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lundi, 15 septembre 2008

Oui à la Turquie

Attention, je n'ai pas exprimé là un avis personnel (bien que mes lecteurs connaissent mes préjugés plutôt favorables à ce pays en vue d'une adhésion  à l'Europe) : Oui à la Turquie est en réalité du blog de Michel Rocard, Ariane Bonzon et Joël Roman. Je viens d'y faire un tour. Première remarque : au niveau de la validation des messages, ils n'ont pas l'air d'être des rapides. S'ils veulent que le blog s'anime, il y a un effort à faire : rien de plus agaçant que d'attendre 3 à 4 jours la validation de son commentaire.

J'ai lu tout dernier article de Michel Rocard , Quelle Europe : je partage certaines de ses observations. Michel Rocard fait partie de la petite minorité en France qui défend une intégration européenne à plusieurs niveaux, par groupes restreints si c'est nécessaire. En somme, une Europe évoluant par cercles concentriques.

Je suis d'accord avec cette manière de voir, parce que c'est la seule viable à terme. Nous risquons autrement une paralysie des institutions, et, in fine, de devenir une simple zone de libre-échange. J'ajouterai toutefois une remarque à la position de Michel Rocard : il faut, si l'Europe avance par cercles concentriques, que l'Allemagne et la France fassent toujours partie du 1er cercle. Rocard n'est pas très optimiste sur une telle évolution. En fait, elle pose un problème : peut-elle être défendue par un parti pro-européen. Je pense qu'il ne faut pas mettre en avant le caractère restreint du groupe de pays, mais plutôt les points de convergence et ce sur quoi on peut organiser un pool. Le rejoint ensuite qui veut.

J'en viens maintenant à la Turquie : dès lors que l'Europe se décline en cercles, il devient moins problématique d'intégrer la Turquie. En fait, tout dépend de ce que l'on inscrit dans chaque cercle. Je ne suis pas sûr d'être d'accord avec Michel Rocard pour exactement les mêmes raisons que lui, et, très certainement, j'ai sans doute plus d'arrière-pensées que ce dernier. Si le premier cercle de l'Europe est juste une zone de libre-échange des marchandises, alors oui, on peut intégrer la Turquie.

Mais moi, j'aimerais poser quelques questions qui fâchent : dans quels cercles plaçons-nous, par exemple, la libre-circulation des personnes ou encore la redistribution des fonds structurels européens ?

L'Union européenne représente 495 millions d'individu. La Turquie en compte 70 millions. Intégrer la Turquie, ce serait accroître d'un coup de plus de 10% la population de l'UE.

Rocard a mis en avant l'atout géo-stratégique que la Turquie représente pour l'Europe, en raison de sa proximité immédiate avec de nombreux pays, souvent instables et/ou despotiques, disposant de très grosses réserves de pétrole et de gaz. C'est un raisonnement à court-terme : primo, parce que je ne considère pas le gaz ni le pétrole comme des énergies d'avenir, et que l'on peut espérer que d'ici moins de 50 ans, l'Europe saura se passer de ces énergies. Secondo, la Turquie actuelle (du moins le pouvoir) me paraît surtout inféodé à l'Amérique, qui pousse de toutes ses forces (de longue date d'ailleurs) pour l'intégration de ce pays. Ensuite, il faudrait savoir ce qu'en pense la population turque, toute la population turque, et pas seulement les élites urbanisées. Se sentent-ils européens ? L'Europe ne peut être le fait de quelques décisions technocratiques entre gouvernements.

Enfin, il est hors de question d'accepter une démocratie au rabais. François Bayrou, sur ce point, avait eu tout à fait raison de souligner le risque de dissolution du projet européen si l'on acceptait la Turquie en l'état.

Pour ma part, je ne suis pas fermé à l'intégration de la Turquie, et je pense qu'invoquer les causes géographiques est un mauvais procès.

Les relations avec l'Islam doivent par ailleurs être clarifiées. Rappelons que les autorités de la Mecque estiment qu'un musulman qui change de religion doit être puni de mort. La liberté religieuse, y compris de changer de religion, doit être très clairement établi dans la constitution turque, et dans les faits, en vue d'une adhésion. Les autorités islamiques en Turquie doivent aussi mettre au clair cet aspect par des fatwas appropriées.

En dehors de cela, le fait est que la Turquie, comme le souligne Rocard, a fait, il est vrai, énormément de progrès, et que la plupart des réformes récentes vont toutes dans le bon sens. J'espère, que ce sur ce sujet, le MoDem saura aplanir les angles en adoptant une position modérée.

