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vendredi, 17 juillet 2009

PME, un capitaine à bord

Je vois que Florent divague largement : le voilà à remettre en question la pertinence des PME comme modèle d'organisation économique, avec au passage, quelques arguments bien pensés. Je ne vais pas être original, mais simplement reprendre un argument développé par Schumpeter, mais aussi Jean Peyrelevade. Ce qui nuit à l'efficience globale d'une entreprise, c'est d'abord la dilution des responsabilités. Et plus elle est grosse, plus la responsabilité se dilue. Schumpeter voyait dans l'apparition des Conseils d'administration la mort du capitalisme. Ce capitalisme-là, c'est aussi celui que Jean Peyrelevade nomme capitalisme entrepreneurial, par opposition au capitalisme financier. Sans responsabilité, il n'y a plus de pilote à bord, plus d'éclairs de génie, ni de capacité à donner le brusque coup de barre à babord ou à tribord qui permettra à l'entreprise de se dégager d'une mauvaise passe.

Alors bien sûr, les grosses entreprises disposent de structures qui permettent davantage d'expression, mais l'autorité est inaccessible bien plus que dans une PME puisque plus éloignée. Les idées y circulent donc bien moins vite. Les grosses entreprises sont tout autant tributaires de leurs clients que les petites. Qu'importe la proximité quand les gros sous sont en jeu...!

Les grosses entreprises réalisent peut-être des économies d'échelle, mais elles génèrent au moins autant de lourdeurs coûteuses. Elles ont souvent le plus grand mal à réorienter leur production et à se diversifier quand il s'agit d'industrie, par exemple. Des PME innovantes aux structures plus légères y parviennent, bien qu'elles aient les reins financiers moins solides.

J'ai de la sympathie pour le modèle de la SCOP, mais, compte-tenu de son mode de rémunération, je ne vois pas comment les SCOP pourraient lever des capitaux importants, élément essentiel pour initier la R&D. Cela dit, la SCOP offre à mon avis un modèle économique pertinent pour démarrer une TPE ou une entreprise "citoyenne", tel que le projet de Françoise, par exemple, que cite aussi Florent.

10:58 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : pme, modèle, recherche |  Facebook | | |

Commentaires

Eh oui, c'est l'été alors on se laisse aller... ^^'

Ce que je me demande, c'est si les problèmes que vous évoquez tous à propos des grandes structures leur sont vraiment intrinsèques ou bien sont "seulement" conjoncturels et (au moins potentiellement) contournables voire solvables par d'autres modes de fonctionnement...

Écrit par : florent | vendredi, 17 juillet 2009

@ Florent

Objectivement, je pense qu'ils sont structurels.

Écrit par : L'hérétique | vendredi, 17 juillet 2009

Et bien l'Hérétique, je vois que tu parles encore de moi (ainsi que Florent dont je viens de lire le billet et chez qui je vais retourner illico)... un grand merci à toi ! :-))

Merci également d'avoir parlé de "responsabilité" puisque c'est sans doute cette notion qui tendrait à disparaître quelquefois. Il nous est plus facile en effet de nous réfugier derrière la collectivité, la majorité, lorsque cela nous arrange (embrigadement rassurant ?) et c'est peut-être plus compliqué de prendre des décisions individuelles. Par peur de l'exclusion sans doute. Aussi lorsque nous pouvons exercer enfin notre droit aux décisions avec sérénité c'est important de saisir l'occasion donnée. Dans un pays où la liberté de penser existe encore (si, si !) ne faut-il pas user de notre liberté d'agir ?!

Oui je trouve que le fonctionnement des SCOP est tout à fait idéal. Tu l'expliques bien dans ton billet de 2007 où tu parles également de la société Mondragon en pays basque espagnol.
http://heresie.hautetfort.com/archive/2007/05/14/fagor-une-scop-a-l-assaut-de-l-europe.html
Sauf erreur d'interprétation de ma part, tu y es d'ailleurs en contradiction avec ce que tu exprimes sur ce présent billet au sujet des capitaux générés : "...je ne vois pas comment les SCOP pourraient lever des capitaux importants, élément essentiel pour initier la R&D..." ;-) puisque certaines très grandes entreprises démontrent au contraire que c'est possible.

