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dimanche, 08 février 2009

La véritable opposition, c'est François Bayrou, estime Alain Duhamel

Alain Duhamel, journaliste fameux, vient de publier aux éditions Plon, La marche consulaire, un ouvrage sur les méandres de la politique menée par Nicolas Sarkozy, et, bien sûr sur l'homme.

Il consacre dans son dernier chapitre un long passage à François Bayrou. Le Journal le Bien Public a interviewé Alain Duhamel à ce sujet...

LBP.- À la fin de votre livre, vous consacrez quelques mots pour François Bayrou. Pourquoi ?
AD.- Parce qu'il joue un rôle politique. Il est en dehors du leader socialiste et de Nicolas Sarkozy, il est un de ceux qui peuvent, à un moment, faire la différence.
LBP.- Vous écrivez qu'il incarne la véritable opposition
AD.- Il a choisi une stratégie qui est de se fixer totalement dans l'opposition. Ce qui n'était pas du tout le tempérament ni la tradition des centristes. C'est pour le coup une vraie rupture. Son pari, c'est de devancer les socialistes au premier tour et d'avoir été assez oppositionnel pour pouvoir obtenir leurs voix au second.
C'est clair comme de l'eau de roche. Est-ce qu'il y parviendra ? Ça, c'est une autre affaire. Il a une formation qui est une petite formation, il a des militants mais il a très peu d'élus, il n'a pas beaucoup de lieutenants, il a une cohérence. Il a un talent et il a un pouvoir de nuisance qu'il utilise abondamment.

Rien à dire pour ce qui me concerne, c'est également mon analyse. Je me contenterai d'ajouter simplement que les propositions politiques et économiques de François Bayrou me paraissent autrement plus pertinentes que celles des Socialistes en général.

22:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : bayrou, modem, alain duhamel |  Facebook | | |

Commentaires

Foin du MoDem et des Modemistes.
Quoi qu'on en dise et quoi qu'on puisse lui reprocher, Bayrou est le seul homme politique à pouvoir l'emporter devant Sarkozy en 2012 et à pouvoir recueillir les suffrages non seulement des socialistes mais aussi des Gaullistes, des chiraco-villepinistes et anti-sarkozystes divers que l'UMP bridera jusqu'au dernier moment et qui n'auront que Bayrou comme voix libre à laquelle s'identifier.
Et comme il est aussi le seul réel Européen et le seul décentralisateur...
Alors je reste au MoDem.

Écrit par : Christine | dimanche, 08 février 2009

Alain Duhamel a été giscardien en 1980 (un an après, Giscard disparaissait), barriste en 1988 (idem, pas de second tour, et hop disparition), balladurien en 1995 (idem, disparition de ce dernier), il a été jospiniste en 2002 (on se souvient tous du 21 avril 2002 bien sûr) il a sorti en 2006 un livre sur les socialistes qui comptent au PS sans une seule ligne pour Ségolène Royal, laquelle fut élue moins de deux mois après candidate du PS avec 65% des voix au premier tour.

Ah oui, accessoirement il avait prévu aussi la mort du FN et l'avènement du mégretisme (du nom du renégat du MNR, parti avec un grand nombre d'élus du FN) ce dernier a également disparu.

Bref, on peut dire beaucoup de choses de Duhamel, mais pas qu'il a du nez politique.

En conclusion : Bayrou est mort, c'est le baromètre Duhamel qui le dit.

Écrit par : Chitah | dimanche, 08 février 2009

On peut dire qu'il a de la constance. Bayrou aussi.
C'est peut-être ce qui fera la différence cette fois...
D'autre part on ne doit pas confondre, chez un journaliste, l'analyse professionnelle de l'actualité et le choix politique du citoyen.

Écrit par : Christine | dimanche, 08 février 2009

Je crois que Bayrou est un homme politique valable, qui joue une carte que Philippe de Villiers a essayé de jouer il y a fort longtemps. Cependant ce dernier a plutôt perdu son temps à chercher son indépendance, il a été beaucoup mieux inspiré de se remorquer à l'UMP comme il le fait depuis désormais quelques années.

