Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Autolib, je suis sceptique... | Page d'accueil | H1N1 débarque en France »

jeudi, 23 juillet 2009

Les privilèges des femmes salariées

Il m'a fait rigoler, le père Némo, dans son dernier billet : il répond à à une note d'Olympe sur les différences de salaires. Olympe renvoie à une revue de sciences humaines qui consacre un article synthétique et factuel à la question.

Némo, sans contester l'existence d'écarts de salaire, tente d'apporter des éléments de réponse, et conclut de ces derniers que ces disparités ne rentrent pas forcément dans le champ de la discrimination à l'égard des femmes.

Je me suis arrêté sur son argument principal :

2. Les salariés prisonniers des mêmes réflexes: une proportion extrêmement importante de femmes a tendance à privilégier la vie privée au détriment de leur évolution professionnelle.

Alors, je décrypte pour les dilettantes ce que c'est, privilélégier la vie privée pour une femme : en rentrant, faire les courses, préparer à manger pour monsieur et le cas échéant la petite famille, débarasser, torcher les chiards pas encore en âge de le faire eux-mêmes, laver la vaisselle, coucher les charmants bambins. Étendre le linge, le cas échéant ramasser et repasser celui qui serait déjà sec. Sympa, non, la vie privée ? Et je ne fais aucune caricature. Il y a deux ou trois ans, une étude était parue pour comparer le temps de travail domestique des hommes et des femmes. Il s'avérait que depuis 1968 l'année de la "grande révolution des moeurs", rien ou presque n'avait changé. En fait, avec le grand chambardement, les hommes ont  gagné le droit de pouvoir batifoler où bon leur semblait, et les femmes celui de cumuler deux emplois : celui qui leur permet de gagner leur pain, et celui qui leur permet de le manger. Cool, le privilège, non ?

Alors, il est vrai qu'il y a d'autres causes, quasi-endogènes : je crois que les femmes sont en moyenne moins attirées par les jeux de pouvoir et le pouvoir lui-même que les hommes. Elles trustent donc moins facilement les postes de direction, surtout en France où les bisbilles florentines sont monnaie courante.

Et pour les célibataires, l'opinion commune se méfie d'elles. Mais ce peut être le cas aussi des hommes célibataires.

En tout cas, pour moi, je ne saurais rejoindre Némo quand il finit en envisageant que les inégalités salariales en fonction du sexe puissent être la conséquence d'un choix. Non, c'est en règle générale la tradition (la mauvaise, celle que nous avons hérité du XIXème siècle) qui perdure contre vents et marées. Et puis, ne nous leurrons pas : quand un employeur pressent qu'une femme est susceptible de tomber enceinte, elle peut tirer une croix sur tout poste de responsabilité dans un avenir immédiat.

J'ai mis un peu plus que deux heures à répondre à Némo, mais je pense qu'après cette volée de bois vert, il a va certainement réagir :-)

Commentaires

Il me semble quand même, quand vous décrivez la situation des femmes, que, d'une part vous caricaturez beaucoup: les hommes qui aident, si, si , ça existe et que d'autre part, les femmes qui gagnent bien leur vie, ça existe aussi. Celles là sont donc en mesure de se faire aider si elles font passer leur vie privée avant la consommation forcenée. Il n'en reste pas moins, hélas, une majorité de femmes dans cette triste réalité.

Écrit par : France | jeudi, 23 juillet 2009

Moi? Réagir? :-D
Il y a peut-être eu mépris mais ton billet va exactement dans la lignée du mien.
Je parle précisément du réflexe dont ces femmes sont prisonnières, soit par déterminisme social (depuis la crèche chacun étant conditionné par ce qui doit être féminin ou masculin), soit par pression sociale (le conjoint, le compagnon, l'employeur qui inconsciemment invitent à faire ce choix).
Je le précise bien dans mon billet: dans quelle mesure sommes-nous libres de nos choix?

Mais il y a effectivement un point sur lequel je ne saurais te rejoindre, c'est cette diabolisation des "employeurs" (si tant est que l'on puisse englober TPE, PME et grandes entreprises). J'en connais certains de qualité qui ne font aucune distinction, même minime, face à la grossesse. J'en connais aussi qui sont de sombres cons. J'aurais bien fichu mon poing dans la figure de l'ancien manager de ma compagne par exemple qui lui a reprochée de tomber enceinte...
Sombre con.

Écrit par : Nemo | jeudi, 23 juillet 2009

Belle description de mes soirées quotidiennes. On vérifie aussi les devoirs tous les soirs et c'est rare les jours sans accident du type qui raccourcit la nuit : enfant qui vomit, qui fait pipi au lit, qui attrape des poux, chat qui fait tomber le bocal des poissons rouges et chien qui s'échappe au moment où on allait le rentrer...
Et puis vous avez aussi oublié Monsieur qui après son repas et son film vous aime souriante et détendue et vous vole encore une heure de sommeil...
Mais on bosse quand même et on s'engage même en politique !
Et on adore les billets de Némo ou l'héretique sur les bonheurs de la paternité et la peur de la mort qui hante chaque amour vrai. Les hommes s'améliorent quand même.

Écrit par : Christine | jeudi, 23 juillet 2009

Alors ça c'est gentil Christine. :D

Écrit par : Nemo | jeudi, 23 juillet 2009

Le fait de ne pas avoir reconnu le travail domestique des femmes comme un travail qui a une valeur marchande, qui a un sens social, le travail de production et de reproduction de la famille, c’est-à-dire les soins aux enfants, les tâches d’éducation, l’alimentation de la famille, etc., a des répercussions évidentes sur l’ensemble des relations entre les hommes et les femmes dans la société du travail.