11:03 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : europe, rocard, turquie |  Facebook | | |

Commentaires

Ton billet l'Hérétique est particulièrement intéressant et très dense.
Je formule juste une remarque sur ce point :
"Enfin, il est hors de question d'accepter une démocratie au rabais. François Bayrou, sur ce point, avait eu tout à fait raison de souligner le risque de dissolution du projet européen si l'on acceptait la Turquie en l'état."
Le "projet européen" est effectivement le coeur de la question. Mais de manière plus générale, quel est actuellement le coeur du projet européen ? Nous sommes à la croisée des chemins entre deux options. Pour résumer, entre plus de fédéralisme ou définition d'une zone de libre-échanges que choisir ? Et sans doute cela prendra beaucoup de temps avant d'y voir clair.

J'apporte en outre deux précisions sur un des points de ton argumentaire :
"La liberté religieuse, y compris de changer de religion, doit être très clairement établi dans la constitution turque, et dans les faits, en vue d'une adhésion. "
1. Pour mémoire, la Turquie, république laïque, est membre du Conseil de l'Europe et à ce titre signataire de la Convention européenne des droits de l'homme est des libertés fondamentales qui dispose (Article 9-1) :
"Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites."
2. Extrait de la Constitution de la République de Turquie :
"ARTICLE 24 : Chacun possède la liberté de conscience, de croyance et de conviction religieuses.
Les prières et les rites et cérémonies religieux sont libres à condition de ne pas être contraires aux dispositions de l'article 14.
Nul ne peut être astreint à prendre part à des prières ou à des rites et cérémonies religieux, ni à divulguer ses croyances et ses convictions religieuses et nul ne peut être blâmé ni incriminé en raison de ses croyances ou convictions religieuses.

Écrit par : Thierry P. | lundi, 15 septembre 2008

@ thierry
C'est un point de gagné.

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 15 septembre 2008

Je ne crois pas trop à l'Europe en "cercles concentriques". D'ailleurs, vous reconnaissez vous-même qu'elle n'est pas bien définie. En fait, cette conception revient in fine, surtout si elle est appliquée comme quadrature du cercle à la question turque, à exclure certains pays d'une participation pleine à l'Union - or jamais le consensus se fera sur une telle approche. D'autre part, on retombe subrepticement dans le "partenariat" privilégié prôné par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy (qui lui aussi reste à définir).

En réalité, l'Europe dispose déjà des moyens d'évoluer, de manière imparfaite peut-être, à plusieurs vitesses, mais sans discriminer ceux qui choisissent (moyenant des clauses insérées dans les Traités) ou doivent provisoirement (critères de convergences) rester en dehors: L'euro, la défense, Schengen, Prüm, en sont des exemples.

Donc la question turque, je le crains, reste entière, comme par ailleurs - et peut-être davantage, celle de l'Ukraine.

Écrit par : pastel | lundi, 15 septembre 2008

Et à propos de l'Ukraine, à lire absolument: http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/09/15/l-ukraine-pays-europeen-pas-evident-par-michael-prazan_1095341_3232.html

Décidément, le Président Sarkozy n'a pas été bien inspiré de marquer cette ouverture vers ce pays. La Turquie, elle, est un membre de l'OTAN depuis des décennies sans que cela nous ait entrainé dans conflits, bien au contraire. Alors que pour l'Ukraine, les choses se présentent bien autrement...

Écrit par : pastel | lundi, 15 septembre 2008

J'ai l'impression d'avoir déjà eu ce débat sur ce blog, puis sur celui de Farid... :-)))

Sur ce, bravo pour l'argument de Thierry P. et Michel Rocard (oui, oui, ce sont deux grands agitateurs d'idées) et pas d'accord sur l'argument géostratégique développé plus haut, car il couvre bien plus que les problématiques énergétiques et de l'eau, pour englober notre réponse face au Moyen-Orient et la Russie, notamment en Mer Noire et au Caucase Sud, et la place de la Turquie au XXIème siècle (anticiper les conséquences d'un refus de l'UE sur sa frontière sud-est).

http://heresie.hautetfort.com/archive/2008/06/21/et-si-la-turquie-gagnait-l-euro-2008.html

http://heresie.hautetfort.com/archive/2008/06/23/geopolitique-de-la-turquie-contrepoint.html

http://www.taha.fr/blog/index.php?2008/09/10/834-l-europe-peut-elle-se-passer-de-la-turquie

Écrit par : ArnaudH | lundi, 15 septembre 2008

euh, Arnaud, l'argument géostratégique : lequel ?
Parce que c'est Rocard qui s'appuie dessus, pas moi...

