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dimanche, 20 avril 2008

Cliquez, souriez, vous êtes un pédophile !

Je recommande vivement l'article de Charles Bwele à propos des méthodes répugnantes et illégales du FBI : en gros, le FBI fabrique des faux liens pédophiles puis recueille les adresses IP des ordinateurs qui ont cliqué sur ces liens, repèrent les utilisateurs de l'rodinateur, puis les arrêtent.

Sauf que :

1. Jusqu'à preuve du contraire, je ne vois pas en quoi cliquer sur un lien est un délit ou un crime, fût-il pédophile.

2. Cliquer sur un lien qui conduit vers une image pédophile n'infère absolument rien des intentions de cedlui qui a cliqué. Ce peut être une erreur, de la curiosité, une vérification avant de signaler le lien , et cetera...Bref, tout est possible.

On en est au niveau le pire qui soit : celui du procédé d'intention le plus arbitraire qui soit, quand bien même le FBI repérerait de véritables prédateurs par ce biais.

Cette manière de faire est perverse, immorale et dangereuse : elle ouvre la porte aux abus les pires, car elle fait passer dans la jurisprudence l'idée que cliquer sur un lien, peu importe la cause, le fait seul comptant, peut être un crime.

Je ne suis généralement pas tendre vis-à-vis des criminels sexuels, mais attention : la lutte contre les dépravations les pires ne justifie pas les méthodes les plus douteuses.

Commentaires

Ta question pose, plus largement, celle de la sécurité sur Internet, et celle des méthodes employées pour assurer cette sécurité. Il n'y a souvent qu'un pas entre sécurité souhaitable et acceptable, et méthodes à la Big Brother.

Le problème que tu soulèves, j'y suis confronté régulièrement. Pour mon boulot de communicant, je recherche et achète très régulièrement des visuels.
Très récemment, pour illustrer une campagne pour un service destiné aux organisateurs de séjours d'enfants (séjours scolaires, associations, CE, etc...) j'avais besoin d'acheter (je dis bien acheter, pas voler !) des visuels de groupes d'enfants.

Le choix est alors simples : soit je me tourne vers les plus grandes photothèques, dont la principale est Getty, propriété de Bill Gates, et j'ai accès à des visuels forts bien réalisés mais totalement aseptisés et hors de prix. Soit j'essaye de sortir de ce créneau là pour avoir des visuels plus "vivants"...et là, forcément, je tombe à un moment ou un autre sur des sites qui n'ont rien à voir avec mon objectif. Le problème étant que précisément, ces sites, ne se présentent pas - et on comprend pourquoi ! - pour ce qu'ils sont réellement.

Que faire ? Franchement je n'en sais rien. Le fait est que ces sites existent, et que tomber dessus n'est pas forcément - en tous cas en ce qui me concerne - une démarche volontaire, bien au contraire.
Que l'on condamne les "clients" de ces sites, oui à 500%. Les traces comptables doivent permettre cela, je pense assez facilement. Que l'on condamne les hébergeurs aussi, ils sont sensés vérifier le contenu des sites hébergés. Et là aussi il y a des liens comptables entre les "éditeurs" des sites en question et les hébergeurs.

Mais que l'on "piste" ceux qui s'y sont retrouvés contre leur gré, alors là non ! On tombe à ce moment là dans Big Brother.

Écrit par : Bertrand | dimanche, 20 avril 2008

Bonjour, pas besoin d'aller aux states pour voir ça. En France, la police fabrique de faux sites pédophiles pour remonter aux gens qui se connectent. C'est déjà arriver qu'ils réussissent leur coup et que de pauvres gogs tombent sur le piège et peut être de simples curieux qui ne sont pas forcément les plus dangereux. Je suis moi même tomber au hasard de mes ballades sur ce genre de sites et mêms sur des sites qui appellent au terrorisme . Je trouve ce genre de méthode nulle car les vrais pédophiles savent échapper à ce genre de piège et ça porte préjudice à ceux qui par simple curioisité veulent juste aller voir c'est quoi sans forcément avoir l'esprit mal tourné.
C'est ça internet un monde sans foi, sans lois

Écrit par : houhou | dimanche, 20 avril 2008

Et est-ce-qu'ils vont mettre ces liens sur les sites internet de l'église catholique américaine?

Écrit par : Idéal du Jurançon | dimanche, 20 avril 2008

@ idéal du jurançon

il y a de l'idée :-)

Écrit par : L'hérétique | lundi, 21 avril 2008

Pourquoi ne pas comptabiliser seulement ceux qui y vont régulièrement et sans dénoncer le site aux autorités compétentes, ce qui laisserait supposer qu'ils sont intéressés et pas des gens pris au dépourvu ?

Il y a eu récemment dans le Figaro un article sur les enfants de maternelle américains poursuivis par des familles et des autorités pour "harcèlement sexuel" pour avoir osé embrasser une petite fille ou lui avoir fait un câlin... c'est du même acabit.

Le "Meilleur des mondes" d'Aldous Huxley est malheureusement pour demain !

Écrit par : Fotini | lundi, 21 avril 2008

@Fotini,

vous soulevez une question de droit. Est un délit ce qui relève du passage à l'acte et non de l'intention, quelle que soit la fréquence ou la force de l'intention.

