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mercredi, 15 février 2017

Une alliance de Bayrou avec Macron me ferait mal au coeur

J'ai déjà pas mal écrit sur ce blog ce qui fait que je n'aime pas Macron, mais je vais le redire.

- Ce type est au moins aussi borné et prétentieux que Fillon. L'un et l'autre n'ont pas compris qu'on est à l'heure des rassemblements. Ils voient dans le compromis la compromission et jurent leurs grands dieux qu'ils ne varieront pas d'un iota quand on évoque leurs programmes

- Macron a pris le melon. Il se prend pour un gourou, exige des engagements discrétionnaires avec la signature qu'il demande aux futurs candidats d'En marche.

- fondamentalement, Macron méprise la France. Il dit explicitement qu'il n'y pas de culture française. Il ne comprend pas que la France a une identité et qu'on ne construira rien de bon sans s'appuyer sur cette identité, chose que Bayrou semble le seul à avoir compris.

- Macron est international, cosmopolite et connecté. Il représente les apatrides à l'aise dans la globalisation, ceux qui voyagent de mégalopoles en mégalopoles, à l'aise à New-York et à Londres comme à Paris. Les territoires oubliés sont au choix ou des faire-valoir pour se donner un coloris social ou le camp retranché du nationalisme dur de Marine Le pen et ses commensaux

- Macron est le chef de file des startuper, de ceux qui réussissent, prennent des risques, une variation branchée de la jeunesse hyper-connectée et internationale, des chefs d'entreprise jeunes et dynamiques. Le reste n'existe pas. Pas de pitié pour les oubliés, les canards boiteux. Le reste est de la résistance, du conservatisme. Le reste, ce sont les archaïsmes. Macron ne comprend pas ce qu'est une racine. En fait, il n'y voit que le truc qui résiste quand on tire dessus. Vous comprenez, chez Macron, il faut être flexible. Flexibilité, c'est le terme à la mode dans les nouvelles techniques managériales, et ça concerne toujours le travailleur. Quand on n'est pas flexible, on est archaïque, pas employable, unemployable, comme on dit en globish. 

- Mais comment voulez-vous que je m'associe à un individu qui représente tout ça ? C'est l'incarnation du mépris, de la réussite insolente, de l'arrogance technocratique qui tente de prendre le visage de la Révolution.

Vraiment, je ne l'aime pas. Pas plus que Fillon.

Mais je crois que ce que j'exècre par dessus-tout, c'est cette espèce de vernis social pour ne pas dire socialiste, sorte d'aumône laïque qui permet de faire luire les mesures les plus régressives, avec, à tous les coups, un discours doucereux. Comme ces jeunes qui peuvent bien travailler plus, ils ont de l'énergie. Le bon modèle, j'imagine, c'est le startuper qui crée sa boîte et travaille 70 heures par semaine. Un bon modèle applicable au salarié jeune, je suis bien certain que c'est la pensée profonde de Macron. On fait passer la pilule avec un pass culture qu'ils n'auront de toutes façons pas le temps d'utiliser, ces jeunes, et qui ne sera utile qu'à ceux qui sont «branchés et connectés». Et il n'y a pas que ça.

Comme les socialistes bien-pensants, chez Macron, on voit des fachos chez tous ceux qui pensent autrement, surtout dans les domaines sociétaux. On est au minimum conservateur quand on ne porte pas ce que Macron et les siens appellent le progrès, la réforme. Ce sont des réformistes. Ils sont impatients de nous réformer. Réformer, reformer, reformater. Chacun sa méthode. Fillon rêve de nous flageller, Macron de nous réformer. Soyez certains qu'on aura mal dans les deux cas. Et si on se plaint, c'est qu'on est attaché à des privilèges exorbitants. Il ne vaudra mieux, évidemment, ne pas parler de l'ISF que Macron s'apprête à annuler exclusivement pour ses potes entrepreneurs. Pour les actifs. Pour les riches branchés et numériques. Le reste, le patrimoine immobilier, fera l'objet d'une taxe spécifique, sans doute plus lourde. Rendez-vous compte : ce n'est pas «productif». Il faut être flexible, autonome et productif dans le 1984 macroniste.