Bayrou devrait faire la même chose je crois. Ou alors proposer un coup de poker politique à Ségolène Royal pour siphonner le PS, tout du moins son aile centriste.
Ce dernier cas me paraît réaliste, dans la mesure où les enseignants sont, et de loin, majoritaires à la base du PS, et que Bayrou a été un ministre de l'éducation tout à fait lisse et consensuel.

Écrit par : Chitah | lundi, 09 février 2009

@ Chitah

Ahem : copier de Villiers et proposer un coup de poker à Ségolène Royal, c'est pas tout à fait pareil, politiquement...

Pour les enseignants, c'est sûr, c'est le seul à ne pas les avoir considérés comme de la m.. (à l'exception de Fillon)

Écrit par : L'hérétique | lundi, 09 février 2009

Non bien sûr, je ne parlais de Villiers que pour l'analogie : de même d'ailleurs que Madelin, il a tenté une stratégie d'autonomie vis-à-vis du RPR à l'époque, mais est vite revenu à la maison, pour participer à l'UMP.

Et concernant Bayrou, je crois que c'est surtout son côté profil bas qui a joué lorsqu'il était au Ministère de l'Education, il n'a pas fait de vagues notamment face aux puissants syndicats, notamment celui de Monique Vuaillat. Il a manqué un tout petit peu de courage politique, mais bref, c'est une autre histoire, les gens ont le droit de changer.

Écrit par : Chitah | lundi, 09 février 2009

Bien sûr les gens ont le droit de changer, mais il se trouve que sur l'éducation, Bayrou n'a pas changé. Sur quel point ou quelle méthode aurait-il changé ? Et où précisément a-t-il (un tout petit peu ?) manqué de courage devant les syndicats ?

Écrit par : Christine | lundi, 09 février 2009

D'après ce que j'ai pu lire des ouvrages de Sophie Coignard (notamment ses trois livres la Nomenklatura, l'Omerta, et la Vendetta Françaises), M.Bayrou s'est particulièrement distingué en ayant un certain nombre de qualités permettant de gérer les susceptibilités des syndicalistes de l'Education Nationale.
Cependant, rien de bien révolutionnaire n'est sorti de son ministère à cette époque.

C'est pourquoi, quand je l'entends dire que ce n'est pas normal que l'Etat français revienne dans le commandement intégré de l'OTAN, je suis partagé.
D'un côté, je comprends ce qu'il dit et je peux l'approuver. De l'autre, je me demande si il aurait eu les c...., comme le général de Gaulle, de sortir du commandement dans lequel l'Etat français se trouvait. Et sur ce point j'ai un doute.

C'est pour moi l'image d'un grand tchatcheur, mais avec rien dans le froc, si je puis me permettre cette modeste (et vulgaire) remarque.

Je précise tout de même que je suis libéral, libertarien même, et qu'à la limite, que ce soit Sarko, Ségo, ou Bayrou au pouvoir, pour moi c'est kif kif.

Écrit par : Chitah | lundi, 09 février 2009

@ Chitah
Je vois mal l'intérêt de mettre en balance une attitude totalement imaginaire dans un passé totalement révolu et l'annonce actuelle d'une décision précipitée et aux fondements plus que discutables ; entre avoir le cran de quitter l'OTAN et la servilité d'y retourner sans nécessité, y a une marge. Je ne me hasarderai peut-être pas à dire que Bayrou est gaullien (quoique...) mais s'il y en a un qui ne l'est pas, c'est bien Sarkozy !
Sur l'éducation, S. Coignard ne me semble pas être parole d'évangile (si je puis me permettre), dommage sans doute que Bayrou n'ait pas poussé l'avantage puisque cela se passait bien, notamment concernant le collège, mais quant aux mesures qu'il a prises pour le lycée, elles étaient bonnes et ont porté leurs fruits. C'était un ministre (et c'est un homme politique) qui respectait la culture et croyait à sa transmission.
Je crois que ce que je reproche le plus fondamentalement au système sarkozyste, c'est le mépris pour l'éducation (non pas pour la culture : il est dans l'admiration pour sa femme qui parle plusieurs langues... Pathétique...) le mépris pour la formation de l'intelligence et la transmission de la culture. Qu'est-ce qui forme l'armature intellectuelle d'un homme et d'un peuple, sa faculté d'adaptation, sa culture comme son sens critique, sinon d'abord l'école et l'université ?
Enfin dernier point : non, Bayrou n'est pas un tchatcheur, au contraire, c'est un bègue, et cela m'inspire largement plus confiance.
Mais "libertaire", alors je comprends mieux... Tout ça, c'était pour rire ?

