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dimanche, 19 juillet 2009

Stressé, moi ?

Un article de Démocratix a attiré mon attention : il évoque le stress des blogueurs. Il renvoie en fait à un autre article, paru, lui, chez Rue89. J'y lis aussi bien dans l'un que dans l'autre beaucoup de choses intéressantes, certaines que j'ai rencontrées, d'autres qui m'étonnent. Mourir une souris à la main. Bon. Pourquoi pas, après tout : il faut bien mourir de quelque chose...

C'est vrai, parfois, que je peux stresser pour quelques uns des motifs évoqués par Démocratix ou par Rue89, mais je pense que ce n'est pas spécifique aux blogs, et d'ailleurs, Démocratix inclut à raison les forums. Je pense que c'est plutôt le propre de la relation humaine. En réalité, un blogueur, jusqu'à un certain point, s'expose publiquement, fût-il dissimulé derrière un pseudonyme, et, à cet égard, est amené à devoir gérer une très grande multiplicité de relations humaines dans toute leur diversité. Tout dépend évidemment de l'influence, des enjeux et de la fréquentation du blog, ainsi que de l'attitude du blogueur face aux commentateurs.

Le terme de stress recoupe certainement une large amplitude sémantique et avec, toute la palette des émotions de rejet. Est-ce un hasard si le plus fameux des blogueurs français a décidé, il y a un an, de cesser de publier sur son blog. L'ambiguïté, c'est que le blog, c'est à la fois un stress et une addiction. Il a tenu jusqu'à mars 2009, puis il a finalement ouvert un autre blog. Je crois qu'il en avait assez des histoires d'influence, de la concurrence, des jugements de valeur. Il aspirait simplement à discuter tranquillement avec son public, comme un britannique à l'heure du thé, c'est à dire dans la sérénité et en tournant un certain nombre de fois la cuillère dans sa tasse de thé. Sa synthèse, six années après, est d'ailleurs édifiante. Comme je ne veux pas troubler sa tranquilité retrouvée, je ne prononce pas son nom. Resquiescat in pace. Pas de pot, toutefois, wikio a fini par retrouver sa trace et a référencé son nouveau blog...

Un autre blogueur fameux, contemporain du précédent, a trouvé à son tour la paix de l'âme en demandant son exclusion du classement wikio. Il va mieux maintenant. Tant mieux.

Certains disparaissent apparemment corps et âmes pour ressusciter quelques mois plus tard. Sous un autre nom. Lassitude ? Fatigue ? Coup de pompe ? Déprime ? Allez savoir.

Comme je suis respectueux de ceux dont les voix chères se sont tues, comme dirait Verlaine ( qu'est-ce que j'aime ce rêve familier), je ne dirai rien de ceux qui reposent à jamais dans le cimetière des blogs.

Et moi alors ? Eh oui, puisque le Moi, c'est l'axe de rotation du Blog, ce petit monde autour duquel tout tourne. Comme Harpagon : je contemple mon graphe de visites, faisant retentir chacune d'entre elles comme autant de piécettes sonnantes et trébuchantes. Je surveille anxieusement mon wikio labs backlink, vérifiant à chaque heure l'éventuelle venue d'un nouveau lien. Et le 05 de chaque mois, j'attends le coeur battant le nouveau classement wikio.

Non, sérieusement, vous le croyez ? En fait, ce qui me stresse, actuellement, c'est que je me suis juré de parvenir à écrire une mise à jour du programme du MoDem avant le Congrès programmatique de l'automne qu'a annoncé Marielle de Sarnez ; et j'ai la trouille parce que c'est un boulot de synthèse et de relecture phénoménal et que je sens bien que je n'y arriverai pas tout seul...

Cela dit, quand je veux redescendre les pieds sur terre, c'est assez simple : je pense à tous ces pauvres gars et toutes ces pauvres nanas qui perdent tous les jours leur boulot alors qu'ils ont encore les traites de leur maison à payer et plusieurs enfants à élever. Et là, je me dis que je suis vraiment un privilégié de pouvoir stresser pour aussi peu. Et quand d'un regard, j'embrasse le vaste monde, je pense à tous ces enfants en Afrique, que de sinistres ordures transforment en machines à tuer et à torturer. Et d'autres qui sont enlevés et soumis aux facéties salaces de la lie de l'humanité. Et je me figure aussi l'angoisse de ces villageois qui savent qu'ils vont périr dans d'atroces souffrances parce que la haine ordinaire s'est infiltrée dans le coeur de tout un peuple. Je pense aussi à ces malheureuses femmes en Afghanistan et au Pakistan dont l'existence n'est plus qu'un long calvaire, à la merci des sautes d'humeur d'un taré fanatisé. Et là, je me dis à moi-même : ta gueule, pauvre con : si tu veux être anxieux, aie des angoisses pour quelque chose qui en vaille la peine.

