Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Le syndrome du car de Bergerac | Page d'accueil | Il a le courage (et l'honnêteté) de défendre les banques françaises ! »

mercredi, 17 février 2010

Retraites : qui bosse le plus ?

Ça va être un beau merdier, la question des retraites...toutes les professions vont vouloir être qualifiées de pénibles. Une grande angoisse a saisi les Français, car ils voient la perspective d'une retraite paisible à 60 ans s'éloigner à grands pas. En réalité, puisqu'il faut 41 annuités, désormais, avec l'allongement de la durée des études, il est de toutes façons inévitable de dépasser 60 ans si l'on veut partir avec une pension pleine.  Quant à évoquer la pénibilité du travail, il a raison, l'Nicolas (comme quoi, les blogueurs de gauche ne disent pas que des conneries), de ne pas vouloir opposer les Français les uns aux autres. Je pense qu'il est débile de déclarer une profession pénible et pas une autre. On pourrait, en revanche, retenir des facteurs de pénibilité à condition que le panel soit suffisamment diversifié et pertinent. La fatigue, la difficulté, ne se résument pas à porter de lourdes charges ou à se lever tôt, ou encore à oeuvrer dans une grande amplitude horaire.

D'ailleurs, ça me fait rigoler, quand j'entends le NPA hurler au loup : songe-t-il, ce parti, que les plus exposés à la fatigue, ce sont les patrons dont il veut avoir la peau ? les affreux cadres aux forfaits, bourgeois, certes, mais taillables et corvéables à merci, qui réalisent des horaires à donner des cauchemars à un postier ? Sur un critère de pénibilité, c'est clair, les chefs d'entreprise sont aux premières loges pour partir à la retraite à 55 ans, en raison du stress et du temps de travail inhérent à l'exercice de leur fonction... On pourrait aussi faire valoir l'usure des enseignants, confrontés à un public de plus en plus rétif et violent, mais toujours contraint. Un professeur de musique, en collège, à raison de une heure d'étude musicale par classe, voit défiler, en moyenne, un peu plus de 500 élèves chaque semaine dans sa salle de classe, avec autant de conflits et de relations inter-personnelles à gérer... Bref, si on ajoute à cela les retours à pas d'heure du Nicolas, et le pain du matin de son boulanger avant le bistrot, on comprend tout de même que chaque métier est susceptible de porter en lui ses propres misères...

Évidemment, il ne faut pas non plus occulter certaines réalités, par exemple nier l'existence de tire-au-flanc, et s'il en existe, il y en a certainement plus dans le public que dans le privé...(réflexe droitier, traitez-moi de sale capitaliste, ou encore mieux, de néo-libéral, j'adore ça...).

Autant dire qu'il n'est pas sorti de l'auberge, l'autre Nicolas, celui de l'Élysée. Ce qui est sûr, c'est que s'il veut éviter le feu dans les rues de notre doulce France, il ne pourra pas éviter de traiter les retraites dans un contexte plus global, d'équité sociale et fiscale.

Bayrou avait dit en 2007 que sur les retraites, pour obtenir l'adhésion des Français, il faudrait agir par référendum. Je suis de son avis. Et j'ajoute, ce que d'ailleurs il dit aujourd'hui (c'est aussi la position du MoDem), que les Français sont capables d'entendre le langage de la raison, à condition qu'ils se sentent traités avec équité et que l'on ne les prenne pas pour des cons. Ce n'est pas possible de leur demander un effort, si dans le même temps, on dispense une catégorie de privilégiés du dit effort, ou, pire encore, si ce sont les gouvernants eux-mêmes qui augmentent de leur propre chef et substantiellement leurs revenus et leurs privilèges (et je dis ça alors que je suis très loin d'être un affreux gauchiste chasseur de koulaks...).

Le maître mot de toute réforme, c'est l'équité. Pas d'équité, pas de réforme.

10:59 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : travail, retraites |  Facebook | | |

Commentaires

D'une part, j'ai toujours raison.

D'autre part, "il ne faut pas non plus occulter certaines réalités, par exemple nier l'existence de tire-au-flanc, et s'il en existe, il y en a certainement plus dans le public que dans le privé...(réflexe droitier, [...])".

Je ne sais pas si c'est droitier mais ce n'est pas que une question de public - privé. C'est plus lié à la taille de l'entreprise et à la capacité à licencier (une grosse boite du tertiaire ne vire pas...). Travaillant près du public, je peux te garantir que ça bosse !

Sur le reste, on est d'accord.

Écrit par : Nicolas | mercredi, 17 février 2010

Est-ce que l'espérence de vie ne pourrait pas être un critère objective de pénibilité de travail ?

Sinon je suis d'accord, tout le monde semble d'accord pour tenir compte de la pénibilité, le seul problème c'est que tout le monde a un travail qu'il juste pénible :)
On est francais non ? :)

Écrit par : tompap | mercredi, 17 février 2010

Est-ce que l'espérence de vie ne pourrait pas être un critère objective de pénibilité de travail ?

