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jeudi, 06 janvier 2011

Clémence avec les infanticides d'handicapés ?

Je n'ai pas du tout aimé le ton de la dépêche AFP relatant l'infanticide commis par un père sur sa fille handicapée de 6 ans.

Ça veut dire QUOI exactement, que la justice est plus clémente quand ce sont des enfants handicapés qui sont mis à mort par leurs parents ? Que c'est moins grave, la mort d'un enfant handicapé ? Que le meurtre est plus légitime ? Aider son enfant à mourir qui souffre, s'il le demande, c'est une chose, mais, nom de D... tuer un enfant, qu'il soit malvoyant, sourd, tétraplégique ou tout ce que vous voudrez, m...., c'est un meurtre, quoi !

Je peux concevoir que des parents désespérés ne se sentent pas capables d'assumer : qu'au pire ils confient l'enfant sous X à la DASS ! Un crime reste un crime, point à la ligne.

La limite rouge, à mon sens, c'est quand il y a maladie dégénérative à court-terme entraînant des souffrances. Certains actes peuvent se concevoir, mais pas sans le consentement des êtres atteints, et dans un cadre légal. Ainsi, il n'y a rien de commun entre l'état de Vincent Humbert et le geste de sa mère, d'un côté, et le meurtre de cette petite fille de Boulancourt devenue sans doute trop "encombrante".

Il ne faudrait pas laisser se développer en France une culture de l'excuse dégueulasse, une mansuétude vile autant qu'inique de la justice, une sorte d'eugénisme puant qui se masque sous les oripeaux de la compassion, dès lors qu'un handicapé meurt de la main de sa famille.

Nom de D..., ce ne sont pas des animaux souffrants qu'on vient piquer chez le vétérinaire, m...., quoi ! Désolé des jurons, mais franchement, cette argumentation se répète, depuis quelque temps, et je sens que je commence à sortir de mes gonds.

Commentaires

Oui je partage exactement les mêmes indignations. Car oui c'est véritablement un meurtre et ce type n'a pas à bénéficier de la moindre excuse. Une intense fatigue peut entrainer une vraie dépression (parfois jusqu'au suicide) mais ne peut certainement pas aboutir à un tel acte ! Cela me donne la nausée.
Une société humaniste est celle qui protège les plus faibles !
J'espère que la justice se montrera exemplaire.

Écrit par : Françoise Boulanger | jeudi, 06 janvier 2011

Je suis entièrement d'accord avec toi l'hérétique sur ce point. Cette manie de vouloir éliminer les handicapés, parce qu'il leur manque tel ou tel sens, ou qu'il sont paralysés n'est ni plus ni moins que de l'eugénisme. C'est oublier que l'on peut faire des choses formidables même avec un handicap très sévère. Ca aurait été dommage par exemple que stephen hawking, grand physicien, se fasse euthanasier pendant qu'il était étudiant car sa maladie ne lui laissait que quelques années à vivre paralysé (pour info il a 40 ans de carrière).

Par contre citer le cas Vincent Humber est peut être maladroit. Je n'y étais pas alors je prend des pincettes mais il me semble qu'il était paralysé, et qu'il n'avait pas de maladie dégénérative.

Écrit par : vincent15 | jeudi, 06 janvier 2011

En plus après avoir lu a dépêche, il y a bien une banalisation, comme si le meurtre était la conséquence naturelle du handicap.

Ca fait froid dans le dos...

Écrit par : vincent15 | jeudi, 06 janvier 2011

@Vincent : je pense que c'était juste la liaison entre 2 cas d'euthanasie dont l'article de César parlait à propos de Vincent Humbert, non pas du handicap.

Écrit par : luciolebrune | jeudi, 06 janvier 2011

Je crois que hautetfort a perdu mon précédent - et long - commentaire, j'avais laissé la page ouverte fort longtemps, (occupée par ailleurs)

Écrit par : luciolebrune | jeudi, 06 janvier 2011

Voilà des tragédies telles qu'on hésite à ouvrir la bouche si on n'a pas soi-même vécu des souffrances comparables, comme handicapé ou parent. Je préférerais leur laisser la parole. Mais chacun de nous peut être juré d'assises… Alors ?

Comme être humain je partage ce cri de l'égal droit à la vie et à la justice (et à beaucoup d'autres choses) ; la situation de handicap la personne assassinée ne peut absolument pas constituer une circonstance atténuante - elle serait plutôt aggravante au contraire. Mais, toujours comme être humain, je partage aussi la faiblesse de ne pas arriver, seul, à porter un enfant ou un adulte dans des situations de dépendance extrême. Et Dieu que les "amis" s'éloignent (j'en suis) quand on aurait un aussi grand besoin d'aide. La dépression, le désespoir, si j'étais juré, aurais-je l'inhumanité de les nier ?

