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mercredi, 22 avril 2009

Ahmadinejad est foutu mais Delara Darabi en grand danger !

S'il y en a bien un qui est aux abois, c'est bien l'actuel président de l'Iran. Rappelons quelques faits : Ahmaninejad a été élu en raison de son image d'homme propre et surtout, pour améliorer la situation économique. Or, les Iraniens commencent à en avoir plein le dos de voir l'Iran dépenser des milliards de dollars pour financer le Hezbollah et le Hamas au Liban et en Palestine pendant que leurs propres enfants ne mangent pas à leur faim...

Parce qu'il va bien falloir évoquer le bilan d'Ahmaninejad, et il est désastreux de l'avis des Iraniens eux-mêmes. Tout d'abord, en dépit de ses rotomondades, ils sont à plus de 70% favorables à l'apaisement de leurs relations avec les USA. Ensuite, concernant la politique extérieure, Ahmadinejad vient de f..... en l'air ce que l'OCI (Organisation de la Conférence Islamique) mijotait depuis un moment. Ses outrances à Durban II ont amené en effet les pays islamiques et non-alignés (en fait alliés de facti avec ces mêmes mays) à admettre un accord a minima excluant 95% de ce qu'ils voulaient voir disparaître ou apparaître. Il faut dire que sur le délit de haine envers les religions, à moins de cibler spécifiquement l'Islam, ces pays-là se seraient avancés sur un terrain très glissant compte-tenu du sort qu'ils réservent aux minorités religieuses (par exemple en Algérie) ou simplement à leurs citoyens, s'ils ont été musulmans, lorsqu'ils souhaitent changer de religion...

Pour revenir à l'Iran, Khameiny, le Guide suprême de la Révolution, n'a jamais été négationniste, et, de source bien informée, il paraît que ce sont ses émissaires qui se trouvent auprès de ceux d'Obama et non ceux d'Ahmadinejad. Ahmadinejad est lâché par son camp. Il faut dire que ce n'est plus le bon cheval de bataille, désormais.

delara-medium.jpgIl n'en reste pas moins qu'il ne faut pas se leurrer sur la nature de l'Iran (et je dis ceci en particulier à Pastel, l'un des lecteurs et commentateurs réguliers de ce blog qui s'en inquiète) : ce n'est pas une démocratie, et le système judiciaire iranien est vérolé jusqu'à la moëlle. A témoin la condamnation fallacieuse toute récente de Roxana Saberi mais aussi la menace qui pèse sur une jeune fille beaucoup moins connue et médiatisée mais, elle, en danger de mort imminente, Delara Darabi. D'une part Delara a endossé un crime à la place de son petit ami et d'autre part, elle n'avait que 17 ans au moment des faits. Autrement dit, l'Iran condamne à mort une enfant. C'est simplement que le jugement et la sentence n'ont pas été appliqués immédiatement. De ce que j'ai compris, le petit ami de Delana avait 19 ans au moment des faits : comme Delana avait 17 ans, elle s'est accusée afin de lui éviter la peine de mort immédiate puisque comme majeur, il pouvait se la voir appliquer.

Il y a une pétition pour Delana. Dephine Minoui, du Figaro, a écrit elle-même un article qui précise la situation.

J'inviterais bien le Sénateur Nathalie Goulet, très prompte à trouver l'Europe gagnante à établir de bonnes relations avec l'Iran (voir les commentaires et ses interventions au Sénat), non moins prompte à approuver et applaudir des deux mains Erdogan et condamner Israël (voir les communiqués des 04 et 31 janvier 2009), à signer cette pétition. Ce serait une bonne idée, non ? Et puis tant qu'à faire, puisqu'elle est membre du groupe centriste au Sénat, l'Union centriste ne saurait se faire de mal en prenant position pour cette malheureuse jeune fille... L'Iran a bien signé la convention internationale sur les droits de l'enfant, non ? Delara s'est ouvert les veines il y a deux ans pour se suicider, mais elle a pu être soignée à temps. Delara, dans les noirs couloirs de la mort de son cachot est devenue une artiste. Elle a réalisé une série de tableaux illustrant les conditions de vie amères et sans espoir de ces enfants qui attendent la mort, en Iran. Quand ses geôliers s'en sont rendus compte, ils lui ont confisqué tout son matériel de peinture. Et quand elle a utilisé du charbon pour crayonner sa souffrance sur les murs de la prison, ils l'ont soumise à des brutalités émotionnelles et physiques.

Ses défenseurs se sont bien organisés : il y a un profil de Delara sur Twitter où l'on peut avoir les toutes dernières informations la concernant. Sa famille a envoyé vendredi dernier une lettre àl'Ayatollah Hashemi Shahroudi, le chef du pouvoir judiciaire en Iran, afin de surseoir à l'exécution.

Il n'y a pas d'adresse électronique pour envoyer des courriels à l'ambassade d'Iran en dehors de l'établissement de visas, mais il y a des numéros de fax. Mais bon, ils ne doivent pas prendre la France très au sérieux : il y a une ligne de code invalide sur la base MySql à la page d'accueil en français, et le mot accueil est écrit "acceuil". Un signe de la considération dans laquelle les Iraniens tiennent les Français, je présume.

Il y a sinon une page pour les députés du Majis (l'Assemblée perse) mais en persan... A défaut, il y a au moins une adresse électronique sur le site du Ministère des Affaires étrangères de la République d'Iran.