dit que c'était leur culture ? Vous ! Personnellement, je n'ai parlé que du Hamas, et pour les attentats suicides, j'imagine qu'il faut avoir touché le fond du désespoir ou avoir subi un lavage de cerveau made in Hamas pour y venir...

@ Farid
Je n'ai jamais dit qu'Israël n'avait pas des torts graves dans ce qui s'est déroulé, mais en revanche, que je n'acceptais pas le traitement partial de l'information telle qu'elle était donnée dans les médias et par les supporters inconditionnels du Hamas.

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 19 janvier 2009

@ L'Hérétique
"pour les attentats suicides, j'imagine qu'il faut avoir touché le fond du désespoir ou avoir subi un lavage de cerveau made in Hamas pour y venir" Continuez à imaginer, quelles sont les causes du désespoir qui poussent certains palestiniens dans les bras du hamas?

"je n'acceptais pas le traitement partial de l'information telle qu'elle était donnée dans les médias"
Ne prenez pas ça pour une attaque personnelle, mais auriez vous accepté qu'on renvoie dos à dos les nazis et les juifs, les cowboys et les indiens, les esclaves et les maitres, les colonisés et les colons, les Hutus et les Tutsis? Je ne le pense pas. Alors sortez de l'impasse, il ne s'agit pas de condamner les israéliens, mais l'état d'Israël qui commet au minimum des crimes de guerre.

Écrit par : andre | lundi, 19 janvier 2009

@ andré
que je sache, les Palestiniens ne sont pas menacés d'extermination ni mis en esclavage. Tous vos exemples sont caducs.

En ce qui concerne le désespoir des Palestiniens, c'est la conséquence d'une alchimie complexe entre la nullité de leurs dirigeants et les errements de l'État d'Israël. En aucun cas le seul fait d'Israël. Je vous vois venir de loin.

Écrit par : L'hérétique | lundi, 19 janvier 2009

Le plus grave problème des Palestiniens c'est qu'ils sont entraînés malgré eux par leurs dirigeants dans une logique suicidaire de martyr. On a tendance à oublier que les véritables priorités du Hamas sont idéologiques et non sociales. Ils savaient pertinemment ce qui finirait par arriver en harcellent sans cesse leur brute de voisin. Qu'ils allaient finir par péter les plombs et faire un massacre. Et c'est secrètement ce qu'ils souhaitaient, parce que cela sert une cause à leurs yeux supérieure, prouver au monde, et particulièrement au monde arabe,à quel point le jihâd contre les chaytân sionistes et occidentaux est une cause juste. La connerie des dirigeants israéliens c'est qu'ils le savent et tombent quand-même dans le panneau.

Écrit par : Cynique | mardi, 20 janvier 2009

La prison de Gaza
« Même après les Accords d’Oslo de 1993, Gaza est restée isolée d’Israël, et a été simplement utilisée comme une réservoir de travailleurs à bon marché ; pendant les années 1990, la « paix » a signifié pour Gaza sa transformation progressive en un ghetto. » L’universitaire Ilan Pappe replace les évènements actuels dans leur contexte historique, et rappelle que depuis la première Intifada, la bande de Gaza a peu à peu été transformée en prison isolée du monde, régulièrement visée par des raids de l’armée israélienne qui ont fait trois mille victimes dont plus de 600 enfants depuis l’année 2000.


Par Ilan Pappe, London Review of Books, 14 janvier 2009

En 2004, l’armée israélienne a commencé à construire une ville arabe factice dans le désert du Néguev. Elle a la taille d’une vraie ville, avec des rues (chacune portant un nom), des mosquées, des bâtiments publics et des voitures. Construite pour un coût de 45 millions de dollars, cette ville fantôme est devenue un Gaza factice durant l’hiver 2006, après que le Hezbollah ait combattu Israël au nord, pour que l’armée israélienne puissent se préparer à mener « une meilleure guerre » contre le Hamas au sud.