La droite a l'habitude de monter sur ses grands chevaux quand on cite "la société" comme circonstance atténuante de crimes commis par des individus. Mais "la société", porte-t-elle vraiment sa part du fardeau au point que prétend ce billet ?

Écrit par : FrédéricLN | jeudi, 06 janvier 2011

Peux-tu essayer de récupérer mon commentaire si c'est possible, César ?

Écrit par : luciolebrune | jeudi, 06 janvier 2011

Peux-tu essayer de récupérer mon commentaire si c'est possible, César ?

Écrit par : luciolebrune | jeudi, 06 janvier 2011

Vincent, il me semble qu'il ne faut pas donner le potentiel de chacun comme critère de vie ou de mort, c'est à dire comme "légitimité" ou non d'exister.
Bien sûr il est merveilleux de voir les prodiges de ressources que peuvent utiliser certaines personnes classées comme "handicapées" ; apportant ainsi le témoignage vivant des capacités que nous avons tous sans le savoir.

Le problème est que tous les parents (j'en fais partie) fantasment sur leur bébé, lui donnant donc un amour "à condition". Et si l'enfant ne répond pas aux critères exigés, ils ne "l'aiment plus" (cela rejoint les notations données au cours de la scolarité tiens) !
Dans ce cas-là, sur ce même principe, nous serons vite déterminés à nous débarrasser des vieilles personnes qui n'ont pas "réussies" selon nos critères à nous ! Alors qu'on va en "gracier" d'autres ?!!! C'est l'eugénisme dont tu parles.

Non, un être qui naît, quel que soit son physique et ses performances est respectable, c'est tout. Il n'y a strictement rien à comparer entre les humains ! :-)

Écrit par : Françoise Boulanger | jeudi, 06 janvier 2011

Je commence à croire que hautetfort ne prend pas les coms avec les liens aujourd'hui. J'avais réécrit, puis c'est à nouveau perdu. Je vais donc copier/coller (j'ai conservé le texte, cette fois-ci) en enlevant le lien internet.

Écrit par : luciolebrune | jeudi, 06 janvier 2011

En effet, la vie d'un invalide ne vaut pas moins que celle d'un valide. Entièrement d'accord sur ce point.

Mais il serait réducteur d'envisager ce drame uniquement sous cet aspect.

Il y a des aspects que nous ne connaissons pas dans ce genre d'histoire.

Ce dernier fait divers est un peu particulier : j'ai lu un témoignage comme quoi, la fillette n'était pas en souffrance physique (douleurs), et avait tout de même une vie. En condamnant sa fille, le père a aussi condamné sa femme au chagrin éternel.

Néanmoins, j'ai vu des similitudes avec 2 affaires récentes :

- l'affaire de Neuilly où le père s'est suicidé après avoir abattu toute sa famille : le fils était autiste, la mère dépressive en raison de ce fait. Comme ici.
Or, la mère, qu'on le veuille ou pas, c'est elle le noyau de la cellule familiale, qu'elle soit défaillante et toute la famille l'est.

Note :(Dans le drame de Neuilly, elle ne travaillait plus, en raison du handicap de son fils et de sa dépression, et le père avait fait de mauvais placements, la ruine avait aussi sa part).

- l'affaire de Bretagne où la mère avait tué sa fille et essayé de se suicider. La similitude avec ici c'est qu'à 8 ans, elle venait juste d'être prise en charge. Les témoignages ont parlé d'un amour fusionnel et que la mère se disait que la petite allait être malheureuse dans cet établissement qu'elle pensait pas vraiment adapté pour elle.

L'enfant qui grandit, le corps qui s'alourdit, rendant plus difficile physiquement les soins en cas de handicap lourd... Il faut l'avoir vécu pour comprendre ce qui nous inquiète : nous vieillissons, qu'adviendra-t-il de nos enfants plus tard ?

"Je me surprends à souhaiter que tu trépasses avant moi" disait Lynda Lemay dans sa chanson sur un enfant pas comme les autres.

(Note : dans ce drame de Bretagne, à l'annonce du handicap, le père s'était courageusement enfui de la maternité - la mère avait dû renoncer à travailler pour élever sa fille).

Il est flagrant de voir que nous avons moins de cas de ce type dans les pays où le handicap de l'enfant est pris en charge, ce qui n'est pas le cas de la France.

