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samedi, 24 mars 2012

L'Islam radical, la seule perspective des déshérités ?

Dans l'affaire Mohamed Merah, j'avoue être gêné par certains aspects que n'ont pas encore traité les médias : 

- ce que je comprends de l'engagement de Merah, c'est qu'au fond, il était bien trop indiscipliné et chaotique pour pouvoir intégrer une organisation comme celle d'Al Qaeda pour autant qu'elle existe encore, puisqu'au fond, il s'agit surtout d'un label.

- Merah était à la recherche d'une reconnaissance, cela me paraît évident. Je pense que dans les populations immigrées de France, il est loin d'être le seul dans son cas, particulièrement dans les cités dures.

- in fine, ce qui m'inquiète lourdement, c'est qu'il n'y ait d'autres perspectives pour ces jeunes immigrés en déshérence qu'un Islam au mieux traditionnaliste, au pire, radical et violent.

J'ai lu quelque part que Merah n'avait vu réintégrer son centre de formation en carosserie. L'armée ne l'a pas non plus accepté, ce que l'on conçoit aisément compte-tenu de son profil.

En revanche, Merah a été approché par des apprentis-barbus dès son entrée en prison.

Alors nous avons un double-problème :

a) comment se fait-il que les prisons françaises deviennent un terreau pour le Jihad alors qu'elles sont censées avoir vocation à rééduquer les délinquants. J'ai toujours été partisan d'une répression ferme, mais à condition qu'elle ait pour corollaire et issue une rééducation morale et sociale.

b) l'Islam radical est-il le seul espoir pour un jeune qui a mal tourné de retrouver un honneur ? Je n'accroche jamais aux bla-blas dégoûlinants sur la citoyenneté et la République dans les banlieues et je  pense que leurs thuriféraires sont largement comptables de l'inaction coupable qui gangrène de nombreuses zones de notre territoire.

Nicolas Sarkozy veut, paraît-il, interdire de consulter des sites faisant l'apologie du terrorisme. Quelle proposition ridicule. Il ferait mieux, en revanche, de se pencher sur l'organisation de nos prisons : manifestement, c'est un bon terrain de recrutement pour le Jihad.

Sarkozy a cru résoudre les problèmes des banlieue à coups d'opérations coups de poing de la bac. Les Socialistes ne songent qu'à y injecter des éducateurs, des MJC et le cas échant du fric.

J'ai pour ma part une autre vue de la chose : les jeunes qui vivent dans ces cités parlent souvent de faire du business. L'inconvénient, c'est que le business en question se fait à l'ombre de la loi, répand la terreur pour s'implanter, s'appuie sur la loi du silence, et prend la forme de traffics de drogues et/ou d'objets volés.

C'est un fait. Mais c'est un fait aussi que la notion de "business" n'est pas étrangère au peuple des banlieues. Alors, au fond, si on pouvait trouver la possibilité d'y libérer radicalement les énergies, qui sait si le commerce n'y exploserait pas ?

Camille Bedin, une jeune militante UMP vient de publier une très intéressante (bien qu'orientée) étude sur les banlieues intitulée "pourquoi les banlieues sont de droite". Interrogée par Terra Femina il y a un mois, à propos des valeurs des banlieues elle précisait sa pensée : 

 Il s’agit tout d’abord de la liberté, du travail, du mérite, du fait de gagner son argent, et la réussite individuelle. Dans les quartiers, un jeune sur deux veut créer sa boîte ! Leur ennemi à eux, ce n’est pas le monde de la finance, comme François Hollande. Et ils sont contre le plafonnement des salaires, car leur rêve est bien de gagner le plus d’argent possible. De plus, il y a un rejet total de l’assistanat. Ils ne croient plus en l’État, seulement en eux-mêmes. Les autres valeurs de ces banlieues, ce sont la transmission familiale. Quand la gauche veut faire table rase du passé, eux veulent faire la fierté de leurs parents. Certes, le titre de mon livre est provocateur mais il décrit une vraie réalité.

Nul doute que la campagne serait autrement plus intéressante si nous y avions ce genre de débats-là. Je ne sais pas exactement si les banlieues sont de droites, mais elles aspirent en effet à commercer. Raffarin avait eu une idée intéressante : les zones franches. L'ennui, c'est de ne jamais avoir joué le jeu jusqu'au bout. Une dérégulation totale, why not ? Mais à condition que les locaux constituent 70 à 80% des effectifs, par exemple. Le rôle de l'État s'y limiterait à garantir la sécurité, dispenser l'éducation et assurer la santé de base. Quelque chose de ce genre. 

Je ne sais pas, dans le fond, si c'est une bonne idée, ce que je dis là. Mais je crois profondément qu'il faut ouvrir aux populations qui vivent dans ces banlieues-là d'autres perspectives que la délinquance et/ou l'islamisme. 

C'est très certainement avec des initiatives comme celle d'Échelle humaine, l'association d'Alain Dolium, qu'on peut espérer pacifier les espaces les plus agités de nos territoires. Au fond, le commerce, c'est la paix. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Montesquieu himself dans son Esprit des lois. Alors libérons le commerce...