Quand le Chef d’Etat major israélien Dan Halutz a visité le site après la guerre du Liban, il a déclaré à la presse que les soldats « se préparaient au scénario qui se déroulera dans les quartiers densément peuplés de la Ville de Gaza ». Après une semaine de bombardement de Gaza, Ehud Barak a assisté a une répétition de la guerre terrestre. Les équipes étrangères de télévision l’ont filmé pendant qu’il observait l’armée de terre conquérir la ville factice, prendre d’assaut les maisons vides et tuant sans aucun doute les « terroristes » s’y cachant.

« le problème c’est Gaza, » déclarait au mois de juin 1967 Levy Eshkol, alors premier ministre d’Israël. « J’y ai été en 1956 et ai vu des serpents venimeux marcher dans les rues. Nous devrions refouler certains d’entre eux dans le Sinaï, et espérer que les autres immigreront. » Eshkol discutait du sort des territoires récemment occupés : lui et son cabinet voulaient la Bande de Gaza, mais pas les gens qui y habitent.

Les Israéliens se réfèrent souvent à Gaza comme « Me’arat Nachashim » une fosse de serpents. Avant la première Intifada, lorsque le territoire fournissait à Tel Aviv des salariés qui lavaient leurs plats et nettoyaient leurs rues, les Gazaouis ont été décrits plus humainement. La « lune de miel » s’est terminée pendant la première Intifada, après une série d’incidents dans lesquels quelques uns de ces employés ont poignardé leurs employeurs. La ferveur religieuse que l’on disait avoir inspiré ces attentats isolés a produit une vague de sentiment islamophobe en Israël, qui a mené au premier enfermement de Gaza et la construction d’une barrière électrifiée autour du territoire. Même après les Accords d’Oslo de 1993, Gaza est restée isolée d’Israël, et a été simplement utilisée comme réservoir de travailleurs à bon marché ; pendant les années 1990, la « paix » a signifié pour Gaza sa transformation progressive en un ghetto.

En 2000, Doron Almog, alors chef du Commandement militaire sud, a commencé à surveiller les frontières de Gaza : « Nous avons établi des points d’observation équipés avec la meilleure technologie et nos troupes ont été autorisées à faire feu sur quiconque atteignant la clôture, depuis une distance de six kilomètres, » se vantait-il, suggérant qu’une politique similaire devrait être adoptée pour la Cisjordanie. Durant ces deux dernières années, une centaine de Palestiniens ont été tués par les soldats simplement pour s’être trop approchés des clôtures. De 2000 jusqu’au déclenchement de la guerre actuelle, les forces israéliennes ont tué trois mille Palestiniens (dont 634 enfants) dans Gaza.

Entre 1967 et 2005, la terre et l’eau de Gaza ont été pillés par les colons juifs de Gush Katif au détriment de la population locale. Le prix à payer pou la paix et de la sécurité pour les Palestiniens vivant là était de se résoudre à l’emprisonnement et à la colonisation. Depuis 2000, les Gazaouis ont choisi au contraire de résister, en plus grand nombre et avec plus de force. Ce n’était pas le type de résistance que l’Occident approuve : elle était Islamique et armée. Elle s’est caractérisée par l’emploi de fusées Qassam rustiques, qui ont d’abord été lancées principalement en direction des colons de Katif. Pour l’armée israélienne la présence des colons rendait cependant difficile de réagir avec la brutalité qu’elle utilise contre les cibles purement palestiniennes. Par conséquent les colons ont été retirés, non pas en tant que partie d’un processus de paix unilatéral comme beaucoup l’ont affirmé a l’époque (au point de suggérer d’attribuer le prix Nobel de la paix à Ariel Sharon), mais plutôt pour faciliter toute action militaire ultérieure contre la Bande de Gaza et consolider le contrôle de la Cisjordanie.

Après le désengagement de Gaza, le Hamas a pris le dessus, tout d’abord par des élections démocratiques, puis ensuite lorsqu’a été mise en échec de façon préemptive une tentative de prise du pouvoir du Fatah soutenue par les Américains. Pendant ce temps, les gardes-frontière israéliens ont continué à tuer quiconque s’approchait de trop près, et un blocus économique a été imposé sur Gaza. Le Hamas a réagi en lançant des missiles vers Sderot, donnant a Israël un prétexte pour utiliser son armée de l’air, son artillerie et ses hélicoptères de combat. Israël a prétendu tirer sur « les aires de lancement de missiles », mais dans la pratique cela signifiait n’importe où et partout dans Gaza. Le nombre de blessés a été élevé : pour la seule année 2007 trois cent personnes ont été tuées dans Gaza, dont des dizaines d’enfants.