J'ai le droit de rêver toutes les nuits de tuer mes voisins (qui sont, je vous assure, des gens tout à fait charmants). Ce n'est pas un délit. Par contre si un jour je les découpe à la tronçonneuse, alors là, oui, cela sera un délit. Pour le moment, n'ayant pas de tronçonneuse, ils n'ont pas vraiment de souci à se faire ! Comme en plus je suis du genre à tomber dans les pommes à la première goutte de sang, je serais assez inefficace dans l'exercice... Mais là n'est pas le sujet.

En matière de "déviance sexuelle", on est dans le même cadre. Le fantasme, quel qu'en soit l'objet (chèvre, vache laitière, enfant, vieillard, table de jardin ou concombre) est une déviance. Mais en aucun cas un délit. Et heureusement encore, sinon - n'importe quel psychiatre est là pour en témoigner - il faudrait enfermer 90% de la population, masculine comme féminine.

Par contre, dès lors que je franchis l'interdit, que je passe de l'intention ou du fantasme à l'acte (acte avec ma vache laitière comme acte d'achat ou détention de photos pédophiles par exemple) je tombe dans le délit, et à ce titre suis condamnable.

Ce qui pose problème avec ce type de procédures employées par la CIA, c'est qu'il y a confusion entre les deux, et qu'on crée des "coupables" qui n'ont jamais enfreint les limites du droit. L'intention est peut-être louable, mais les méthodes employées, et leurs conséquences, sont terrifiantes.

L'enfer est véritablement pavé de bonnes intentions...

Écrit par : Bertrand | lundi, 21 avril 2008

A rapprocher du film "Minority Report" (arrestations préventives, juste avant l'acte, grâce à des mediums : techniquement, le crime n'avais pas encore été commis...).

Écrit par : florent | lundi, 21 avril 2008

J'ai vu le film. Très intéressante comparaison.

Écrit par : L'hérétique | lundi, 21 avril 2008

Et pardon pour la faute (-_-)'

Écrit par : florent | lundi, 21 avril 2008

On croirait presque que les fiches de procédures de l'époque Hoover /McCarthy sont toujours en vigueur !

Écrit par : Teo Toriatte | mardi, 22 avril 2008

@Bertrand

Je comprends votre distinction nécessaire, mais elle est tellement théorique que poussée à son extrême limite elle finit par faire droit dans le dos : en quoi des enfants sont-ils volontaires pour participer aux fantasmes des pédophiles ?

Je ne suis pas d'accord avec les méthodes de la CIA mais dire que quelqu'un qui va régulièrement sur des sites pédophiles n'est pas un criminel tant qu'il n'est pas passé à l'acte est gênant. Ca ne le choque pas de voir des enfants dans des postures peu naturelles pour des gosses ? Le droit des adultes au fantasme commence là où commence celui des enfants à la dignité.

Écrit par : Fotini | mardi, 22 avril 2008

Pardon, je voulais dire "le droit des adultes au fantasme finit là où commence celui des enfants à la dignité".

Écrit par : Fotini | mardi, 22 avril 2008

@ Fotini

Il y a un frange boueuse, et je parlerais pour le compte de fange, entre ces attitudes, mais, Bertrand a raison : la seule fréquentation de sites douteux n'est pas assimilable à de la pédophilie au sens criminel du terme, même si ce n'est pas bien fameux, en effet...

Écrit par : L'hérétique | mardi, 22 avril 2008

@L'hérétique

Le problème est que si rien n'est tabou alors tout finit par se valoir, et on sait bien que l'internet libère toutes les inhibitions... alors je ne suis pas pour les réflexes pavloviens ne reposant sur aucune intériorisation de la morale mais sur la seule peur de la sanction, mais de l'autre côté banaliser le rinçage d'oeil nauséabond en ne le sanctionnant pas s'il est régulier (et non fortuit) n'est pas une solution acceptable.

Écrit par : Fotini | mardi, 22 avril 2008

@Fotoni

Le droit, ce sont nos règles de vie en commun, et c'est en cela qu'il est important. C'est le cadre définissant ce qui est admissible, et ce qui ne l'est pas.

A partir de là, pour reprendre votre exemple, faire participer des enfants à des fantasmes d'adultes, de quelque façon que cela soit, est illégal. C'est illégal, car cela sort du cadre défini. C'est illégal, et à ce titre répréhensible et condamnable de la plus vigoureuse façon, dans tous les pays, et depuis toujours.
L'hérétique serait sans doute nettement plus pertinent sur le sujet, mais il me semble que même dans la Grèce antique - pourtant souvent accusée de favoriser les relations entre adultes et enfants - il existait des règles extrêmement strictes, y compris dans cette "licence".

Donc 100% d'accord avec vous sur ce point. Toute personne qui d'une façon ou d'une autre "utilise" des enfants pour assouvir ses fantasmes est condamnable.

"Le droit des adultes au fantasme commence là où commence celui des enfants à la dignité." Oui, bien sûr. Moi aussi je suis écœuré à l'idée même que certains que certains fantasment sur des enfants. Et le suis d'autant plus que j'ai des enfants en âge d'être justement l'objet de ces fantasmes. Mais il s'agit là d'une position morale, d'une éthique, mais absolument pas d'une question de droit au sens strict du terme. Il n'y a pas de "droit au fantasme", pas plus que de "droit des rêves". Le droit réglemente nos actions, pas nos pensées. Ce qui s'approcherait le plus de cette notion de "droit au fantasme", c'est effectivement la notion de tabou. Mais de nouveau, le tabou est d'ordre moral, pas juridique.

Écrit par : Bertrand | mardi, 22 avril 2008

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