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dimanche, 10 novembre 2013

Hollande s'est bêtement aliéné le centre

Je n'ai pas trop commenté le changement de cap du MoDem et du Bayrou, mais je voudrais tout de même faire une réflexion d'ordre tactique.

Contrairement à d'autres, je ne reprocherais pas à Hollande d'avoir laissé un candidat face à Bayrou ni de ne pas lui avoir confié de responsabilités mais en revanche, il n'a aucunement examiné la possibilité d'introduire de la proportionnelle aux législatives et pourtant, il s'y était engagé après le vote de Bayrou. 

Pas de proportionnelle, pas de centre indépendant dans notre système de scrutin majoritaire à deux tours. Même au plus fort de son aura (époque du MRP) le centre pouvait atteindre 25% des voix mais pas plus. Les Communistes qui sont parvenus à près d'un tiers des voix n'ont jamais pu prendre non plus le pouvoir sans s'allier (aux Socialistes en 1981) et ils se sont faits bouffer.

Si le centre n'a pas de perspective et que le PS lui claque la porte au nez à quelques exceptions près d'individus qui n'ont finalement pas fait bouger les lignes, croyez-vous que le centre va aller au bout du suicide ?

Le PS aurait pu constituer une majorité réformiste avec les centristes, qui, je le pense, auraient été des alliés bien plus fiables que les verts ou le front de gauche ou même la gauche du PS. Elle a raté, et pour longtemps, le coche. 

Personnellement, cela ne me fait pas pleurer plus que cela, car j'assistais, navré, aux rapprochements programmatiques successifs du MoDem et du PS. Mauvaise passe  à vivre pendant 5 années une gauchisation que je n'avais pas souhaitée, même si elle demeure encore vivace dans les moeurs militantes et dans les restes de l'ancien programme politique du MoDem.

Ce que je pense, maintenant, c'est qu'à terme, il faut que le MoDem et l'UDI (et d'ailleurs toutes les petites chapelles centristes) disparaissent une bonne fois pour toutes et que l'Alternative prenne le relais.

Je ne considère pas l'UMP comme notre partenaire naturel, loin de là. Une partie de l'UMP est fréquentable, pas l'autre. Je ne garantis d'ailleurs pas de continuer à m'abstenir lors de certains seconds tours si le centre n'y est pas, et, même en cas d'alliance, faut pas pousser mémère dans les orties, comme on dit : imaginons des centristes sur une liste menée par Copé, par exemple, à moins d'avoir un front de gauche ou un Hamon en face, je vote direct socialiste. Dès le premier tour. 

A Paris, NKM va devoir affronter autant que le PS les contradictions de l'UMP, surtout si elle souhaite se concilier l'électorat centriste, pour l'instant enclin à donner sa voix à l'équipe sortante. Pour moi qui ne représente pourtant pas l'aile gauche du MoDem, au contraire, il y a des UMP parisiens pour lesquels je ne voterai jamais. C'est très clair dans ma tête. 

L'erreur tactique des Socialistes n'est donc pas un blanc-seing pour faire n'importe quoi côté centriste, d'autant que son électorat a la particularité d'être très volatil et de faire bien ce qu'il veut.

Je me souviens encore de la comparaison de Bayrou évoquant la charrette de grenouilles centristes. Pour qui a vécu le MoDem de l'intérieur, on est encore en-dessous de la réalité. Les Verts sont des rigolos à côté de nous. Un centriste, une grenouille. Je ne compte pas les listes dissidentes, les militants ne comptant en faire qu'à leur tête, l'absence générale de la moindre discipline de parti, et cetera...Même moi qui suis de tempérament individualiste et parfois frondeur, j'en suis demeuré scotché pendant 5 années...

Au fond, aujourd'hui, Bayrou revient à ce qu'il a toujours été : la démocratie-chrétienne. En France, elle ne s'allie plus d'une manière ou d'une autre avec la gauche depuis le début des années 70, soit près de 40 années même s'il y a eu quelques ponts pendant cette période (Rocard, Bayrou).

Maintenant, c'est fini. Le centre reprend le chemin de la droite et la gauche de gouvernement reste seule en tête-à-tête avec sa propre gauche. Bonne chance les filles et les gars, c'est pas un cadeau...

