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dimanche, 12 février 2012

Intouchables ? Bof, un conte de fée pour bobo.

J'ai mis du temps à comprendre ce qu'avait de particulier le film Intouchable. Et puis, j'ai repensé aux contes de mon enfance et j'ai souri. Ils se terminaient souvent par un mariage entre un prince et une princesse ou alors on y voyait des chevaliers porter secours à des damoiselles en détresse.

En fait de chevaliers au grand coeur, on sait aujourd'hui qu'une grande part d'entre eux se comportaient en pillards quand ils n'étaient pas en guerre, et qu'une demoiselle avait tout à craindre à en croiser un : au mieux, elle survivait à son viol, au pire, elle était ensuite tuée dans des conditions atroces. Voilà pour les chevaliers des contes de fée. Quant aux princesses, leur mariage était un mariage forcé dont seuls les intérêts monarchiques guidaient la marche.

Bon, et alors, me direz-vous ? Quid d'Intouchables ? Dans la réalité, confier un handicapé paraplégique à un mec qui sort de prison, c'est largement courir le risque de retrouver l'individu en question au mieux abandonné et dépouillé, au pire, battu et inconscient. 

J'imagine qu'un auxiliaire issu de la diversité, comme on dit pudiquement chez les bobos, pauvre, et ayant fait de la prison, c'était le pied pour un conte de fée moderne. Quant au très improbable mariage entre un tétraplégique et une jeune femme jolie et en bonne santé, dans la réalité, il tiendrait très vraisemblablement au montant du compte en banque du premier. 

Dans bobo, il y a tout de même bourgeois, et là, on ne se refait pas : on aime bien la diversité, mais on n'imagine pas qu'un black de banlieue écoute autre chose que du rap, et, quand on est un bourgeois riche et bobo, qu'on s'intéresse à autre chose qu'à l'art moderne et à la musique classique. Bonjour les clichés. C'est pas grave, c'est le principe du conte de fées.

Il y a, il est vrai, une histoire rélle, derrière ce conte moderne. Que l'on ne se leurre pas : elle est plus rugueuse que les stéréotypes lisses qui peuplent le film, et surtout, elle est bien improbable, à 1000 lieues des situations ordinaires.

07:31 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : intouchables |  Facebook | | |

Commentaires

Si cetait une situation ordinaire on en ferai pas.un film. biensur que le film vehicule des cliché ( quid du fait que dans ce film on te montre que n'importe qui peu devenir auxilliaire sans probleme). Mais il n'en reste pas moins youvhant et tres drole. je ne pense pas qu'il faille chrcher plus loin

Écrit par : yohann | dimanche, 12 février 2012

Salut l'Hérétique,

Etant moi-même paraplégique, j'ai adoré ce film ! J'ai trouvé qu'il reflétait plutôt bien le quotidien d'une personne handi. Il y a des passages et des répliques qui m'ont fait hurler de rire et d'autres beaucoup plus sensibles et émouvantes.

bonne journée

JF

Écrit par : Breizhmaine | dimanche, 12 février 2012

Bonjour Breizhmaine

Je ne conteste pas cet aspect. Sauf que vous prendriez le risque de vous en remettre à un type qui sort de prison, vous ?
Si vous avez pris connaissance des l'histoire véritable, juste une remarque : l'auxiliaire, dans la vie réelle, avait pensé profiter de la vulnérabilité de l'auteur pour le cambrioler. Ça, c'est la vérité. le fait est qu'ensuite, une étrange et improbable alchimie s'est produite. Quelque chose de peu ordinaire. Mais le film ne rend en aucun compte de la véritable incongruité de la chose. Je ne lui demande pas, mais je m'exaspère de la manière dont la critique le salue. Elle le salue parce que l'histoire convient bien à la manière hypocrite et auto-satisfaite de sa gaver d'images flatteuses pendant que la plupart des lieux ordinaires demeurent inaccessibles à un fauteuil roulant...

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 12 février 2012

C'est pas faux !!!
La loi de 2005, probablement une des meilleures votée sous Chirac ne cesse de reculer, et son application laisse de plus en plus à désirer. J'ai cru comprendre hier dans le discours de FB qu'il entendait bien que son application se fasse de manière correcte. Il me semble que ces dernières années, l'intégration des handis a beaucoup reculé !

@+

JF

Écrit par : breizhmaine | dimanche, 12 février 2012

@L'hérétique,
Vous savez...Cependant n'ai aucune envie d'aider l'illuminée de grande gouroute du Paradem.
Pour recevoir il faut savoir donner^^^.
Qu'ils ne comptent pas sur moi, ni demain ni après-demain.

