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mardi, 27 mai 2008

Qui est libéral chez les Socialistes ?

c'est assez rigolo, le débat sur le libéralisme chez les Socialistes, à l'heure actuelle...A ce sujet, je signale l'excellent billet de Laurent de Boissieu sur son blog politique.

C'est comique, parce qu'en effet, les trois principaux candidats à la direction du PS (et à l'élection présidentielle de 2012) appartiennent tous les trois à l'aile social-démocrate du PS, de tendance plutôt libérale.

Bon, on peut faire des distinguo subtils : DSK est presque un social-libéral, mais cela ne peut pas se voir tant qu'il reste au PS. Royal est une blairiste, donc une réformiste de gauche, avec un côté jacobin prononcé qui séduit le peuple (ordre, autorité, famille, travail et cetera...). De plus, c'est une provinciale élevée à la dure, issue d'une famille nombreuse, et qui est sans ostentation de quelque sorte que ce soit. Delanoë,lui, c'est plutôt le socialiste gestionnaire tendance libertaire. Libéral, mais pas trop quand même ; il préfère évidemment parler de ceux qui se couchent tard (pour cause de fête) que de ceux qui se lèvent tôt (pour cause de boulot afin de payer entre autres les prunes que collent les agents de police parisiens, plus affairés à traquer les automobilistes qui se rendent au travail que les fêtards qui rentrent ivres de la fête). En ce sens, toute sa rhétorique s'oppose radicalement à celle de Royal.

Mais il demeure qu'aucun des trois n'évoque jamais la société marchande dans laquelle nous vivons, et pas davantage le commerce, pour reconnaître son rôle fondateur dans l'établissement des libertés.

J'entends souvent évoquer Montesquieu pour identifier le libéralisme de Delanoë. Certainement pas. Outre que Delanoë n'accorde aucune place aux corps intermédiaires, il faut rappeler que Montesquieu consacre les livres XX et XXI de l'Esprit des Lois pour établir le lien profond qui existe entre commerce et liberté.

J'aime bien, d'ailleurs ce qu'il écrit au chapitre 4 du livre XX de l'Esprit des Lois :

Le commerce a du rapport avec la constitution. Dans le gouvernement d'un seul, il est ordinairement fondé sur le luxe; et quoiqu'il le soit aussi sur les besoins réels, son objet principal est de procurer à la nation qui le fait, tout ce qui peut servir à son orgueil, à ses délices, et à ses fantaisies. Dans le gouvernement de plusieurs, il est plus souvent fondé sur l'économie. Les négociants, ayant l'œil sur toutes les nations de la terre, portent à l'une ce qu'ils tirent de l'autre

Suivez mon regard et regardez ce que Delanoë met en avant à Paris...Bref, le libéralisme de Delanoë est tout relatif. Et puis comme le note Laurent de Boissieu, J-M Bockel, qui a fini par gagner le camp sarkozyste, a présenté pendant des années une motion comportant le mot libéralisme aux congrès du PS pour ne même pas obtenir 1% des suffrages au final...

Commentaires

C'est quand même cocasse de voir qu'au PS, alors qu'ils ont dans leurs rangs les directeurs du FMI et de l'OMC, ils en sont toujours à s'interroger sur le libéralisme.

Ça aurait été peut-être une bonne idée d'y penser avant de publier la récente déclaration de principes...

Écrit par : Aurélien | mardi, 27 mai 2008

Rappel pertinent d'Aurélien (FMI, OMC) ! Le PS est divisé entre une aile sociale-libérale (DSK, Delanoë, Royal) au discours social-démocrate et une aile sociale-démocrate (Emmanuelli, Mélenchon) au discours révolutionnaire. Les positions réelles sont décalées par rapport aux positions revendiquées...
Par ailleurs, L'hérétique a raison : Bertrand Delanoë ne retient de Montesquieu que le libéralisme politique. Or il est vrai que chez les penseurs libéraux les deux libéralismes - le politique et l'économique - sont intimement liés.

