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mardi, 05 janvier 2010

Crédit P2P, le cauchemar des banques

On trouve de tout dans le journal de rue l'Itinérant. Vendu à Paris par des SDF, c'est la seule presse que j'achète très régulièrement (quasiment chaque semaine) avec mon bon vieux Canard. On y trouve toujours un billet particulier, un thème original, souvent à contre-temps, mais toujours passionnant. Dans son dernier numéro (788), l'hebdomadaire s'est intéressé à une forme très particulière de micro-crédit : le crédit peer to peer. Il existe de longue date, sous une forme très rudimentaire dans de nombreux pays, et consiste tout simplement à emprunter une somme d'argent à sa famille ou à son voisin en cas de nécessité. Sauf que rien qu'en France, cette pratique brasse tout de même pas loin de deux milliards d'euros par an ! Du coup, cela a donné des idées à pas mal de petits malins : des plate-formes de prêts entre particuliers apparaissent.

Le taux de l'usure est à l'heure actuelle de 21.43%. Aucun taux d'intérêt ne peut lui être supérieur. 14.79% , c'est le taux moyen constaté en France pour un crédit de plus de 1524 euros , et de 16.09% pour un montant inférieur. Ne vous laissez pas emberlificoter par les annonces mirobolantes, c'est du flan, ça ne concerne qu'une minorité et quelques cas précis. La réalité moyenne, ce sont les taux moyens constatés.

Imaginez maintenant que les particuliers qui touchent 1.25% avec leur livret A commencent à penser que ce n'est guère rémunérateur, comme taux : eh bien ils pourraient avoir l'idée de déposer des fonds sur une plate-forme de particuliers, et même, plus fûté encore, de mutualiser les risques en constituant des fonds de particulier. Voyons, si les banques font du 14 à 16%, les particuliers peuvent se contenter de 8 à 10%. En tout cas, moi, oui : à 8%, je suis prêteur d'une partie de mes économies à plusieurs acteurs particuliers (je ne parle pas de fonds spéculatifs, mais bien d'individus).

Il y en a qui sont dans les starting-blocks pour permettre ces beaux scénarii. Caramba ! Raté, la loi française ne permet pas de telles ententes. Il ne reste plus qu'à convaincre des parlementaires de se lancer dans la bataille et de produire un projet de loi. Évidemment, les banques vont ruer dans les brancards...