Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 08 octobre 2009

Le mauvais procès fait à Frédéric Mitterrand

Je n'ai aucune forme de sympathie pour Frédéric Mitterrand, et son soutien imbécile et déshonorant à Polanski m'a par exemple révulsé. En revanche, il ne faut pas faire de faux procès pour autant à ce dernier. Son livre est très clair : ce qu'il appelle "garçons", ce sont de jeunes hommes, pas de jeunes garçons. Il évoque d'ailleurs les maquereaux qui tentent de l'aiguiller vers de jeunes garçons et qui se heurtent à un refus systématique de sa part. Il ne fait pas davantage l'apologie du tourisme sexuel, contrairement à ce qu'on a pu lire sur la Toile, mais soulage plutôt sa conscience de tous les vices qui l'ont souillée. La vérité tient en ces quelques mots :

Je m'arrange avec une bonne dose de lâcheté ordinaire, je casse le marché pour étouffer mes scrupules, je me fais des romans, je mets du sentiment partout, je n'arrête pas d'y penser mais cela ne m'empêche pas d'y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m'excitent énormément.

Ce n'est certes pas glorieux, mais pas plus qu'un homme qui fréquenterait des prostituées de nos lattitudes. Bref, je n'aime pas les procès en sorcellerie quand ils ne sont pas justifiés. Et là, très clairement, il y en a un. Voilà, pas de quoi casser trois pattes à un canard. J'ai vu et lu des choses bien pires chez des auteurs qui légitimaient des choses bien plus graves. Marine Le pen qui était sans doute à l'affût d'un "coup médiatique" serait bien inspirée de lire ce dont elle parle avant de balancer des insinuations tordues.

Ce que l'on peut dire, en revanche, c'est qu'il est difficile d'avoir nommé au Ministère de la Culture un homme qui s'est essayé au tourisme sexuel en Thaïlande alors que la France est censée lutter au plus haut niveau contre ce fléau. Rien, néanmoins, ne laisse penser dans le roman de Mitterrand qu'il approuve le tourisme sexuel. Il expose simplement ce qu'il a ressenti. C'est un témoignage cru des vices d'un people. Voilà ce que je retiens de son ouvrage. Je ne dis pas que cela ne me choque pas, mais de là à en faire un pataquès...