Hier j'ai eu la visite d'un juriste de la fédération des SCOP Aquitaine. J'ai trouvé sympa qu'il se déplace lui sur Dax et qu'il m'ait accordé autant de temps. pendant plus de deux heures il m'a bien expliqué le fonctionnement effectivement bien différent d'une société classique et je suis de plus en plus convaincue que c'est un concept rentable et plus équilibré. Il sauvegarde des grands écarts de salaires et permet de responsabiliser tous les salariés. Intéressant, pour éviter les "lourdeurs" administratives, le capital est variable. Et une SCOP peut aussi accueillir des associés extérieurs...
Mais moi ce qui me semble primordial c'est que la SCOP échappe au risque d'OPA ou à la délocalisation arbitraire !

Je comprends pourquoi François Bayrou approuve ce fonctionnement maintenant : il n'y a pas plus solidaire et démocrate. Entre les Compagnons du Devoir et la SCOP, nous avons tout ce qu'il faut.
Maintenant il me faut passer de l'idée à la concrétisation et ça... c'est stressant mes amis ! ;-)

Écrit par : Françoise Boulanger | samedi, 18 juillet 2009

@ Françoise

Oui, mais Mondragon est justement une exception. Pour des petites entreprises, une SCOp, ça va, mais pour lever des capitaux massifs, je pense que ça ne colle plus. Pour ce que tu veux faire, en tout cas, c'est très adapté.
Tu as fait une étude de marché, au fait ? Et est-ce que tu serais en mesure de réaliser les poupées dont je t'ai parlé ?

Écrit par : L'hérétique | samedi, 18 juillet 2009

Heu l'Hérétique je t'ai écrit à l'adresse indiquée par toi ! Ne relèverais-tu pas ton courrier ?! Maintenant je comprends pourquoi je n'ai pas de réponse... Ah, ah, tu ne serais finalement pas plus que "parfait" ?! Pris en flagrant délit mon cher... ;-)

Écrit par : Françoise Boulanger | samedi, 18 juillet 2009

@ Françoise

Je viens de lire à l'instant le courriel. En fait, pour les dieux grecs, ce qui compte, c'est surtout qu'on les reconnaisse à leurs attributs traditionnels.
Par exemple pour Zeus : foudre et aigle. Pour Athéna, chouette, casque, lance, et le cas échéant, égide (avec la tête de Méduse dessus).
Apollon : arc et lyre
Artémis : jupe courte et arc de chasse
Dionysos : couronne de fleurs, jeunesse, amphore de vin
Hadès : noir, pierres précieuses, cyprès, corne d'abondance, lance à deux fourches
Démèter : gerbe de blé, faucille (mais pas le marteau, ok ? :-) ), femme d'âge mûr
Perséphone : jeunesse, grenade
Héraklès : grosse brute, peau de lion, massue
Hermès : casque ailé, balance de commerce
Arès : armes et armure
Héphaïstos : boîteux, tablier de forgeron, marteau
Hestia : feu, voile
Poséïdon : trident, torse nu,
Héra : couronne, paon
Aphrodite : coquillage, myrte, rose, nue, beauté

Voilà pour te donner quelques éléments. Est-ce que tu peux évaluer combien d'heures de travail demanderait une poupée ?
Et pour les marges, c'est normal que tu les fasses alors je tiens à les payer :-) D'ailleurs, si tu commences à en faire cadeau d'emblée, ton entreprise est mal partie :-)
Pour les poupées, l'idée est de faire quelque chose de simple mais d'identifiable.

Écrit par : L'hérétique | samedi, 18 juillet 2009

C'est très sympa à toi d'écrire ainsi publiquement tes desiderata ! En plus c'est instructif.
Mais te rends-tu compte du coût que cela va représenter ? Pas pour faire l'habit à mon avis car la couturière connaît bien l'histoire des costumes. Mais pour les attributs que tu cites il va soit falloir les fabriquer en pièces uniques en vrai, un peu comme un petit bijou, soit les dessiner, soit les reproduire par scan d'un document que tu me fournirais et les réduire. En la matière, tout est faisable évidemment. Mais si tu veux ces 14 dieux... Cela risque de te faire cher ! Tu viens de rentrer dans la catégorie des amateurs du sur-mesure et du luxe.