Toutefois, même en Belgique, où c'est pourtant le cas, nous connaissons des histoires sordides, comme celui de cet autiste battu quand il rentrait chez lui.
Des parents indignes, il y en a toujours, que l'enfant soit valide ou non.

Dans leur grande majorité, les parents aiment encore plus fort un enfant s'il est déficient. C'est peut-être la raison pour laquelle la vie a permis que des enfants naissent ainsi : ils font sortir ce qu'on a de meilleur en nous, mieux, ils nous rendent meilleurs.

Moi-même, si on m'avait dit que j'attendais un enfant handicapé pendant ma grossesse, j'aurais peut-être demandé une IMG. C'est une chose que je ne ferais plus. J'ai changé. Mon fils m'a changée.

Écrit par : luciolebrune | jeudi, 06 janvier 2011

Je crois que vous confondez clémence et impunité. La justice ne peut que condamner cet homme. Mais en droit, il existe le principe de la personnalisation de la peine qui tient compte du niveau de responsabilité, des circonstances "aggravantes ou atténuantes", etc. Face a ce genre de faits, l'indignation de certains commentateurs ici ne sert à rien. A écouter certains, il faudrait rétablir exprès la peine de mort. On se calme ! c'est un crime comme les autres et donc passible d'une peine. Au juges et aux jurés d'apprécier les faits. Le cas de l'homicide "altruiste" (si c'est le cas...) est à examiner avec la plus grande précaution.

Écrit par : taverne des poètes | jeudi, 06 janvier 2011

"A écouter certains, il faudrait rétablir exprès la peine de mort. On se calme !..."
Qui a parlé de "peine de mort" sinon vous-même, taverne des poètes ?!!

Bien au contraire, tout le monde ici est d'accord pour examiner avec lucidité les circonstances des faits. Vous mettez de la polémique là où il n'y en a justement pas il me semble...

Écrit par : Françoise Boulanger | jeudi, 06 janvier 2011

Que de Beaux commentaires.
Donner des avis est une chose, le vivre en est une autre. Quel parent d'enfant handicapé témoigne ici,où sont-ils ?
Ma fille a 23 ans, c'est une enfant "à vie", avec tout ce que cela implique, j'ai 5 frères et soeurs, des parents, je suis SEULE, personne n'a voulu ou "pu" s'impliquer ou même ne serait-ce que ME et LA regarder.
Alors l'Etat ou la Société c'est pareil pour moi. Seule la survie compte. Aussi, je pense à ce monsieur et la souffrance qui est la sienne : La mort c'est la solitude, il était déjà mort, abandonné des autres.
Je comprends c'est tout parce que moi j'ai aussi essayé de la tuer et cela pendant des années, j'ai pu m'en sortir mais à quel prix, aussi pour moi ce n'est pas le handicap qui fait souffrir, c'est la solitude et l'isolement dans lequel le monde nous met.Moi ça a duré 20 ans et ça dure encore.... même si elle est placée depuis 3 ans.

Écrit par : caso | jeudi, 06 janvier 2011

Que de Beaux commentaires.
Donner des avis est une chose, le vivre en est une autre. Quel parent d'enfant handicapé témoigne ici,où sont-ils ?
Ma fille a 23 ans, c'est une enfant "à vie", avec tout ce que cela implique, j'ai 5 frères et soeurs, des parents, je suis SEULE, personne n'a voulu ou "pu" s'impliquer ou même ne serait-ce que ME et LA regarder.
Alors l'Etat ou la Société c'est pareil pour moi. Seule la survie compte. Aussi, je pense à ce monsieur et la souffrance qui est la sienne : La mort c'est la solitude, il était déjà mort, abandonné des autres.
Je comprends c'est tout parce que moi j'ai aussi essayé de la tuer et cela pendant des années, j'ai pu m'en sortir mais à quel prix, aussi pour moi ce n'est pas le handicap qui fait souffrir, c'est la solitude et l'isolement dans lequel le monde nous met.Moi ça a duré 20 ans et ça dure encore.... même si elle est placée depuis 3 ans.

Écrit par : caso | jeudi, 06 janvier 2011

Merci Caso, je suis aussi maman d'un enfant handicapé, pas aussi "lourdement" que les cas évoqués, mais vous pouvez le comprendre dans mon commentaire.

Bravo pour votre courage.

Écrit par : luciolebrune | jeudi, 06 janvier 2011

@tous
Ce que je condamne, c'est le ton nouveau employé pour expliquer que la clémence est concevable parce qu'il s'agit d'enfants handicapés. La clémence est concevable pour plein de raisons, mais certainement pas parce que la victime était handicapée, c'est tout, et je ne changerai pas d'avis sur le sujet.

