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mercredi, 05 mars 2008

Paris 10ème : Géraldine Martiano (MoDem) écrit aux commerçants

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De son propre aveu, Géraldine Martiano, tête de liste MoDem dans le 10ème arrondissement de Paris,  « est tombée toute petite dans la politique ». Cette parisienne « centriste et européenne » souligne que le 10ème, ouvert vers l’Europe, avec les deux gares du Nord et de l’Est, occupe aussi une position centrale dans Paris, dont il est « à la fois le cœur et la porte ». Pourtant l’arrondissement concentre les difficultés propres à la capitale, avec l’absence d’espaces verts de la capitale, le taux de pollution le plus élevé, un plan de circulation insensé, de nombreux logements insalubres, la toxicomanie, les clandestins…

Elle a récemment écrit une lettre aux commerçants du 10ème arrondissement, que nous publions ici. 

Le commerce fait vivre la ville, le rôle des élus est de le protéger. Depuis les Parisii, premiers habitants de notre capitale, l’activité marchande est demeurée le fer de lance de l’essor de notre ville. L’ample courbe de la Seine constituait au Moyen Age une série de ports naturels favorisant l’attractivité. La rive droite devint le débouché des grandes routes commerciales. De nos jours, à l’évocation de Paris, les étrangers ne se contentent pas de rappeler la « ville lumière », ses musées, ses monuments. Ils évoquent nos boutiques, Ils soulignent la qualité de l’accueil, la disponibilité, la cordialité, mais aussi la diversité et l’efficacité de nos commerçants. Vous êtes, commerçants, la vitrine de notre culture.
 

Les élections municipales sont l’occasion de faire le point sur l’évolution de votre présence dans notre ville, mais aussi et surtout au coeur de l’arrondissement et de nos quartiers. Selon les rapports de la Chambre de commerce, les craintes d’une dévitalisation de la capitale se confirment.

Le constat demeure inquiétant :

· Une baisse de chiffre d’affaires est constatée par la majorité des commerçants de notre arrondissement. Ils déplorent une  perte de leur clientèle à la suite de travaux permanents et de difficultés croissantes de stationnement et de circulation.

· Une atteinte aux moyens de livraison dans certains secteurs, dont les conséquences peuvent s’avérer déstabilisatrices sur le plan économique.

· Un renchérissement des baux commerciaux, susceptible d’appauvrir le tissu commercial du quartier et de constituer une atteinte au commerce de proximité.

En conséquence de ces évolutions, la dynamique économique de notre arrondissement est menacée tandis que nous rencontrons dans le même temps une hausse continue des prix de l’immobilier (+100.8 % depuis 2001 en moyenne).

Peut-on imaginer les rues du 10è sans commerce proche des habitants ? Nos boutiques et nos cafés demeurent un point de rencontre et de rendez-vous incontournable, où tout le monde se connaît, où nous parlons et consommons dans une heureuse convivialité. Celle-ci tend désormais à disparaître petit à petit, risquant alors de rendre nos quartiers sans visage et sans âme. Préserver l’esprit de quartier et de village est devenu essentiel pour conserver notre identité..

Tout ceci nous oblige à constater les distances prises par la municipalité sortante avec nos commerçants.

Soyons simples ! Pour permettre l’intégration et le développement des commerces, il faut d’a bord pouvoir…y entrer ! Pour toute modification de l’environnement, il sera indispensable de prendre en compte les questions d’accessibilité, de stationnement, de plan de circulation, d’a ménagement urbain et de sécurité. Les commerçants ont toute leur place dans les évolutions urbaines. Ils doivent rester au coeur des projets de changements

Dans chaque quartier, les commerçants doivent être associés à un comité de pilotage garantissant la prise en compte de leurs souhaits.

Le 10è arrondissement est riche de sa capacité d’avoir su conserver un véritable équilibre entre les habitations, les commerces, et les bureaux. Mais il subsiste un risque de « mono-activité ». L’offre commerçante doit rester diverse et adaptée aux besoins des habitants. Je reste persuadée qu’au-delà de leur activité économique et de leur rôle dans l’animation de la cité, les commerçants demeurent les créateurs du lien social. Vous apparaissez à juste titre comme les vecteurs, les animateurs du « vivre ensemble ».

Il faut que les élus valorisent et soutiennent leurs commerces. Il faut encourager et soutenir les associations et fédérations de commerçants et leur permettre de siéger dans les commissions qui les concernent. Il faut assouplir certains contrôles et revoir les sanctions qui tuent le commerce. Certaines mesures de soutien sont facilement réalisables. Au moyen d’une politique de préemption, et de facilités accrues dans les transmissions, nos commerces familiaux seront protégés.

Je déplore vivement qu’il n’existe pas à ce jour de la part de la Mairie d’arrondissement une démarche vous impliquant concrètement dans les choix et les prises de décisions.

Je veux soutenir le commerce de proximité dans le 10è arrondissement, encourager le maintien et la création des commerces traditionnels dans notre quartier.

Si la Ville et l’arrondissement avaient pris à bras le corps cet enjeu d’une politique urbanistique commerciale, notre capitale serait tellement plus humaine…

Le commerce fait vivre la ville, le rôle des élus est de le protéger.

Ces quelques réflexions sont le fruit des nombreuses conversations que j'ai eues avec les commerçants du 10ème. Afin que ce dialogue soit fructueux, je serais heureuse que vous nous fassiez part de vos remarques.