Pour la marge que je m'accorderai c'est à moi d'en juger et comme je veux rester dans la légalité quoi qu'il arrive (Je suis contre le travail au noir tant que je peux avoir des Assedic ou autres aides genre CAF. Car cela ferait un manque de perception de TVA. Ce qui serait différent s'il n'existait aucune aide bien entendu, car là je préconiserais même le vol !)...
Comme je te le disais dans mon message je dois rencontrer la couturière en question et évaluer avec elle, le prix de revient pour une poupée. Je te renverrai un message avec un devis chiffré, en privé par contre. ;-)

Écrit par : Françoise Boulanger | samedi, 18 juillet 2009

@ Françoise

En fait, j'ai cité plusieurs attributs possibles, mais je ne pensais pas qu'il serait nécessaire de les tenir tous ni de fabriquer forcément les objets. Un éclair en tissu, cela fait l'affaire, idem pour la lance d'Athéna, et cetera...

Écrit par : L'hérétique | samedi, 18 juillet 2009

En tissu, OK pas de problème : surtout que l'on peut "l'armer" pour le rigidifier soit d'amidon, soit de fil métallique. C'est bon donc, j'ai compris ce que tu veux... ;-)

Écrit par : Françoise Boulanger | samedi, 18 juillet 2009

@ Françoise

Plutôt d'amidon, si possible, que de fil métallique. En fait, je ne cherche pas forcément un travail de compagnon mais tout simplement une création qui n'existe pas ! A ma connaissance (et j'ai cherché longuement) il n'existe aucune figurine des dieux grecs en France. Et il n'y en avait pas non plus en Grèce il y a quelques années, d'ailleurs. A vrai dire, comme il n'y a de toutes façons plus de production locale de jouets...
Donc, si nous parvenons à contracter, tu te lanceras vraiment dans une production originale...

Écrit par : L'hérétique | samedi, 18 juillet 2009

Peux-tu m'envoyer toutefois (mais pas en pdf si possible, je n'ai pas encore eu le courage de tout sauvegarder pour formater mon PC et installer vista basic en lieu de vista pro chargé par erreur et qui ne me cause que des problèmes, entre autre plus d'Acrobat) des documents qui représenteraient bien ce que tu souhaites; j'ai cherché un peu mais tes propres trouvailles seraient les bienvenues. ;-)
On y arrivera, ne t'inquiète pas...

Écrit par : Françoise Boulanger | samedi, 18 juillet 2009

Une petite intervention sur le potentiel de financement du développement et de la R&D dans les Scop. Ce qui peut paraitre une faiblesse ne l'est que si l'on réfléchit dans la logique actuelle des financiers: capitaux = rendements financiers + pouvoir. Il faut noter que les coopératives agricoles et les mutuelles qui limitent la rémunération du capital et conservent la majorité du pouvoir aux coopérateurs ont parfaitement pu et su constituer des entreprises de taille comparable aux entreprises classiques. Les Scop ont également commencé à créer des outils financiers spécifiques avec des partenaires qui recherchent des placements avec des taux d'intérêt raisonnables.

Écrit par : DD | lundi, 20 juillet 2009

@ DD
Certes, mais elles ont bien besoin de capitaux pour financer leur développement : comment font-elles pour les trouver en quantité suffisante ?

Écrit par : L'hérétique | lundi, 20 juillet 2009

Ce billet m'a fait penser à autre chose : soit vous considérez qu'un pays ne doit pas être géré comme une entreprise, soit vous devez adorer la gestion sarkozyste du pouvoir...

Écrit par : florent | lundi, 24 août 2009

@ florent

Un pays ne peut absolument pas être géré comme une entreprise. Il n'en a pas du tout les finalités.

Écrit par : L'hérétique | lundi, 24 août 2009

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