Écrit par : Christine | lundi, 09 février 2009

Je trouve Duhamel maintenant apprivoisé et n'inspirant plus confiance.

Sans être primaire, je pense

Que par "nature" profonde Sarko n'a pas à Coeur l'"investissement" à moyen long terme pour la France et l'Europe
- intellectuel : Education, technologies modernes fécondes,culture
- purement économique).

Que Bayrou, Ségolène et une partie de la Gauche de la Gauche sont bien plus proche entr'eux,
qu'éloignés du pouvoir.

Par contre Aubry ou ses soutiens sont eux aussi apprivoisés (même s'ils s'appliquent à rugir enfin disons miauler).

Écrit par : Chui Kalm | lundi, 09 février 2009

D'accord avec Duhamel sur tout sauf les lieutenants; n'exagérons rien, Rachita Dati, Eric Besson, Brice Hortefeux, Roger Karoutchi (etc.) étaient tous dans l'ombre jusqu'à 2006 / 2007 (connus des politologues et fins observateurs, pas du grand public). Quel candidat aux européennes du MoDem (têtes de liste) ne serait pas ministrable?

Su le premier commentaire de Chitah: lol, bien vu.

Écrit par : ArnaudH | lundi, 09 février 2009

@ Chitah

Souvent, j'observe que les propos de Bayrou ne sont pas examinés de près.
Bayrou n'a pas dit qu'il était hostile à une réintégration dans l'OTAN, mais à celle que propose Sarkozy, sans avantage aucun pour la France ! Pas pareil, ça...

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 09 février 2009

@Christine : j'ai dit que j'étais libertarien, pas libertaire. http://www.wikiberal.org/wiki/index.php?title=Libertarien
Ces deux concepts sont totalement différents.
Il ne me semble pas constructif de se baser sur ce que vous croyez être mes opinions politiques pour expliquer ce que je pense de Bayrou.
Pour moi, de Mélenchon à Pasqua, c'est kif kif, la seule différence réside dans les personnes.
Et concernant Bayrou, il existe un faisceau de présomption qui permet d''affirmer qu'il a été cherché à faire un minimum de vagues à son ministère.

@L'Hérétique : ce n'est pas que je n'ai pas examiné de près les propos de Bayrou, j'ai simplement résumé son propos, que j'ai parfaitement entendu et compris.
La proposition de Bayrou de faire un referendum sur le sujet est parfaitement démagogique, c'est un sujet sur lequel très peu de français peuvent se prononcer.

Écrit par : Chitah | lundi, 09 février 2009

@Chui Kalm,
Vous devenez fatigant avec votre 'Ségo'...
Sachez tout de meme, qu'elle a par son aveuglement ou crises de 'mysticisme' largement aidé NS (qui l'a chouchouté un temps avant de l'abattre ;)) à prendre le pouvoir; le pire c'est qu'elle continue!
Entre Etre ou Avoir, elle a largement choisi d'Avoir semble-t-il.
Bah, Duhamel tient son role habituel, tout le monde y est tellement accoutumé, que "tout le monde tombe dans le panneau" :D
@l' hérétique, pour l'Otan, j'ai réagi sur le billet concerné.

Écrit par : Martine | lundi, 09 février 2009

@ Chitah

Libertarien,c 'est une sorte de mix d'anarchisme et de libéralisme, non, je crois ? Anti-étatiste forcené, en somme.

