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mercredi, 09 mai 2007

Lettre ouverte à Pierre Albertini

 Cher Pierre Albertini,

Vous êtes l'auteur de l'avant-projet législatif de l'UDF : c'est ce projet-là, le vôtre, oui le vôtre qui va être défendu par le Mouvement Démocrate.

Regardez : il est là, ici, sur le site de l'UDF, l'avant-projet législatif de l'UDF ! Et c'est vous qui l'avez rédigé !

Bon sang, la logique même c'est que vous rejoignez le Mouvement Démocrate ! l'UDF ne disparaît pas, elle devient la composante principale du Mouvement Démocrate dont le nom exact aux législatives sera d'ailleurs UDF-Mouvement Démocrate.

Regardez, des Verts modérés nous rejoignent aujourd'hui : au centre, désormais, les trois familles écologistes sont réunies : Antoine Waechter a appelé à voter Bayrou, c'est un vert indépendant, Corinne Lepage est une écologiste de droite et Jean-Luc Benhamias un écologiste de gauche.

Rappelez-vous : vous avez écrit que vous vouliez appeler le nouveau mouvement le Centre : mais bon sang, il est là, juste sous vos yeux, le Centre et il vous attend ! Venez lui donner votre légitimité, s'il vous plaît.

Il y a une occasion historique : saisissez-la et venez vous joindre à ceux qui ont de l'estime et de l'affection pour vous !

Les idées que vous avez défendues, ce sont celles qu'incarne désormais le Mouvement Démocrate, alors venez en être la bannière

 

Puisque vous aimez méditer, comme j'ai pu le constater sur votre blog, et que je vous sais attaché aux lettres, je vous dédie ce poème de Charles Baudelaire afin de mieux inspirer votre méditation :

 Le Reniement de Saint-Pierre

Qu'est-ce que Dieu fait donc de ce flot d'anathèmes
Qui monte tous les jours vers ses chers Séraphins?
Comme un tyran gorgé de viande et de vins,
Il s'endort au doux bruit de nos affreux blasphèmes.


Les sanglots des martyrs et des suppliciés
Sont une symphonie enivrante sans doute,
Puisque, malgré le sang que leur volupté coûte,
Les cieux ne s'en sont point encore rassasiés!


- Ah! Jésus, souviens-toi du Jardin des Olives!
Dans ta simplicité tu priais à genoux
Celui qui dans son ciel riait au bruit des clous
Que d'ignobles bourreaux plantaient dans tes chairs vives,


Lorsque tu vis cracher sur ta divinité
La crapule du corps de garde et des cuisines,
Et lorsque tu sentis s'enfoncer les épines
Dans ton crâne où vivait l'immense Humanité;


Quand de ton corps brisé la pesanteur horrible
Allongeait tes deux bras distendus, que ton sang
Et ta sueur coulaient de ton front pâlissant,
Quand tu fus devant tous posé comme une cible,


Rêvais-tu de ces jours si brillants et si beaux
Où tu vins pour remplir l'éternelle promesse,
Où tu foulais, monté sur une douce ânesse,
Des chemins tout jonchés de fleurs et de rameaux,


Où, le cœur tout gonflé d'espoir et de vaillance,
Tu fouettais tous ces vils marchands à tour de bras,
Où tu fus maître enfin? Le remords n'a-t-il pas
Pénétré dans ton flanc plus avant que la lance?

Bon  je reconnais, j'ai triché, j'ai enlevé le dernier quatrain : mais c'est pour ne pas vous donner de mauvaises idées :-)