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mardi, 21 juillet 2009

Delanoë, l'homme le plus populaire de France, sans pitié pour l'enfance

J'ai écrit à propos du Musée en Herbe et ses mésaventures plusieurs billets cette année. Le dernier, hélas, annonce un épilogue tragique.

Reprenons : une consultation des compte-rendus de conseils municipaux sur paris.fr nous apprend plusieurs choses :

a) de 2002 à 2007 la subvention de Musée en herbe était environ de 315 000 euros par an.

b) le 27 septembre 2008 elle chute d'un coup de 50 000 euros et ne s'élève plus qu'à 265 000 euros.

c) la mairie soumet à l'accord du conseil de Paris le 27 décembre un acompte de 132 500 euros à l'association pour le compte de l'année 2009.

Mais voilà, en avril 2009, l'association apprend subitement qu'elle ne recevra plus rien. Pas même la seconde partie de l'année 2009. Ah. Ah bon ? depuis quand la Mairie de Paris a-t-elle le droit de décréter unilatéralement qu'elle revient sur une décision du Conseil de Paris (voté en octobre, je le rappelle) ? La démocratie locale en version Delanoë ?

Autre chose, c'est en décembre 2006 qu' «on» a suggéré au Musée en Herbe de dégager du Jardin d'Acclimatation sous prétexte que la Ville de Paris n'était pas assez visible là-bas. L'association s'est donc débrouillée pour trouver un local, sans aucune aide, dans le 1er arrondissement de Paris.

Décembre 2006 ? Tiens tiens : devinez qui faisait la fête en octobre 2006 ? Pure coïncidence, bien sûr. Mais voilà, il y avait sans doute déjà un gêneur.

On dit que dans un crime, l'assassin achève toujours son travail en liquidant le dernier témoin une fois le crime commis.

Ce qui m'énerve, ce sont les 75% de popularité de Delanoë, «l'homme le plus aimé» de France. Le même type qui vient d'enlever 11 000 m2 aux enfants au Jardin d'Acclimatation et leur supprime aujourd'hui le seul musée qu'ils avaient. Des sales coups de Delanoë, il y en a d'autres, et ce blog s'en fait parfois l'écho. Au moment des prochaines élections municipales, cette fois, l'hérétique aura un dossier complet sur les décisions prises par l'actuelle majorité municipale et il faudra rendre des comptes. Dans le précédent mandat, il y avait déjà eu une tentative avortée pour supprimer des Jardins d'enfants, cette fois, on leur enlève leurs espaces de vie.

Ah, et un détail encore pour que le bon peuple de banlieue sache en quel mépris le tiennent Delanoë, et ses apôtres, Christophe Girard et Laurence Engel : savez-vous quel a été l'argument invoqué pour dégager le Musée en Herbe du Jardin d'Acclimatation ? Il y avait trop d'enfants de banlieue ! Et je mets au défi Delanoë et sa majorité de venir prétendre ici, sur ce blog, que cela n'a pas été dit. On reproche au Musée en Herbe de plaire aux écoles de banlieue, vous savez, ces saloperies de pauvres qui bordent la ceinture de Paris et qui puent...Salauds de pauvres !

En tout cas, le Musée en Herbe est quasiment en état de mort clinique. Je vous conseille de vous dépêcher de le visiter, parce qu'au mois d'août, il aura cessé d'exister.

La pétition est toujours en ligne !

mercredi, 27 mai 2009

Fondation Vuiton, Jardin d'acclimatation : éclaircissements

fondation-louis-vuitton.jpgIl y a des articles qu'il faut absolument consulter quand on veut disposer d'informations fiables. En voilà un très précieux. Je me demandais quelle mouche avait piqué exactement la mairie de Paris (Delanoë, quoi) lorsqu'elle a donné l'autorisation à la fondation Louis Vuitton de construire sa bâtisse en plein Bois de Boulogne, au beau milieu du Jardin d'Acclimatation. J'avais oublié que le très pressenti Christophe Girard comme futur judas de gauche à passer au service de Sarkozy à la culture, non content d'être adjoint de Delanoë à la culture est aussi directeur de la stratégie de LVMH. Or, LVMH, c'est Vuitton. Oh ! ben ça alors. Non, c'est vraiment trop fort de coïncidence, mon Christophe. Un pur hasard, je le jure.Tiens, j'irais bien lui poser quelques questions à ce sujet, à mon Christophe, sur son blog.

Ce que j'ai appris d'autre aussi, c'est qu'il s'agirait d'une concession et non d'une revente de terrain. En fait, la mairie de Paris toucherait une redevance forfaitaire pendant 55 ans puis récupérerait la bâtisse à l'issue de la concession. Financièrement, il faut objectivement reconnaître que c'est plutôt bien vu. Sur ce genre de choses, Delanoë est bon. Son contrat avec Decaux pour les Velib avait également été très bien négocié. C'est un bon négociateur, je lui en donne quitus.

En revanche, ce dont je ne lui donne pas du tout quitus, c'est qu'il avait une autre solution avec la Samaritaine. La Fondation Louis Vuitton était intéressée également par la possibilité de récupérer la Sama et d'y installer son musée d'art moderne. Excellente idée ! J'appuie à 100% cette issue. Mais comme la mairie de Paris se fout des espaces verts et de l'environnement (sauf quand il faut faire ch... les automobilistes) elle semble privilégier le Bois de Boulogne.

Entendons-nous bien : je suis tout à fait favorable au principe de fondations pour subventionner la culture. Bayrou évoquait cette solution de financement dans son programme présidentiel pour la culture. Bref, je trouve que c'est une bonne pratique, et je me réjouis des intentions du groupe LVMH et de Louis Vuitton sur la question. A la limite, sur l'esthétisme de la construction de Gehry, bon, finalement,on peut discuter de ses mérites ou non. Il a le mérite d'être original, et il pourrait faire peut-être date, à l'instar d'un de ses illustres prédécesseurs, le centre Pompidou.

Ce qui m'énerve surtout, dans cette histoire, ce sont les méthodes utilisées. Pourquoi, par exemple, le Musée en Herbe, qui est le seul établissement à échapper au contrôle du groupe LVMH, n'a pas reçu de subvention en 2008 de la mairie de Paris ? Quelqu'un peut me dire pourquoi ?

J'avais évoqué la suspension des travaux à la suite d'un recours d'une association, eh bien il a été rejeté. Et pour le PLU, la mairie de Paris s'est engagée à le réviser, pour arrondir les angles, bien sûr...

C'est ça que je déteste chez Delanoë et toute son administration : sous des dehors en apparence respectueux de la démocratie locale, tout est fait dans le dos des habitants, sans jamais les consulter. Je suis loin d'adhérer aux discours des Khmers Verts de l'Hôtel de Ville, mais, sur ce dossier, il se trouve qu'ils ont raison. J'observe, malheureusement, qu'ils sont beaucoup plus efficaces quand il s'agit d'emmerder tout le monde que lorsqu'il faut vraiment protéger un espace vert.

En tout cas, pour moi qui me suis promené récemment dans le Jardin d'Acclimatation, je peux assurer à mes lecteurs qu'on les sent les 11 000 m2 qui manquent. Il y a comme une sensation de resserrement et d'étouffement que je n'avais jamais éprouvé dans ce parc à thème jusqu'alors. Et il n'y a pas eu la moindre communication de la Mairie de Paris sur ses intentions à ce sujet. Tout a été fait en catimini comme d'habitude.