Israël justifie son action à Gaza comme faisant partie du combat contre le terrorisme, bien qu’il ait lui-même violé tous les lois internationales de la guerre. Les Palestiniens, semble-t-il, ne peuvent avoir leur place dans la Palestine historique à moins qu’ils n’acceptent de vivre privés des droits civiques et humains essentiels. Ils peuvent être soit des citoyens de seconde classe dans l’état d’Israël, soit des détenus dans les méga-prisons de Cisjordanie et de la bande de Gaza. S’ils résistent ils sont susceptibles d’être emprisonnés sans procès, ou tués. Tel est le message d’Israël.

La résistance en Palestine a toujours été basée dans les villages et les villes ; d’où aurait-elle pu venir d’autre ? C’est pourquoi les villes et les villages palestiniens, factices ou réels, ont été décrits depuis la révolte arabe de 1936 comme des « bases ennemies » dans les plans et les missions militaires. N’importe quelles représailles ou actions punitives ne peuvent que cibler des civils, parmi lesquels il peut y avoir une poignée de gens qui sont impliqués dans la résistance active contre Israël. Haifa a été traitée comme une base ennemie en 1948, comme l’a été Jénine en 2002 ; aujourd’hui Beit Hanoun, Rafah et Gaza sont considérés comme tels. Quand vous avez la puissance de feu, et aucune inhibition morale à massacrer des civils, vous obtenez la situation que nous observons aujourd’hui dans Gaza.

Mais ce n’est pas uniquement dans le discours des militaire que les Palestiniens sont déshumanisés. Un processus similaire est en cours dans la société civile juive en Israël, et il explique le soutien massif qui y existe en faveur du carnage de Gaza. Les Palestiniens ont été tellement déshumanisés par les juifs israéliens - que ce soit par les politiques, les soldats ou les citoyens ordinaires - que leur meurtre vient naturellement, tout comme le fait de les expulser en 1948, ou de les emprisonner dans les Territoires Occupés. La réponse occidentale actuelle indique que ses dirigeants politiques ne voient pas la connexion directe entre la déshumanisation sioniste des Palestiniens et les politiques barbares d’Israël dans Gaza. Il existe un grave danger que, à la conclusion de « l’Opération plomb durci », Gaza elle-même ne ressemble à la ville fantôme du Néguev.

Ilan Pappé enseigne à l’Université d’Exeter. Il est l’un des « nouveaux historiens » qui ont réexaminé de façon critique l’histoire d’Israël et du sionisme.

Écrit par : Géraldine | mardi, 20 janvier 2009

@ L'Hérétique

Vous niez la réalité historique des agressions israéliennes, en prétendant que le Hamas est responsable de la "réplique".

Voilà une opinion israélienne qui vous contredit, si toute fois vous êtes près à ouvrir vos oreilles et votre conscience. Vos arguments tournent en rond, vous avez surtout l'air intoxiqué par la rhétorique du pouvoir israélien actuel qui n'a rien a envier aux régimes les plus ignobles. Or vous préférez jusqu'à présent user d'invectives telle "islamo-gauchiste". Il pourrait être amusant de vous faire remarquer la similitude de la construction de ce genre d'insulte avec celles d'un autre temps où une certaine propagande traitait de "Judéo-communiste" ses adversaires. J'ai même eu un prof d'histoire facho (viré de la fac pour violences) qui le pauvre en était réduit à parler de la menace "africano-marxiste"! (le satan islamique n'était pas encore créé), comme plus tard le front national dénonçait les "tiers-mondistes" ou "les-droit-de-l'hommiste"

Si vous étiez de bonne fois vous essaieriez de répondre aux arguments et nombreux documents de qualité fournis par les intervenants de la discussion.

