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mardi, 07 octobre 2014

Le problème, c'est la GPA

J'ai suivi les derniers débats sur la PMA et la GPA. J'avoue ne toujours pas comprendre ce qui gêne ceux qui s'opposent à la PMA. Quel est le problème ?

Pour la GPA, c'est nettement plus délicat. Ce que je crains, comme bien d'autres, d'ailleurs, c'est que les mères porteuses soient des femmes de pays pauvres qui loueront leur corps pour de l'argent. 

Ce qui m'amuse chez les opposants, c'est l'inanité du reste de leur argumentation. Fort à propos on retwettait une observation judicieuse sur twitter : si l'on considère le rôle de Hagar envers Sarah et Abraham dans l'Ancien Testament, je ne vois pas ce qu'elle est d'autre qu'une mère porteuse. Je rappelle que Sarah ne semblant pouvoir enfanter, elle se tourne vers une esclave qu'elle met dans les bras d'Abraham pour que ce dernier puisse avoir une descendance. Dans le Nouveau Testament, les dessins de Dieu sont ce qu'ils sont, il n'en reste pas moins qu'il choisit de donner sa grâce à une femme, Marie, pour porter son fils. Bref, on ne peut s'appuyer sur la Bible pour s'opposer à la GPA.

Je pense qu'une bonne part des opposants à la GPA visent avant tout l'homosexualité et non la GPA elle-même. C'est cela qui leur pose problème, cela me paraît à peu près clair.

Même si je suis très réservé sur la GPA, comme je l'écris plus haut, je pense que ce serait une erreur de laisser les enfants nés ainsi dans un no man's land d'autant que plusieurs de nos partenaires européens et de nos alliés la reconnaissent. On peut essayer de dénouer le problème en posant deux conditions :

- que la gestation ne fasse pas l'objet d'une rétribution même s'il paraît normal, en revanche, que les futurs parents règlent tous les frais afférents à la grossesse et à la naissance.

- que l'enfant né ainsi fasse l'objet d'une procédure d'adoption accélérée, ce qui amènerait la GPA sur un terrain connu en France.

Avec ces deux garde-fous, je pense qu'on pourrait s'épargner un certain nombre de soucis.

Il resterait évidemment les cas de faits accomplis avec des parents ne respectant pas les règles. Je risque d'être assez durs avec ceux-là, mais peut-on être certains que des personnes qui aspirent à la paternité ou à la maternité sont fiables s'ils ne respectent pas même une procédure de base qui leur assurerait pourtant d'être parents sans autre obstacle ?

16:17 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : gpa, pma |  Facebook | | |

Commentaires

Oui, ça sent l'appeau à trolls :-)

Écrit par : Le Parisien Libéral | mardi, 07 octobre 2014

@Parisien
Pas du tout. Sérieusement, c'est ce que je pense.

Écrit par : l'hérétique | mardi, 07 octobre 2014

en quoi les enfants nés de GPA sont dans un no man's land ?

Écrit par : Le Parisien Libéral | mardi, 07 octobre 2014

Eh bien, le problème, c'est de définir qui sont leurs parents.
Si la France ne reconnaît pas la GPA cela signifie qu'ils considèrent la mère comme parent, non ?

Écrit par : l'hérétique | mardi, 07 octobre 2014

la France reconnait bien la mère biologique comme parent.
dans le cas de l'affaire Mennesson, les gamins sont américains. Leur seul souci est d'avoir une carte de séjour

http://www.thelocal.fr/20140626/ruling-could-undo-surrogacy-ban-in-france

Écrit par : Le Parisien Libéral | mardi, 07 octobre 2014

on peut être pour la GPA au nom de la liberté de chacun à faire ce qu'il veut de son corps ou de ses relations avec des adultes libres et consentants, ou contre pour des raisons morales et religieuses, mais qu'on vienne pas nous sortir l'excuse administrative.
L'immigration, ca existe en France.

