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vendredi, 03 mai 2013

Ce n'est pas la violence scolaire mais l'homophobie que vise Indochine

Tout comme Corto, j'ai eu une sensation assez curieuse en regardant le clip d'Indochine, College Boy.

L'esthétisme lissé et violent qui s'en dégage nous emmène, me semble-t-il, bien loin d'une campagne de prévention contre le harcèlement à l'école.

La victime, dans le clip, ne présente aucune des caractéristiques d'une victime ordinaire en milieu scolaire.

Il est beau, intelligent, musclé et son désir de revanche se manifeste dans les coups de poing rageurs qu'il assène dans le vide.

L'environnement dans lequel il évolue est celui d'une high school anglaise très traditionnelle. Ce sont là des traits très caractéristiques de l'identité sexuelle des jeunes gays, car elle se constitue souvent dans un contexte de forte réaction, généralement associée au conservatisme, à la tradition et/ou à la religion.

Enfin, la mise en croix finale du jeune homme l'assimile à une figure christique.

Il n'y aucune raison pour qu'un groupe s'en prenne spécifiquement à un jeune homme d'apparence charismatique (un fort magnétisme se dégage de lui) et bien fait de sa personne, sauf à ce qu'il porte en lui une différence qui heurte la conviction ordinaire du conservatisme commun.

Dans le clip, il y a un fort soupçon que cette différence ne soit pas autre chose que l'homosexualité.

Ainsi, c'est sur un fond homophobe qui ne s'exprime pas, demeure dans le non-dit, que se dresse une violence croissante tout au long du clip.

Ces images magnifiées, esthétisées, noires et violentes m'apparaissent davantage  des paysages intérieurs que les réalités très diverses que prend le harcèlement en milieu scolaire. Les jeunes filles violées qui se sont suicidées, les garçons fluets ou corpulents qui se sont pendus ou qui périssent battus, de jeunes homosexuels qui subissent des brimades continuelles sont sans doute bien plus symptômatiques du caractère le plus extrême de cette violence-là.

A côté de cela, il existe une violence ordinaire, souvent verbale, qui frappe plus simplement les individus isolés. L'une des premières règles sociales à assimiler, pour contourner ou éviter un sort funeste, c'est d'apprendre à ne pas être seul dans une cour. Du côté des victimes, c'est fondamental.

Du côté des harceleurs, c'est une grave erreur que de ne vouloir punir qu'une figure emblématique. Je l'ai dit plusieurs fois par le passé, quand il y a un phénomène de bande, c'est la bande toute entière qu'il faut frapper avec force, quoi qu'il en coûte, de manière à ce que nul coupable n'échappe à son châtiment.

La justice passe son temps à relaxer des complices actifs ou passifs de délits ou de crimes en bande. La jour où elle admettra qu'être là et assister est constitutif du délit ou du crime, on commencera peut-être à avancer.