18:54 Publié dans Paris, Politique | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : ps, modem, alternative, ump, nkm |  Facebook | | |

Commentaires

eh oui ! bonne chance !

Écrit par : luciolebrune | dimanche, 10 novembre 2013

Je vous rejoins sur de nombreux points, en revanche je suis sceptique quant à la conclusion de votre article . Je pense que ,face à la poussée des extrêmes, les membres de la Droite modérée, du Centre, les sociaux-démocrates et les écologistes non-gauchistes vont se rapprocher pour former une nouvelle majorité, de type 3me Force, sous la IVe République. Face à la poussée du FN, l'UMP risque de se diviser, beaucoup pour se faire élire, vont se rapprocher de l'extrême-droite, dont ils ont déjà adopté le discours ; d'autres refuserons de vendre leur âme et se rapprocheront du Centre . A Gauche, on assiste, aux 1ères fissures dans l' Union de la Gauche, qui depuis les années 1970 avait éloigné le Centre du PS . Ce qui se passe dans le Nord pour les municipales est intéressant à ce point de vue : aucun accord ne sera passé dans tout le département au 1er tour entre le PS et le PC (cf Voix du Nord du 9/11) . A Lille cette situation ne s'était pas vue depuis 1977 .

Écrit par : Zenon | dimanche, 10 novembre 2013

Vous évoquez les dissidences, il est vrai qu'elles furent nombreuses, certaines furent suscitées . Par exemple, à Lille, le candidat dissident fréquentait assidument la permanence UMP durant la campagne, il s'est même fait prêter un militant de cette formation pour être en capacité de former sa liste . Les radicaux de Gauche participaient aussi à la manoeuvre, puisque la candidate qui figurait en seconde position sur la liste de ce dissident était membre du MRG .
A Droite comme à Gauche, les 18% de voix obtenus par F Bayrou, à l'époque, et l'émergence du MoDem suscitaient des inquiétudes . Il y avait une alliance objective pour réduire son influence .

Écrit par : Zenon | dimanche, 10 novembre 2013

Je ne suis pas vraiment d'accord.

Notre devoir est de lutter contre la gauchisation du PS, mais aussi la droitisation de l'UMP.

Pour le centre, Buisson, c'est non, Pelletier, c'est non, Copé c'est non, ...

Au fond, le problème de fond est que pendant que l'on a une situation économique de plus en plus difficile, on a un PS qui va vers la gauche et veut la sacro-sainte alliance de la gauche (PC/Vert), une UMP qui décomplexifie la droite (ligne Buisson).
Tout ça est contre ce que représente le centre.

Le problème, c'est qu'aller vers les extrêmes, ça rallie les militant mais à terme, ça ne rallie pas les français.
Ça ne permet pas d'appliquer une politique efficace.

Ma vision est simple en ce qui me concerne.
Si c'est avec le PS, c'est avec le PS. Si c'est avec l'UMP, c'est avec l'UMP. Et si c'est avec personne, c'est avec personne.

Entre Hollande et Sarkozy, les deux étant une catastrophe, l'une économique, l'autre sociale, les deux étant contre les valeurs du centre, c'était ni l'un, ni l'autre.

Je sais très bien que c'est compliqué.
Le système électoral injuste et inadapté ne nous laisse aucune chance d'avoir des représentants par nous même.

Mais dans l’immédiat, la seule chose à faire est d'être nous même.

Si Bayrou avait voté blanc, il aurait peut-être gardé son siège.

La seule chose à faire est de rester nous même et de se faire les dents sur les scrutins "non injuste".

Il aurait d'ailleurs été souhaitable de plus s'investir sur les municipales.

Ce qui se passe à Malakoff, en particulier, est un vrai scandale.

Écrit par : Phil | lundi, 11 novembre 2013

"Les Verts sont des rigolos à côté de nous." : pas sûr que tu aies fréquenté les Verts ;-)

Quant à la conclusion générale : je comprends l'aspect tactique, mais personne n'est forcé d'adhérer à un parti. J'ai adhéré à l'UDF fin 2002 parce qu'elle me semblait devenir indépendante de l'ancienne influence de la droite, et devenir capable de défendre son propre projet démocrate, celui que je crois nécessaire au pays ; si le MoDem n'est plus sur cette ligne mais revient à un alignement derrière la droite, comme dans les années 1998-2000, ce sera sans moi.