L'article ci-dessous a déjà été posté, mais aucune réaction de votre part, pourquoi? Il n'y a que sur les grands medias que l'on peut se permettre de répondre à ce qu'on veut si on veut face à des journalistes serviles. Dans la vrai vie ça ne marche pas, il n'y a pas de mise en scène pour remplacer le contenu.

Uri Avnery:
"Voilà près de soixante-dix ans, lors de la seconde guerre mondiale, un crime affreux fut commis dans la ville de Leningrad. Pendant plus de mille jours, un gang d’extrémistes appelé « l’Armée Rouge » a pris en otage des millions d’habitants, provoquant depuis les zones habitées les représailles de la Wehrmarcht. Les Allemands n’eurent d’autre choix que de bombarder et pilonner la population et d’imposer un blocus qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes.

Quelque temps auparavant, un crime semblable avait été commis en Angleterre. Le gang Churchill, se dissimulant au sein de la population de Londres, utilisait sans vergogne des millions de citoyens en tant que bouclier humain. Les Allemands ont été obligés d’envoyer la Luftwaffe et furent malgré leurs réticences contraints de réduire la ville en ruines. Ils ont appelé cela le Blitz.

Tels sont les récits que l’ont lirait aujourd’hui dans les livres d’histoire - si les Allemands avaient gagné la guerre.

Absurde ? Pas plus que les compte rendus publiés quotidiennement dans nos médias qui répètent ad nauseam : les terroristes du Hamas qui prennent les habitants de Gaza comme « otages » et utilisent les femmes et les enfants comme « boucliers humains, » ne nous laissent pas d’autre choix que de recourir à des bombardements massifs pendant lesquels, à notre grande tristesse, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes sans armes ont été tués et des blessés.

Dans cette guerre, comme dans toute guerre, la propagande joue un rôle majeur. La disparité des forces entre l’armée israélienne - avec ses avions, hélicoptères, drones, navires de guerre, son l’artillerie et ses chars - et les quelques milliers de combattants du Hamas pourvus d’armes légères, est de l’ordre de un pour mille, peut-être de un pour un million. Dans le domaine du politique, cet écart est encore plus grand. Mais dans la guerre de propagande, il est presque infini.

Presque tous les médias occidentaux ont d’abord répété la version de la propagande israélienne officielle. Ils ont presque entièrement ignoré celle de la partie palestinienne, tout comme les manifestations quotidiennes organisées par les pacifistes israéliens. La justification avancée par le gouvernement israélien (« L’Etat doit défendre ses citoyens contre les roquettes Qassam ») a été acceptée comme l’entière vérité. Le point de vue de l’autre camp, affirmant que les Qassams sont des représailles contre un siège qui affame le million et demi d’habitants de la bande de Gaza, n’a absolument pas été mentionné.

Ce n’est que lorsque les horribles scènes en provenance de la bande de Gaza ont commencé à apparaître sur les écrans des télévision occidentales, que l’opinion publique mondiale a commencé à évoluer peu à peu.

Certes, l’occident et les chaînes de télévision israélienne n’ont montré qu’une infime partie seulement des terribles événements qui sont rapportés chaque jour, 24 heures sur 24, sur la chaîne arabe Al Jazeera, mais l’image d’un bébé mort dans les bras de son père terrifié est plus marquante que mille phrases élégamment tournées d’un porte-parole de l’armée israélienne. Et c’est ce qui est décisif, en dernier ressort.

La guerre - toute guerre - est le royaume du mensonge. Qu’on appelle cela propagande ou guerre psychologique, tout le monde admet qu’il faille mentir pour le bien son pays. Celui qui dit la vérité prend le risque d’être qualifié de traître.

Le problème posé par cette attitude provient du fait que cette propagande est plus convaincante pour le propagandiste lui-même que pour autrui. Et lorsqu’on se convainc soi-même que le mensonge est la vérité, que la falsification est la réalité, on n’est plus à même de prendre des décisions rationnelles.

Un exemple de ce processus est donné par la plus choquante atrocité de cette guerre jusqu’à présent : le bombardement de l’école de l’ONU Fakhura, située dans le camp de réfugiés de Jabaliya.