Sinon, pour le référendum, si on raisonne comme vous, on ne donne jamais la parole au peuple. Chacun se fait une idée avec ses propres moyens : je ne dis pas que le résultat final est toujours fondé, mais que voulez-vous : on ne peut pas considérer éternellement le peuple comme mineur, et puis, tout comme Schumpeter, je pense que même si le peuple peut se tromper à court-terme, sur le long terme il finit toujours par réaliser ses erreurs.

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 09 février 2009

@ Martine

Bizarre, je ne vois pas votre commentaire !

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 09 février 2009

@Martine,

Si vous êtes si délicate et que l'évocation de "Ségo" vous donne des migraines et des fatigues. Je ne vais plus parler d'elle mais dire le Courant S (pour Courant Ségo).

Nous parlons de l'opposition que je sache.

Que faut-il faire ? Attendre sagement que le Modem grossisse jusqu'en 2012,

se démarquer normalement du pouvoir qui n'a pas les mêmes valeurs que nous,

et se boucher le nez à l'évocation d'autres oppositions ?

Ah oui !! au Modem nous sommes bien plus
malin que tout le monde !!

Le PS Aubry a mis très officiellement dans ses textes une interdiction d'accord avec le Modem jusqu'aux prochaines présidentielles,

Pour une alternative, avec le Modem qui reste ?

Bien sûr les allergies personnelles sont bien plus importantes et cela est secondaire que

1)Finalement il y ait beaucoup de points communs entre les grandes options du Courant S et le Modem, avec maintenat
des similitudes économiques précises.

2)Les Sympathisants du Courant S soient
souvent des gens bien et plutôt courageux qui ne lâcheront jamais S,

mais qui ont de la sympathie pour Bayrou et de l'intérêt pour le Modem (Finalement seul ces flirts des Mercier et autres quelques Sénateurs Centristes avec la droite sarkosyste est la pour vraiment les dégouter).

Il ne s'agit pas de fusion, ni de se débaucher les uns les autres mais de réfléchir à des accords.

En effet Sarko a la main mise politique,
il a la grande majorité des médias avec lui.

Ce serait folie de croire que sans préparation et organisation un peu ouverte d'une Alternative il puisse être battu.

Alors à moins que vous n'envisagiez la Politique qu'à la tête de la cliente,
ou que votre médecin vous interdise trop
de réflexion sur ce sujet à cause d'allergies et de fatigues s'en suivant, puisque le sujet de l'article est bel et
bien l'opposition, j'aimerais bien savoir
le fond de votre pensée sur le sujet :

Comment envisager Le Modem et les autres
composantes de l'opposition jusqu'aux présidentielles ?

Écrit par : Chui Kalm | lundi, 09 février 2009

@Chui Kalm,
J'ai simplement commenté le billet initial de l'hérétique, et puis une jeune femme 'charmante' m'a expliqué sur un autre blog qu'il ne faut pas poser de questions mais simplement répondre au billet! :))
Alors pour une fois que je suis 'docile' vous n'allez pas me le reprocher tout de meme!?

Écrit par : Martine | lundi, 09 février 2009

@ Martine

quel blog ?

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 09 février 2009

@Martine

Avouez que j'ai bien posé le problème !!

(voyez comme je suis modeste)

Si en récompense vous n'étiez pas trop exquise et répondiez ?

(Je vous assure que j'ai une grande confiance en votre finesse d'analyse - malgré quelques négligeables "allergies")

Écrit par : Chui Kalm | lundi, 09 février 2009

La problématique étant magnifiquement posée, j'ai 'foi' en votre perspicacité, pour trouver une solution.
J'ai décidée d'etre 'sage', lassant savez-vous de devoir se faire pardonner,cela entrave la liberté. :)

Écrit par : Martine | lundi, 09 février 2009

Martine, la peste plutôt que la sagesse.Suis suffisant mais pas auto-suffisant. Tant pis ma question, tel un pont, reste suspendue!!

Écrit par : Chui Kalm | lundi, 09 février 2009

Est-ce un diagnostic neutre ou est-ce un positionnement partisant de la part de Duhamel? Pour moi, c'est un peu des deux car beaucoup de journalistes ne penseraient pas du tout la même chose.