Je ne le supporte pas.

Si on doit se rapprocher de lui, ça va être très dur pour moi. 

Ou alors il faut qu'il change, et vite. Qu'il rabatte son caquet exaspérant et qu'il fasse preuve d'humilité et d'ouverture d'esprit, deux qualités qui lui manquent, à l'évidence.

 

20:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : macron |  Facebook | | |

Commentaires

François et Emmanuel = Bobo vs catho ou Bobo & catho? Là est la question

Écrit par : zapataz | mercredi, 15 février 2017

(L'Héré, as-tu trouvé sur Hautefort comment modérer les commentaires à postériori?
Ce serait plus confortable pour tous je pense.
Cordialement
)

Écrit par : XS | mercredi, 15 février 2017

Il n'est pas interdit d'être startuper et d'avoir une fibre humaine. J'en connais.

De manière générale, un gouvernement centriste devra réussir l'alliance de profils différents. Notamment pour un public venu du secteur public, des start-ups, des entreprises moyennes. Des jeunes loups, des personnes mûres, des plus fragiles.
A mon sens, cela passe plutôt par plus de réglementation, mais souple et modulaire.
(ex: garder l'ISF, mais en exonérer les investissements qui vont bien)


Difficile de savoir ce que pense et veut Macron. A mon avis, les choses ont été trop faciles pour lui et il n'a pas forcément conscience des salariés de base qui galèrent dans les startups, comme d'ailleurs dans d'autres secteurs d'activité.

Écrit par : XS | mercredi, 15 février 2017

Salut XS
Pour la modération, bien sûr que je peux le faire a posteriori, mais mon seuil de tolérance ayant été atteint, j'ai choisi la modération a priori, pour le bien de tous ceux qui commentent. Cela leur évitera de se faire prendre à partie, parfois sur des éléments de leur vie personnelle, ce que je juge inadmissible et que je ne tolérerai jamais ici.

Pour les start-up, en réalité, je n'en ai pas une mauvaise opinion ; c'est le caractère caricatural de Macron qui m'indispose.
Par ailleurs, comme tu le dis très justement, en effet, de nombreux salariés de start-up, soumis à une pression intense, souvent privés de droits, n'en peuvent plus. Voilà le modèle idéal de Macron...

Écrit par : l'hérétique | mercredi, 15 février 2017

Cette interview de Jean-Louis Bourlanges est remarquable:

http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170215.OBS5356/jean-louis-bourlanges-fillon-joue-a-la-roulette-russe-avec-son-propre-camp.html

Moins à cause de ce qu'il dit sur Fillon (que l'Obs a repris en titre d'article) que sur ce qu'il dit de la position actuelle du Centre. Il faut maintenant sortir du marasme.

Écrit par : XS | mercredi, 15 février 2017

En Algérie, Macron accuse la France de crime contre l'humanité.
Pour moi, c'est éliminatoire.
http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/02/15/macron-qualifie-la-colonisation-de-crime-contre-l-humanite-tolle-a-droite-et-au-front-national_5080331_4854003.html

Écrit par : EDA | jeudi, 16 février 2017

Le problème avec Bourlanges, c'est qu'il est assez vite partial en ce qui concerne Bayrou. Si le Bourlanges de 2012 ou de 2017 prenait une machine à remonter le temps jusqu'en 2007, il essayerait de convaincre Bayrou de ne pas se présenter alors. :)

Ce que je vois, pour ma part, c'est que :

* Lagarde et les meneurs de l'UDI non partis chez Macron ont ramené leur situation précisément au même point qu'en février 2012 (si ce n'est que les chapelles sont "réunies"), et ce d'autant plus que Fillon se sarkozyfie (cf. sa dernière mesure et sa manière de répondre aux attaques).

* Le Modem et Bayrou seuls assurent la survivance d'un centre authentique se voulant autonome et indépendant pour les grands rendez-vous nationaux.
Et ce malgré les difficultés et des choix parfois contestables, mais qui représentent peu de chose par rapport à la situation actuelle.

