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lundi, 19 octobre 2009

Hollande et la phraséologie marxiste primaire

Hollande m'énerve : il avait déjà plombé la candidature de son ex-compagne lors des élections présidentielles, et le voilà, qui croyant surfer sur la vague, récidive avec son "moi je n'aime pas les riches". Comme le pressent très justement Damien Pfeiffer, du parti libéral-démocrate, on peut sans grand risque anticiper la future cible des Socialistes s'ils devaient arriver au pouvoir en 2012 : ceux qui sont déjà taxés jusqu'à la moëlle.

Il m'exaspère avec sa phraséologie pré-marxiste à deux balles sur "les plus favorisés". De toutes façons, ne rêvons pas : les Socialistes ont toujours su s'entendre avec les très riches, ceux qui peuvent échapper au fisc, et s'en sont toujours pris à la classe sociale qui se situe juste en-dessous, c'est à dire des gens généralement aisés, mais par le fruit de leur travail, qui n'ont ni le pouvoir ni les moyens de se garantir échappatoire et évasion fiscales.

50% de la population française ne paie pas d'impôts, paraît-il. Il y a dans le tas une toute petite minorité de gens très riches, qui bénéficient à plein des niches fiscales, et également des gens peu aisés, parfois à la limite de la misère, qui vivent grâce à l'effort des catégories sociales coincées entre deux feux. Ce sont encore ceux-là qui vont en prendre plein la gueule avec les Socialistes.

Hollande s'exprime en ces termes : «Si nous ne mettons pas le clivage sur cette question de la fiscalité, nous ne le mettrons nulle part ailleurs». Eh bien, mon vieux, si tu en es à ne trouver que ce seul artifice pour distinguer la gauche de la droite, c'est vraiment que la gauche est mal barrée. Je fais une traduction pour ceux qui n'auraient pas compris :

«si on n'organise pas une chasse aux koulaks, nous ne parviendrons pas à surfer sur la vague du populisme ambiant.» Moi, ça m'énerve, cette volonté de faire payer "les favorisés", de chercher à diviser la nation entre gentils pauvres et méchants riches. Je préfère de loin promouvoir une réforme de la fiscalité qui soit efficace, solidaire et pragmatique. Une fiscalité où chacun cotise à la mesure de ses moyens, où les niches fiscales sont en voie de disparition sauf si elles génèrent directement de l'emploi, et où plutôt que de taxer lourdement certaines personnes et certains secteurs, on taxe tout et tout le monde mais faiblement, tout du moins, autant que notre dette et nos déficits ne nous le permettent.

C'est en tout cas le sens, me semble-t-il, que le MoDem entend donner à la fiscalité. La seule chose qui pourrait se justifier, c'est de jouer d'effets de balanciers pour accélérer la mutation industrielle de notre pays, en pénalisant l'ancien monde et en défiscalisant le nouveau. Encore faut-il s'assurer que l'effet de balancier se produit-il et cela ne doit donc pas être fait sans précautions. En ce sens, je fais partie de ceux qui ne sont pas contre le principe de la taxe carbone, à condition qu'elle bénéficie directement aux industries vertes. Il ne faut donc pas la reverser aux ménages, ni en affecter les bénéfices à d'autres secteurs, mais strictement les répercuter sur les baisses fiscales consenties à ces industries. Tout autre calcul n'a aucun sens économique.

Commentaires

Hollande veut supprimer les niches fiscales et taxer à tout va
http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/19/01002-20091019ARTFIG00419-comment-hollande-veut-faire-payer-les-riches-.php

c'est une solution radicale de gauche classique qui a le mérite d'être claire et de prendre en compte le problème des
déficits.Est-ce une bonne approche, ça c'est un autre problème.

Pour régler les déficits il n'y a pas 36 solutions:
-soit augmenter les impôts
-faire des économies
-soit attendre que la croissance revienne et qu'elle soit au moins de 2.5%

Écrit par : europium | lundi, 19 octobre 2009

A propos de la dette, certains a L'UMP commence à flipper
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iM_m3dLErXwrL_QCSpD7cpPWS33w

Écrit par : europium | lundi, 19 octobre 2009

pour Hollande être riche c'est à partir de 4500 € / mois (présidentielle 2007) donc lui en étant député et cumulard il est riche !!! Maintean l'hérétique, c'est pas le porte-feuille des riches qui est taxé en ce moment, c'est celui des classes moyennes...

@ europium: il faudra certainement les trois pour commencer à résorber la dette. maintenant un candidat qui dirait " si je suis élu j'augmente les impôts" pas sûre qu'il le soit !

