Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Leonarda : dura lex sed lex ? | Page d'accueil | Leonarda, épilogue »

jeudi, 17 octobre 2013

Leonarda : overdose compassionnelle ?

J'ai lu successivement les réactions de Sarkofrance, blogue de gauche modérée et du Parisien Libéral, blogue de centre-droit après l'expulsion de la jeune rom kosovar Leonarda et de toute sa famille en Albanie (au fait, ils sont Albanais ou Kosovars ???).

Si je ne retire pas un mot de ce que j'ai écrit hier, je crois que l'un et l'autre ont raison, jusqu'à un certain point dans leurs analyses. Juan est touché par ce qui vient de se passer mais il admet qu'on ne peut pas régulariser tout le monde. Et le Parisien Libéral dit à juste titre que notre protection sociale contribue à créer un fort appel d'air de l'étranger.

Ce qui m'attriste, c'est qu'au moins sur la Toile (mais je crains les sondages qui sortiront sur le sujet), il y a une écrasante majorité de Français pour estimer légitime l'expulsion de Leonarda. Nous en sommes arrivés à un point d'empathie zéro ou presque, c'est bien pour cela que j'écris en titre "overdose compassionnelle".

Interviewer la jeune fille, la montrer désespérée, laisser voir qu'elle s'exprime parfaitement en français laissent de glace les Français. La sphère médiatique, le tout bien-pensant, souvent parisianiste, sont victimes des méthodes qu'ils appliquent sans discernement depuis des années. La réserve de compassion des Français étant largement vide, le sentiment qu'on se fout souvent de leur gueule et qu'on leur ment font le reste. A cela s'ajoute une campagne haineuse contre les Roms depuis plusieurs mois.

Pour ma part, comme libéral, je pense toujours aux destins individuels brisés dans ce genre d'histoire. Que va faire cette jeune fille qui n'a connu que le français ou l'italien comme langue ? Que vont faire ses frères et soeurs ? Tout le monde s'en fout. Ils peuvent bien crever la bouche ouverte, en somme.

Si nous n'avions pas accueilli à tour de bras 200 000 immigrés en moyenne pendant des années, certainement resterait-il des réserves d'émotion pour cette enfant. Et dans le même temps, je m'étonne de son expulsion alors que j'ai connaissance tous les jours de délinquants mineurs ou non d'origine étrangère que l'on naturalise ou que l'on autorise à rester en France.

J'avoue ma perplexité. Quitte à établir des priorités pour l'accueil d'étrangers on pourrait déjà commencer par considérer les troubles à l'ordre public. Bref, il y a des gens qui n'ont rien à faire chez nous qui y restent et d'autres qui me paraissent paisibles que l'on chasse. Allez comprendre la logique.

Puisqu'enquête administrative il y aura, et que l'opinion s'est saisie de cette affaire, il paraît légitime qu'elle soit informée des suites. J'aimerais par exemple savoir pourquoi la préfecture a jugé que cette famille ne présentait pas de perspectives d'intégration sociale et économique.

Mais je voudrais ajouter encore une chose : nous ne choisissons ni nos parents ni nos frères et soeurs. Il se peut que les parents, le père ou la mère, soient restés à attendre les minimas sociaux et aient vécu de cette manière. Je n'en sais rien. Il n'en reste pas moins que ce sont les enfants qui paient les pots cassés, dans cette histoire. Qui faut-il accuser ? Je ne le sais pas, mais je me mets à la place de cette jeune fille désormais déracinée et de tous ceux qui l'ont connue.

10:13 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : leonarda, immigration |  Facebook | | |

Commentaires

I approve this message :-) !

NB : ils étaient logés gratuitement par le conseil général, avaient des bons alim et touchaient en plus une alloc de 300 euros par mois.

pas le Pérou, loin de la, certes, et on ne peut pas leur reprocher d'avoir touché cet argent (tout le monde en ferait autant à leur place) mais les faits sont la : il y a quelque chose à revoir avec ce systeme social.

Écrit par : Le Parisien Libéral | jeudi, 17 octobre 2013

"La réserve de compassion des Français" semble effectivement assez vide. cela explique sans doute pourquoi certains défenseurs des droits des sans-papier hurlent plus fort qu'avant. ...

merci pour cette suite du débat...

Écrit par : juan | jeudi, 17 octobre 2013

@Parisien
A fortiori après ce que j'ai appris sur le père.
@juan
Mais à mon avis, ils le font fort maladroitement et pas toujours à bon escient, au risque d'être contre-productifs.
On a l'opinion contre nous et donc il faut savoir temporiser pour sauver l'essentiel.

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 17 octobre 2013

On ne choisit pas ses parents,certes. Mais si on s'interdit d'expulser des parasires avérés et peu intégrables, voire légèrement délinquant (il semble que c'est le cas du père de famille) au motif qu'ils ont des enfants qui, eux, n'y sont pour rien, ça nous mène à quelle situation.

Déjà, le grand sport chez nombre de jeunes Africaines débarquant chez nous légalement ou non, c'est de se faire faire un môme aussitôt qu'arrivée. Par un homme qui, comme de juste, disparaît ensuite pour ne jamais revenir. Résultat : vous avez en France une pléthore de filles-mères aux enfants français (puisque nés en France), élevés par une mère seule (donc sans figure paternelle capable plus ou moins d'incarner l'autorité), filles-mères bénéficiant d'aides sociales diverses et travaillant parfois du mieux qu'elles peuvent, ou parfois se satisfaisant des aides diverses. On voit ainsi pousser des gamins plus ou moins livrés à eux-mêmes... Et tout ça par angélisme ou par lâcheté.

Écrit par : Ch. Romain | jeudi, 17 octobre 2013

http://desmotsgrattent.blogspot.be/2013/10/handignee.html

Écrit par : luciolebrune | dimanche, 20 octobre 2013

Les commentaires sont fermés.