Écrit par : Martine | dimanche, 12 février 2012

@ L'Hérétique

Je pense qu'il est toujours intéressant de regarder la morale implicite, voire symbolique, des films qui font de tels succès.

Par exemple, "Les Ch'tis" était un film parfait pour une classe moyenne en pleine crise : "Amis de la classe moyenne, vous allez sombrer dans la pauvreté (du soleil niçois vers les brumes nordiques) mais n'ayez crainte : la pauvreté, c'est chouette, ça permet de retrouver les valeurs d'humanité fraternelle que le pognon fait perdre."

"Intouchables", je ne l'ai pas vu, mais c'est tout comme... La morale telle que je la comprends, c'est : "Pauvre société blanche perdue dans ton pognon et tes valeurs moribondes, ne vois-tu pas que tu es désormais paralysée, énervée, incapable de t'en sortir seule ? Heureusement, une relève est là, fraîche, dynamique, créative et bienveillante ; cette belle et imaginative jeunesse des banlieues et de l'immigration. Il te suffit de la laisser entrer largement chez toi, de te confier à ses bras secourables et ton avenir s'en trouvera ensoleillé."

En fait, le cinéma à succès, c'est un peu comme le bouddhisme : ça n'aide pas à changer les situations, mais ça apprend à s'en accommoder et même à les trouver agréables.

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 12 février 2012

Rien compris à ce com, mais enfin bon bref, absolument pas étonnée... :o)))

Écrit par : Martine | dimanche, 12 février 2012

Tiens, la folle l'a mise en veilleuse, pour une fois ! C'est vrai qu'avec un QI de 34...

Écrit par : Ch. Romain | dimanche, 12 février 2012

@Christian,
Strictement rien à foot de vos coms, z'avez pas compris? Vous n'intéressez personne ayant un peu de bon sens.
Sinon, pour info, fais des copies de vos amabilités...

Écrit par : Martine | dimanche, 12 février 2012

Tiens, la folle se la joue juridique, maintenant ! C'est nouveau, ça. Elle nous aura vraiment tout fait, la pauvrette.

C'est terrifiant, les ravages de la sénilité.

Écrit par : Ch. Romain | lundi, 13 février 2012

Notez qu'il est important, conte de fée ou pas, que l'on puisse se relever d'un accident et progresser.
Il est aussi important que l'on puisse avoir une seconde chance.
L'important n'est pas le niveau d'aujourd'hui mais le niveau que l'on peut atteindre demain.

PS:Je n'ai pas vu le film.

Écrit par : Phil | lundi, 13 février 2012

Bonjour,
D'abord, je signale que ce n'est pas un film sur le handicap. Les handicapés vivent la plupart sous le seuil de pauvreté et ne peuvent se permettre d'engager du personnel que selon les heures attribuées par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).

C'est un film sur l'amitié.

C'est une histoire vraie, elle a bien eu lieu, et le voyou des banlieues a bien essayé de dépouiller l'invalide, comme c'est montré dans le film.

Le jeune homme des cités a lui un handicap invisible : il vient de banlieue, il est d'origine étrangère. Pour peu que le français ne soit pas sa langue maternelle, le jeune de banlieue n'a pratiquement aucune chance de réussir à l'école : aucun soutien, aucun professeur de français pour langue étrangère, aucun orthophoniste à l'école, aucune étude gratuite, bien que ses parents soient incapables de l'aider pour ses devoirs. Il y en avait un peu, de ces aides, mais on est en train de les supprimer complètement.

Après on s'étonne qu'ils ratent leurs études. Après on s'étonne qu'ils n'aient plus que la délinquance pour vivre. Et pas seulement pour les gens d'origine étrangère : ça marche aussi pour les classes socialement défavorisées. Je ne fais pas d'angélisme, je sais qu'il y a des gens pourris à la base, de partout, mais il y avait sans doute une grosse partie qu'on pouvait "récupérer", avant le collège : après c'est trop tard.

Après, M. Hortefeux et maintenant M. Guéant vont vous expliquer qu'il faut emprisonner les délinquants (mais les prisons sont déjà surpeuplées), qu'il faut que les immigrés apprennent le français (en cassant l'école). Dans un pays où le chômage explose, où les personnes âgées qui ont travaillé toute leur vie doivent faire les poubelles pour se nourrir, où les actifs doivent dormir dans leur voiture et manger au resto du coeur pour cause de salaire qui ne permet pas de vivre normalement...