Faire des économies n'est pas suffisant. 65 ans après le programme du CNR, il faudrait savoir en terme de dépense ce qui relève de la Nation de ce qui relève de la responsabilité individuelle de chacun. Remettre à plat tout le système à comnmencer par notre système fiscal: ça fait 30 ans que tout le monde en parle mais personne ne le fait.

Écrit par : Orange Sanguine | lundi, 19 octobre 2009

Je pense aussi qu'il faudra les trois. Pour 2012 la question de l'endettement sera encore plus cruciale qu'en 2007 car on sera bien loin du pacte de stabilité. Dire que les écolos parlent de décroissance....je ne sais pas comment ils feront s'ils arrivent au pouvoir!!!!!

Je rappelle que les Allemands ont voté une loi constitutionnelle en juin afin d'arriver a l'équilibre budgétaire en 2016.
Quid de la FRANCE? on va de nouveau faire appel à l'emprunt en espérant que...

Si le GVT fait réellement son emprunt il bloque d'emblée cette proposition pour 2012.

Écrit par : europium | lundi, 19 octobre 2009

@Europium,
Pas nouveau, récurrent chez lui, mais il repousse aussi toute initiative, alors l' agitation de certains...N'est-ce pas?

Écrit par : Martine | lundi, 19 octobre 2009

Bien dit, comme d'habitude.

Sans vouloir ouvrir le débat de la taxe carbone ici, pourriez-vous juste me dire où vous classeriez un système de crédit d'impôt (au moins partiellement) abondé par son produit ? En fait une sorte d'extension de ce qui existe déjà (pour installer des ER, changer les chaudières, réaliser des isolations, etc). D'une certaine manière, outre les objectifs de transition, cette utilisation profite aux ménages et aux entreprises...

Écrit par : florent | lundi, 19 octobre 2009

Deux remarques :

1) sur l'emploi de la fiscalité pour "accélérer la mutation industrielle". En fait, notre pays a cessé depuis longtemps d'être à proprement parler un pays industriel. Il y a soixante ans, le "top ten" des fortunes françaises était industriel (Dassault, Michelin, etc.). Aujourd'hui, à part trois ou quatre exceptions, ce sont plutôt les distributeurs qui trustent les premières places : Pinault, Mulliez, Naouri, les familles Carrefour... sans oublier les propriétaires millionaires de centres Leclerc ou d'Intermarché. Or, la distribution ne crée pas véritablement de richesses. et on pourrait dire la même chose de ces supernantis que sont les traders ou les avocats d'affaires. L'argent en France ne récompense plus la création industrielle, mais le rôle d'intermédiaire. C'est l'une des causes de notre effondrement économique.

2) Le PS a cessé depuis environ vingt ans d'être un parti tourné vers les travailleurs pour se muer en un gigantesque syndicat de fonctionnaires. Son fond de commerce idéologique et électoral, c'était la défense des intérêts catégoriels de la fonction publique et, en premier lieu, de l'Education nationale. Avec le durcissement du discours libéral de la droite, le PS crispé sur cette stratégie se retrouve tout naturellement débordé sur sa gauche. Et comme parallèlement une partie de sa clientèle de fonctionnaires ne lui fait plus trop confiance (suite par exemple aux fantaisies d'un Claude Allègre ou d'un Jospin qui a amorcé la privatisation de France Telecom), il se retrouvve aussi un peu coincé sur sa droite par des mouvements comme le MoDem. D'où la soudaine redécouverte par certains éléphants roses du discours proudho-blumien de la vieille époque pré-mitterrandienne (François, pas l'autre). Rappelons que dans les années 70 Tonton François déclarait dans une belle envolée rhétorique : "Celui qui ne veut pas rompre avec le capitalisme, celui-là, en conscience, ne peut pas se dire socialiste !". On a pu en juger sur pièces quelques dix ans plus tard...

Écrit par : Ch. Romain (Nanterre) | lundi, 19 octobre 2009

A vrai dire même dans la crise il y a aussi le pb des investissements de développement pour le futur et de leur efficacité réelle où nous sommes aussi très en retard par rapport à d'autres pays.
L'ambiance de défense des intérêts particuliers ne met pas en confiance.
Sait-on jamais, plus tard, avec l'urgence ...

Écrit par : Chui Kalm | lundi, 19 octobre 2009

Hollande n'a rien de socialiste, ni de marxiste, il fait d'ailleurs partie de la même famille politique néolibéral que vous. Je sais c'est dure à admettre mais c'est la vérité.

Écrit par : gauchedecombat | mardi, 20 octobre 2009

Bonjour gauchedecombat

Non, il n'est pas néo-libéral et pas même libéral : c'est un social-démocrate, et moi, j'oscille entre social-libéral et libéral.
Je sais qu'il n'est pas marxiste, mais il n'hésite pas à en emprunter la vulgate.

