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  • Mort sur le Web

    J'ai écouté la chronique de Guy Birenbaum sur Europe 1 à propos de ce jeune américain qui a été filmé à son insu dans ses ébats amoureux avec un autre homme.

    Guy Birenbaum semble acquitter Internet de toute responsabilité dans cette histoire particulièrement sordide. Tout en considérant que la  justice américaine doit cartonner la gueule de Dahrun, le salopard qui a filmé et balancé tout cela sur la Toile, et bien faire la promotion des longues années qu'il va passer dans une prison américaine, je ne dédouanerai pas aussi vite le Web.

    En fait, je partage pleinement l'avis de Jean-Pierre qui s'est exprimé à ce sujet sur son blogue. Certes, Internet ne peut être tenu pour comptable de cette mort, mais sans Internet, elle n'aurait pas été possible, non parce que Internet est le mal, mais parce qu'Internet est avant tout un accélérateur phénoménal, capable de diffuser et faire tourner une information, concernât-elle un individu ou un État à une vitesse vertigineuse.

    Ce n'est pas Internet qui choisit l'information qu'il véhicule, ce sont les gens qui sont dessus, et comme l'observait Birenbaum, rien ne pourra faire obstacle à la bêtise et à la méchanceté humaine en action. 

    Rien certes, mais Internet, en revanche, lui offre un effet démultiplicateur. Quintessence du media, Internet permet tous les croisements : du suicide sordide à la cyber-attaque d'un état vers un autre pour mettre hors-service ses installations nucléaires, puisqu'il semble bien qu'Israël soit derrière les "légers" soucis et dysfonctionnement qui frappent le matériel iranien depuis quelque temps...

    Pour revenir à ce que dit Jean-Pierre dans son article, avec l'avènement des réseaux sociaux, virtuels rappelons-le, nous nous sommes tous créés une personnalité numérique. Or, cette personnalité a beau être virtuelle, elle n'est pas pour autant invulnérable, même si elle nous en donne le sentiment. C'est cette scizophrénie là que nous payons cash quand elle est attaquée.

  • Commerce mondial, ça va péter...

    Accrocheur et gauchiste à souhait mon titre de billet, non ? Converti au Grand Soir ? A la logorrhée anti-capitaliste ? Pas du tout les amis. Non, je viens juste de tomber sur le dernier billet d'Écho politique. Or, que lis-je chez Lolik ? Que le Congrès américain vient de voter une loi qui permet aux USA de frapper d'une taxe compensatoire les exportations à destination du territoire américain en provenance d'un pays où la monnaie serait notoirement sous-évaluée.

    Autant le dire tout de suite, c'est une déclaration de guerre en bonne et due forme envers la Chine avec menace d'usage d'armes fiscales de destruction massive.

    Je comprends bien l'intention, mais, si les Américains rentrent dans ce jeu-là, c'est la fin du relatif système de libre-échange qui régit le commerce mondial à l'heure actuelle et de toutes les institutions qui édictent des règles, à commencer par l'OMC.

    Echo Politique se réjouit de cette décision et invite l'Europe à en faire autant, voyant dans l'euro l'instrument de notre propre oppression. Écho politique a la mémoire courte. Les barrières protectionnistes décidées unilatéralement sont l'une des pires catastrophes qui puissent frapper le commerce mondiale. 

    Elles ont, au milieu du XXème siècle, contribué à faire basculer une partie du monde dans la barbarie.

    Si de grandes institutions ont été érigées, OMC, FMI, Union Européenne, c'est entre autres pour ne plus verser dans le grave travers de voir des pays faire cavaliers seuls au mépris de toute coopération internationale.

    Il y a entre les USA et la Chine un équilibre de la terreur qui peut faire basculer le monde dans une grave récession à tout moment : l'un peut en effet frapper les produits chinois, comme il l'a fait pour le Japon par le passé, de fortes taxes, l'autre peut jouer à revendre les bons du trésor américain qu'il détient.

    Les grandes institutions, si souvent décriées, sont pourtant un effort pour tenter de mettre en place sinon un gouvernement mondial du moins des outils de régulation à l'échelle mondiale.

    La solution du chacun pour soi à laquelle renvoie Lolik serait une calamité pour l'humanité.

    J'entends ses remarques sur le régime chinois autoritaire, mais, si pressions il doit y avoir, elles doivent l'être de manière concertée et sans marcher sur le droit commercial international.