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 15 septembre 2008

@ pastel

Les cercles concentriques, ce pourrait être simplement des textes sur lesquels s'entendent les pays. 6 pays peuvent accepter de signer un traité, mais pas les autres, par exemple.

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 15 septembre 2008

à L'Hérétique: Je ne vois pas. Les Traités actuels sont conçus pour permettre de renforcer des politiques communes, y compris la défense, à 27, tout en permettant à un groupe plus restreint d'aller de l'avant. Ca évite de faire une distinction institutionnelle et juridique entre une première et une seconde catégorie d'Etats. Encore une fois, je n'ai jamais vu une définition convaincante et viable de l'Europe à cercles concentriques, à moins que certains Etats dédident, dans un sursaut soudain, de créer une Europe véritablement fédérale, donc à fonder une Europe fondamentalement différente de celle que nous avons aujourd'hui. Très sympathique (j'achète) mais malheureusement totalement irréaliste par les temps qui courent...

Écrit par : pastel | lundi, 15 septembre 2008

@ L'hérétique: oups, oui celui de Rocard dans ton résumé.

Écrit par : ArnaudH | lundi, 15 septembre 2008

@ Pastel: les coopérations renforcées (bien qu'elles intègrent aussi des Etats non membres pour ce qui est de Schengen)et certaines dispositions permettant les "opt-out" de pays membres, créent de facto une forme de premier cercle ; le développement d'une véritable PESD (forces de projection) passera probablement par là; par contre, en effet, dans le cas de l'adhésion turque, avec l'obligation d'acceptation de la totalité de l'acquis communautaire, je ne vois pas trop comment elle ferait partie d'un deuxième cercle.

@ l'Hérétique: faudra détailler les futures coopérations renforcées possibles (pourquoi se limiter à six?)

Écrit par : ArnaudH | lundi, 15 septembre 2008

@ Arnaud

J'ai dit 6 comme ça, je n'avais pas d'idée derrière la tête.

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 15 septembre 2008

Je suis extrêmement sceptique quant à la théorie des "cercles concentriques" (qui en réalité revient à une sorte de "géographie variable" car les différents niveaux ne se recoupe pas obligatoirement).

Adopter cette démarche, revient (à mon très humble avis)à nier la nature même de l'Union Européenne : des accords "à la carte" sont toujours possibles par accord bi ou multilatéraux.

Mais ce qu'on risque de perdre, c'est l'ambition de construire un destin commun, ce rêve d'intégration "toujours plus étroite" entre les peuples européens.

Regardez autour de vous. Est que le Royaume Uni c'est l'Europe ? Oui, mais non. L'Irlande ? L'Islande, qui participe à Schengen sans faire partie de l'Union ?

Je crois que cette idée de plusieurs vitesses est une idée de facilité, bien que je conçois parfaitement qu'elle puisse être portée avec la plus complète bonne foi.

Quand Monnet fit accepter sa fameuse "méthode", je ne crois pas qu'il ait été "simple" de trouver des consensus. J'ai même mémoire de "guerres" (diplomatiques et économiques) entre pays.

La logique du consensus est que, si on prend en compte les opinions, les priorités et les contraintes de chacun, on s'en sortira "par le haut".

Cette approche est tout autant praticable à 27 ou 30 ou plus : le nombre des acteurs est (presque) négligeable si l'ensemble partage les mêmes finalités.

Ce qui met à mal la logique Monnet, est plutôt la pratique du "juste retour". Force est de constater qu'elle est fille du "I want my money back".

Les "géométries variables" sanctuarisent cette dérive et ne font que créer de la confusion au niveau du citoyen.

Europe? Quelle Europe? Citoyen? Citoyen de Quoi?

Très dangereux.

(dsl pour la tartine, pour me faire pardonner je vais en faire un article et mettre un lien vers ici ;-))

Écrit par : Claudio Pirrone | lundi, 15 septembre 2008

Assez d'accord avec Claudio, je rentre de Moscou...il va falloir nous réveiller sérieusement!
Les campagnes de presse et publicitaires ont de quoi inquiéter, l' histoire est revisitée et l' Ukraine montrée du doigt comme responsable d'une terrible famine qui a eu lieu il y a fort longtemps, la mongolie et évoquée aussi, mais sous l'aspect défense culturelle tout comme l'Ossétie, la religion est instrumentalisée pour compatir pendant quarante jours à la souffrance de ce peuple le tout à grand renfort de battage publicitaire passant en boucle!
Pour prouver leur volonté à "défendre" les différentes cultures, un spectacle oriental (turquie, égypte, maroc, une petite touche sud-américaine via costumes) pas inintéressant par ailleurs est médiatisé dans la foulée...intitulé: Love images.
En ce qui concerne l'Ukraine un point de base semble s'installer à ses frontières, qui n'est pas sans me rappeler une "certaine stratégie" utilisée ailleurs dans le monde.
L'Europe doit ouvrir les yeux et présenter un front uni et indépendant, je suis catastrophée que nous ayons rejoint l'Otan, ce fut une erreur majeure.