Écrit par : Laurent de Boissieu | mardi, 27 mai 2008

Si je suis d'accord que Delanoë n'est pas libéral au sens de Montesquieu, il en va de même chez Royal. Son clash avec Fountaine, où elle a l'audace (j'allais dire, le culot) de dire "je vous donnerai la parole après", ie 'après le vote', alors que la logique démocratique voudrait que chacun ait le droit d'exprimer son avis AVANT le vote pour que chacun puisse voter en toute connaissance de cause, a suffi à me la rendre profondément antipathique. Je vois que l'Hérétique, dans sa cordiale antipathie pour Delanoë, préfère ignorer les travers de Royal. Mais pour moi, Delanoë ou Royal, ce sont tous deux des personnalités autoritaires et qui n'ont rien de vraiment libérales. La perspective d'une alliance avec le PS qui se concluerait soit avec Royal, soit avec Delanoë, ne me dit rien de bon; ce sont tous deux des caractériels autoritaires qui ne peuvent souffrir la contradiction.

Quant à Laurent de Boissieu, tu as raison de dire que les deux libéralismes - politique et économique - vont ensemble, mais Montesquieu est plutôt un piteux exemple, c'est quand même le mec qui a écrit l'Esprit des Lois en même temps qu'il s'enrichissait de l'esclavage et du commerce triangulaire. Comme quoi il ne suffit pas d'appeler aux grands penseurs pour se targuer d'une cohérence quelconque. Et jusque maintenant rares sont ceux qui ont su mettre leurs pratiques en accord avec leurs convictions profondes. Pour quoi ces procès en pureté idéologique me semblent déplacés à l'ère de l'hypocrisie systématisée dans laquelle où nous vivons. Si nous cherchons en bas des "dessous chics", nous découvrirons toujours des bas-fonds pas très ragoûtants.

Écrit par : homo sapiens volens | mercredi, 28 mai 2008

@ homo sapiens

Il y a des mythes qui ont la vie dure. Montesquieu n'a jamais profité de l'esclavage. Il avait simplement acheté des actions de la Compagnie des Indes, dont l'activité était diversifiée, mais, qui en effet, faisait aussi commerce de l'esclavage.
Primo, il ne l'avait pas fait à titre perso, mais comme commissaire de l'Académie de Bordeaux, et si tu raisonnes de cette manière, je t'annonce que tu es un infect exploiteur d'enfants si tu achètes des jouets made in China, ou encore si tu prends de l'essence de manière générale.

Attention aux procès d'intention trop prompts : Montesquieu était un type bien, et pas du genre à agir en contradiction avec ses convictions, sachant qu'on est alors en plein 18ème siècle, il ne faut pas l'oublier, et qu'il faut donc rapporter les actions au contexte de l'époque.

Écrit par : L'hérétique | mercredi, 28 mai 2008

A homo sapiens volens

Pas d'accord à mettre Delanoë et Ségolène dans le même sac.

Delanoê soigne son image (et les médias de droite avec lui) pour le reste
qu'est-ce que l'on peut y comprendre sinon qu'il veut être élu ici et là ?
Il ferait mieux de respecter sa parole et de rester maire à temps plein
de Paris jusqu'en 2014.

Ségolène soigne son image aussi (et elle est dans la ligne de mire des
médias de droite). Elle est parfois spontanée et bornée. Mais elle suit
un vrai plan à elle et ses proches politiques pour les Présidentielles.
Je dirais même plus, son plan inclut le fait qu'elle veut ête élue en position
pour faire un bon mandat ensuite.

Et puis en attendant, elle au moins elle se rend compte qu'il n' y a rien
de bon à attendre de Sarkosy et elle le dit sans ambiguité !!

Écrit par : Luc | mercredi, 28 mai 2008

Ecoute, Luc, j'ai déjà compris, à ta réponse à un commentaire que j'avais posté, que tu étais un partisan de Royal. Tu as dit que quand elle disait "libéralisme c'est le mot de nos ennemis" et "libéral et socialiste, c'est totalement incompatible," que ce n'étaient pas là des phrases de stratégie politicienne mais reflétaient la cohérence de sa pensée. Tant mieux, ou plutôt tant pis.