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 06 janvier 2011

Bonjour,

Evidemment, le concept que la vie d'un handicapé vaudrait moins que celle d'un valide est tout à fait révoltant.

Néanmoins, ce n'est qu'un des aspects de ces tragiques histoires. J'ai lu un commentaire sur ce fait divers, par quelqu'un qui disait connaître la famille, et que l'enfant n'était pas en souffrance.

Il apparaît que le père aurait pris la décision seul, condamnant ainsi la mère au chagrin éternel en même temps qu'il condamnait son enfant à la mort. Il faut dire aussi qu'elle était dépressive depuis l'annonce du handicap, et que la mère, qu'on le veuille ou non, c'est elle le noyau de la cellule familiale, comme dans ce triste fait divers récent de Neuilly où le papa a tué toute la famille avant de se donner la mort. Des problèmes financiers s'ajoutaient à la dépression de la mère et à l'autisme du fils qui avait engendré cette dépression, la mère ne travaillait pas...

Mais je pense aussi à cette mère qui, il y a quelques mois, a tué sa fille lourdement handicapée et a voulu se donner la mort ; le papa s'étant courageusement enfui de la maternité à l'annonce du handicap.

Pourtant, la société l'avait aidée : logement mis à la disposition par la commune qui venait de la recevoir, allocation (très chiche vu que la dame avait dû renoncer à son emploi), et, malheureusement au bout de 8 ans, une place en institut, ce qui avait déclenché selon ce qui en a été rapporté le crime : la mère pensait que sa fille y serait malheureuse. Il est vrai que le manque de prise en charge en France aggrave nettement les choses.

Au bout de 8 ans, on parlait alors, selon les témoignages rapportés, d'amour fusionnel, et que la croissance de la fillette rendait plus difficile, avec le poids, les soins quotidiens, ce que je peux facilement imaginer. Je suis frappée par la similitude avec le fait que la fillette de l'affaire récente venait aussi d'être prise en charge.

Il y a donc beaucoup de choses qu'on peut supposer, néanmoins César et Françoise ont tout à fait raison. Mais nous n'avons pas toutes les données.

Je dois dire que moi-même, si j'avais su pendant la grossesse que mon fils naîtrait avec un handicap, j'aurais décidé de faire pratiquer une IMG, chose que je ne ferai pas aujourd'hui. J'ai changé. Mon fils m'a changée.

Les crimes ne sont que des exceptions : généralement, les enfants déficients sont bien plus aimés par leurs parents. La nature a voulu qu'ils fassent ressortir ce qu'on a de meilleur en nous, et même, qu'ils nous rendent meilleurs.

Cependant, des parents indignes, même dans une société qui prend les enfants handicapés en charge, il y en aura toujours, mais beaucoup plus rarement : en Belgique, nous avons eu un fait divers dernièrement :

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=39265116

Des parents indignes, même pour des enfants sans pathologie, il y en aura toujours...

Écrit par : luciolebrune | jeudi, 06 janvier 2011

Etant donné que mon com a l'air bel et bien perdu, je vais essayer de le réécrire.

Je disais qu'en effet, la vie d'un invalide ne vaut pas moins que celle d'un valide. Entièrement d'accord sur ce point.

Mais il serait réducteur d'envisager ce drame uniquement sous cet aspect.

Il y a des aspects que nous ne connaissons pas dans ce genre d'histoire.

Ce dernier fait divers est un peu particulier : j'ai lu un témoignage comme quoi, la fillette n'était pas en souffrance physique (douleurs), et avait tout de même une vie.

En condamnant sa fille, le père a aussi condamné sa femme au chagrin éternel. Néanmoins, j'ai vu des similitudes avec 2 affaires récentes :

- l'affaire de Neuilly où le père s'est suicidé après avoir abattu toute sa famille : le fils était autiste, la mère dépressive en raison de ce fait. Comme ici.
Or, la mère, qu'on le veuille ou pas, c'est elle le noyau de la cellule familiale, qu'elle soit défaillante et toute la famille l'est.

Note :(Dans le drame de Neuilly, elle ne travaillait plus, en raison du handicap de son fils et de sa dépression, et le père avait fait de mauvais placements, la ruine avait aussi sa part).

- l'affaire de Bretagne où la mère avait tué sa fille et essayé de se suicider. La similitude avec ici c'est qu'à 8 ans, elle venait juste d'être prise en charge. Les témoignages ont parlé d'un amour fusionnel et que la mère se disait que la petite allait être malheureuse dans cet établissement qu'elle pensait pas vraiment adaptée pour elle.