Écrit par : Champomy | mardi, 16 septembre 2008

mais champomy, la France a été membre de l'OTAN depuis sa création!!! Je sais bien, De Gaulle a sorti la France du commandement intégré, mais là aussi, dans les faits, elle s'en est rapprochée depuis. Par ailleurs, contre cette Russie menaçante qui nous défendra sinon l'OTAN?
Vraiment je ne comprends pas du tout.

Sur cette question de la réintégration de la France dans les structures de commandement de l'OTAN, je n'ai pas été d'accord avec Bayrou. Pour moi, la France, comme l'Allemagne, comme d'autres pays européens membres de l'OTAN peuvent faire valoir leurs intérêts même s'ils divergent de ceux des USA. Au dernier sommet de l'OTAN, à Bucharest, 10 pays européens dont la France et l'Allemagne se sont ainsi opposés à accélerer un processus menant à l'adhésion de la Géorgie et de l'Ukraine à l'OTAN. Maintenant, s'ils changaient d'avis, se ne serait certainement pas du à la réintégration de la France dans les structures de commandement de l'OTAN. Rien à voir.

Écrit par : pastel | mercredi, 17 septembre 2008

@ pastel

En fait, cela dépend de ce que l'on cherche à promouvoir au sein de l'OTAN. Le problème, c'est que Sarkozy s'aligne purement et simplement sur les desiderata de la politique étrangère de l'OTAN alors que notre réintégration aurait pu être l'occasion d'un rééquilibrage.

Écrit par : L'hérétique | mercredi, 17 septembre 2008

@ l'Hérétique: ça c'est à voir, je lui laisse le bénéfice du doute. Il n'y a plus, au sein de l'OTAN, d'alignement systématique sur les positions des Etats-Unis. Même sans parler de l'Irak (qui n'était pas une opération de l'OTAN et pour cause!), les dissensions sur la perspective d'adhésion de la Géorgie et de l'Ukraine à l'OTAN au dernier sommet de l'OTAN l'ont démontré. Les Etats-Unis restent, et resteront indispensables pour assurer notre sécurité et notre défence. Mais évidemment (tous) les Européens n'ont pas pour autant toujours la même vision des choses que les Américains. Il faut donc que les Européens affirment leurs intérêts au sein de l'OTAN. Et qu'ils s'en donnent les moyens en renforçant leurs propres capacités d'intervention. Je ne crois pas que la réintégration de la France dans le seul Comité de l'OTAN auquel elle avait décidé de ne pas participer fasse obstacle à cette recherche d'une plus grande autonomie, au contraire! Il faut arrêter de se prendre pour Astérix en France, pour les derniers résistants à l'Empire, et de considérer que les autres Européens ne sont que des "soumis". Le monde à changé, il est multipolaire, nous avons des divergences avec les USA mais bien des points en commun aussi, en tout cas c'est ma vision des choses.

Écrit par : pastel | jeudi, 18 septembre 2008

Pour comprendre mieux, il faut fouiller l'histoire dans le passé soviétique et les "distributions" territoriales qui ont été faites, ensuite recoupages avec l'ensemble de la nouvelle donne.

Écrit par : champomy | jeudi, 18 septembre 2008

@ Pastel

Je suis d'accord sur votre analyse de l'OTAN, mais pour Sarko, en revanche, je trouve qu'il suit la ligne américaine dès qu'il est tout seul.
En temps que président de l'Europe, évidemment, il y a les autres européens pour le pondérer.
Les Américains, je commence à sérieusement m'inquiéter du rôle qu'ils jouent dans le monde depuis quelque temps.
Après le Moyen-Orient, ils viennent mettre leur nez dans le Caucase, et ce n'est vraiment pas du plus heureux effet. Je trouve qu'ils boutent le feu à toute la planète, et qu'il est grand temps de se désolidariser de tour cela.
Espérons qu'Obama sera d'une autre trempe que Bush, et surtout, qu'il sera élu, parce qu'appemment McCain, c'est encore pire que Bush...