Car je ne me sentirai jamais proche de quelqu'un qui se dit en totale incompatibilité avec l'adjectif "libéral" et ostracise ce mot de son vocabulaire, pour quelque raison que ce soit. Ce n'est pas de ma faute si Royal a fait de moi son ennemi, moi aussi j'ai découvert en me réveillant un beau jour qu'en tant que libéral, j'étais l'ennemi de Royal avec lequel elle se trouvait en incompatibilité totale. Il y avait mille façons pour elle de se démarquer de Delanoë; elle l'a fait sans tact, sans nuance aucune, avec une agressivité inutile vis-à-vis de ceux qui se réclament libéraux.

D'ailleurs, je condamne sans hésitation et sans nuance la façon dont elle a mené le conseil lors du clash avec Fountaine. Que Fountaine ait cherché à la déstabiliser, je n'en sais rien, mais toujours est-il qu'il était du devoir de Royal en tant que Présidente du Conseil de donner lui donner la parole pour qu'il puisse s'exprimer avant le vote. C'est ça la démocratie, et non pas laisser les gens parler après le vote, ce qui n'a aucun sens sinon pour faire la causette.

Écrit par : homo sapiens volens | mercredi, 28 mai 2008

A homo sapiens volens,

En réalité il semble que Ségolène n'ait pas compris ce que voulait dire
B. Delanoë avec ses propos sur le Libéralisme. Moi non plus. Sommes nous
que deux à n'avoir pas compris ? Je ne pense pas qu'elle soit anti-libérale
pour autant.

Je n'ai pas voté pour Ségolène au 2 ème tour (abstention), je la trouvais aussi
Démago que son concurrent et inconsciente pour l'économie.

Je suis Modem et fier de l'être. Hé bien je remarque que, depuis les présidentiellles au delà de la forme (que l'on grossit surtout qu'elle est en ce moment trés attaquée), il y a de sa part la prise en compte de l'économie
et des prises de positions courageuses et cohérentes pour l'avenir.

Exemple dans l'actualité du jour justement, j'avais trouvé que les critiques
de l'oppsition sur le Modem aprés les municipales avait été plutôt de bonne guerre sauf celles Cambadélis qui dans ma tête est classé comme un pauvre type à gifler.

Comme par hasard, pour d'autres raisons, qui n'a pas peur de s'en prendre
crûment à ce sinistre personnage, c'est Ségolène.

Écrit par : Luc | mercredi, 28 mai 2008

A homo sapiens,

Je pense que, comme beaucoup d'autres, Ségolène n'a pas trop compris
les propos de Delanoë sur le libéralisme. Je ne crois pas qu'elle en soit
anti-libérale pour autant.

J'ai n'ai pas voté pour Ségolène au 2 ème tour des présidentielles (absention) car je trouvais qu'elle était aussi démago que son adversaire et qu'elle était inconsciente en économie.

je trouve que depuis les présidentielles elle inclut l'économie plus réaliste dans ses programme et qu'elle a une ligne politique courageuse qui n'est pas démagogique.

Du coup c'est une des trés rares à lutter sans être anesthésiée par la
Poutinisation de la France par Sarkosy qui se nourrit plus que jamais
de ses 2 mamelles : Le bidouillage politique intentif et la recherche
assidue de contôle des médias.

Voilà pourquoi tout en étant Modem et fier de l'être, hé bien oui
je soutiens Ségolène.

Écrit par : Luc | jeudi, 29 mai 2008

itou, comme Luc, sauf que moi, j'ai voté pour elle au second tour. Je n'irai toutefois pas jusqu'à dire que je la soutiens, mais je la préfère tout de même nettement à Delanoë, et j'apprécie les personnalités politiques qui s'engagent clairement.

Écrit par : L'hérétique | jeudi, 29 mai 2008

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