Immédiatement après que cet évènement ait été connu dans le monde entier, l’armée a « révélé » que les combattants du Hamas avaient tiré au mortier près de l’entrée de l’école. Comme preuve, ils ont publié une photo aérienne montrant en effet l’école et le mortier. Mais rapidement, le « menteur officiel » de l’armée a dû admettre que cette photo datait de plus d’un an. En bref : une falsification.

Plus tard, ce menteur officiel a affirmé que « nos soldats ont essuyé des tirs depuis l’intérieur de l’école ». Il s’est passé moins d’un jour avant que l’armée ne doive admettre devant le personnel de l’ONU qui c’était également un mensonge. Personne n’a tiré de l’intérieur de l’école, aucun combattant du Hamas ne se trouvait à l’intérieur de l’école, qui était remplie de réfugiés terrorisés.

Mais cet aveu importe peu désormais. Entre temps, l’opinion publique israélienne a été convaincue qu’« ils ont tiré depuis l’intérieur de l’école », et les speakers de la TV le mentionnaient simplement comme un fait.

Il en est allé de même concernant les autres atrocités. Chaque bébé se métamorphose, lors de sa mort, en terroriste du Hamas. Chaque mosquée bombardée devient instantanément une base du Hamas, chaque immeuble d’habitation une cache d’armes, chaque école un poste de commandement du terrorisme, tout bâtiment du gouvernement civil un « symbole du pouvoir du Hamas ». Et ainsi l’armée israélienne peut garder sa pureté, sa réputation « d’armée la plus morale au monde ».

La vérité, c’est que ces atrocités sont le résultat direct du plan de bataille. Cela reflète la personnalité d’Ehud Barak - un homme dont le mode de pensée et d’action sont l’indice manifeste de ce qu’on appelle « la démence morale » [1], une maladie qui relève de la sociopathie.

Le véritable objectif de cette opération (outre le fait de gagner des sièges lors des prochaines élections) est de mettre un terme au pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. Dans l’esprit de ses planificateurs, le Hamas est perçu comme un envahisseur qui aurait pris le contrôle d’un pays étranger. La réalité est, bien entendu, tout à fait différente.

Le mouvement Hamas a remporté la majorité des votes dans les élections éminemment démocratiques qui ont été tenues en Cisjordanie, Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza. Il a gagné parce que les Palestiniens en étaient venus à la conclusion que l’approche pacifique du Fatah n’avait rien permis d’obtenir de la part d’Israël - ni un gel des colonies, ni la libération des prisonniers, ni les mesures importantes qui auraient rapproché de la fin de l’occupation et de la création de l’Etat palestinien. Le Hamas est profondément ancré dans la population - non seulement en tant que mouvement de résistance, de lutte contre l’occupant étranger, comme l’Irgun et le Groupe Stern le furent par le passé - mais aussi en tant qu’organisation politique et religieuse qui fournit des services sociaux, éducatifs et médicaux.

Du point de vue de la population, les combattants du Hamas ne sont pas un corps étranger, mais les fils de chaque famille vivant dans la bande de Gaza et dans les autres territoires palestinien. Ils ne sont pas « cachés derrière la population », mais au contraire la population les considère comme ses seuls défenseurs.

Par conséquent, l’ensemble de cette opération est basée sur des hypothèses erronées. Faire de sa vie un enfer ne conduira pas la population à se soulever contre le Hamas, mais au contraire, à se rassembler derrière lui et renforcera sa détermination à ne pas se rendre. La population de Leningrad ne s’est pas dressée contre Staline, pas plus que les Londoniens se dressèrent contre Churchill.

Celui qui donne l’ordre de mener une telle guerre, avec de telles méthodes, dans une zone densément peuplée, sait qu’il provoquera d’horribles massacres de civils. Apparemment, cela ne l’a pas effleuré. Ou alors il a estimé qu’ « ils allaient changer leurs façons de faire » et que « cela se graverait dans leur conscience », de sorte que, dans l’avenir, ils n’oseront plus résister à Israël.

