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dimanche, 09 septembre 2007

François Bayrou et le Lion du Panshir

Il y a très exactement 6 ans, jour pour jour, le commandant Massoud mourait. Qui se souvient qu'il était venu, durant l'été 2001, en France, pour mettre en garde le monde politique français contre le risque d'une prise de pouvoir définitive par les Talibans et d'une recrudescence à venir d'attentats en Occident ?

Pas grand monde, et pour cause : seuls François Bayrou (il déjeuna avec lui à Strasbourg le 05 avril 2001) et le Général Morillon, élus UDF, le reçurent. Socialistes et Populaires de l'époque (tous les représentants des partis qui allaient un jour fonder l'UMP)  l'ignorèrent totalement. 

Françoise Causse, proche de Christophe de Ponfilly, journaliste et ami de Massoud écrira :

« Il fallait se battre, en France, à cette époque, pour diffuser des informations sur la résistance afghane quand le Quai d’Orsay, lui, faisait du lobbying sur la scène internationale et des pressions auprès des médias pour obtenir la reconnaissance officielle du régime obscurantiste de Kaboul.

Il était de bon ton alors, de ridiculiser les journalistes qui faisaient honnêtement leur boulot (voire quelques politiques, tels le général Morillon, Nicole Fontaine et Brice Lalonde), en les faisant passer pour des militants romantiques, béats et naïfs, et Christophe sera en première ligne.»

Moi, de loin, derrière mes journaux, calé dans mon fauteuil de Français, je l'aimais bien Massoud, et je suivais les péripéties de son héroïque résistance depuis le début des années 90, m'étonnant de ce qu'aucun pays en Occident n'eût l'idée d'aller lui porter assistance.

L'Islam que Massoud vivait et proposait, c'était celui qu'il définissait ainsi : Un islam qui reflète l'aspiration du peuple, un islam qui peut vivre avec tous les pays autour de nous ainsi qu'avec les occidentaux

 Quel gâchis, quel aveuglement de notre part ! Qu'ils étaient loin ces jours d'été 2001 tous ceux qui se plaisent à parader pour les grandes causes.

François Bayrou fut l'un des premiers à apprendre la mort de Massoud :

« Moi je pense que la vérité officielle est la vérité vraie. Si vous voulez je... j'aimais beaucoup Massoud que j'ai rencontré avec qui j'ai discuté. C'est Massoud qui m'a appris l'existence de Al Qaïda. Que je connaissais pas. Et de son chef que je ne connaissais pas. Et qui m'a expliqué ce que c'était que cette organisation et que cet homme. C'est Massoud qui me l'a appris. Je n'avais jamais entendu le mot de Al Qaïda avant que Massoud me le raconte. Et le jour où on a assassiné Massoud, je vous rappelle que c'est le 9 septembre, je crois le 9 ou le 8, enfin deux jours avant le 11 septembre, j'ai... je me souviens très bien de l'endroit où la nouvelle m'a atteint. D'ailleurs les amis qui m'ont appelé m'ont dit " il est mort mais on le dira pas avant vingt-quatre heures ... c'est fini ". J'ai fait un communiqué  dans lequel j'ai écrit  c'est la guerre mondiale qui... commence. Puis je me suis... après je l'ai relu en arrivant  à Bruxelles  où j'allais de Par... de Bruxelles à Paris, enfin c'était dans un sens ou dans l'autre, c'était dans le Thalis...  je l'ai relu et je me suis dit non tu peux pas écrire ça donc je l'ai pas envoyé. Et deux jours après c'était le 11 septembre. »