Franchement je doute beaucoup. Sinon je suis d'accord avec le premier commentaire de Christine sauf que je ne suis pas Modem pour autant car pour moi comme pour d'autres n'a pas de projet concret et crédible mais simplement quelques positions assez justes sur la critique du gouvernement actuel. Le problème de Bayrou c'est qu'il assume pas d'être de droite et ne propose pas grand chose de concret et crédible. D'ailleurs je serai curieux de savoir si certains électeurs de gauche qui ont voté pour lui en 2007 seraient prêt à recommencer en 2012

Mais pour l'instant selon les enquêtes d'opinion, le meilleur opposant à Sarkozy c'est Besancenot et non Bayrou.

Écrit par : Aurélien2 | lundi, 09 février 2009

@Chui Kalm,
Faudrait savoir tout de meme??!!!
Quand je suis 'sage' suis peste.
Quand je ne le suis pas idem!!!
Vraiment, vous me fatiguez.
Le pont...faites donc face à vos contradictions, pas un pont suspendu mais un tournant telle une girouette!

Écrit par : Martine | lundi, 09 février 2009

@Martine,heu ...oui...,me recadrez,avez raison, mon commentaire précédent fut trop déjanté...
(en ai mis quelques uns - de commentaires - Samedi dans le Post, qui je le ferais remarquer est lu par des personnalités Socialistes, où le Modem prenait de rudes coups, tout en essayant d'être amène et explicatif, parfois on prend de mauvaises habitudes).
Sage, pas sage l'important c'est peut-être d'essayer d'être le plus possible sincère.
N'empêche ma question de Bisounours à 40 Euros (chez nous ce n'est pas 20) :
Comment envisager le Modem et les autres composantes de l'opposition jusqu'aux présidentielles ? Je ne sais qui peut y répondre. Est-il trop tôt ? Mais c'est très sérieux.

Écrit par : Chui Kalm | lundi, 09 février 2009

@L'hérétique : non, le libertarianisme n'est pas un mix entre l'anarchisme et le liberalisme. D'autre part, l'adjectif "forcené" de l'expression "anti-étatisme forcené" fait passer mes opinions au choix soit pour "extrêmes" (ce qui est une catégorie politique vide de sens, dont le seul but est de qualifier négativement ce que pense l'autre) soit pour "folle" (ce qui est l'autre sens du terme forcené.
Vous perdez ainsi de vue que ce que vous appelez "anti-étatisme" peut avoir parfois des vrais fondements intellectuels et éthiques.
Quand on accepte le principe de l'Habeas Corpus, par exemple. Ou quand on limite les pouvoirs de la justice, de la police, afin que ceux-ci ne deviennent pas des instruments d'oppression envers le peuple.

Sur le fond : concernant les erreurs que le peuple commet ou pas, on sait depuis longtemps que malheureusement ce n'est pas l'intelligence des gens qui s'ajoute, mais leur bêtise. En d'autres termes, plus la taille d'un groupe devant prendre une décision augmente, plus celle-ci a de chance de s'éloigner de "l'optimal" que la raison aurait produit en examinant chaque intention de chacun des protagonistes puis en en faisant la synthèse.

Demander à quelqu'un de s'exprimer sur l'OTAN, le TCE, est tout simplement une escroquerie intellectuelle.

Je ne rejette pas un referendum à l'echelon municipal, par exemple, où les réalités sont plus simples à appréhender.

Écrit par : Chitah | mardi, 10 février 2009

@Chitah,
Je serai assez curieuse de connaitre votre définition du 'libertarianisme'.

Écrit par : Martine | mardi, 10 février 2009

@ Chitah

Merci pour vos précisions. Vous dites "on sait" comme si c'était une évidence. Désolé, mais c'est qui ce "on" ? Schumpeter tout comme Montesquieu estiment que le peuple, à court-terme n'est souvent pas "bon" pour prendre des décisions lui-même, mais qu'en revanche, il l'est bien plus pour choisir des représentants qui le feront en son nom.