L’une des plus grandes priorité pour les planificateurs est la nécessité de minimiser les pertes parmi les soldats, sachant que le sentiment d’une grande partie de l’opinion publique favorable à la guerre serait différent si des pertes apparaissaient. C’est ce qui s’est passé durant la première et la seconde guerre du Liban.

Cette préoccupation a joué un rôle particulièrement important car cette guerre en sa totalité fait partie de la campagne électorale. Ehud Barak, qui a gagné en popularité dans les sondages dans les premiers jours de la guerre, savait que sa cote s’effondrerait si des images de soldats morts occupaient les écrans de télévision.

Par conséquent, une nouvelle doctrine a été appliquée : éviter les pertes parmi les soldats en pratiquant la destruction totale sur leur passage. Les planificateurs ne sont pas seulement prêts à tuer 80 Palestiniens pour épargner un soldat israélien, comme cela s’est déjà produit, mais 800. La prévention des pertes de notre côté est la première règle, et elle est à l’origine du nombre record de victimes civiles dans l’autre camp.

Cela s’est traduit par le choix conscient d’un type de guerre particulièrement cruel - qui est aussi son talon d’Achille.

Une homme sans imagination comme Barak (son slogan électoral est « Pas un chic type, mais un dirigeant ») ne peut pas se représenter comment les gens sensés dans le monde entier réagissent face à des actes comme le meurtre de toute une famille élargie, la destruction de maisons sur la tête de leurs habitants, et aux rangées de linceuls blancs de garçons et de filles avant leur l’enterrement, aux compte rendus sur des victimes qui se vident de leur sang durant des jours avant de mourir parce que les ambulances ne sont pas autorisées à les secourir, au meurtre de médecins et d’infirmiers qui tentaient de porter secours aux blessés, à l’assassinat de conducteurs des camions de vivres de l’ONU. Les photos des hôpitaux avec les morts, les mourants et les blessés allongés à même le sol par manque de place, ont choqué le monde entier. Aucun argument n’a de force à côté de l’image d’une petite fille blessée gisant sur le sol, se tordant de douleur et criant : « Maman ! Maman ! »

Les planificateurs ont pensé qu’ils pourraient empêcher le monde de voir ces images en interdisant à la presse de couvrir les évènements. Les journalistes israéliens - pour leur honte - ont accepté de se satisfaire des communiqués et des photos fournies par le porte-parole de l’armée de terre, comme s’il s’agissait d’informations authentiques, tout en restant eux mêmes à des kilomètres de ces événements. Les journalistes étrangers n’ont pas été autorisés à travailler non plus, jusqu’à ce qu’ils aient protesté et ont alors été emmené en visites rapides et supervisées, organisées pour des groupes sélectionnés. Mais dans une guerre moderne, de telles images fabriquées et aseptisées ne parviennent pas à exclure du champ toutes les autres. Les caméras sont à l’intérieur de la bande de Gaza, au coeur de l’enfer, et ne peuvent pas être contrôlées. Al Jazeera diffuse en permanence des images qui sont reçues dans chaque foyer.

LA BATAILLE pour les écrans de télévision est l’une des batailles décisives de cette guerre.

Des centaines de millions d’Arabes, de la Mauritanie à l’Irak, plus d’un milliard de musulmans, du Nigeria à l’Indonésie voient ces images d’horreur. Cela a un fort impact sur la guerre. Beaucoup de téléspectateurs voient les dirigeants de l’Égypte, de la Jordanie et de l’Autorité Palestinienne comme des collaborateurs d’Israël et de ces atrocités commises à l’encontre de leurs frères palestiniens.

Les services de sécurité des régimes arabes voient apparaître un dangereux ferment dans ces peuples. Hosni Moubarak, le dirigeant arabe le plus exposé en raison de sa fermeture du point de passage de Rafah face à des réfugiés au visage terrifié, a commencé à faire pression sur les décideurs de Washington qui jusqu’à présent avaient bloqué tous les appels à un cessez-le-feu. Ils commencent à comprendre que cela représente une menace vitale pour les intérêts américains dans le monde arabe et ont subitement changé d’attitude - ce qui a provoqué la consternation parmi les diplomates israéliens.