L'enfant qui grandit, le corps qui s'alourdit, rendant plus difficile physiquement les soins en cas de handicap lourd... Il faut l'avoir vécu pour comprendre ce qui nous inquiète : nous vieillissons, qu'adviendra-t-il de nos enfants plus tard ?

"Je me surprends à souhaiter que tu trépasses avant moi" disait Lynda Lemay dans sa chanson sur un enfant pas comme les autres.

(Note : dans ce drame de Bretagne, à l'annonce du handicap, le père s'était courageusement enfui de la maternité - la mère avait dû renoncer à travailler pour élever sa fille).

Il est flagrant de voir que nous avons moins de cas de ce type dans les pays où le handicap de l'enfant est pris en charge, ce qui n'est pas le cas de la France.

Toutefois, même en Belgique, où c'est pourtant le cas, nous connaissons des histoires sordides (bien plus rares ici)
Un cas qui a défrayé la chronique dernièrement :

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=39265116

Des parents indignes, il y en a toujours, que l'enfant soit valide ou non.

Dans leur grande majorité, les parents aiment encore plus fort un enfant s'il est déficient. C'est peut-être la raison pour laquelle la vie a permis que des enfants naissent ainsi : ils font sortir ce qu'on a de meilleur en nous, mieux, ils nous rendent meilleurs.

Moi-même, si on m'avait dit que j'attendais un enfant handicapé pendant ma grossesse, j'aurais peut-être demandé une IMG. C'est une chose que je ne ferais plus. J'ai changé. Mon fils m'a changée.

Écrit par : luciolebrune | jeudi, 06 janvier 2011

Comment s'étonner, quand on voit que la justice (belge dans ce cas précis) dédommage les parents du préjudice esthétique que représente la venue au monde de leur fille trisomique? Voir ici http://www.nystagmus.me/article-belgium-one-point-belgique-un-point-62702353.html

Écrit par : Natalia Trouiller | jeudi, 06 janvier 2011

Je partagel'avis de l'hérité. Ce n'est pas par ce que nous avons un handicap qu'il faut se débarasser de nous comme un objet plus utilisable. Arrètons de nous considérer comme des moins que rien.

Écrit par : Soulier | jeudi, 06 janvier 2011

Ah c'est pas vrai, mes coms sont venus ! tu as eu des triplés !

Écrit par : luciolebrune | jeudi, 06 janvier 2011

@luciole
hé hé, fécondation assistée :-D

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 06 janvier 2011

@FrédéricLN : mon commentaire a pû être mal compris, je n'étais pas levé depuis longtemps et pas bien réveillé, je voulais parler du traitement médiatique, non des affaires elles-mêmes. Que des parents pètent des cables, c'est humain, et je ne dit pas que je ne le ferait pas dans la même situation. Que la justice soit clémente, c'est compréhensible, mais il ne faudrait pas que ça fasse jurisprudence. Que les médias défendent bec et ongle ce genre de choses, comme si c'était la réaction normale à adopter face au handicap, c'est inexcusable...

@Françoise : c'est vrai que ma remarque est maladroite, mais quand je voit certaines personne dire que cela ne sert à rien de vivre si on est pas valide, si on est sourd, si on est atteint de telle ou telle maladie, ça m'effraie un peu, et on peut vite tomber dans le genre de dérive que tu décrit.
Ce que je voulais dire par là, c'est qu'il y a deux attitudes a adopter quelle que soit la situation face à la vie : se battre ou abandonner, il n'est pas toujours facile de se battre, et n'importe qui peut tomber dans la dépression face à une situation difficile, moi comme les autres.
Mais en quoi le meurtre d'une personne handicapée serait normal alors que celui d'une personne simplement déprimée ne le serait pas ? Certes la dépression est passagère (parfois...) mais un handicapé ne pourrait donc pas être heureux un jour ?

@luciolebrune et caso :
Vos témoignages montrent que ce qui pose problème, ce n'est pas forcément le handicap lui même (enfin si il n'était pas là ce serait plus simple évidemment), mais le manque de structures, d'accompagnement logistique et psychologique, d'aide de l'entourage aussi bien que de l'état, l'isolement...
C'est CA qu'il faut changer, pas les peine encourues dans le cas d'homicides sur personnes handicapées, pour que le handicap ne détruise plus jamais la vie de l'entourage, et que ce ne soit plus une excuse pour ce genre d'actes.

Écrit par : vincent15 | jeudi, 06 janvier 2011

@Vincent
tout pareil que toi : on s'est parfaitement compris.

