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dimanche, 09 novembre 2008

un Max Havelaar pour l'agriculture française ?

L'idée m'est venue en me bâffrant un bol de framboises mélangées avec des bananes, le tout revouvert de cassonade de sucre de canne : je regardais pensivement mon sucre blond tout droit venu du Paraguay estampillé commerce équitable sous la garantie de l'organisme Max Havelaar. Je rappelle qu'il s'agit d'une association de solidarité internationale dont le but est d'utiliser le commerce et les échanges afin que les paysans du sud de l'hémisphère puissent subenir à leurs besoins en toute autonomie. ceci suppose que le fruit de leur travail leur soit justement redistribué. Or, les grosses industries agro-alimentaires s'y entendent à s'en mettre plein la poche et à écraser ces petits producteurs.

Or, ce matin, j'entendais sur France-Info les revendications des agriculteurs français : ce n'est pas la première fois, ils font valoir les marges monumentales que se mettent dans la poche la grande distribution et les grosses centrales privées de l'industrie agro-alimentaire. Du coup, je me suis dit, et si on appliquait le concept Max Havelaar-Commerce équitable à la France ?

Il suffirait d'un organisme indépendant, chargé de vérifier que les Agriculteurs perçoivent leur dû, au même titre que le Label Rouge vérifie la qualité des produits, par exemple. Cet organisme, reconnue par le Ministère de l'écologie et du développement durable, autoriserait les revendeurs à accoler une étiquette ad hoc sur l'emballage dès lors qu'ils rempliraient les conditions de commerce équitable requises.

Voilà, c'est simple, et je m'en vais soumettre l'idée au MoDem, moi :-)

Commentaires

Tu manges des framboises au mois de novembre ??? Quelle est donc leur provenance ? pourquoi pas un tel label, mais avant tout, ce sont nos habitudes de consommateur qu'il faut changer!

Écrit par : Mirabelle | dimanche, 09 novembre 2008

C'est en effet une excellente idée, à laquelle j'ai déjà réfléchi, une structure qui permettrait de promouvoir un commerce national équitable, et de contourner les filières classiques de ventes pour améliorer les revenus des agriculteurs pourrait être une bonne chose.

Reste à savoir comment le mettre en place.

Écrit par : vincent15 | dimanche, 09 novembre 2008

effectivement les framboises...bref...je vous rappelle qu'il existe les reseaux d'amaps qu'il suffirait de valoriser au plan local avec le soutien des municipalités. Inutile d'aller chercher un pseudo label qui de toute façon ne sera en rien une garantie de qualité du produit. Le "Green washing" et autre récupérations du développment durable dénaturent suffisemment les bon concepts pour qu'on se concentre sur ce qui exite déjà...
Exemple de dérive possible : des produits certes labellisés mais qu'on va vendre à l'autre bout de la france vec toutes les conséquences que cela peut avoir en terme de consommation d'énergie.
Le commerce équitable est, au-delà de l'impact réel sur les populations, un formidable outil marketing attrape bobo...
jpm

Écrit par : jpm | dimanche, 09 novembre 2008

Pas une bête idée mais bon, tout dépends de quel genre de produit.

Mirabelle> Tout dépends de la variété, j'en ait encore eut jusqu'à il y a deux semaines.

jpm>heu, entre l'avion du Paraguay et le camion de Grenoble, on a une différence de poids.
Et...ben non, c'est pas QUE pour se refaire une conscience morale le com. équitable, ça marche, je sais, j'y ai bossé
Voir un paysan doubler ses revenus(c'est à dire qu'il gagnerait autant à laver des bagnoles à Paris),ça n'est pas rien.

Écrit par : Sven | dimanche, 09 novembre 2008

d'accord avec les amap pour réellement exercer notre solidarité de conspmmateurs
mais d'abord posez la question de la terre agricole qui n'est pas disponible et ce sera notre engagement citoyen

Écrit par : ab | dimanche, 09 novembre 2008

C'est pas con. Surtout que les gens recherchent beaucoup la qualité alimentaire en ce moment.
Ca pourrait permettre à certains agriculteurs de mieux s'en sortir..

