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  • L'absurde idée d'un classement hospitalier

    Dans les idées tordues, en voilà une de taille : Nicolas Sarkozy veut établir un classement des hôpitaux en fonction de leur mortalité. Cela n'a pas de sens ! Tout dépend de l'état de santé des patients que ces hôpitaux reçoivent ! A moins d'intégrer des données extrêmement pointues (et dans ce cas, bonjour la complexité et le temps nécessaire à un tel classement), il est clair que ce classement n'aura aucune signification et aucun autre effet que de stigmatiser certains établissements hospitaliers.

    Bon, j'attends de voir les paramètres exacts selon lesquels les hôpitaux seront classés, mais je suis très sceptique. La seule option qui me paraît retenable, c'est de relever les infections nosocomiales, en tenant compte de leur type, car c'est certainement un indice de l'hygiène des hôpitaux.

    Par ailleurs, en poussant les hôpitaux à obtenir de bons chiffres, on pourrait avoir certains effets très pervers : maintenir coûte que coûte un mourant en vie, quand bien même ses souffrances seraient infinies.

    Bref, pour moi, c'est archétype de la fausse bonne idée, et je m'en défie tout à fait. En revanche, faire inspecter régulièrement les hôpitaux par des services sanitaires, ça, cela ne serait pas du luxe.

  • Asie centrale, le mauvais calcul de l'Europe

    Un forum de rencontre entre pays de l'Asie Centrale et l'Europe s'est déroulé tout récemment à Paris. Cette région du monde intéresse l'Europe, car elle y voit une alternative à la Russie pour diversifier ses sources d'énergie. L'Europe cherche donc à nouer une relation privilégiée avec cette région du monde, d'autant que les enjeux ne manquent pas : poussée de l'islamisme, mais, surtout, ressources énergétiques abondantes.

    Ce qui me scie, c'est la persistance effrante de l'Europe dans l'erreur de calcul. Nous fondons nos partenariats géostratégiques sur nos besoins énergétiques en énergies fossiles ! énergies fossiles, cela veut dire non-renouvelables et épuisables à court-terme désormais. Si l'Europe veut l'indépendance énergétique, elle doit se tourner vers l'énergie solaire, certains bio-carburants et l'hydrogène. C'est une question de volonté politique. J'ai souvent le sentiment que l'écologie n'est sur le fond pas rentrée dans les moeurs : elle demeure essentiellement un élément du décor, un effet brigth pour faire paraître les dents plus blanches, mais absolument pas une lame de fond qui devrait irriguer toute la classe politique.

    Les républiques d'Asie centrale vivent quasiment toutes sous le régime du despotisme, avec un mépris à peu près total pour les droits humains. S'engager dans cette zone du monde a un sens si nous y souhaitons une évolution politique, les régimes despotiques étant souvent instables. Mais s'y engager uniquement pour nous assurer des sources d'énergie alors que ces dernières vont disparaître,  quelle erreur d'appréciation sur le fond !

    Demandez donc à Annakourban Amanklytchev et Sapardourdy Khadjiev qui croupissent au fond d'une geôle dans des conditions épouvantables ce qu'ils pensent du régime turkmène... et quid d'Ogoulsapar Mouradova morte sous les coups en prison dans cette même "république" ?

    C'est assez comique, d'ailleurs, de voir toute la presse française au garde-à-vous parler gentiment de "république" pour ces régimes despotiques. Montesquieu doit se retourner dans sa tombe, lui qui voyait dans la République le plus vertueux des régimes, et dans le régime despotique, le plus néfaste et vicieux des régimes politiques.