Écrit par : l'hérétique | jeudi, 06 janvier 2011

@vincent15 : c'est exactement cela. C'est flagrant la différence entre les pays qui ont des structures pour cette problématique et ceux qui en manquent.

Oui, le propos était du billet était de lutter contre la banalisation dans l'opinion de ce genre d'actes, et il faut être vigilant en la matière, sinon c'est la porte ouverte à tout.

Écrit par : luciolebrune | jeudi, 06 janvier 2011

Effectivement l'hérétique, la dépèche AFP aurait du parler d'infanticide rien de plus...Aucune différence de traitement est la meilleure facon d'aider, ce que revèle cette dépèche est le regard posé parfois appuyé qui peut blesser maladroitement croyant aider, quand beaucoup d'handicapés se battent pour etre non seulement visibles mais égaux, et certaines "aides" condescendantes ont souvent le don de les hérisser. Ensuite la justice passe comme le relève "La taverne des poètes"; et à nous d'en tirer les enseignements.
Effectivement, les structues font défaut, quoique certaines existent via financement Saoudi (en autres) chez nous, me semble-t-il.
@+

Écrit par : Martine | jeudi, 06 janvier 2011

Tsss,
Repasse corriger mes foootes de frappe:
Effectivement, les structures font défaut, quoique certaines existent via financement saoudi (entre-autres)chez nous me semble-t-il.

Écrit par : Martine | jeudi, 06 janvier 2011

@Tous :

TRÈS IMPORTANT :
Allez lire cet article :
http://autismeinfantile.com/observation/reflexion-sur-lautisme/le-meilleur-des-mondes/

Écrit par : luciolebrune | vendredi, 07 janvier 2011

Excusez moi, je n'ai pas lu le fil de commentaires, je réponds directement au billet, et je voudrais simplement inviter son auteur à pousser sa réflexion vers un peu plus d'empathie. Je crois que ce type de jugement, seul un parent d'enfant handicapé peut le porter , et encore...Personne ne peut rien juger de cette détresse là en fait.
Que savez vous de la vie quotidienne d'un père d'enfant IMC ?
Que savez vous de la tristesse de parents qui angoissent de laisser derrière eux un enfant -qui est un enfant de quelques mois pour la vie- sans défense, sans moyens, sans autonomie, aux prises avec un système français qui est probablement le plus terrible en Europe ?
Pas de répit en France pour les parents d'enfants handicapés, rien ne nous est épargné. Rien.
-Pas de répit pour ceux qui craquent,
- pas de prise en charge adaptée pour aider nos enfants à progresser,
- des batailles sans fin pour accéder au minimum minimorum, batailles à renouveler année après année,
- guerres de tranchée pour permettre à nos enfants d'être scolarisés malgré la loi de 2005 qui n'est plus qu'une coquille vide,

Et à côté de cela la solitude, l'angoisse, et la fatigue physique du quotidien d'un enfant qui n'est pas propre , qui ne mange pas seul, qui a des troubles du comportement, ne dort pas etc.

Je vais vous dire moi ce qui me choque. Ce n'est pas le geste de ce père désespéré, c'est le commentaire d'une voisine , une personne agée , mais visiblement en forme, qui disait "on voyait le père avec sa fille il la balladait tous les jours". Elle le voyait, comme tout le monde dans ce village. Et qui est allé vers lui ??? Qui a proposé de boire le café ??? Qui a proposé de pousser le fauteuil en papotant ??? Qui a proposé de garder la petite deux heures , deux petites heures, le soir , une fois couchée, pour qu'il emmeène sa femme maner une pizza au restau de coin ??? Qui ????

Je ne vous parle pas de structures là, je vous parle de ce que vous et moi, de ce que tous nous pouvons faire simplement, pour éviter que des parents soient dans cette situation.La société c'est vous , moi, mon fils handicapé, cette petite IMC , ses parents, ces personnes agées dans ce village, c'est tout le monde.

Écrit par : Béatrice Bolling | samedi, 08 janvier 2011

@Béatrice : justement, dans le fil des commentaires, il était expliqué que ce que l'auteur dénonçait la banalisation dans l'opinion de ce genre d'actes, pas l'acte en lui-même, et il faut être vigilant en la matière, sinon c'est la porte ouverte à tout. Mais il vous l'expliquera mieux que moi.

Il est apparu au fil des commentaires que ce genre de drame est récurrent en France, où c'est un rare pays dit alors "riche", dans les années 1970, à ne pas avoir mis en place une véritable politique de prise en charge éducative des enfants à besoins particuliers.