Écrit par : emanu124 | dimanche, 09 novembre 2008

Cela parait un beau voeu logique applicable.
Je pense qu'il faudrait qu'il reste simple
et à appliquer par tout le monde et surtout
qu'il ne reste pas un voeu pieu.
(je pense à la belle idée des 20 % de
logements sociaux, au bout de de la chaine
ce n'est pas appliqué et donc tout le reste
avant n'aura servi qu'à émoustiller nombre
de fibres sociales bien pensantes).

Écrit par : Candide | dimanche, 09 novembre 2008

C'est bien joli mais il se rtouve que Max Havelaar laiss totalement intactes les marges de la grande distribution. LIre Les coulisses du commerce équitable chez mille et une nuits. Il faudrait au contraire que les paysans du Sud se débarrasent au plus vite de ces imposteurs...

Écrit par : Philippe Cohen | dimanche, 09 novembre 2008

En tout cas, il faudra un jour ou l'autre s'y pencher sérieusement. Je connais personnellement des agriculteurs ayant arrêté leur production car on leur payait les pommes de terre 3 cts le kilo (30€ la tonne) alors que le prix de revient était de 15/18 cts. Si encore ces pommes de terre, vendues plutôt localement, était peu chères ... mais non, vérifié en surface sur le pied de 90 cts ... bonjour la marge.

Écrit par : Claudio Pirrone | dimanche, 09 novembre 2008

Ce n'est pas sur les produits que l'on doit accoler des estampilles, trop compliqué, trop technique, bureaucratique et probablement inapplicable.

Par contre, l'idée de noter les sociétés de distribution elles mêmes, avec différentes notes distribuées par des organismes indépendants, ferait fureur...
- respect du droit du travail.
- nombre de condamnations pour harcèlement.
- nombre d'emplois précaires
- coefficient de redistribution aux producteurs
- volume d'importation des produits étrangers
- nombre de fournisseurs locaux.
etc...

Cette note ferait référence et donnerait aux citoyens une occasion de bien choisir le magasin dans lequel il va faire ses achats. Une autre manière de faire de la discrimination positive...

P.S. Je vous rappelle qu'il est peu conseillé de consommer du THON (espèce en voie de disparition).

Écrit par : philippe, | dimanche, 09 novembre 2008

Les amaps, pourquoi pas?
Bons certains agriculteurs sillonent la France, porte à porte mais pas obligatoirement gage de qualité, ni de prix raisonnables.
Produits bios sous forme de paniers, je ne suis pas certaine que tous les consommateurs soient prets à se soumettre au rythme des saisons, aux fruits et légumes sans tache, aux formes peu conventionnelles, et à leur conservation limitée; et puis parfois pas souvent, moyen de financement de sectes, et autres...Les normes Européennes varient beaucoup en la matière.
Assez en accord, en ce qui concerne les commentaires pour le commerce équitable actuel, cependant les pays concernés pour exporter sont contraints d'utiliser les filières organisées, ainsi que le souligne Claudio, bonjour la marge, pour tous les produits tant émanant de notre territoire, que des pays 'du sud'.
@ Philippe, essayez d'imaginer la mise en oeuvre, et puis discrimination positive...provocateur??!!! Soyez rassuré, je ne mange plus de thon depuis un certain temps...Fini mes sushis préférés, sans regrets :-)))

Écrit par : Martine | dimanche, 09 novembre 2008

Moi je suis dans une AMAP et c'est l'équivalent de Max Havelaar pour les petits
producteurs.
La mienne est particulièrement sympa, outre le panier que je récupère chaque semaine elle nous propose diverses visites de fermes.

Pour le thon, il faut distinguer le thon rouge
en effet menacé de disparition
du thon blanc ou thon Germon qui remonte les rivières.
Il est encore abondant, c'est celui qu'on mange en conserve.

Écrit par : Rosa | dimanche, 09 novembre 2008

@ Philippe Cohen
On ne peut pas tout faire d'un coup et il faut bien commencer par quelque chose.
@ Claudio
Oui, je trouve cela choquant, mais attention, les grandes surfaces ont des frais de stock, de conservation et de transports...Idem pour l'industrie agro-alimentaire.
Il y a eu une expérience de distribution libre il y a quelques années : paysan.org. Le problème, c'est que c'était tout de même très cher...
@ philippe
Il faut quelque chose de visible. L'important, c'est que le consommateur puisse savoir d'où le label étiqueté.