* Macron rencontre des difficultés pour capter la partie de l'électorat centriste qui reste fidèle à l'idée d'un centre indépendant comme pivot d'équilibre d'une présidentielle, ou du moins à l'idée d'une candidature sérieuse et avisée.
Il est parvenu, cependant, à attirer une bonne partie de l'électorat volatile, ne serait-ce que parce qu'il est désormais proposé au second tour contre Le Pen.

Je sens, l'hérétique, une exaspération dans ton billet.
Il est vrai que Macron est agaçant.
Je suis plus perplexe à vrai dire devant les centristes qui le rejoignent (ceux du Modem), étant donné les divergences. Il y a un fossé ne serait-ce que dans la manière de concevoir et de faire de la politique, de conduire une campagne électorale.

Bayrou, jamais je n'ai eu le sentiment qu'il me prenait pour un idiot, c'est-à-dire qu'il me considérait seulement comme un électeur à séduire, et pas, aussi, surtout, comme un citoyen à convaincre.
Ce n'est pas la même chose avec Macron.

Nous sommes à la croisée des chemins et François Bayrou le sait bien.

À mon avis, il est parmi les candidats susceptibles de recevoir des millions de suffrages, le seul qui soit au point d'équilibre du pays. Il propose de remettre en ordre les institutions et le pluralisme, d'une manière solide et bien moins risquée que tout projet de constituante ou de VIe République. Il se forme à la fonction depuis longtemps.
Il tient bon malgré l'adversité depuis des années, à l'emplacement de l'échiquier politique le plus difficile à préserver dans les conditions actuelles, et cette ténacité sur la durée vaut plus que les déplacements à l'étranger d'un Macron se sentant déjà élu.

Écrit par : Ascagne | jeudi, 16 février 2017

Je partage votre analyse, mais une alliance de Bayrou avec Macron pour moi ce sera impossible.
Par ailleurs, il faut tenir compte du fait qu'actuellement beaucoup de Français ne se sentent représentés par aucun des candidats en lice.

Écrit par : Zenon | jeudi, 16 février 2017

Hello !
Macron est effectivement difficile à cerner. Tes critiques, même si elles sont légèrement :) excessives sont probablement en grande partie justes. Macron est une représentation brillante et dynamique d’une France jeune, entrepreneuriale, mondialiste et qui réussit. Difficile d’imaginer la manière dont il pourrait gérer les 80% restant d’une France qui n’appartient pas à ces catégories.
Pour autant, parmi les candidats actuels, c’est le seul que je pense capable d’apporter des idées réellement nouvelles pour enclencher le mouvement vertueux qui permettra à la France de régler ses problèmes structurels (chômage, dette, éducation, logements…).
Si on considère que Fillon est déconsidéré et manifestement prêt à tout pour faire diversion (cf.même à reprendre les idées de Sarko)qu’Hamon n’est qu’un archétype de la vieille gauche bien-pensante qui s'est toujours trompée, que Mélenchon n’est qu’un collectiviste acharné et mégalo et que François Bayrou ne se présentera pas (je pense que ce serait la campagne de trop), il reste Macron.
Il me semble que FB aurait intérêt à se rallier à Macron d’autant qu'ils ont un positionnement commun (ni droite ni gauche) et que je pense les deux hommes suffisamment intelligents pour s’influencer mutuellement.

Écrit par : Nicolas | jeudi, 16 février 2017

@Nicolas : Bayrou n'est pas devenu moins présidentiel qu'autrefois ! Au contraire, il a mûri et son dernier ouvrage présente sur des sujets importants (laïcité, droit de la communauté, méthode de présidence) une réflexion actualisée, tout à fait adaptée à la situation actuelle.

Je ne vois aucun signe qui montre que Macron serait à la hauteur de la fonction qu'il vise. J'ai même envie de dire que plus la pré-campagne passe, plus le nombre d'arguments que j'ai à lui opposer augmente.