Après on dit qu'il faut sévir, mais la délinquance de vols avec violences est en hausse et la délinguance de braquage de petits commerces, de personnes, bien souvent dans le quartier des agresseurs, ce qui démontre un non-professionnalisme de la délinquance et de la délinquance je dirais "d'urgence" pour subvenir à ses besoins. Violente souvent à en être révoltante, cette délinquance.

@Christian : j'ai aimé les "Tchis" car il racontait l'histoire d'un "sudiste" adopté par le Nord. Tu comprends que l'histoire m'a personnellement touchée.

Ce n'est pas un film sur le handicap. C'est un film sur l'amitié. Moi qui connaît bien les deux domaines, cela est une évidence pour moi.

Nul conte de fées, là-dedans : "parce que c'était lui, parce que c'était moi"

Écrit par : luciolebrune | mardi, 14 février 2012

Pas vu le film, mais...

@ Ch. Romain

Je crois comprendre où vous voulez en venir.
Cela dit sur les "ch'tis", vous l'avez analysez de travers. Je comprends totalement que vous n'aimiez pas, mais votre argument du riche allant chez les pauvres... C'est une classe moyenne ! Des postiers ! Bien sur la région a souffert de la désindustrialisation, mais c'est à peine montrer dans le film.
Bref, votre idée du "sud riche et nord pauvre" m'a fait rire...

@ Luciolebrune

Vous m'avez donné envie de voir ce film.

Écrit par : Pas convaincu | mardi, 14 février 2012

@luciolebrune
Soit, mais cela n'en reste pas moins improbable, toujours avec la même intention en arrière-fond.

Écrit par : l'hérétique | mardi, 14 février 2012

Ma parole, tu deviens con l'Hérétique.
(Désolé mais ça sort du coeur). (Con à prendre au sens "aigri").

Tu ne peux pas simplement rire d'un film drôle? On s'en fout de l'histoire prétendument bobo-je-ne-sais-quoi etc. Il est drôle, c'est tout.

Que l'humour ne te touche pas, pourquoi pas, mais verser dans ce fiel là..;

Écrit par : Nemo | mardi, 14 février 2012

@César : cela s'est produit une fois, cela ne veut pas dire que c'est général, cela veut dire que ça peut se produire.

J'ai connu des choses bien plus improbables qui se sont réellement passées...

Le jeu des acteurs dans ce film est parfait, l'humour excellent, et l'émotion... c'est un film intelligent, et tout ça réuni, c'est rare, comme le thème du film. Je crois que c'est cela qui fait son succès. L'as-tu vu au fait ?

Écrit par : luciolebrune | mardi, 14 février 2012

@L' hérétique,
Vous souhaiteriez quoi exactement? Obligation de fournir un extrait judiciaire pour les professions touchant les services à la personne et à l'enfance?
Me trompe-je?
Après tout cela existe pour bien d'autres professions...

Écrit par : Martine | mardi, 14 février 2012

Oups, extrait de casier judiciaire bien sur.

Écrit par : Martine | mardi, 14 février 2012

Nous pourrions aller meme jusqu'à solliciter une aptitude physique dans certains cas, et aussi mentale par exemple ;o))

Écrit par : Martine | mardi, 14 février 2012

@ Pas convaincu

Je parle d'une signification symbolique, c'est-à-dire en quelque sorte métaphorique. Je ne dis pas que le Nord des "Ch'tis" est pauvre quand le Sud est riche. Je dis que le transfert du héros du sud vers le nord est la métaphore d'un déclassement social, d'une "chute" sociale et personnelle (Platon parlerait de "déréliction") vécue comme une chose terrible et infamante ; et sur laquelle le film se charge de nous rassurer. Le héros des "Ch'tis" est un représentant de la classe moyenne frappé par un transfert qu'il vit comme une perte : il me semble être la métaphore de cette classe moyenne qui se prépare avec angoisse à une existence précarisée et de moins en moins confortable, tant pour elle que pour ses enfants.

Écrit par : Ch. Romain | mercredi, 15 février 2012

@ Ch. Romain

J'ai bien compris où vous vouliez en venir. Je n'ai pas perçu cette idée quand j'ai vu ce film. C'est juste une comédie légère... L'idée de "déclassement" en allant dans le nord par contre mériterait que l'on s'y attarde (d'où mon précédent commentaire).
Bien sur toute oeuvre est ancrée dans son temps...

Écrit par : Pas convaincu | mercredi, 15 février 2012

@ Pas convaincu

Quand une "comédie légère" fait 12 millions d'entrées, c'est qu'elle a su toucher quelque chose ou dire quelque chose que les autres comédies légères n'avaient pas touché ou dit, ne pensez-vous pas ?

Écrit par : Ch. Romain | jeudi, 16 février 2012

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