Écrit par : cath37 | jeudi, 23 juillet 2009

Le fait de ne pas avoir reconnu le travail domestique des femmes comme un travail qui a une valeur marchande, qui a un sens social, le travail de production et de reproduction de la famille, c’est-à-dire les soins aux enfants, les tâches d’éducation, l’alimentation de la famille, etc., a des répercussions évidentes sur l’ensemble des relations entre les hommes et les femmes dans la société du travail.

Écrit par : cath37 | jeudi, 23 juillet 2009

Juste un élément de réflexion pour éviter de tomber dans des considérations trop intellectualisées sur le déterminisme social des femmes: comment se fait-il qu'il y ait de plus en plus de femmes qui exercent des professions libérales chronophages, telles que médecin, vétérinaire, pharmacienne, etc... alors que dans de nombreuses entreprises (tout comme en politique d'ailleurs), la place des femmes pose visiblement un problème?

Écrit par : JF le démocrate | jeudi, 23 juillet 2009

merci Christine

et mon tag, au fait ?
@ Cath37
Entièrement d'accord avec vous. Et on s'en rend compte dès qu'on fait appel à une personne payée (ex : baby-sitter, technicienne de surface, et cetera...). Mais comme rien ne peut remplacer la relation parents-enfants, en fait, on ne peut parvenir au bout de la logique marchande sur les travaux domestiques dès lors qu'ils touchent l'humain.
@ Démocratix
eh bien, c'est simple : dans une profession libérale, il n'y a personne pour vous bloquer...
@ Némo,
c'est le verbe "privilégier" qui avait principalement attiré mon attention...

Écrit par : L'hérétique | vendredi, 24 juillet 2009

@ France
ça existe, certes, mais je ne caricature pas. J'ai retrouvé l'étude d'Ipsos :
http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/1529.asp

Écrit par : L'hérétique | vendredi, 24 juillet 2009

à Cat37 et à l'Hérétique

Propos de Cat37
Le fait de ne pas avoir reconnu le travail domestique des femmes comme un travail qui a une valeur marchande
Argument de l'Hérétique
- baby-sitter, technicienne de surface, et cetera...

Je suis sidéré de lire ce genre de propos
qui je le pense dénature la cellule familiale.
Il y a une confusion entre le travail d'un domestique et l'action d'un parent. Ce que je fais pour ma famille n'est pas monnayable. Je le fais pour ma femme, pour mes enfants et pour mes proches. Je le fais parce que je les aime.
Il faudrait mettre un terme à la financiarisation de toute action.
De plus il est totalement faut de penser que seules les femmes s'occupent de la maison. Je ne sais pas dans quel monde vous vivez mais de grâce ouvrez les yeux !

Écrit par : Berboral | vendredi, 24 juillet 2009

Berboral,
Je vous suis à peu près. En revanche, les femmes ne sont peut être pas les seules à s'occuper de la maison mais les hommes ont vraiment sont encore très minoritaires...
Voir étude récente publiée par LeMonde.fr (je ne retrouve plus les références désolé).

Écrit par : Nemo | vendredi, 24 juillet 2009

Mouais...
Je ne pense pas être une exception pour avoir torché mes chiards, fait la bouffe, passé l'aspi, fait les courses, poussières, les lessives, le repassage, etc.
Je l'ai fait, je le fais et continuerai à le faire. Parce que ça ne me gêne pas (même si ça m'emmerde), parce que ça fait partie des taches ménagères.

Ceci étant dit... Sans chercher à être méchant, mais si les femmes en question demandaient aux bonshommes qui glissent les pieds sous la table en permanence de les aider, ben ça finirait ptet par arriver.
Beaucoup de femmes se complaisent dans un rôle de mère plutôt que femme ou amante et réalisent à 45 ou 50 ans qu'elles ont loupé quelque chose...

J'aidais même mon ex femme alors qu'elle ne travaillait pas (s'entend avec bulletin de salaire) par choix perso, et que moi je bossais.

Bref... (ça mérite presque un billet complet comme réponse)

Écrit par : KaG | vendredi, 24 juillet 2009

@ KaG
eh bien fais les billet en question ! Je pense que tu restes un cas rare (comme moi au demeurant) parce que ce n'est pas vraiment entré dans les moeurs. Vois l'enquête Ipsos, elle est sans appel...
@ Berboral
Certes, mais pourquoi les hommes ne les font pas ces tâches, alors ?...

Écrit par : L'hérétique | vendredi, 24 juillet 2009

Je ne suis pas favorable à la rémunération des femmes au foyer, ou des hommes d'ailleurs. Le travail domestique est personnel, on le fait pour soi, sa famille, et je ne vois pas pourquoi ça serait payé par les contribuables. D'ailleurs, ceux et celles qui travaillent les font aussi les tâches domestiques!
Quant à la notion de "privilégier" la vie de famille, de choix, difficile de faire la part des choses entre libre arbitre et conditionnement. Je connais quand même des femmes qui semblent envier ma carrière, mon engagement professionnel, mais refusent de suivre la même voie parce qu'elles disent ne pas être prêtes aux sacrifices familiaux nécessaires. Ce que je comprends d'ailleurs très bien. Mais combien d'hommes auraient ce discours?
Par ailleurs, mon homme fait les courses, le repassage, et s'occupe des enfants. Je pense effectivement que les femmes qui acceptent un mari qui ne fait rien sont en partie responsables de la situation. En partie seulement, car là encore, le formatage est puissant. D'où des combats à mener encore nombreux pour l'égalité des sexes.

Écrit par : Ink | samedi, 25 juillet 2009

Les commentaires sont fermés.