Écrit par : Le Parisien Libéral | mardi, 07 octobre 2014

Ce n'est pas qu'administratif : c'est un problème moral.

Écrit par : l'hérétique | mardi, 07 octobre 2014

C'est assez peu évoqué, mais pourtant j'ai la sensation que le fond du problème est lié aux carences de l'adoption.
En France, il est extremement difficile d'adopter, même pour un couple hétéro. Et ces difficultés sont anciennes, c'est l'organisation de l'adoption qui pose problème.
Dans cette optique, la GPA n'est qu'un moyen de passer outre ces difficultés, bien des couples estimant qu'il est plus facile de payer une mère porteuse plutôt que d'affronter la machine administrative.
Et c'est d'autant plus vrai pour les couples homos, qui n'étaient pas reconnus en tant que tel.
Une réforme réussie de l'adoption permettrait alors de ringardiser la GPA, et donc de rendre cette "solution" obsolète et marginale. (ce qui ne résoudrait pas la question morale, toutefois)

Écrit par : Gaël | mercredi, 08 octobre 2014

@ l'hérétique
je suis opposé à la PMA avec tiers donneur et à la GPA, que les couples soient homo ou hetero.
Pourquoi ?
- parce que ces techniques scientifiques conduisent à fabriquer des enfants qui n'ont pas de lien biologique avec leurs parents
- parce qu'elles valident un droit à l'enfant : puisque je ne peux pas avoir d'enfant naturellement, on va m'aider à en fabriquer un avec d'autres gamètes que ceux de mon couple. Avec toutes les questions d'accès aux origines, de maladies génétiques etc... que cela pose
- parce que dans le cas de couples homo, cela conduit de facto à fabriquer des orphelins de père ou de mère. Alors certes, les cadres familiaux ont évolué, mais de là à ce que la loi crée de fait et volontairement des situations inconfortables pour l'enfant...
- pour la GPA se posent évidemment, en plus, toutes les questions liées à la marchandisation du corps.

S'agissant enfin de la reconnaissance des enfants nés de GPA : pourquoi ne pas pénaliser financièrement les "parents" (histoire de ne pas inciter d'autres à utiliser à l'étranger cette pratique illégale en france), et considérer les "parents" comme tuteurs (et non père et mère) ? cela règle les questions administratives mais ne vient pas normaliser des situations de fait incompatibles avec notre loi

Écrit par : centriste | jeudi, 09 octobre 2014

Et en complément :
- que se passe t il si l'enfant nait avec une malformation, par exemple liée à l'hygiène de vie de la mère porteuse pendant la grossesse (alcool, cigarette, toxoplasmose...) ? Qui est responsable ? Qui garde l'enfant - ben oui parce qu'aujourd'hui un enfant doit être parfait, sinon il pose problème...
- que fait on du lien maternel créé dès la grossesse entre la maman et son bébé (il n'a plus d'importance ?)

Écrit par : centriste | jeudi, 09 octobre 2014

@centriste
Les questions que vous soulevez sur la GPA sont pertinentes, c'est bien là où le bât blesse.

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 09 octobre 2014

Vous comprendrez donc que les raisons de s'opposer à la GPA sont objectives et dépassent de très loin l'orientation sexuelle des personnes y ayant recours.
C'est la même question pour la PMA (avec tiers donneur), où l'enfant devient juste un produit, qu'on peut se procurer.

Écrit par : centriste | vendredi, 10 octobre 2014

oui mais on ne peut pas etre pour le mariage gay (c'est à dire la filiation, puisque les deux sont liés en France) et contre le droit à l'enfant que les gays réclament.
La manif pour tous avait une certaine cohérence.

Écrit par : Le Parisien Libéral | dimanche, 12 octobre 2014

C'était bien le principal problèmes de la loi Taubira : le lien entre mariage,adoption et filiation!

Écrit par : Centriste | dimanche, 12 octobre 2014

Les commentaires sont fermés.