Notez que votre raisonnement sur l'optimal peut s'appliquer aussi l'extrême. Vous avez une bien curieuse manière de considérer les décisions prises en commun. Je suis désolé, mais j'ai une grande défiance des décisions prises par un seul individu estimant agir pour le bien commun. C'est d'ailleurs très contraire à l'esprit du libéralisme, au demeurant.
J'ajouterai que la doctrine à laquelle vous adhérez est une utopie. Historiquement, ce qui s'en rapproche le plus, c'est "l'Eden libertarien" des premiers temps de la colonisation de l'Amérique. Ce n'est pas le modèle de société auquel j'aspire, attachant plus d'importance au bien commun qu'au contrat.

Je ne crois pas que s'exprimer sur l'OTAN soit une escroquerie intellectuelle. La nature du débat démocratique, c'est de se faire à plusieurs niveaux, spécialisés ou non à des degrés divers.

Écrit par : L'hérétique | mardi, 10 février 2009

@L'hérétique :
Pardonnez-moi, je dis "on sait" parce qu'effectivement c'est un résultat classique, qui a donné lieu à un prix Nobel en 1972, après une publication datant de 1951.
Je parle du théorême d'impossibilité d'Arrow : http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9or%C3%A8me_d%27impossibilit%C3%A9_d%27Arrow
Voir ici aussi : http://www.quebecoislibre.org/030510-4.htm

Ce théorème explique que par exemple, le vote consistant à choisir les candidats au second tour d'une élection présidentielle donne en général des résultats qui ne correspondent pas aux choix réel des gens.
Il est vrai que pour les choix très binaires (Oui/Non par exemple) le vote d'une grande masse de gens ne pose pas de problème sur le système même du vote, il pose alors des problèmes sur la compétence des gens pour vraiment trancher.

"Vous avez une bien curieuse manière de considérer les décisions prises en commun. Je suis désolé, mais j'ai une grande défiance des décisions prises par un seul individu estimant agir pour le bien commun. C'est d'ailleurs très contraire à l'esprit du libéralisme, au demeurant."

Non, c'est contraire à l'esprit de la démocratie, pas du libéralisme, en tout cas pas directement.

"J'ajouterai que la doctrine à laquelle vous adhérez est une utopie. Historiquement, ce qui s'en rapproche le plus, c'est "l'Eden libertarien" des premiers temps de la colonisation de l'Amérique. Ce n'est pas le modèle de société auquel j'aspire, attachant plus d'importance au bien commun qu'au contrat."

Bof. Le terme d'utopie est une catégorie politique vide.
L'abolition de l'esclavage, le droit de vote non censitaire, cela faisait éclater de rire n'importe qui au XVème siècle.

"Je ne crois pas que s'exprimer sur l'OTAN soit une escroquerie intellectuelle. La nature du débat démocratique, c'est de se faire à plusieurs niveaux, spécialisés ou non à des degrés divers."

Hé bien si vous estimez que tout un chacun peut s'exprimer sur tout, et que son avis est également légitime et pertinent et à prendre en compte, alors je ne m'étonne pas de l'état de la politique en France, et surtout de l'état de la France en particulier.
Prendre des décisions en commun, cela ne peut s'envisager que sur le périmètre que la loi estime légitime. Comme vous semblez ne pas poser de limite à ce périmètre, alors celui-ci est extensible indéfinimment. Et cette extension indéfini aura une limite, cela s'appele le socialisme.

Écrit par : Chitah | mardi, 10 février 2009

Je n'ai pas dit que tout un chacun pouvait s'exprimer sur tout : j'ai dit qu'un débat pouvait avoir lieu à plusieurs niveaux. Mais lorsqu'une décision engage fortement la nation, il est tout de même légitime de lui demander son avis.
Au pouvoir politique de faire preuve de pédagogie, et non de démagogie, en exposant clairement les enjeux.
Parce que dire qu'il faut réintégrer l'OTAN parce que le départ de la France c'est daté, c'est un peu court comme argument. Or, c'est l'argument principal du pouvoir dans les médias.

Écrit par : L'hérétique | mardi, 10 février 2009

Dans ce cas nous sommes d'accord, l'hérétique, je ne tentais que d'apporter quelques bémols de-ci de-là.

A plus!

Écrit par : Chitah | mardi, 10 février 2009

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