Mais peut-être avec beaucoup plus d'adhérents et d'électeurs qu'aujourd'hui ! qui sait !

Écrit par : FrédéricLN | lundi, 11 novembre 2013

Dans la charte de l'Alternative il est écrit:

1/"Nous nous présenterons ensemble à toutes les élections nationales, régionales et euro-
péennes." :Pour moi ça veut dire... qu'il y a un centriste à chaque élection.

2/"Nous sommes dans l'opposition mais celle-ci sera constructive, déterminée et non mani-
chéenne." : là c'est le coté constructif que je demande à voir.

Si ces deux points sont tenus l'essentiel du modem sera préservé.
Mais on est à deux doigts de revenir à l'udf ! c'est-à-dire à une situation où il y a entente dès le 1er tour. Combien de députés ex udf peuvent en effet se prévaloir d’avoir été élus sur leurs idées et pas sur un programme de droite ?
je crois que FB a trop lâché sur la cohérence des élections locales et de la position nationale. Qui plus est si FB est battu le modem est mort et s'il gagne il deviendra un simple notable béarnais aux yeux des français. J’ai mal pour le centre indépendant.

Écrit par : zapataz | lundi, 11 novembre 2013

@zapataz
Objectivement, une alliance avec les Socialistes ne paraît pas possible par les temps qui courent. Voyez Hollande...
Rien dans la charte n'indique qu'une alliance avec la droite est obligatoire, mais, à l'heure actuelle, c'est probablement notre partenaire.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 11 novembre 2013

"la droite républicaine est naturellement notre partenaire politique." que dire de plus ??

il est vrai que par rapport à la situation telle qu'elle est il y a peu de changements puisque la majorité des quelques élus locaux modem l'ont été (à part de grandes villes symboles) avec des alliances avec l'ump et qu'au niveau national il n'y a décidément rien à espérer du ps (je n'ai toujours pas compris comment FB pouvait espérer quoi que ce soit pour la suite sans imposer des conditions claires de soutien entre les deux tours des présidentielles). mais nous voilà dans une situation où il va être bien difficile de dire que nous sommes indépendants puisque voués par avance à ne discuter qu'avec la droite et une droite qui plus est bien plus puissante que l'alternative à ce jour.
En 2002 morin lagarde et borloo sont élus sans concurrent ump, en 2007 pareil. l'UDI saura-t-elle voter les bonnes idées d'où qu'elles viennent (pour moi et contrairement à vous Martins avec 50% de votes pour et contre Delanoe était dans le bon état d'esprit)? et aura-t-elle les c...de concurrencer l'ump au 1er tour sans crainte de représailles ou de chantage au fn ? je doute et c'est ce qui distinguera désormais le centre indépendant du centre dit droit qu'on devrait objectivement appeler droite modérée ou droite complexée.
Pour autant je souhaite que le modem ait des élus et survive mais et je suis content de lire vos mots à ce sujet : je voterai en conscience pour qui je veux du moment qu'un centriste ne sera pas au second tour.

Écrit par : zapataz | lundi, 11 novembre 2013

@zapataz
Attention, Jean-François (Martins) a voté pour 50% des résolutions socialistes. Pour les autres, il s'est souvent abstenu. Il y a quelques votes contre, mais en bien moindre proportion. Et d'ailleurs, en seconde partie de mandat, on est à bien plus que 50%...

Écrit par : l'hérétique | lundi, 11 novembre 2013

@Fred
Je ne pense pas que le MoDem reviendra à un alignement derrière la droite. Il y a une nécessité d'avoir quelques élus d'abord, mais par la suite, tu verras, on aura des surprises si l'Alternative réussit de gros scores. Il y a une carte à jouer, nos deux partis (MoDem/UDI) sont actuellement les moins impopulaires et j'ai eu connaissance de sondages secrets qui nous donnent une fourchette de 9 à 19% aux européennes.
Avec une campagne futée, en ne reniant pas notre sensibilité européenne, mais en ne versant pas non plus dans un européisme béat, nous pouvons faire un beau score. A nous de nous remuer.

