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jeudi, 22 juillet 2010

L'horreur de Nankin

Je n'irai pas voir City of Life and Death le film de Lu Chuan. Non que j'ai un a priori défavorable, bien au contraire, mais plutôt que de tels films me remuent trop, quand bien même le film demeurerait sobre en dépit de la tache que le réalisateur s'est assigné.

Le massacre de Nankin vaut bien la Shoah à de nombreux égards. C'est un crime sans nom. Un crime sadique et collectif, mais un crime toujours pas reconnu au Japon. Il faut bien comprendre qu'on en dit plus sur l'horreur de Nankin dans les manuels d'histoire français que dans leurs homologues nippons !

Quand on considère le mal que le Japon a fait à la Chine pendant plus d'un demi-siècle, les crimes que cette nation a commis au sein de l'Empire du Milieu, on comprend mieux la méfiance instinctive des Chinois vis à vis des Japonais désormais.

L'invraisemblable, c'est que Yasuhiko Asaka, le commanditaire du massacre de Nankin n'a jamais été puni, simplement parce qu'il était membre de la famille impériale.

Il eût fallu pourtant le pendre haut et court sous les yeux de la population japonaise pour l'exemple. Non moins invraisemblable, il y a encore des politiciens japonais de premier rang pour nier les atroces exactions qui furent commises à Nankin.

Il ne peut y avoir aucune réconciliation sino-japonaise solide sans reconnaissance de l'horreur absolue que fut le sac de cette cité. Il eût fallu liquider physiquement et publiquement toute la chaîne de commandement qui avait permis une telle barbarie. Mais pour contenir le communisme, les Américains et au premier chef Mac Arthur, ont préféré fermer les yeux.

Kotohito Kan'in, autre prince compromis dans ces meurtres horribles reçut des funérailles nationales après sa mort survenue le 21 mai 1945. Le Japon avait pourtant capitulé...

Un homme aurait le pouvoir de rouvrir le dossier et de rendre enfin justice aux victimes : l'empereur Akihito. Il a fait quelques efforts en ce sens, mais c'est dans sa propre famille qu'ont germé les fruits les plus pourris et empoisonnés du Japon militarisé et fanatisé.

Les tabloïds, c'est une chose, la responsabilité politique et humaine, c'en est une autre : aura-t-il ce courage ?

15:48 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : japon, chine, nankin, ahikito |  Facebook | | |

Commentaires

(tu n'as pas mis le même nom dans les tag et dans l'article)

Écrit par : Vallenain | jeudi, 22 juillet 2010

Je suis allé au mémorial à Nankin, et si mes souvenirs sont bons, il me semble qu'en 2000/2002, le Japon via son 1er Ministre de l'époque a demandé pardon sur place...maintenant à ce que cela soit dans les manuels d'histoire japonais...En France, l'implication de l'Etat français dans la persécution des juifs a mis du temps à faire surface.

Écrit par : Orange Sanguine | jeudi, 22 juillet 2010

"....Il faut bien comprendre qu'on en dit plus sur l'horreur de Nankin dans les manuels d'histoire français que dans leurs homologues nippons !....."

Comme on en apprend beaucoup plus sur les crimes de guerre coloniaux de la France dans les livres d'histoire anglosaxons que dans ceux diffusés dans l'hexagone, n'est ce pas ?

Écrit par : Farid L | dimanche, 25 juillet 2010

@Farid L
Je ne suis pas spécialiste de la question, mais la France ne les nie pas, à ma connaissance, et ensuite, il n'y a aucune comparaison possible avec le Japon en termes d'échelle.
Si tu veux aller par là, ce n'est pas demain la veille qu'on trouvera un chapitre dans les manuels algériens, par exemple, sur le sort échu à ceux qui ont été considérés comme traîtres ou collaborateurs...
et ça a été autrement plus violent qu'en France après le régime de Vichy, pourtant...

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 25 juillet 2010

A qui incombait la responsabilité de garantir l'intégrité physique de ses supplétifs, à l'autorité occupante.

Que s'est il réellement passé, tout le monde le sait coté Algérien, c'est beaucoup moins vrai coté français, la force occupante a abandonné des dizaines de milliers de supplètifs et leur famille, quand elle a quitté le territoire algérien, en sachant pertinament qu'elle les exposait à la vindict populaire.

Cela aussi, les descendant(e)s de ces supplétifs, attendent de le lire dans les manuels d'histoire en France. Cela serait la moindre des choses, pour ces gens dont les parents ont tout reniè pour se faire adopté par la france, non ?

Écrit par : Farid L | dimanche, 25 juillet 2010

@Farid L
Oui, ce que vous dites est en revanche vrai.

Écrit par : l'hérétique | dimanche, 25 juillet 2010

Les commentaires sont fermés.