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Fillon ? Ah non !

J'ai vu le dernier sondage pour Fillon et j'avoue être inquiet. 

S'il y a un électorat large, Fillon est au coude à coude avec Sarkozy et peut accéder au second tour. Dans un tel cas, contrairement à Sarkozy, il bat Juppé dans toutes les configurations, électorat large ou resserré.

Si l'électorat est resserré, c'est Juppé qui est battu dès le premier tour, et dans ce cas, Fillon affronte Sarkozy au second tour. Dans un tel cas de figure, il l'emporte aussi, que ce soit avec électorat resserré ou large.

Pendant longtemps, j'ai eu une assez bonne opinion de Fillon, mais les positions qu'il adopte depuis plusieurs mois ont fortement éveillé ma défiance, et par ailleurs, il a quand même mis en oeuvre une bonne partie de la politique de Sarkozy.

Bien sûr, s'il faut choisir entre deux maux, j'opterai pour le moindre, mais je ne suis pas du tout ravi que Fillon puisse l'emporter.

J'ai relu le programme de Juppé, et, à la rigueur, bien réfléchi, je peux voter pour lui au premier tour. Ça va, il est à peu près Bayrou-compatible.

Si c'est Fillon, c'est autre chose. Soit pour la primaire, mais pour l'élection présidentielle, très peu probable au premier tour.

Si ce cas de figure se produit, on verra ce qu'en pense François Bayrou et j'aviserai à ce moment-là.

Commentaires

  • La droite se rend compte tardivement qu'elle peut "remplacer" Sarkozy par Fillon, ce qui n'est pas illogique.
    Il pourrait effectivement remporter la primaire de la droite contre Juppé.

    Fillon est quelqu'un d'assez digne et sérieux ; c'est le représentant d'une certaine droite et même s'il a accompagné tout le quinquennat de Sarkozy, il ne s'est pas mêlé à un certain nombre d'écarts et d'extravagances.

    Pour le reste, son programme est très éloigné de ce qui me semble bon. Fillon a fait des choix fort critiquables du point de vue centriste par le passé et donne des gages à Sens commun et à des groupes que je n'approuve pas du tout. Il reste pleinement co-responsable du quinquennat d'avant et les sarkozystes parviendraient à se rabibocher avec lui plus ou moins facilement.
    A droite, parmi ceux qui peuvent passer (si l'on en croit l'opinion), seul Juppé semble relativement ouvert à ce que le centre ait de l'influence.

    C'est assez déprimant comme période, comme tu l'as écrit, l'Hérétique, dans ton article précédent, entre la montée de Macron, qui veut capter des voix centristes, mais n'a pas une base centriste (le comparer avec le Bayrou de 2007, indépendant, est fallacieux), et la primaire de la droite... Ah, si nous avions davantage été soutenus en 2012...

  • Bonsoir Ascagne,

    ça, pour être déprimante, cette période...Cela dit, je pense qu'on ferait bien de se remettre à travailler notre programme économique, parce que si Fillon ou Sarkozy gagne, il est pertinent d'avoir un candidat centriste.
    Il faut aussi démonter l'imposture de Macron.

  • Difficile de remettre à Macron à sa place dans ce contexte.

    L'électorat a un a priori positif sur les nouveaux visages, est facilement séduit par ce que les anglophones appellent les theatrics (histrionie serait trop fort), et semble aborder chaque nouvelle présidentielle en oubliant les illusions de la précédente (il a suffi à Hollande de dire "Mon adversaire, c'est le monde de la finance" pour diminuer les dynamiques de Bayrou et de Mélenchon, par exemple : pour que résultat ?!).
    Macron essaie de jouir au maximum du tout-communicationnel afin de parvenir à imposer l'idée de sa présidentiabilité. Il a été très habile stratégiquement, en diluant ses annonces, en calibrant les dates de ses interventions. Il s'est entraîné pour bien passer sur scène aux meetings et peut éventuellement paraître charismatique. C'est bizarre : cela me rappelle quelque chose ? N'a-t-on déjà pas eu un ministre voulant se démarquer d'un président usé et de son poulain éventuel, et prônant une rupture ? Ah, si, Sarkozy ! Mais lui disposait du plus gros réservoir de militants, à l'époque...