Écrit par : l'hérétique | lundi, 11 novembre 2013

@l'Hérétique
"A nous de nous remuer"
Comme à Malakoff?

Écrit par : Phil | mardi, 12 novembre 2013

"A nous de nous remuer"

Mmmouais. Le problème, ce sera la base militante. Je ne sais pas comment ça se passe à l'UDI mais pour ce qui est du MoDem, d'une part les effectifs ont fondu comme neige au soleil, et d'autre part de toute façon es responsables de ce parti n'ont quasiment aucune culture militante : c'est un parti de notables qui ont toujours dû leur fauteuil à des accords d'appareil (on le voit d'ailleurs très bien lorsque, pour espérer voir Bayrou entrer à l'Assemblée, le réflexe était de demander au PS de ne mettre personne en face de lui plutôt que d'essayer de convaincre les électeurs). De sorte que ces responsables sont totalement infoutus de mobiliser et de nourrir une éventuelle base militante. Et je ne parle même pas des problèmes financiers...

Bref, la campagne sera triplement difficile.

Écrit par : Ch. Romain | mardi, 12 novembre 2013

à l'UDI c'est pareil.

Écrit par : luciolebrune | mardi, 12 novembre 2013

LA véritable inquisitrice de la situation actuelle c'est Martine Aubry qui à pas même pas feutrés a scellé un accord pour permettre aux écologistes et leur 2% de prétendre à des postes ministériels et installer un capharnaüm incroyable ; quelle bouffonnerie... le Loup dans la bergerie de l'Elysée, en somme, et hélas, Mr. Hollande est resté scotché à sa fonction de Chef de parti où l'on ménage les uns et les autres, alors qu'il devait s'occuper de nous, les citoyens. Il n'a pas la carrure, c'est tout. Dans ce contexte, il semble juste que François Bayrou ait considéré que décidément LA Gauche archaïque est là et bien là, schéma du passé, leitmotiv ronronnant, bref aucun message d'espoir porteur, donc rien à attendre de bien tripant...

Écrit par : Alouette | mardi, 12 novembre 2013

@Alouette
Bah, Aubry n'est pas plus qu'un autre responsable de ce fait.
En revanche, c'est clair que Hollande ne parvient pas à rentrer dans la dimension présidentielle, pas tant parce qu'il se montre chef de parti, mais plutôt qu'il se montre incapable de fixer une ligne claire et de s'y tenir.

Écrit par : l'hérétique | mardi, 12 novembre 2013

Le centre ne se resume pas a ses porte drapeaux, du a celui qui dirige la charette. La comparaison avec les Froggies est tres pertinente. Je suis moi meme l'une d'elles, et je vote Hollande sans hesitation. Apres l'election de Hollande d'ailleurs le Modem ne se voyait pas rejoindre le gouvernement parceque "les centristes y sont deja".
Si vous vous enlevez un peu vos oeilleres partisanes, vous verrez bien que Hollande nous fait du Bayrou 2007: fort travail pour retrouver l'equilibre budgetaire par exemple, et on est loin des idees debiles de Royal.
Plus qu'un leader d'un centre forecement ingouvernable, le vois en Bayrou un chauffeur de voiture-relaclame style caravane du tour de france, avec du orange a l'exterieur, mais rien dedans, qui nous fait de l'animation de scene politique.
J'espere que le centre restera ce groupe de gens qui utilisent leur cervelle et ne se laissent pas prendre par les attaches partisanes.
Felicitations pour votre endurance: vous continuez votre blog depuis si longtemps chapeau!

Écrit par : davidlagrenouille | samedi, 23 novembre 2013

Bonjour David,
Non Hollande ne fait pas du Bayrou 2007 : sur la fiscalité et sur la dépense publique, c'est clair que non. Pareil sur l'éducation.
Quant à l'avenir de Bayrou, qui vivra verra...
Merci pour le compliment sinon :-)

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 24 novembre 2013

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