 

00:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : stress, blog |  Facebook | | |

Commentaires

ça fait un peu plus d'un an que je blogue et c'est vrai que quand mon blog a commencé à être connu j'ai lu sur lui (et donc sur moi) des choses auxquelles je ne m'attendais pas (par exemple me faire traiter de nazi).

lorsque nous débatons oralement nous avons des tas de possibilités physiques et orales (attitude corporelles, périphrases...) qui permettent de nuancer et préciser notre propos et nous réagissons instantanément aux réactions de l'autre. Donc sauf exeptions nous n'en arrivons pas aux mains.
sur un blog les propos sont écrits, donc beaucoup moins nuancés ou alors il faut écrire 3 pages et la réaction est plus ou moins différée. résultat tout cela est brute de décoffrage et apparait donc comme très agressif.
de plus il est évident que certains profitent de leur anonymat pour dire des choses qu'ils n'oseraient jamais dire autrement.

au final, pour l'instant mon blog m'apporte beaucoup plus de satisfactions que de stress. Le jour ou il en est autrement j'arrete.

Écrit par : olympe | dimanche, 19 juillet 2009

ça, olympe nazi mériterait un lien :-)

Écrit par : Claudio Pirrone | dimanche, 19 juillet 2009

Bonjour Olympe, salut Claudio

En effet, seuls les mots et à la rigueur certains smiley permettent de nuancer nos propos. Autant dire que nous marchons sur des oeufs...

Écrit par : L'hérétique | dimanche, 19 juillet 2009

J'aime bien les blogueurs qui ont disparu du classement politique : ça permet de récupérer les places libres.

Le stress (je ne sais si c'est le bon mot) de ces partants est expliqué, aussi, parce qu'ils se prenaient au sérieux. Tout en tapant sur le Wikio, ils considéraient leurs blogs comme les meilleurs et ils avaient une sacrée réputation à tenir. Sans compter les attaques qu'ils subissaient (notamment V.).

On ne m'empêchera pas de penser, non plus, qu'ils ont bien vu la progression de blogs politiques engagés... et qu'ayant étudié le système, leurs places ne tiendraient peut-être pas, d'où, peut-être, les critiques d'E. sur Wikio (sans compter un conflit avec le patron de Wikio, dont j'ignore tout).

Nous (la "nouvelle génération de zinfluents") avons moins de stress car on fait plus du militantisme politique et savons, d'emblée, quelle valeur accorder au classement.

Écrit par : Nicolas J | dimanche, 19 juillet 2009

Salut Nicolas

C'est sûr que cette génération de blogueurs était bien plus individualiste que nous qui nous constituons en réseaux.
Je pense en effet qu'ils ressentaient une certaine forme de mépris pour le petit peuple des blogs que nous étions (et sommes encore). Sans doute ont-ils mal vécu la venue de ces trublions-là. Mais cela n'explique pas tout. Je connais mal E. mais pour ce que j'ai pu voir de V. je ne le crois pas envieux. Il aspirait simplement à vivre tranquille dans son petit monde.

Ce serait intéressant de retrouver les classements d'il y a 18 à 24 mois. Je vais chercher, tiens...

Écrit par : L'hérétique | dimanche, 19 juillet 2009

"Et là, je me dis que je suis vraiment un privilégié de pouvoir stresser pour aussi peu."

Voilà pourquoi entre autre, cher Hérétique, perso je n'ai pas envie de vraiment rentrer dans un classement style Wikio. ;-)
Même si bien sûr j'aime à être lue. C'est naturel dirait "JF le sensible". Je laisse faire tout seul. Sans doute suis-je vaniteuse et prétentieuse en disant cela : je préfère la qualité de mes lecteurs à leur quantité. Parce que surtout je serais incapable en fait de pouvoir gérer un tel réseau de commentateurs. J'aime à connaître mes "correspondants" pour que les échanges soient plus humains.

Pour le moment j'assume cependant avec fierté ma place chez Google ! Lorsque vous mettez juste "Françoise orange" mon blog est encore en première page. J'étais la première étonnée et maintenant, comme une gamine sans doute, je continue à en être toute contente. Parce que je voudrais créer de l'emploi et ça mes amis, ça me stresse drôlement. Je vais d'ailleurs de ce pas aller travailler sur mes dossiers. Chut, plus trop de bavardage. ;-)
PS : le problème des réseaux est aussi qu'il "oblige" à élargir jour après jour le champ de lecture ce qui est très frustrant tant c'est chronophage. Il y a toujours cette peur de passer "à côté" d'une info capitale et vitale... D'un autre côté justement, il y a le ravissement de découvrir de nouveaux blogs sympas. La "quête éternelle" du Graal ?

Écrit par : Françoise Boulanger | lundi, 20 juillet 2009

Bonjour Françoise
Pour ma part, ce n'est pas une question personnelle, mais plutôt un objectif politique.

Écrit par : L'hérétique | lundi, 20 juillet 2009

Cet objectif, chacun de nous n'essaie-t-il pas de l'atteindre avec ses propres facultés ? Chacun, en agissant personnellement, ne peut-il pas alors devenir contributeur d'une cause générale ?

Écrit par : Françoise Boulanger | lundi, 20 juillet 2009

@ Françoise

Oui, c'est le principe même de la mise en réseau.

Écrit par : L'hérétique | lundi, 20 juillet 2009

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