    Le problème principal, c'est que l'électorat centriste de base n'est pas vraiment solide mais volatile, volage, et parfois rancunier (et contre-productif), comme l'ont prouvé les législatives de 2012. L'électorat de "dépassement" non extrême, qui en 2012 s'est partagé notamment entre Bayrou et Mélenchon, est lui aussi variable dans ses choix.

    Bayrou est peut-être là depuis longtemps, il est peut-être un peu usé (pas plus que Chirac et Mitterrand lorsqu'ils ont enfin été élus présidents, cependant, je suppose), mais cela fait des années qu'il a impulsé avec les adhérents la recherche de l'indépendance et l'élaboration d'une autre voie : la période 2006-2012 en atteste de manière claire. Par moments, l'affaire a quasiment été sacrificielle.

    Du coup, cela fait vraiment mal au cœur de voir les gens se tourner vers un Macron qui a participé pas mal au quinquennat actuel (génial pour l'alternance) et qui ne s'est jamais retrouvé devant une difficulté le forçant à se dépasser ou à donner vraiment de lui-même pour prouver sa valeur. Je peux comprendre qu'un Modem voit en lui un leader éventuel plus charismatique que le béarnais. Mais franchement, cela ressemble à une auto-négation de ce que nous faisons depuis 2007 et un peu avant (bon, j'avais 17 ans en 2007, j'ai adhéré un peu après).
    Sans oublier l'aspect fumeux du rassemblement En marche. J'avoue que j'ai les yeux écarquillés quand j'entends Macron dire qu'il tient à ce que l'adhésion y soit gratuite (il suffit d'accepter une newsletter, en fait - du coup, facile d'aller à 100 000 "adhérents" !) pendant qu'il organise des dîners réservés aux gros donateurs.

    C'est le mélange de l'air du temps ("on n'aime pas les partis") et de l’esbroufe !

    Je relisais l'autre jour la synthèse historique de Jean-Pierre Rioux sur le centre : c'est un livre à faire connaître davantage ! Je n'ai pas manqué de nostalgie en consultant les derniers chapitres (le livre a été publié en 2011).

    Je précise que je n'avais pas de problème avec la formation d'un rassemblement macronien (même si l'on savait déjà qu'il servirait à aller vers la présidentielle), que je trouvais Macron pas inintéressant il y a un ou deux ans, que je n'en veux pas à Arthuis ou à Goulard de le rejoindre puisqu'ils sont d'une sensibilité similaire.
    J'ai rencontré Sylvie Goulard (et ai voté pour elle jadis), je l'ai souvent trouvée forte et appliquée dans son travail d'eurodéputée, mais j'ai toujours considéré en contrepartie qu'il était bon que les autres eurodéputés de notre parti modèrent une approche parfois trop technicienne ou pas assez sociale dans l'esprit.

    On peut extrapoler ce que je pense de la candidature Macron par rapport à cela.

    Désolé pour le long message ! Oui, il faut que le Modem travaille son programme, dans tous les cas (et particulièrement si l'on candidate à la présidentielle en définitive), en proposant quelque chose de plus viable économiquement (ce n'est pas mon domaine de compétence). Autres domaines où on peut apporter un éclairage différent : inégalités, pauvreté, éducation (où l'on peut au moins convaincre les gens trop modérés pour suivre Mélenchon, mais qui sont remontés contre les actes et les programmes du PS et de LR sur ce point), équilibre territorial et social.
    Enfin, bien entendu, gagner en crédibilité en matière de politique étrangère et défense, en essayant de retourner notre point faible (le sujet européen) en force : ce n'est pas gagné d'avance. Il faut rappeler que le fonctionnement actuel de l'UE et de la politique intergouvernementale ne convient pas, et éventuellement mettre en avant l'idée d'une coopération de défense renforcée à une plus petite échelle (même moindre que la zone euro).

    Bon week-end malgré le dimanche étrange à venir !

  • Bonjour Ascagne,

    Macron est un imposteur. Je finis la primaire de la droite et je vais m'occuper de lui. Il représente exactement cette espèce de gauche social-libéral (sociale, mon oeil) que je déteste, eurobéate, sûre d'elle-même et dégoulinante de bonne conscience, convertie au marché contre les plus faibles, mais pour la connivence avec les forts.
    Il est grand temps de la démystifier, celui-là.

  • @ l'hérétique
    précisément qu'est ce qui vous dérange chez Fillon ?

  • @centriste
    son programme ne tient pas la route.

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