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mercredi, 05 mai 2010

Les peuples paient cash...

Tout comme Nicolas et ses humeurs de vaches, je tends à penser que Zeus n'est pas comptable de l'addition que doivent payer les Grecs, désormais. Il y a toutefois une chose qui m'étonne dans les décisions prises par les pouvoirs grecs : plutôt que de s'attaquer frontalement à la fraude fiscale qui représente un manque à gagner délirant, ils ont préféré taper sur les retraites, les fonctionnaires, et cetera...

Je demeure perplexe. La Grèce va matraquer sa croissance, risque de faire partir ses jeunes, et si elle rassure temporairement ses prêteurs, elle risque de faire fuir les investisseurs. A mon avis, il eût été (mais c'est encore possible) préférable de décréter certes des mesures exceptionnelles pour l'année en cours, mais surtout, de prévoir des investissements massifs dans la justice et le contrôle fiscal. Une fois une  deux années écoulées, voir ce qu'il en est alors de l'efficacité d'une telle réforme. Je pense que la lutte contre la fraude fiscale serait bien plus acceptée par les Grecs, même s'ils en profitent pour une large majorité. Quand on lit les déclarations fiscales des quartiers les plus riches d'Athènes, on a l'impression qu'on vit en Seine Saint-Denis... De plus, une justice efficace rassure aussi les partenaires financiers et économiques des entreprises grecques.

Je l'ai déjà dit dans un billet précédent : le train de vie de la Grèce n'est pas si dispendieux qu'il y paraît ; ce qui cloche, c'est l'argent qui devrait rentrer dans les caisses et qui n'y rentre pas. Plutôt que d'augmenter la fiscalité, donc, en somme, de faire payer encore plus ceux qui ne trichent pas, mieux vaudrait récupérer l'argent chez ceux qui grugent. Bayrou évoquait cette marge de manoeuvre, ce matin, alors qu'on lui demandait ce qu'il pensait de la situation grecque, et je crois qu'il a pleinement raison.

En fait, comme le Privilégié, je trouve agaçant d'entendre que les Grecs ont vécu trop longtemps au-dessus de leurs moyens, que ce sont des privilégiés ; c'est insultant pour les Grecs, et ils ne me donnent par ailleurs pas l'impression de vivre comme des nababs pour ceux que j'ai pu croiser chaque fois que je me suis rendu dans ce pays.

 

14:07 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : grèce, fraude, fiscalité |  Facebook | | |

Commentaires

Oui, revenir à la base de l'Etat : l'impot.
J'ai comme l'impression que le remède (de cheval) Grec risque de tuer le malade. L'autopsie prouvera-t-elle que j'avais raison ?

Écrit par : Maitre Toad | mercredi, 05 mai 2010

Bonjour
Quelles sont les démarches pour adhérer au réseau de l'échiquier ?

Écrit par : Roger le rejet | mercredi, 05 mai 2010

Le problème grec n'est pas un problème financier. C'est un problème de gestion, purement.

Normalement :
a/ on récolte de l'argent
b/ on établit une liste des dépenses
c/ on réalise les dépenses

Ce qui est fait :
a/ on établit une liste des dépenses
b/ on récolte moins que prévu
c/ on emprunte pour la différence
d/ on dépense plus que prévu
e/ on ré-emprunte
f/ on blâme les tiers.

Écrit par : h16 | mercredi, 05 mai 2010

Hé ! L'hérétique,

Tu vires gauchiste ?

Écrit par : Nicolas | mercredi, 05 mai 2010

De toute façon, on nous cache tout, on sait rien et j'y comprend rien

Écrit par : Hermes | mercredi, 05 mai 2010

Il joue les "provocateurs"
De toute facon, en pleine crise d'allergie la météo étant mauvaise, suis complètement déboussolée! Vais hiberner! :D

Écrit par : Martine | mercredi, 05 mai 2010

C'est effectivement sur les "tricheurs" qu'ils faudraient baser les efforts. Il l'expliquait il n'y a pas longtemps, sur une colline chic de Athènes, environ 300 foyer déclare dans leurs impôts avoir une piscine alors que le fisc en a rescencé 12 000 avec google earth... il y a du travail car la fraude est un sport national là-bas.

Écrit par : David Guillerm | mercredi, 05 mai 2010

On assiste juste à la faillite du keynésianisme et de la social démocratie, comme si dépenser plus que ce que l'on gagne était viable à plus long terme. C'est malheureux mais si ce genre de faillite pouvait arriver en France histoire de faire payer les coupables qui ont envisagés de refourguer le problèmes de la dettes à nos futurs petits enfants. Et cela ferait au moins bouger les mentalités socialiste de droite et de gauche, tout en montrant que Bayrou avait lui raison pendant que les autres partis proposer de s'injecter encore et toujours un peu de dépenses supplémentaires pour faire durer le trip.

