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lundi, 23 mars 2009

Peintres de droite: Caravage contre les Maniéristes

Unhuman semble convaincu que les peintres sont nécessairement de gauche. Je lui ai promis de lui en trouver quelques uns de droite...Enfin, je vais plutôt donner un exemple.

Je vais commencer par un peintre de gauche de l'époque pour mieux faire ressortir ceux de droite. Il s'agit de Caravage. PourquoiCaravage à gauche ? Parce que c'est le premier (ou en tout cas, l'un des tous premiers) à refuser de donner le beau rôle uniquement aux chefs politiques et religieux dans ses tableaux, particulièrement dans l'histoire sacrée ; en effet, ce sont les gens du peuple qui jouent l'histoire sacrée chez Caravage et non les leaders politico-religieux. Il choisit d'ailleurs ses modèles parmi eux, et ne respectent pas les conventions iconographiques de l'art religieux en vigueur. De fait, il n'hésite pas à peindre la Vierge Marie avec les traits tirés, les jambes enflées, bref, tous les traits caractéristisques des gens du peuple et non de la noblesse. En agissant ainsi, il attaque toute une conception du beau qui participait à l'ordre ancien des hiérarchies sociales en vigueur. Il heurta frontalement toute la tradition maniériste, dont les codes subtils, inter-picturaux (on parlerait d'inter-textualité pour des écrits) s'adressait aux gens de cour, aux individus cultivés et aux lettrés. En tout cas, certainement pas au petit peuple.

Des peintres aussi fameux que Le Gréco, Véronèse ou Le Tintoret appartenait au courant maniériste (même si le vocable vint plus tard) et on retrouve dans leurs peintures les codes qui caractérisent le maniérisme. Le maniérisme préfigure d'ailleurs le classicisme. Les maniéristes ne seraient peut-être pas tous à droite, mais leurs positions esthétiques les rapprochaient certainement plus de la droite de l'époque que d'une peinture sociale. Véronèse, à Venise, était le décorateur favori des nobles et des ecclésiastiques. S'il se heurta à l'Inquisition pour avoir pris quelques libertés avec une représentation de la Cène, il ne prenait pas pour autant la source de son inspiration dans l'imagerie populaire.

Un Titien, de dehors des scènes mythologiques, n'a représenté que des gens de pouvoir (famille de Charles Quint en particulier, Philippe II le roi d'Espagne et cetera...). On pourrait multiplier ces exemples. Bref, il me semble que la peinture de cette époque penche plus vers les valeurs de droite que les valeurs de gauche. Ce n'est que lorsqu'elle va devenir abstraite et conceptuelle vraiment, donc qu'elle va cesser de s'intéresser aux individus pour pouvoir se consacrer aux masses qu'elle prendra un véritable virage idéologique.