Sinon je suis d'accord, tout le monde semble d'accord pour tenir compte de la pénibilité, le seul problème c'est que tout le monde a un travail qu'il juste pénible :)
On est francais non ? :)

Écrit par : tompap | mercredi, 17 février 2010

Hahaha très comique le coup de la pénibilité du patron!

En terme d'espérance de vie, les patrons ont pourtant une espérance de vie supérieure de plus de dix ans à celle des ouvriers.
Trop dur, trop pénible décidément!

Écrit par : toto | mercredi, 17 février 2010

Il y a pénibilité (physique, pour les métiers "manuels") et pénibilité (morale, pour certains cadres, profs, personels médicaux, ...).
Doit-on prendre en compte toutes les pénibilités ? Je ne crois pas...
Un maçon, usé à 45 ans, aura difficilement le choix de finir sa vie professionnelle dans un bureau tranquille (du secteur public ou PRIVE - cabinet de notaire, par exemple).
Par contre, un cadre peut souvent décider de "lever le pied" pour avoir un boulot moins pénible (et parfois moins bien payé...).

Le critère de l'espérance de vie me semble le plus pertinent...
Il y a (au moins) une faille cependant : les profs... Ils vivent très longtemps, mais leur santé mentale est parfois fragile à partir de 50 ans.
Qu'est-ce qu'on en fait, entre entre 50 et 65 ou 70 ans ? Ils sont trop nombreux pour tous les caser dans des CDI ou des cabinets de notaires !

Écrit par : Thierry | mercredi, 17 février 2010

je ne chasse pas le koulak et je suis d'accord avec votre conclusion... risquè-je un =jour de voter à droite ?! :)

Écrit par : gaël | mercredi, 17 février 2010

@thierry, toto et tompap
Critère biaisé : l'espérance de vie n'est pas la résultante exclusive du métier exercé. C'est donc un indicateur tout à fait trompeur.
@gaël
avec la droite qu'on a actuellement au pouvoir, ça risque pas, dans l'immédiat.
Sur les retraites, je suis convaincu qu'il faut légiférer par référendum pour avaliser une réforme. Mais cela suppose en effet de remettre à plat pas mal de choses.

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 17 février 2010

@tompap : Le critère de l'espérance de vie par profession est envisageable mais pas exempte de reproche. Le travail de nuit, d'après de récentes études serait cancérigène. Du coup entre une infirmière de nuit et une de jour cela peut sembler injuste... Et combien d'autres cas similaires de risques aggravés sur d'autres critères au sein d'une même profession ?

@L'hérétique : Pas grand chose à redire sur le fond mais une petite remarque tout de même : entre être à la retraite et être à la retraite en bonne santé pour en profiter, il y a un monde ! D'après les derniers chiffres que j'ai vu, la moyenne d'âge à partir de laquelle les retraités français ont des soucis de santé chroniques réguliers (plus ou moins invalidant) est de 67 ans. Personne n'en parle or c'est pourtant déterminant ! Tombé à la retraite pour finir cloué dans un siège en remerciement d'une vie de travail, c'est comme le cercueil.

Écrit par : realworld | mercredi, 17 février 2010

@heretique: est-ce qu'un critère biaisé n'est pas mieux qu'une non reconnaissance totale de la pénibilité ?
Je veux bien croire qu'un "type" de vie peut faire diminuer son espérance de vie en dehors de l'impact du travail, mais bon sur une base statistique si l'écart est de plus de 5 ans, c'est bien que le critère travail influe fortement.

Il ne faut pas regarder que la moyenne d'esperance de vie pour une profession, mais la pondérer par l'écart entre les extermes



@hrealworld: je ne dis pas qu'il suffit de prendre l'espérance de vie" par "profession" pour calculer l'age de la retraire.
Mais on peut partir de cette espérance de vie et analyser les cas de variations élevés au sein d'une même profession.
Bien sûr, je présume que tu penses que le nombre de variable à prendre en compte va être trop grand ?
Mais bon on peut commencer avec X facteurs et les faire évoluer dans le temps non ?

Écrit par : tompap | mercredi, 17 février 2010

@l'hérétique

D'accord avec toi pour dire que l'espérance de vie ne dépend pas que du métier : les non-fumeurs, les femmes, les habitants du sud, ..., vivent plus longtemps.
En maths on appelle ça une "fonction de plusieurs variables".

Mais la retraite est calculée par rapport à des données liées au travail (et non pas par rapport au mode de vie (en tout pas jusqu'à maintenant)).
Et il y a une telle différence d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre, que l'influence des autres "variables" peut sûrement être négligée.

Cela dit, je crois vraiment difficile de trouver un accord équitable.
La solution est sûrement ailleurs... peut-être par une politique volontariste qui donnerait à chacun la possibilité de ne pas faire un travail pénible toute sa vie !

Écrit par : Thierry | mercredi, 17 février 2010

donner votre point de vue sur le site DA


http://www.desirsdavenir.org/les-debats-participatifs/forum-participatif/et-si-la-presidentielle-se-jouait-sur-les-retraites-par-

Écrit par : Désirs d'avenir | mercredi, 17 février 2010

Les commentaires sont fermés.