Nous n'avons pas de tels drames en Belgique, au Québec, en Italie, etc., ou, bien plus rares. C'est ce que j'ai expliqué dans mes commentaires et aussi Caso, maman comme moi d'un enfant en situation de handicap.

L'auteur du billet voulait mettre en exergue que la vie d'un handicapé valait autant que celle d'un valide, et l'on ne peut que plussoyer cela. Ensuite, l'horreur du fait divers, j'en ai expliqué les raisons, et vous les complétez par les vôtres, comme l'a fait Caso (les proches et les autres qui se détournent de vous) mais là n'était pas le sujet du billet, contrairement à ce que j'ai cru tout d'abord.

J'ajouterai que si les personnes valides rejettent celles qui ne le sont pas, c'est parce qu'on ne leur a jamais appris à vivre ensemble, dès le début de la vie en société, à la crèche et à l'école. On a toujours peur de ce qu'on ignore, et le handicap ou la vieillesse est aussi un miroir : cela peut nous arriver à tous, contrairement à intégrer une autre minorité que nous ne serons jamais par naissance.

Écrit par : luciolebrune | samedi, 08 janvier 2011

Pour rebondir sur ce que tu viens de dire Luciole, il est certain que les tout petits enfants ne voient pas les différences entre eux. Cela n'a aucune importance en fait. Ce qui est important aux yeux d'un enfant c'est qu'on l'aime, qu'on lui sourit, qu'on le rassure, qu'on le touche, le carresse... Qu'on lui montre qu'il existe et qu'il mérite de l'attention. Il ne voit rien d'autre.

Mon père était handicapé (une très forte claudication due à une luxation congénitale) et je me souviens très bien de la réflexion d'une camarade de classe sur le chemin de l'école me disant : "ton père boîte !". Et moi de nier farouchement, de toute bonne foi (j'avais je pense dans les 6/7 ans). Ce n'est pas que je refusais de le voir, c'est que je ne l'avais pas vu tout simplement. J'avais toujours connu mon père comme ça et pour moi c'était normal. Dans ma tête de petite fille cela n'avait aucune importance. Et j'étais du coup très fâchée contre ma copine qui pouvait me reprocher en quelque sorte la différence de mon père, comme si c'était une grande faute d'être différent, un péché ! Je ne comprenais tout simplement pas.

C'est je pense cela qui nous manque. Il nous suffirait de conserver notre regard d'enfant...

Écrit par : Françoise Boulanger | samedi, 08 janvier 2011

C'est à dire, Françoise, que quand tu as mis un groupe de gens dans des ghettos, ou en tous cas que tu leur a interdit de partager les mêmes activités que les autres dans les mêmes lieux, depuis l'enfance, tu arrives à un rejet, c'est logique.

C'est un genre d'apartheid que tout le monde trouve "normal" : des instituts pour handicapés, des centres de travail pour handicapés, des loisirs pour handicapés...
Remplace le mot "handicapé" par "Noir" ou "Homo", les gens seraient indignés, ceux-là même qui trouvent que c'est très bien qu'on fasse ça pour les handicapés.

Bien sûr que les choses doivent être adaptées, mais on ne peut pas couper une population entière du reste sur tout. On doit essayer de réaliser au maximum l'inclusion. À ceci près que ce qui importe c'est l'épanouissement personnel de la personne, petite ou grande, jeune ou pas, et non pas une inclusion contre sa volonté, mais il faut qu'elle ait le choix.

En France, les enfants atteints de handicap n'en ont guère, même peu du spécialisé...

Écrit par : luciolebrune | samedi, 08 janvier 2011

@Béatrice
Je peux avoir de l'empathie avec le malheur, mais pas avec le crime, pour être très clair.
Ensuite, ce n'est pas le meurtrier auquel je m'en prenais particulièrement, mais, comme l'a très bien expliqué Luciole, à la dépêche de l'AFP et la tendance à banaliser dans l'opinion que un infanticide d'handicapé serait plus légitime qu'un autre infanticide parce que l'enfant est une charge bien plus lourde à assumer qu'un enfant ordinaire. Je n'aime pas du tout ce que le détour anecdotique sous-tend doucereusement dans notre société compassionnelle au possible mais aseptisée...