Écrit par : L'hérétique | dimanche, 09 novembre 2008

Pour info à ceux qui lisent les commentaires, une AMAP est constituée par un ou plusieurs producteurs de fruits et légumes qui vend directement au consommateur final, souvent en ville, sans passer par les intermédiaires classiques du commerce (grossistes, grande distribution).
Le principe est le suivant : le client verse à l’avance une somme, un abonnement, qui lui donne droit chaque semaine à un panier de fruits et / ou légumes de saison. Le producteur bénéficie de marges plus élevées et de trésorerie, le consommateur de produits frais dont il connaît la provenance, et ne consomme que des produits de saison.

Écrit par : L'hérétique | dimanche, 09 novembre 2008

@ Sven
Oui, moi aussi, je crois au commerce équitable
@ Mirabelle
Ben oui, y'en avait dans l'épicerie où j'ai fait mes courses, alors miam :-)
@ ab
C'est quoi le problème de terre agricole ?

Écrit par : L'hérétique | dimanche, 09 novembre 2008

Il n'y a pas de boite "de commerce équitable". Il est donc impossible d'y avoir travailler. On peut seulement avoir une expérience (c'est mon cas) dans une entreprise ou une association qui a une démarche 'de commerce équitable', avec tous les guillemets nécessaires.
Les labels posent un gros problème : la confiance est construite sur une image immuable pendant que les cahiers des charges, que personne ne consulte vraiment, peuvent varier dans le mauvais sens. Le contrôle est dit indépendant, mais c'est le contrôlé qui paye le contrôleur...
Sans parler des abus de langages : Max Havelaar par exemple n'est pas un label public (ex: AB) mais une marque privée dont l'évolution du cahier des charges dépend de ses seuls administrateurs.
Aucun des labels existant ne permet de vérifier réellement qui gagne quoi. Au mieux on connaît le montant versé au producteur initial (ce n'est pas ce qu'il lui reste pour vivre et on parle rarement de ses éventuels salariés), dans tous les cas il n'y a aucune visibilité sur la marge de la grande distribution. Par contre on sait que la majorité de leurs employé(e)s sont des travailleurs pauvres et précaires malgré la puissance et le bénéfices réalisés par leur groupe.
Il est par ailleurs possible soit de faire du commerce équitable, soit de rendre un commerce équitable. Si les deux sont respectables, la nuance est de taille.
Les Amaps sont un outil intéressant à développer, mais elles ne pourront jamais répondre à l'ensemble des besoins de la population. Il existe de nombreuses autres initiatives intéressantes mais souvent peu connues : eco-bâtir, les simples, nature&progrès, minga, demeter... (Voir leurs sites respectifs et en particulier www.minga.net et www.quatre-mats.org pour approfondir ces sujets). Leur point commun est de se regrouper pour faire avancer la mise en oeuvre de systèmes de garantie participatifs. Certains fonctionnent déjà très bien en amérique du sud par exemple. Ils permettent de savoir qui gagne quoi sur toute la filière, comment sont fabriqués et vendus les produits, qui dépend de qui, etc...
Sujet complexe... mais passionnant !

Écrit par : Eric | lundi, 10 novembre 2008

Bonjour Eric

En fait, ce qu'il faudrait, c'est que ces associations commerciales solidaires se regroupent en super-centrales d'achat. La dispersion les empêche de se développer dans un pays comme le nôtre.

Écrit par : L'hérétique | lundi, 10 novembre 2008

Bonjour,

Ce ne sont pas des associations commerciales, mais de professionnels de divers secteurs d'activités et de consommateurs qui s'organisent pour transformer leurs manières de produire, transformer, distribuer, commercialiser et consommer sans faire des affaires sur le dos de l'autre ou de la planète. Ces risques ne sont pas pris pour (re)faire ce qui n'a pas fonctionné : des super-centrales d'achats. Elles essaient justement d'éviter toute nouvelle concentration de pouvoir dans l'espoir de reconquérir démocratie et libertés. Celles d'entreprendre ou d'accèder à des aliments de qualité n'ont jamais été autant menacées par exemple.

Écrit par : Eric | lundi, 10 novembre 2008

@ l'hérétique : alors demande à ton épicier d'où elles venaient !
@Eric : on veut un article, on veut un article !