Dans un autre ordre d'idées, est-ce que ça vous intéresserait de rentrer sur le flux l'échiquier ? Il faut simplement afficher le flux et en respecter la charte. On y manque très cruellement de blogs de gauche, a fortiori de gauche de la gauche !

Écrit par : L'Hérétique | mardi, 20 octobre 2009

@Ch. Romain

Oui mais il semblerait que le PS est loin d'être uniforme. Il est une partie (Valls, Ségo, Peillon etc...) qui semble maintenant beaucoup moins démagogique et vraiment soucieuse de compétitivité pour la France.

Mon avis est que si le Modem repousse ou boude toujours le PS comme un bloc - ce qu'il n'est pas - il va se retrouver "au milieu" et je doute qu'il puisse avoir un avenir florissant, les électeurs ne sachant plus trop s'il est dans l'opposition ou non, ou alors le trouvant bien prétentieux.

D'ailleurs c'est le silence continu, seulement interrompu à des dates fixes espacées, de la direction politique, répondant si peu en cas de main tendue, qui fait que l'acivité politique parait
peu vivante.

Mais peut-être l'avenir proche me démentira.

Écrit par : Chui Kalm | mardi, 20 octobre 2009

@L'hérétique

1/ La stigmatisation des "plus favorisés" par Hollande ne me choque pas. Elle n'est pas très éloignée de la dénonciation par François Bayrou de la "société des inégalités croissantes" (abus de pouvoir, pp 106-108 entre autres). Lorsqu'on est confronté à une politique fiscale aussi favorable à une oligarchie acquise à l'UMP (bouclier fiscal, réduction des droits de succession permettant aujourd'hui la transmission d'un patrimoine de 1,5 M€ sans payer d'impôts...), qui fait peser tout le poids des ajustements sur la classe moyenne, on a effectivement envie de renouer avec un langage de lutte des classes.

Dire que l'on veut faire payer les riches est une façon crue d'indiquer que l'on souhaite restaurer la progressivité de l'impôt. C'est la voie qu'empruntent le Royaume Uni et les Etats-Unis en augmentant le taux marginal de l'impôt sur le revenu (celui qui s'applique aux tranches de revenu les plus élevés).

Je pense que la question fiscale serait, avec les institutions, celle où un rapprochement entre PS et MODEM serait le plus aisé.

2/ Damien Pfeiffer que vous citez semble établir un lien entre la fiscalité des personnes et la compétitivité. Il n'y en a pas;. La compétitivité d'une économie n'est tributaire que de la fiscalité des entreprises. A preuve la Suède qui combine un secteur exportateur très compétitif, et un taux de pression fiscale sur les personnes parmi les plus élevé au monde.
A contrario, la tragédie des cadeaux électoraux accordés par Sarkozy, tous financés par l'endettement, est qu'aucun n'est de nature à restaurer notre compétitivité, et à enrayer la désindustrialisation française, à l'exception de la suppression annoncée de la taxe professionnelle.

3/ Ce n'est pas 50 % de la population qui ne paie pas l'impôt, mais 50 % de la population qui n'acquitte pas l'impôt sur le revenu (effet des réformes du gouvernement Chirac en 1986). Tout le monde est soumis aux impôt sur la consommation.

@Orange pressée

Parfaitement d'accord avec vous sur le fait que, compte tenu de l'ampleur du problème, il faudra à la fois réduire la dépense publique (poursuite, entre autres, du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, qui ne permet toutefois que d'économiser environ 500 millions d'euros par an ) et augmenter les impôts. Pour réduire la dette et prendre en charge le sucroit de dépenses lié au vieilissement de la population, l'ajustement nécessaire serait de l'ordre de 5O milliards d'euros. En revanche, se contenter d'attendre la croissance est irresponsable, on en a vu les effets depuis 30 ans.

2/ Je suis par ailleurs, contrairement à vous, persuadé que le candidat qui tiendra aux Français un langage de vérité sur l'inévitable rigueur en tirera profit. Tenir le langage du réalisme économique peut parfaitement être porteur en terme de popularité (Rocard, Barre, Delors, le Balladur des premiers mois).

Un tel candidat, et j'espère que celui du MODEM jouera ce rôle, ferait entendre sa différence entre une gauche étatiste, immobiliste car captive d'une base électorale liée au service public, et un Sarkozy à la sauce Guaino dont la démagogie ("je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts") et l'irresponsabilité fiscale sont une deuxième nature. C'est une piste bien plus prometteuse que de tenter de singer les écologistes.

Quant à Sarkozy, il n'y a rien à attendre de lui qui avait déjà, comme Ministre du budget d'Edouard Balladur, alourdi la dette publique de 1000 milliards de francs entre 1993 et 1995.

Écrit par : Megalon | mercredi, 21 octobre 2009

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