Écrit par : l'hérétique | samedi, 08 janvier 2011

Entièrement d'accord avec toi, Luciole ! c'est bien la disparition des familles unies et solidaires qui explique toutes les dérives que nous connaissons.
A la limite il faudrait presque supprimer les crèches collectives (ayant été directrice-adjointe d'une crèche de 120 gamins je sais de quoi je parle) pour préférer les crèches familiales (autrefois appelées crèches "à domicile") qui elles permettent aux enfants de rester en milieu familial, au contact d'enfants plus grands et d'autres adultes que ses parents. La vie normale ! L'agrément des nounous (d'ailleurs on voit maintenant arriver des hommes et c'est très bien) est une chose faite très sérieusement je vous assure. Il n'est donné qu'après formation et rencontre avec psychologue et pédiatre de PMI, vérification de la mise en sécurité des installations du logement aussi. Puis le renouvellement de l'agrément est assuré par le suivi des assistantes sociales et des puéricultrices (ça aussi j'ai fait et c'est vraiment bien pensé, un enfant ne peut pas être maltraité puisque les visites sont souvent des visites surprise...).
De même que maintenant on privilégie le maintien des personnes âgées à domicile, plutôt que de les "enfermer" dans une maison de retraite. Je ne parle pas naturellement des situations qui obligent à hospitaliser pour des soins appropriés.
Il ne faut plus séparer quiconque sous prétexte de faciliter l'organisation. Puisque cela n'entraîne que des comportements contraires justement à ce que l'on recherchait.

L'inclusion n'est pas seulement à penser pour l'école mais pour la vie durant ! Les générations ne doivent pas être opposées. ;-)

Écrit par : Françoise Boulanger | samedi, 08 janvier 2011

Excellent résumé des commentaires ayant eu lieu sur ce blog à propos de l'éducation des liens intergénérationnels etc depuis 2008.
Merci Francoise et Luciole.
Tiens je redépose un lien qui fut fort apprécié à l'époque :o))
http://www.youtube.com/watch?v=5JvVf1piHXg
@+

Écrit par : Martine | samedi, 08 janvier 2011

Pas de pitié pour les faibles et les malades : dans l'Antiquité, Hérodote rapporte que les Massagètes mangent les vieillards devenus trop faibles :

http://www.villemagne.net/site_fr/alexandre-le-grand-peuples-des-confins-massagetes-chorasmiens-autres-peuples.php#020

Écrit par : Iskander | samedi, 08 janvier 2011

@Iskander,
Pas trop compris le sens de votre com.
L ne preche que pour un handicap, un seul! Quand ils sont multiples,et une autre agée qui essaie de bouffer la laine sur le dos de plus jeunes depuis longtemps...Whatelse?

Écrit par : Martine | samedi, 08 janvier 2011

Parmi tous les commentateurs de cet article combien sont concernés de très près par le handicap d'un enfant ?
Que savent ils exactement de la vie d'une
famille avec le handicap ?
S'imaginent ils que la société les aide ? que c'est la grande vie subventionnée à coup d'AEEH ?
Qu'ils viennent s'occuper de mon enfant 3 jours qui permettront au reste de la famille (car il y la fratrie à ne pas oublier)de souffler et se prendre un grgand week end avec restau ciné ski grasse matinée... le luxe quoi ! que nous ne connaissons plus depuis 6 ans.
Alors qu'une famille pète les plombs... c'est moche très moche mais sans connaître ses conditions de vie, la charge de l'enfant handicapé... personne ne peut juger. Ensuite chacun réagit selon son tempéremment, ses capacités. Examinons de quels soutients des pouvoirs publics elle dispose : place en établissement ou pas, prise en charge rééducative ou pas, travail pour les parents ou pas (trop souvent la maman cesse toute activité non pas pour papoter avec les copines et trainasser chez l'estéticienne du quartier mais pour s'occuper de l'enfant faute de prise en charge et bien sur en perdant un salaire... à vie.
Alors ne jugeons pas sans savoir...
Même concerné je ne me le permettrait pas

Écrit par : ssrw38 | lundi, 10 janvier 2011

En ce qui me concerne, je sais...Mais ne vais pas non plus raconter ma vie sur le web de trop^^^.
Les handicaps concernent tant mon milieu familial que des proches alors, je sais bien que les handicaps et vécus peuvent etre très différents.

Écrit par : Martine | lundi, 10 janvier 2011

Voici un article emblématique sur ce que peut vivre un parent :
http://autismeinfantile.com/temoignages/sabrina-et-julien/itineraire-dun-autiste-peu-gate/

Impossible de lui jeter la pierre si elle passe à l'acte...

par contre, bien d'autres responsabilités émergent et sont à retenir de ce témoignage.

Écrit par : luciolebrune | samedi, 04 février 2012

c'est la semaine du nécro-postage ou quoi ?

Écrit par : skunker | samedi, 04 février 2012

Tiens, Martine est contagieuse...

Écrit par : luciolebrune | samedi, 04 février 2012

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