Les personnes atteintes de « démence morale » ne sont pas vraiment à même de comprendre les motivations des gens normaux et doivent donc tenter de deviner quelles seront leurs réactions. « De combien de divisions dispose le pape ? » se moquait Staline. « De combien de divisions dispose la conscience des peuples ? » doit sans doute se demander Ehud Barak.

En fait, elles existent. Elles ne sont pas très nombreuses. Pas très rapide à réagir. Pas très fortes et organisées. Mais à un certain moment, avec le déferlement des atrocités et les manifestations de masse, cela peut décider de l’issue d’une guerre.

L’ECHEC à comprendre la nature du Hamas, a induit une incapacité à comprendre quels seraient les résultats prévisibles de cette guerre. Non seulement Israël est incapable de la gagner, mais le Hamas ne peut pas la perdre.

Même si l’armée israélienne réussissait à tuer les membres du Hamas jusqu’au dernier combattant, le Hamas serait tout de même victorieux. Les combattants du Hamas seraient considérés comme des exemples pour la nation arabe, des héros du peuple palestinien, des modèles à imiter pour chaque jeune du monde arabe. La Cisjordanie tomberait entre les mains du Hamas comme un fruit mûr, le Fatah se noierait dans un océan de mépris, et les régimes arabes seraient menacés d’effondrement.

Si à la fin de la guerre le Hamas est encore debout, ensanglanté, mais invaincu, en face de la puissante machine militaire israélienne, cela apparaîtra comme une victoire fantastique, une victoire de l’esprit sur la matière.

Ce qui va se graver dans la conscience mondiale, ce sera l’image d’Israël vu comme un monstre taché de sang, prêt à tout moment à commettre des crimes de guerre et non pas à faire preuve de retenue en respectant la morale. Cela aura de graves conséquences pour notre avenir à long terme, notre position dans le monde, nos chances de parvenir à la paix et à la tranquillité.

En fin de compte, cette guerre est également un crime contre nous-mêmes, un crime contre l’État d’Israël."

Publication originale Gush Shalom,

On attend vos réactions avec impatience.

Écrit par : andre | mardi, 20 janvier 2009

la comparaison d'Uri Avnery est particulièrement nulle et mal venue. Rien de comparable entre les deux situations, mais ça devient fatiguant de décliner ad nauseam les mêmes réponses sur ce genre de comparaison.

Écrit par : L'hérétique | mardi, 20 janvier 2009

@ L'Hérétique
Bravo!
"nulle et mal venue"
Ca c'est de l'argument choc, du raisonnement, de l'argumentation.
"Rien de comparable entre les deux situations"
Et voilà le débat est clos. Tout ça pour ça. Tout ce qui n'entre pas dans votre doxa (ou hérésie au sens original du terme) sioniste policée est donc nul et mal venu. C'est sûr qu'après, à part avec l'usage de la force vous ne risquez de convaincre personne. On comprend mieux votre fascination pour les prouesses de l'armée israélienne. Pour certains il semble que l'existence des palestiniens soit "nulle et mal venue".
Sans moi.

Écrit par : andre | mardi, 20 janvier 2009

source AFP
"Le directeur de l'agence à Gaza, John Ging, avait accusé l'Etat hébreu d'avoir tiré des bombes au phosphore sur le bâtiment, plateforme des opérations humanitaires de l'ONU dans le territoire.

Ici et là, de petits blocs noirs témoignent de l'utilisation de ces bombes dont le contenu a la particularité de s'enflammer au contact de l'oxygène.

Wahid, un employé palestinien de l'UNRWA, écrase prudemment du pied un de ces amas: la combustion est immédiate, dégageant une fumée toxique que seul le sable semble pouvoir étouffer.

Un autre projectile, lui, a transpercé le macadam pour terminer sa course dans un réservoir d'eaux usées.

"Tragique", "scandaleux", "totalement inacceptable", "frustration extrême". Ban Ki-moon multiplie les qualificatifs, parle d'enquêtes et de responsabilités à trouver. Peu avant, il avait même avancé la possibilité de poursuites judiciaires."

no comment

Écrit par : andre | mardi, 20 janvier 2009

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