Écrit par : L'hérétique | vendredi, 19 septembre 2008

@ l'Hérétique: en l'occurence ce sont les Russes qui sont intervenus dans le Caucase et non pas les Américains. Militairement, j'entends. Parce que politiquement c'est une autre affaire. Mais la Géorgie est elle la "chasse gardée" de la Russie? Si elle veut se tourner vers l'OTAN n'est-ce pas son droit? Attention, je ne dis pas qu'il faut l'y encourager. Mais de là à rendre les Américains responsables des tensions dans cette région, vu notamment ce qui se passe en Tchétchénie... Je pense que c'est plus complexe que cela.

Ceci dit, la plupart des Européens se sont désolidarisés des Américains en ce qui concerne l'Irak, à juste titre. Mais il ne faut pas généraliser.

Merci en tout cas pour cet excellent billet.

Écrit par : pastel | vendredi, 19 septembre 2008

L'Ossétie et la Géorgie étaient deux entités séparées unifiées par les soviets, alors il faudrait etre curieux un peu! Ensuite le président Géorgien est tout de meme franchement pro-américain.
Ce qui me désole, c'est que les deux peuples souffrent, et que tant que le débat se situera à qui a commencé, à qui la faute etc...Il n'y a aucune chance que cela s'arrange.
Le problème est que OTAN est percu comme US comme Occident à mon sens.
La meme configuration pour l'Ukraine.

Écrit par : Champomy | vendredi, 19 septembre 2008

Ils sont responsables parce qu'il y ont poussé les Géorgiens contre tout bon sens. Regardez la situation, in fine, elle s'est aggravée.
Il eût été plus intelligent d'essayer de combattre les vélléités indépendantistes de ces deux régions sur le terrain du droit européen. Cela n'aurait pas effrayé les Russes. Mettez-vous à leur place : la politique menée actuellement dans le Caucase par les USA ne peut qu'être perçue comme agressive.

Écrit par : L'Hérétique | vendredi, 19 septembre 2008

C'est vrai, champomy, je n'ai jamais été assez curieux pour m'inquiéter de l'Ossetie, désolé. Mais à ce moment là on peut découper l'ancienne URSS en mille morceaux, comme l'ex-Yougoslavie. C'est sûr aussi que la Tchétchénie unifiée à la Russie s'en sort bp mieux que l'Ossetie unifiée à la Georgie...

@ l'Hérétique: Je ne sais pas dans quelle mesure les USA ont 'poussé' le trop bouillonnant Président géorgien, les faits restent à être établis, ça fait l'objet d'une enquête demandée par l'UE. Le droit international (pas européen en l'occurence) c'est très bien: la Géorgie est un pays souverain et internationalement reconnu, les Soviets en ont envahi une partie. Alors, en effet, il serait préférable de régler cela sur la base du droit et non pas des armes, là dessus nous sommes évidemment tout à fait d'accord!

Écrit par : pastel | vendredi, 19 septembre 2008

@Pastel,
Ce que je cherche à vous dire est qu'en ce qui concerne le Caucase, les russes s'appuient sur les découpages qui ont été faits par les soviets et la défense culturelle pour justifier leur intervention.Ils invoquent meme le Kosovo. je crois que vous me lisez mal :-(
Suis d'accord avec vous pour règlement autre que par les armes.

Écrit par : champomy | vendredi, 19 septembre 2008

champomy, les Russes s'appuient sur quoi bon leur semble, c'est bien ça le problème.

Écrit par : pastel | vendredi, 19 septembre 2008

Car rejetter sur l'OTAN la responsabilité de l'intervention russe c'est épouser 100 % la version du Kremlin. Il faut aussi écouter l'autre version, celle du Président géorgien:
http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/09/19/pour-le-president-georgien-les-russes-avaient-tout-planifie-avant-la-guerre_1097079_3214.html#ens_id=1036786

Écrit par : pastel | vendredi, 19 septembre 2008

Et donc la version russe, nation paisible qui ne veut du mal à personne mais poussée au crime par la méchante OTAN...:
http://www.lesoir.be/actualite/monde/medvedev-accuse-l-otan-2008-09-19-640347.shtml

Écrit par : pastel | vendredi, 19 septembre 2008

@Pastel, je n'ai en aucun cas tenu ces propos! Les responsabilités sont partagées, et il conviendrait de cesser de chercher un coupable, et d'utiliser la médiation pour résoudre ce problème et prévenir surtout celui de l'Ukraine qui risque d'etre plus "explosif" encore!
Je m'interroge sur le role que peut jouer la Turquie...ce spectacle n'a pas manqué d'attirer mon attention...

Écrit par : champomy | dimanche, 21 septembre 2008

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