Écrit par : Ascagne | jeudi, 16 février 2017

Ce qui est tragique c'est non seulement d'avoir à voter Macron par défaut, mais c'est aussi de voter pour précariser encore plus la société dans la lignée de l'uberisation et de la loi travail avec toujurs plus de cadeaux au medef et à la finance...
Pire encore on sent poindre un culte de la personnalité et un populisme à la Beppe Grillo qui ne laissent rien présager de bon.
Si au moins il y avait un accord pour une grosse centaine circos au Modem et un engagement pour mettre en place un scrutin mixte majoritaire/proportionnel contre un soutien à Macron on pourrait avoir l'assurance que FB et le Modem seraient alors un contrepoids à ces dérives et que l'alliance créée serait féconde...
Mais Bayrou a plus de pouvoir de nuisance que de chances de victoire et on l'a vu dans le passé il n'est hélas pas homme à prendre en compte les intérêts de ses amis et à négocier des places.
Et de son coté Macron sent bien que le rapport de forces est clairement en sa faveur et qu'il n'aura pas besoin de céder autant pour que Bayrou baisse pavillon.
Un peu de lucidité leur ferait cependant voir que même avec le score de 18% de FB il n'y avait eu que 2 députés modem élus aux législatives 2007 me semble-il et que les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis 35 ans ont un réseau local qui pèsera bien plus qu'à la présidentielle. Si on ajoute à ça le FN et un seuil élevé de 12.5% des inscrits pour être au second tour ...que ce soit l'un ou que ce soit l'autre il leur faudra de toute façon rassembler pour construire une majorité.

Écrit par : zapataz | jeudi, 16 février 2017

Alors E.Macron serait-il à la hauteur de la fonction de Premier Ministre?
Et son ego le supporterait-il?

D'ailleurs, quels ministres macronistes et bayrouistes, mais de manière plus large au centre-gauche et au centre-droit.
Ex:Bernard Cazeneuve a été un bon ministre du budget, puis de l'intérieur, souvent plus gestionnaire que polémiste. (tranchant d'ailleurs avec nombre de ces collègues) y compris dans des conditions difficiles.

S'il n'est pas trop fourbu, il a sa place dans un gouvernement d'union, mais à quel poste et pour quelles mesures?

Écrit par : XS | jeudi, 16 février 2017

@zapataz

Inversement, il est possible que le Président élu soit n'importe quoi, y compris Le Pen ou Mélenchon. Et que les législatives ne donnent pas de majorité (soit LR, soit PS) claire, puisque ces partis auront été déconsidérés, et ne seront souvent pas à 12,5% des inscrits, et devancés par le FN. Après une longue crise (sans doute à la belge) l'unique solution sera alors un gouvernement d'union centre-gauche-centre-centre-droit.

Écrit par : XS | jeudi, 16 février 2017

@Ascagne
Je ne dis pas que Bayrou est devenu moins présidentiable au sens où il n'aurait pas les qualités pour l'être, bien au contraire, je l'ai toujours soutenu et s'il se présente je le soutiendrai. Hélas, je crains qu’il n’ait pas (plus) de crédit suffisant auprès de l’opinion.
Une très grande partie de la Droite lui en veut encore d’avoir voté Sarkozy en 2012 et même s’ils rechignent à voter Fillon ils ne se rabattront pas sur Bayrou. La partie gauche/centre gauche qui ne veut pas de Hamon et qui aurait pu être tentée par Bayrou est préemptée par Macron. De plus, Bayrou est assimilé à cette génération qui est au pouvoir depuis 30 ans et dont les Français, à tort ou à raison, ne veulent plus (le fameux effet dégagisme).
Enfin, à 60 jours de l’élection une candidature serait pour le moins tardive même si la campagne n’a pas vraiment commencé polluée qu’elle est par l’affaire Fillon.
Tout ça pour dire que même si Macron a encore beaucoup à prouver, je ne crois pas à la réussite d’une candidature Bayrou. Si c’est pour qu’il termine piteusement à 4%, ce n’est pas la peine qu’il y aille, autant qu’il essaie de jouer un rôle conséquent auprès de Macron.

Écrit par : Nicolas | vendredi, 17 février 2017

http://www.bfmtv.com/politique/emmanuel-macron-les-convictions-de-francois-bayrou-se-retrouvent-dans-notre-rassemblement-1104875.html

Écrit par : zapataz | vendredi, 17 février 2017

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