Écrit par : Dem | mercredi, 05 mai 2010

@Nicolas
tsss tsss : je n'ai pas dit qu'il fallait faire rendre gorge aux koulaks, mais simplement qu'il fallait percevoir l'impôt, au moins dans un premier temps.
@Roger
s'engager à respecter la charte éthique :
http://echiquier-flux.blogspot.com/2009/07/charte.html
Afficher le flux sur son blogue à une place relativement visible.
@David
Je me méfie de la phraséologie qui vise exclusivement les "tricheurs".
Il y a un ensemble de mesures à prendre : commencer par faire rentrer l'impôt, et ajuster rentrées et dépenses, ce qui n'est pas le cas actuellement.
@Dem
Hélas, tous les gouvernements agissent de la même manière depuis 30 ans, c'est à dire Barre, en gros.
@h16
Oui, c'est dans l'ordre de la première liste que les choses devraient être faites.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 05 mai 2010

l'Hérétique, êtes-vous sûr que c'est le gouvernement grec tout seul qui a pris la décision de "taper" le peuple avant de s'attaquer en premier à une des causes de leur déficit ?
Ne serait-ce pas un peu les dirigeants européens qui financent le déficit grec, qui leur ont soufflé ?

Écrit par : verso | mercredi, 05 mai 2010

Je te remercie pour le lien.

La corruption est en Grèce un réel problème, inhabituelle dans la zone euro. Près de 40% de l'économie est informelle.

Par ailleurs, je connais bien ce pays pour diverses raisons, et tous les citoyens grecs versent des pots-de-vin, pour diverses raisons. Lutter contre cela est une nécessité indispensable.

Écrit par : Mathieu L. | mercredi, 05 mai 2010

Et comment fait on pour figurer sur ce flux justement ?

Écrit par : Roger le rejet | mercredi, 05 mai 2010

@ roger
il faut avoir un blog :-)

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 05 mai 2010

Complètement d'accord avec l'Hérétique. Un effort drastique pour fiscaliser l'économie souterraine est indispensable. On pourrait ajouter aussi une réduction très forte des dépenses d'armement qui comptent en % du PIB parmi les plus élevées d'Europe à cause du conflit chypriote (ce qui coûtera à la France, qui envisageait des commandes d'armes, avions et frégates, de la Grèce .... Or ils n'ont prévu de réduire ces dépenses que de 6% ...

Écrit par : Marianne | mercredi, 05 mai 2010

"Plutôt que d'augmenter la fiscalité, donc, en somme, de faire payer encore plus ceux qui ne trichent pas, mieux vaudrait récupérer l'argent chez ceux qui grugent. Bayrou évoquait cette marge de manoeuvre, ce matin, alors qu'on lui demandait ce qu'il pensait de la situation grecque, et je crois qu'il a pleinement raison."

Entièrement d'accord. En fait tu dis ni plus ni moins que le travail au black ne permet pas de récolter de la TVA... entre autre. Les gens qui en font malgré tout ne se rendent absolument pas compte du mal qu'ils se font à eux-mêmes. Puisque, si j'ai bien compris (je plaisante !), ils ne cotisent pas non plus pour leur retraite. En finale, tout le monde est lésé, y compris le fraudeur qui se croyait si malin.

C'est ce qui me gêne aussi dans "le bénévolat" en France, qui à mon avis nuit à la création d'emplois (une amie allemande m'avait exprimé son étonnement, parce que cela n'exsiste pas chez elle où tout travail est rémunéré).
Problème équivalent me semble-t-il pour les SEL ; je crois que FrédéricLN en avait très bien parlé sur son blog. Mais je ne me souviens plus de son argumentation.

Écrit par : Françoise Boulanger | jeudi, 06 mai 2010

Vous remarquerez, cher ami, qu'en France, les impôts, taxes, cotisations font l'objet d'un recouvrement "satisfaisant" mais ne suffisent nullement à couvrir les dépenses.
D'autre part, et c'est le grand drame du socialisme démocratique ( excusez l'oxymore) : soit l'impôt n'est pas assez élevé, soit son recouvrement est déficient.
Il n'y a donc jamais assez de rentrées.

On peut logiquement penser que les grecs appliquent un principe de précaution individuel en prélevant sur leurs propres activités un auto-impôt, qu'ils reversent à eux-mêmes. Rien que du rationnel.

Écrit par : Whig | jeudi, 06 mai 2010

http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/06/les-depenses-de-l-etat-gelees-pour-trois-ans_1347666_3234.html#ens_id=1170028



"Ouh le vilain état Français qui se sert la ceinture !" Ah bah non même pas, on se tamponne toujours avec des dépenses faramineuses. Les journalistes sont donc vraiment des incapables ...

Écrit par : Démocrate | jeudi, 06 mai 2010

Je partage complètement l'analyse de l'Hérétique, les mesures prises par l'actuel gouvernement (d'ailleurs élu sur une imposture) ne sont que des mesurettes qui n'atteignent que ceux qui vivent le moins bien. La corruption et la fraude sont les véritables responsables de la situation économique grecque, mais personne ne veut réellement attaquer le problème de front...

Écrit par : Michele Padissis | vendredi, 14 mai 2010

γεία σας Μιχαιλλα,

C'est rageant, quand on y songe : personnellement, je trouve que le gouvernement grec aurait du procéder ainsi : ajustement des dépenses publiques pour l'année en cours, chasse à la fraude, et réajustement des dépenses au fur et à mesure que la fraude est éliminée.
La Grèce a la première flotte privée du monde, alors j'ai du mal à croire qu'il ne se trouve dans ce pays que des gens pauvres...

Écrit par : l'hérétique | vendredi, 14 mai 2010

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