Écrit par : Mirabelle | lundi, 10 novembre 2008

@ Mirabelle
Les épiciers qui savent ce qu'ils vendent deviennent fort rares.

@ Eric
Si l'on ne peut pas tout trouver en un même endroit, cela pose un problème de distribution. Je ne vois pas comment procéder autrement que par une centrale d'achats.
Emmaüs est bien, dans un autre domaine, une centrale d'achats, et pourtant ses produits sont diversifiés, non ?

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 10 novembre 2008

@ Vincent 15

Si tu as réfléchi sur une structure concrète qui tiendrait la route, cela m'intéresse...

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 10 novembre 2008

Bonjour,
L'équité dans les échanges locaux ou régionaux est vieille comme le commerce et fort heureusement traitée déjà par de nombreuses organisations dans le monde, y compris en France, comme Nature et progrés,les Amap et autres circuits courts, Minga et ses membres, la Confédération paysanne, Champ du possible, Alterconso, la Fnab,etc.
Mais ce n'est pas sur le mode Max Havelaar...car celui-ci, contrairement à sa publicité, ne met pas d'équité dans le commerce mais se soucie seulement des débouchés des producteurs des matières premières, non transformées (!), des pays dits du sud. C'est une approche libérale (toujours plus de commerce) sur fond caritatif (aider les pauvres), qui a été largement financée par les gouvernements de droite, et qui permet tous les abus aux autres étapes des filières, d'où la récupération par la GMS, en particulier l'auto-proclamé "Champion du commerce équitable", M. Edouard Leclerc, qui fait disparaitre par ses bas prix d'achat des dizaines de milliers d'emplois, d'agriculteurs, de commerces de proximité et de petites et moyennes entreprises...
Nestlé, MacDo, Accor, Starbuck, Carrefour, WalMart, et bien d'autres multinationales ont aussi leur petit logo Max Havelaar.
Mais commencer par mettre de l'équité dans nos échanges locaux et régionaux, et respecter notre première partenaire qui est la nature, est une trés bonne démarche... qui ne plait pas à nos "dirigeants".
Parlons-en, agissons et continuons à nous organiser par nous-mêmes comme cela se fait déjà un peu partout.
Bernard

Écrit par : Durand Bernard | lundi, 10 novembre 2008

@L'hérétique
Bien sur ils ont des frais de gestion et de structure, mais connais-tu beaucoup d'entreprises avec une marge brute de la sorte ? J'attends le moments ou les coopératives agricoles comprendront qu'ils doivent s'occuper activement de distribution.

Écrit par : Claudio Pirrone | lundi, 10 novembre 2008

@ Bernard
Ce que vous voulez dire, en somme, c'est que Max Havelaar n'a pas de dimension écologique ? Certes, mais, de mon point de vue, il faut un début à tout. Se soucier des débouchés des travailleurs pauvres du Sud est déjà un commencement. Ce qu'il faut, c'est une double certification délivrée par deux organismes indépendants. J'ai déjà acheté des produits estampillés Max Havelaar ET bio de surcroît (AB, je crois).
Je ne suis pas d'accord sur votre démarche : je pense au contraire qu'il faut intégrer une dimension éthique dans la logique commerciale, ce qui suppose d'infiltrer les grands distributeurs.

@ Claudio
Ben quand j'avais testé paysan.org je trouvais que les marges étaient monumentales.

Écrit par : L'Hérétique | lundi, 10 novembre 2008

Bien sur qu'il y'a une dimension écologique dans le cahier des charges Max Havelaar. C'est une autre philosophie que le BIO (qui se concentre sur l'interdiction de tous les pesticides) car c'est plutôt la gestion durable des ressources (rotation/diversification des cultures,récupération des déchets organiques pour fumure...) qui est recherchée, mais c'est complémentaire (souvent les 2 labels).
En effet, pour faire du bio, ça coûte des sous (matériel, formation, baisse des rendements), le commerce équitable permet d'investir pour atteindre ces critères.

Écrit par : Hervé | mercredi, 12 novembre 2008

@ Hervé

Merci pour ces précisions. Je crois aussi que les deux objectifs sont complémentaires.

Écrit par : L'Hérétique | mercredi, 12 novembre 2008

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